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Simandou propulse la Guinée vers une croissance économique d’environ 11,6 % en 2027

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Selon la Banque mondiale, la croissance économique de la Guinée devrait placer le pays parmi les économies les plus dynamiques au monde, avec une progression moyenne du PIB réel de 10,3 % sur la période 2026-2028. Le défi reste toutefois de transformer la richesse minière en emplois et en une amélioration durable des conditions de vie.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de la Guinée devrait s’accélérer pour atteindre 8,8 % en 2026, avant de s’établir à environ 11,6 % en 2027. C’est ce qu’indique le dernier rapport de suivi de la situation économique de la Guinée, publié le vendredi 9 octobre par la Banque mondiale.

Cette performance attendue repose principalement sur les exportations de minerai de fer de Simandou, lancées en novembre 2025. Selon les projections de la Banque mondiale, le PIB du secteur minier devrait progresser de 20,2 % en 2026 et de 27,8 % en 2027. L’augmentation des exportations devrait également favoriser les entrées de devises et contribuer aux recettes publiques.

Cette dynamique devrait se poursuivre en 2028, avec une croissance projetée à 10,7 %. Sur l’ensemble de la période 2026-2028, l’institution anticipe une progression moyenne du PIB réel d’environ 10,3 %. La Guinée devrait ainsi figurer parmi les économies affichant les taux de croissance les plus élevés à l’échelle mondiale.

En outre, « la croissance par habitant devrait atteindre 7,7 % en moyenne sur la même période », souligne la Banque mondiale.

Une croissance solide, mais des défis subsistent

Cette dynamique intervient alors que l’économie guinéenne affiche déjà des performances solides. En 2025, le PIB réel a progressé de 7,4 %, soutenu par une expansion de 13,9 % de l’extraction minière, alimentée notamment par une augmentation de 30 % de la production de bauxite. À cela s’ajoutent la reprise des services et une progression de 5,8 % de l’agriculture.

Par ailleurs, l’inflation a fortement baissé, passant de 5,1 % en 2024 à 3,2 % en 2025, à mesure que les effets de l’explosion du dépôt de carburant survenue en décembre 2023 se sont estompés et que les prix des transports ont diminué.

Cependant, ces perspectives favorables ne garantissent pas, à elles seules, une amélioration équivalente du niveau de vie des ménages.

Le rapport rappelle que les performances macroéconomiques des dernières années ne se sont pas toujours traduites par une réduction suffisante de la pauvreté. Entre 2019 et 2022, environ 1,2 million de personnes supplémentaires seraient ainsi passées sous le seuil national de pauvreté.

Le défi fondamental consiste à transformer la croissance tirée par les ressources naturelles en emplois productifs et inclusifs. D’après l’institution de Bretton Woods, l’exploitation minière est une activité à forte intensité de capital, mais elle crée relativement peu d’emplois directs. Le développement des entreprises privées dans les secteurs non miniers, notamment l’agriculture, l’agro-industrie et les services, devra donc jouer un rôle central dans la création d’emplois productifs.

Des perspectives favorables, mais des incertitudes persistent

Les perspectives économiques restent soumises à plusieurs incertitudes. La Banque mondiale souligne notamment les effets possibles des tensions internationales sur les coûts du pétrole et du transport maritime, ainsi que les conséquences d’un ralentissement de la croissance mondiale.

Le rapport attire également l’attention sur le risque de « syndrome hollandais ». Ce phénomène peut apparaître lorsqu’un afflux important de revenus issus des ressources naturelles affaiblit la compétitivité d’autres secteurs exportateurs. Dans le cas de la Guinée, une telle évolution pourrait compliquer le développement de l’agriculture commerciale, de l’industrie et des entreprises non minières.

Lydie Mobio

Source: Agence Ecofin

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