Le 9 octobre 2026, au siège de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan, le ministre guinéen du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, a conduit un dialogue de haut niveau avec la BAD, afin de poser les bases d'une feuille de route conjointe 2026–2028 destinée à accélérer la mise en œuvre du programme Simandou 2040. Les autorités guinéennes et la banque multilatérale ont acté le principe d'un partenariat d'exécution, qui doit faire évoluer la relation classique bailleur–État vers un cadre plus opérationnel au service du programme de transformation.
Selon le ministère du Plan et de la Coopération internationale, les échanges d'Abidjan visent à structurer une feuille de route Guinée–BAD couvrant la période 2026–2028, articulée autour de priorités ciblées, d'instruments financiers et techniques adaptés, de responsabilités précises et de résultats mesurables pour Simandou 2040. La rencontre a également permis de réaffirmer la volonté commune de renforcer le partenariat pour accompagner la mise en œuvre du programme de développement socio‑économique durable et responsable Simandou 2040.
Comment la BAD se positionne sur Simandou 2040
Le ministre Ismaël Nabé a exprimé sa volonté de faire de la BAD un partenaire d'exécution de Simandou 2040, en s'appuyant sur la capacité de la banque à structurer des financements, à mobiliser l'expertise technique et à coordonner d'autres partenaires autour d'objectifs communs. Le Groupe de la BAD, qui dispose déjà d'un portefeuille d'opérations en Guinée, est ainsi appelé à concentrer davantage son appui sur les composantes jugées critiques pour la réussite de Simandou 2040, notamment les infrastructures, l'énergie, le capital humain et la gouvernance économique.
Porté par la présidence guinéenne, le Programme de développement socio‑économique durable et responsable Simandou 2040 vise à structurer la transformation du pays autour d'un ensemble de mégaprojets et de réformes, en utilisant les revenus miniers comme levier pour diversifier l'économie, industrialiser et renforcer les services sociaux de base. La stratégie est organisée en plusieurs piliers thématiques, déclinés en secteurs d'intervention, programmes phares, projets structurants et réformes institutionnelles, afin d'assurer une mise en œuvre suivie sur l'horizon 2025–2040.
Une feuille de route 2026–2028 au service de l'exécution
La future feuille de route Guinée–BAD doit préciser, sur la période 2026–2028, les priorités communes par pilier de Simandou 2040, les instruments de financement mobilisables (prêts souverains, appuis budgétaires, assistance technique, garanties), ainsi que les responsabilités de chaque partie pour le suivi des résultats. Le cadrage discuté à Abidjan met l'accent sur l'alignement des projets financés par la BAD avec les priorités nationales déjà inscrites dans le programme de transformation.
En amont de ce dialogue, la Primature a réorganisé le gouvernement guinéen en quatre pôles chargés de la mise en œuvre de Simandou 2040, afin de renforcer la cohérence de l'action publique et la coordination interministérielle autour du programme. La Déclaration de politique générale du gouvernement précise que la première vague de mise en œuvre de Simandou 2040 couvrira la période 2026–2030, avec un ensemble de mégaprojets et de réformes structurantes considérés comme prioritaires pour amorcer la transformation.
Un programme structurant au cœur des stratégies de financement
Conçu comme un plan d'émergence sur quinze ans, Simandou 2040 doit permettre de transformer les ressources naturelles guinéennes en moteurs de développement, en articulant l'exploitation du gisement de fer de Simandou avec des investissements dans les infrastructures, l'énergie, l'agriculture, l'éducation, la santé et la gouvernance. Les autorités guinéennes présentent ce programme comme le cadre de référence unique pour les partenaires techniques et financiers, appelés à arrimer leurs interventions aux projets structurants et aux réformes prévus.
Lors de la rencontre avec la BAD, la partie guinéenne a mis en avant les efforts de mobilisation des recettes intérieures réalisés ces dernières années et sa volonté de sécuriser les financements nécessaires aux projets structurants de Simandou 2040, afin de réduire la dépendance vis‑à‑vis de quelques secteurs extractifs. Le cadrage de la feuille de route 2026–2028 s'inscrit ainsi dans un mouvement plus large de structuration du dialogue avec les partenaires, avec l'objectif de regrouper les interventions autour de portefeuilles clairement priorisés.
Prochaine étape : validation technique de la feuille de route BAD–Guinée
À l'issue du dialogue d'Abidjan, les équipes de la BAD et du ministère du Plan doivent désormais traduire les orientations politiques arrêtées le 9 octobre 2026 en un document opérationnel de feuille de route pour la période 2026–2028, qui fera l'objet d'une validation technique conjointe avant d'être soumis aux instances de décision de la banque et du gouvernement. Cette séquence de validation sera déterminante pour arrimer les futurs engagements financiers de la BAD au calendrier des mégaprojets et des réformes de Simandou 2040, déjà cadré par la première vague de mise en œuvre 2026–2030.
Source Capmad