En Guinée, l’entreprise Faspol Africa, spécialisée dans des solutions de refroidissement durable et affiliée au groupe polonais Faspol, a signé le 22 octobre dernier un protocole d’accord avec le ministère de l’Agriculture en vue d’étudier les possibilités de modernisation des infrastructures de conservation de la mangue.
Dans un communiqué publié sur son site, l’institution indique que ce protocole d’accord prévoit le lancement d’études de faisabilité technique à partir de novembre 2026. Celles-ci doivent permettre d’identifier les zones prioritaires de production, évaluer les besoins en capacités de stockage et en conservation frigorifique et renforcer les compétences des acteurs locaux.
Le montant du projet, les capacités frigorifiques envisagées et les modalités de financement n’ont toutefois pas encore été précisés.
Des besoins importants dans la conservation des produits frais
La démarche s’inscrit dans une volonté des autorités guinéennes de réduire les pertes post-récolte et d’améliorer la compétitivité de la mangue sur les marchés internationaux.
Selon des données publiées en juillet 2026 par le ministère guinéen du Plan, les pertes post-récolte sont estimées entre 40 et 50 % pour les racines, les tubercules, les fruits et les légumes. Elles sont notamment liées à l’insuffisance des équipements de stockage, aux faiblesses des infrastructures énergétiques et logistiques ainsi qu’à la dégradation de certaines routes.
En ce qui concerne les données spécifiques à la filière mangue, une publication du Cadre intégré renforcé (EIF), un programme de partenariat de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), rapportait en 2021 que les pertes post-récolte de mangues en Guinée variaient entre 60 et 85 % selon les régions de production. Ces estimations historiques soulignent les difficultés de la filière, sans permettre d’établir le niveau actuel des pertes ni la part imputable au manque d’infrastructures frigorifiques.
Une expérience déjà établie sur plusieurs marchés africains
Apparue sur le marché polonais en 2001 après s’être séparée de FASPOMA, un fabricant de cuves pour le stockage et la transformation des produits laitiers fort de plus de 50 ans d’expérience, Faspol est spécialisée dans la fabrication d’équipements en acier inoxydable pour l’industrie. Elle dispose aujourd’hui de références dans plusieurs pays africains, notamment dans les secteurs laitier et halieutique.
En 2023, l’entreprise a par exemple obtenu un contrat portant sur 385 installations de refroidissement du lait, destinées aux centres locaux de collecte, au Rwanda. Le financement du projet a été annoncé le 3 novembre 2023 par la banque publique polonaise BGK, qui a accordé un crédit acheteur de 22,6 millions d’euros au Trésor rwandais pour l’acquisition d’équipements polonais.
Un peu plus tôt, en 2016, c’est au Kenya que Faspol avait remporté un marché portant sur la fourniture de 350 installations de refroidissement du lait au gouvernement. Selon les responsables de l’entreprise, l’exécution du contrat s’est étendue de 2017 à 2020, dans le cadre de la coopération économique entre la Pologne et le Kenya.
Son premier contrat africain a été obtenu en 2015 au Ghana, où elle a livré et installé une fabrique de glace pour l’entreprise Thai Union, un groupe thaïlandais spécialisé dans les produits de la mer, présent dans le pays à travers Pioneer Food Cannery, son usine de transformation et de mise en conserve de thon à Tema.
Ces références illustrent la diversité des solutions proposées par Faspol, qui fournit des équipements et des services de stockage frigorifique aux industries laitière et halieutique. Cette expertise pourrait lui permettre d’explorer d’autres débouchés en Guinée, au-delà de la mangue, si les études de faisabilité et les conditions du marché confirment l’existence d’une demande suffisante.
Stéphanas Assocle
Source: Agence Ecofin