A NOUS LA GUINEE

Actualité

 

Le Capitaine Dadis remplace les Ministres démissionnaires

Le 30/10/2009

Les Ministres démissionnaires, suite au massacre du 28 septembre viennent d’être remplacés par de nouvelles personnalités.

C’est décret lu sur les antennes de la RTG ce jeudi 29 octobre 2009 qui nomme :

Journée ville morte: l'appel des forces vives bien suivi à Conakry

Le 29/10/2009

La Journée ville morte décrétée hier par les femmes du Forum des «Forces vives», pour protester contre les exactions commises aux femmes et aux filles le 28 septembre, a été suivie dans la capitale guinéenne.

La ville de Conakry est restée paralysée toute la journée d’hier. Dans la commune de Kaloum, qui fait office de principal quartier administratif de la capitale, les bureaux de l’Administration publique ont ouvert leurs portes. Pour répondre à l’appel du ministère de l’Administration du territoire et des Affaires politiques. Mais, la plupart des travailleurs ont préféré rester à leur domicile.

Le conseil de l'union européenne decide des sanctions ciblées contre les dirigeants guinéens

Le 29/10/2009

Le Conseil de l’Union Européenne,  vu le traité sur l’Union européenne, et notamment son article 15, a décidé de passer à la vitesse supérieure, dans sa condamnation et sa volonté de sévir la junte au pouvoir en Guinée , après les massacres perpétrés à l'encontre des populations civiles le 28 septembre 2009, lors d'une  manifestation pacifique de l'opposition. Elle a ainsi décidé ce qui suit:

Le massacre du 28 septembre était «prémédité», affirme HRW

Le 29/10/2009

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Un mois après, le bilan du massacre du Grand stade de Conakry, le 28 septembre dernier, n'a toujours pas été précisément établi. Selon les estimations, il y a eu entre 57 et 150 morts et des inconnues persistent également au sujet du nombre de disparus et au sujet des responsables de ces tragiques événements.

GUINEE : L'ESPOIR A ATTENDRE

Le 28/10/2009

En ces lendemains du 28 sepembre 2009, de longs corbillardsinvisibles défilent lentement dans nos âmes. L'Espoir des annonces rédemptrices du coup d'Etat militaire de décembre 2008, vaincu dans le sang, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, cette vieille compagne des Guinéens,veut, à nouveau planter son drapeau ensanglanté sur leur crâne.

Guinée / Union européenne: Un mois après le massacre des sanctions contre la junte

Le 28/10/2009

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Les 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE ont décidé mardi d’imposer un embargo sur les armes et des sanctions ciblées contre les membres de la junte militaire au pouvoir et plusieurs de leurs proches considérés comme responsables de la répression sanglante d'un meeting de l'opposition le 28 septembre dans un stade de Conakry. Ces sanctions comprennent entre autres, des interdictions de voyage en Europe et un gel de leurs avoirs financiers

Qui a peur d'une force neutre?

Le 25/10/2009

La lecture du Net ces derniers temps, nous pousse à nous demander, en effet, pourquoi certains compatriotes sensés et certainement patriotes (à leur manière) craignent la venue d'une force neutre de protection ( pas ''d'intervention'') composée de frères africains? Il est évident pour quiconque de bonne foi que dans tout conflit, le rapport de force (dans ce cas d'espèce: armé) est déterminant pour progresser vers une résolution ''à l'amiable''. A moins d'être dadis*, personne ne peut imaginer un seul instant que la Guinée puisse être colonisée par la présence de troupes ''étrangères'' amies sous mandat international.

La CDEAO: un horrible sanguinaire mérite-il une sortie honorable

Le 25/10/2009



La Guinée n’a vraiment pas de chance ! La gestion de sa crise actuelle est confiée à une organisation à palabres (la CEDEAO) qui a choisi un facilitateur complaisant envers Dadis (Compaoré) au moment où l’Union Africaine est sous l’influence d’un dictateur (Kadhafi) qui s’intéresse à la Guinée mais jamais aux Guinéens.

