Selon les spécifications techniques du projet, cette autoroute sera aménagée en 2x2 voies et dotée d’échangeurs, de postes de péage et de pesage automatisés, d’aires de repos, ainsi que de dispositifs de sécurité routière. Une configuration destinée à améliorer la fluidité et la sécurité des déplacements sur l’un des principaux axes de transport du pays.
Particulièrement sollicité en raison de l’expansion urbaine du Grand Conakry et du développement des activités minières dans les régions de Forécariah, Kindia et Beyla, le corridor devrait, à terme, contribuer à réduire les coûts logistiques et à faciliter les échanges. Il est également destiné à mieux valoriser les potentialités agricoles, minières et touristiques des territoires traversés.
Le projet s’inscrit dans le plan de développement du secteur des transports, intégré au pilier 3 du programme Simandou 2040, qui accorde une place importante au renforcement des infrastructures routières du pays.
Un réseau encore marqué par le déficit d’entretien
La Guinée dispose actuellement d’un réseau routier d’environ 45 300 km, selon les données de l’Agence nationale de gestion des routes. Celui-ci comprend 7 576 km de routes nationales, dont 2 779 km revêtus et 4 797 km non revêtus, auxquels s’ajoutent 2 000 km de voiries urbaines, 15 876 km de routes préfectorales et 19 846 km de routes communautaires.
Malgré leur poids limité dans le linéaire total, les routes nationales revêtues concentrent près de 80 % du trafic routier. Leur état reste toutefois préoccupant. Selon la Banque mondiale, seulement 30 % des routes nationales bitumées étaient considérées en bon état en 2021, tandis qu’environ 75 % des routes nationales non revêtues étaient dégradées et souvent impraticables pendant la saison des pluies.
Ce déficit chronique d’entretien constitue depuis plusieurs années l’un des principaux facteurs de dégradation du réseau, réduisant la durée de vie des infrastructures et renchérissant les coûts de transport. Face à cette situation, les autorités guinéennes ambitionnent de construire 2 000 km d’autoroutes et 10 000 km de routes bitumées à l’horizon 2040.
La concrétisation de cette ambition dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment la capacité à mobiliser des financements à long terme, à assurer un entretien régulier du réseau et à renforcer la résilience des infrastructures face aux effets du changement climatique.
Henoc Dossa
Source: Agence Ecofin