La dette publique de la Guinée a augmenté en 2025, atteignant 51,5 % du produit intérieur brut (PIB), contre 43,5 % en 2024, selon le rapport de suivi de la situation économique publié par la Banque mondiale le vendredi 9 octobre.
La hausse de la dette guinéenne s’explique notamment par l’augmentation des emprunts contractés sur le marché intérieur. Selon l’institution financière, la dette intérieure est passée de 25,4 % du PIB en 2024 à 32,2 % en 2025, « prolongeant une tendance amorcée en 2023 et reflétant un recours soutenu à l’endettement domestique pour financer le déficit budgétaire ».
La dette extérieure a aussi progressé, passant de 18,1 % à 19,2 % du PIB durant la période considérée.
Cette évolution s’accompagne d’une hausse du coût du financement de l’État. Selon la Banque mondiale, les paiements d’intérêts sur la dette sont passés de 1,2 % du PIB en 2024 à 1,5 % en 2025.
Le déficit budgétaire se creuse
La hausse de la dette intervient alors que le déficit budgétaire s’est nettement creusé en 2025. D’après la Banque mondiale, celui-ci a atteint 8,9 % du PIB, contre 4,9 % en 2024, la progression des dépenses ayant largement excédé celle des recettes.
Durant la période étudiée, les recettes totales ont progressé de 3 points de pourcentage pour atteindre 18,2 % du PIB, soit leur niveau le plus élevé depuis plus de 20 ans. Cette progression s’explique notamment par le renforcement de l’administration fiscale, la numérisation des procédures douanières et une meilleure perception des recettes minières.
Cependant, la forte hausse des investissements publics et des dépenses liées aux élections a porté les dépenses totales à 27,1 % du PIB, contre 20 % en 2024.
Le développement du projet minier de Simandou pourrait améliorer les perspectives économiques de la Guinée. L’augmentation attendue des exportations de minerai de fer pourrait notamment accroître les recettes publiques.
La Banque mondiale prévoit ainsi une réduction du déficit budgétaire à 4,5 % du PIB d’ici 2028. À la même échéance, le ratio d’endettement devrait légèrement reculer pour s’établir à 50,9 % du PIB.
La dernière analyse de viabilité de la dette, réalisée en mai 2024, jugeait la dette guinéenne soutenable, avec un risque modéré de surendettement extérieur. Une nouvelle évaluation est attendue à la fin de l’année 2026.
Lydie Mobio
Source: Agence Ecofin