Ce dernier n’aide pas Dadis pour ses beaux yeux (qui sont plutôt rouges et effrayants) mais pour mieux nous asservir. Aurait-il eu la même position si le viol et les tueries avaient concerné des Arabes ?

Comme toute organisation à l’africaine, la CEDEAO fait beaucoup de bruit pour peu d’actes et s’apparente davantage à un syndicat de chefs d’Etats qu’à autre chose. L’embargo sur les armes n’a aucun intérêt dans la mesure où Dadis en aurait encore suffisamment pour traumatiser les Guinéens.

Le contrat minier de 7milliards de dollars signé entre la junte et la Chine est à la portée de l’inexistence juridique

Le 23/10/2009

« La Chine a trahi le peuple de Guinée et il faut en tenir compte »

Etant désormais une béquille sur laquelle s’appuient  les génocides et les crimes contre l’humanité, la Chine croit pouvoir réitérer ses exploits macabres en Guinée. Après avoir soutenu le génocide au Soudan et des massacres à grande échelle au Zimbabwe, elle veut encore, pour l’obtention d’un contrat minier, subventionner  un autre  crime contre l’humanité au lendemain de celui  perpétré le 28 septembre 2009 en Guinée.

Pékin se défend de faire des affaires avec la junte guinéenne

Le 20/10/2009

L'énorme contrat signé entre une société chinoise et le gouvernement guinéen, rendu public le 15 octobre, « n'engage que cette société » précisent aujourd'hui les autorités chinoises. La publication de ce contrat dans le domaine minier au lendemain de la répression du 28 septembre avait suscité le tollé de l'opposition et des défenseurs des droits de l'homme.

Pendant le massacre les affaires continuent, c'est l'impression désastreuse pour l'image de Pékin qu'à produite l'annonce par les autorités guinéennes d'un accord avec le Fonds international chinois (CIF). Un partenariat prévoyant des investissements de plus de sept milliards de dollars dans le domaine des infrastructures routières et minières

Dadis est-il fou ou faux ?

Le 19/10/2009

Depuis le 28 septembre 2009, Dadis est devenu l’incarnation même de l’horreur ! Est-il un faux type ? En vérité tout sonne faux chez ce forgeron en chef de l’infernal CNDD. Est-il fou ? Les avis sont partagés mais rien ne prouve qu’il soit mentalement équilibré. Quand un soi-disant président donne une interview à partir de son lit, son pays ne peut pas être debout !

Guinée: Nomination de membres de la Commission Nationale d'Enquête Indépendante

Le 19/10/2009

Le Président de la République Capitaine Moussa Dadis Camara, a nommé par décret, le samedi, 17 octobre 2009, les 16 premiers membres de la Commission Nationale d'Enquête Indépendante. Commission créée en vue de faire toute la lumière sur les événements tragiques du lundi, 28 septembre 2009.

L'Union africaine maintient la pression sur la junte

Le 19/10/2009

Le capitaine Dadis Camara a demandé, par une lettre envoyée dans la nuit de samedi à dimanche, que la question de sa candidature à l'élection présidentielle de janvier prochain soit inscrite dans la médiation du président Compaoré. C'est la réponse du chef de la junte guinéenne à l'ultimatum que lui avait adressé, jusqu'à samedi, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. L'UA exigeait des membres de la junte et de leur chef qu'ils s'engagent par écrit à ne pas se présenter à l'élection présidentielle de janvier, conformément à ce qu'ils avaient promis lors de leur coup d'Etat du 23 décembre 2008. Dans le cas contraire, des sanctions ciblées devaient être prises. Dimanche, l'Union africaine a déclaré vouloir maintenir la pression pour faire partir la junte.

