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Emprunt obligataire 2026 : la Guinée mobilise 517 millions $, près du double de l’objectif

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L’emprunt obligataire lancé par la Guinée en septembre 2026 a suscité des souscriptions bien supérieures aux attentes, portées principalement par les banques. Afriland First Bank Guinée arrive en tête des souscripteurs, avec près de 30 % du montant total mobilisé.

L’État guinéen a mobilisé 4579,145 milliards de francs guinéens (GNF), soit environ 517,04 millions $, à l’issue de son emprunt obligataire ouvert le samedi 26 septembre et clôturé le vendredi 23 octobre. L’opération visait initialement à lever 2500 milliards GNF, soit près de 284 millions $. Les souscriptions ont ainsi atteint 183,17 % du montant recherché.

En 2025, le gouvernement guinéen avait sollicité 1500 milliards GNF sur le marché local dans le cadre d’un emprunt obligataire. Il avait finalement mobilisé environ 1800 milliards GNF, soit un taux de souscription de 120 %. En un an, le montant recherché a donc augmenté de 66,7 %, passant de 1500 à 2500 milliards GNF.

Le résultat de 2026 fait écho à l’ambition exprimée le mercredi 7 octobre par Guy Laurent-Fondjo, directeur général d’Afriland First Bank Guinée, banque chef de file et arrangeur de l’opération. Lors d’une rencontre avec la ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, et des représentants du secteur financier, il avait évoqué la possibilité de doubler le montant recherché. « Nous réfléchissons plutôt à comment doubler ces 2500 milliards. C’est ça notre objectif », avait-il déclaré.

Sept établissements bancaires, dont Afriland First Bank Guinée, Vista Bank Guinée, la Banque pour le commerce et l’industrie, Ecobank Guinée, Orabank, Skye Bank et AFG Bank Guinée, ont participé à la souscription de l’émission de 2026. Les banques ont également largement contribué à la sursouscription observée lors de l’emprunt obligataire de 2025.

Cette mobilisation intervient dans un contexte de progression de l’activité bancaire. Selon les données présentées par le ministère des Finances en septembre 2026, le total de bilan du secteur bancaire guinéen est passé de 4,2 milliards $ en décembre 2021 à 14,2 milliards $ en août 2026. Sur la même période, les ressources collectées auprès de la clientèle ont progressé de 3,1 à 10,2 milliards $. Les banques ont également mobilisé 3,6 milliards $ entre décembre 2021 et août 2026 pour financer les émissions de l’État.

Les montants mobilisés lors des emprunts obligataires de l’État sont ainsi passés de 500 milliards GNF en 2015 à environ 1800 milliards en 2025, puis à plus de 4579 milliards en 2026. Cette évolution traduit le recours croissant au marché bancaire pour financer les besoins publics.

Afriland, premier souscripteur

Afriland First Bank Guinée a souscrit à hauteur de 1366,65 milliards GNF, soit près de 30 % du montant total mobilisé.

« Ce résultat s’inscrit dans la continuité de notre trajectoire en tant qu’arrangeur depuis 2019. Déjà en 2024, avec 961,16 milliards GNF levés, puis en 2025, avec 1814,56 milliards GNF, nous avons, au fil du temps, rodé notre méthodologie et notre engagement. Pour cette édition 2026, notre rôle a consisté à orchestrer le syndicat de placement et à mobiliser nos ressources propres et celles de nos partenaires institutionnels pour garantir la réussite de l’opération », a expliqué Guy Laurent-Fondjo.

La participation des ménages reste un enjeu

Diawadou Bah, représentant de l’Association professionnelle des banques de Guinée, avait estimé qu’un effort supplémentaire d’information était nécessaire pour permettre aux particuliers de mieux comprendre le fonctionnement de l’emprunt et d’y souscrire.

L’opération de 2026 avait une maturité de cinq ans et proposait un rendement annuel de 11 %. Le montant minimal de souscription était fixé à 5 millions GNF. Les titres, dématérialisés, bénéficient d’une exonération d’impôts et de taxes.

Les fonds collectés doivent contribuer au financement de projets inscrits dans la Loi de finances, notamment dans les domaines de l’énergie, des routes, de l’éducation et de la santé. La prédominance des banques dans cette levée pose néanmoins la question de l’élargissement de la base des souscripteurs, afin de favoriser une participation accrue des ménages au financement de l’État.

Chamberline Moko

Edité par Vahid Codjia

Source: Agence Ecofin

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