Baptisée « Déclaration d’entente d’Odienné », l’initiative est l’aboutissement de concertations organisées du 19 au 23 octobre 2026, avec la participation des autorités administratives et des acteurs du secteur pastoral des trois pays. Elle s’inscrit dans le cadre de la Semaine du pastoralisme et bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires régionaux et internationaux.
Des enjeux transfrontaliers qui nécessitent des réponses communes
Dans l’espace du Wassoulou, la mobilité des troupeaux constitue un enjeu économique et social majeur. L’accès à l’eau, la disponibilité des pâturages, le vol de bétail, les feux de brousse et la sécurisation des espaces pastoraux peuvent alimenter des différends entre éleveurs et populations locales.
La diversité des réglementations et des calendriers de transhumance complique également la gestion des déplacements du bétail. En renforçant la coordination entre leurs administrations et leurs organisations professionnelles, les trois États entendent limiter les incompréhensions et favoriser une utilisation plus équilibrée des ressources partagées.
Calendriers harmonisés et suivi des engagements
La déclaration prévoit plusieurs mesures opérationnelles : harmonisation des calendriers de transhumance, partage des informations sur les itinéraires des troupeaux, coordination des campagnes de vaccination et amélioration de l’accès aux ressources naturelles dans un cadre réglementé.
Les signataires envisagent également la mise en place d’un comité tripartite chargé du suivi des engagements. Les organisations professionnelles d’éleveurs des trois pays devraient être associées à ce mécanisme afin de rapprocher les décisions institutionnelles des réalités vécues sur le terrain.
Cette démarche s’appuie sur une initiative portée par le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), avec le soutien de la CEDEAO, de l’Agence française de développement et de l’Union européenne, dans le cadre du Projet élevage et pastoralisme intégrés et sécurisés en Afrique de l’Ouest (PEPISAO).
Du dialogue politique aux résultats sur le terrain
Pour les autorités et les acteurs du pastoralisme, l’enjeu dépasse la signature d’un document. Il s’agit de transformer les engagements en mécanismes de prévention capables d’anticiper les différends, de faciliter la circulation de l’information et de favoriser le règlement concerté des conflits.
Le conseiller technique du Premier ministre ivoirien, Patrick Christian Kakou, a notamment souligné qu’aucun des trois pays ne pouvait résoudre seul des problèmes qui dépassent les frontières nationales. Il a plaidé pour une coopération plus structurée et davantage orientée vers les résultats.
Au-delà de la sécurisation des déplacements du bétail, les trois pays ambitionnent de faire du Wassoulou un espace de développement partagé, favorable aux activités économiques et à la résilience des populations, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes.
La mise en œuvre effective de la déclaration, la régularité du suivi et l’implication des communautés locales seront déterminantes pour mesurer les effets de cette coopération sur la prévention des conflits pastoraux.
Source: La rédaction – Maliactu