Serie de démissions dans le gouvernement Komara

Le 16/10/2009

Nous assistons ces derniers jours à une série de démissions au sein du gouvernement Komara, suite aux tragiques évènements du 28 septembre 2009. Les raisons du désistement de ces ministres, invoquées dans leurs lettres respectives de démission, sont liées à leur désapprobation de la tournure actuelle des évènements et leur solidarité aux victimes de la répression sanglante, car ils estiment tous, ne plus se reconnaître dans la ligne politique définie par la junte au pouvoir et ne cautionnent en aucun cas les massacres perpétrés sur les populations civiles. Pour les observateurs de la vie politique guinéenne, la question qui se pose, est de croire ou non à la sincérité de leur démarche que d'aucuns voient comme une manière de prendre les devants, pour échapper aux poursuites,car il faut le rappeler, l'étaut se resserre de plus en plus autour de la junte et la CPI, vient d'annoncer qu'elle ordonne un enquête préliminaire pour déterminer si oui ou non, les crimes commis le 28 septembre, relèvent de ses compténces.

Communiqué final: La huitième session du Groupe International de Contact sur la Guinée (GIC-G

Le 13/10/2009

La huitième session du Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G) s’est tenue le lundi 12 octobre 2009, au siège de la Commission de la CEDEAO à Abuja, en République Fédérale du Nigéria.

Dans son communiqué final, le groupe est resté ferme quant à sa volonté de contraindre la junte au pouvoir de respecter ses engagements pour un retour rapide à l'ordre constituitionnel. Les recommandations de la coordination des forces vives qui a pris part à cette rencontre, estime être entendue sur les recommandations qu'elle avait faite au groupe de contact en prélude à cette réuinion exceptionnelle.

L'analyse de Mr Fakoly Doumbouya

Le 08/10/2009

 

Mr Fakoly Doumbouya, de Kinshasa sur Neoleadership (04/10/09), a exposé des arguments, en effet, pertinents et réalistes à savoir que Dadis occupant de facto le terrain et la présidence, nous ne pouvons que lui parler si nous voulons arriver à une résolution de la crise ( l'agression unilatérale du CNDD). Sur les principes il a raison mais sur les faits il y a une nuance qui peut faire toute la différence si nous savons les exploiter à bon escient. Car nous sommes en fait dans un pays pris en otage par des bandes armées infiltrées dans les vestiges d'une Armée mort-née en 1958. Même si Dadis est adoubé abusivement du titre de Président de la République, voici, ci-dessous, les arguments à présenter pour challenger le CNDD et son avis à donner dans la crise:

Sauvons ce qui reste de meubles dans la maison Guinée

Le 07/10/2009

La rupture du dialogue social que la confusion autour du processus de transition a entrainée, après que le Capitaine Dadis ait laissé entendre qu’il pouvait se portait candidat aux élections présidentielles à venir, contrairement aux engagements pris devant le peuple de Guinée et la communauté internationale, a eu pour conséquence malheureuse, la radicalisation des positions et la crispation de la situation politique.
L’organisation d’une manifestation pacifique de l’opposition, en cette désormais, tragique et inoubliable journée du 28 septembre 2009, s’inscrivait donc dans une logique de confrontation, dans le rapport de forces institué ces derniers temps, entre la junte au pouvoir et les leaders des partis politiques.
En effet, l’utilisation à profusion par la junte, des ressources de l’Etat et la monopolisation des médias publics dans sa campagne de propagande, a fini par exaspérer les leaders de l’opposition, réunis au sein du forum des forces vives, qui pour parer aux velléités de maintien au pouvoir du Capi-Prési, n’ont eu d’arme politique de pression, que la mobilisation de leurs membres et sympathisants, pour revendiquer le respect des règles démocratiques, permettant un retour rapide, à l’ordre constitutionnel.

 

Lettre de démission du site www.kibarou.com

Le 06/10/2009

Après trois années passées au service de kibarou.com, j’ai décidé de prendre mes distances avec le site car je ne suis plus en accord avec la ligne éditoriale. Cette décision a été mûrement réfléchie et l’administrateur de kibarou.com a bien pris acte de ma décision.

Le mytho-psychopathe de Conakry

Le 06/10/2009

 

"Si je perds les élections, je m'en irai dans l'honneur comme mon père Mathieu Kérékou", dixit Capitaine Moussa Dadis Camara . Source : Africaguinée.com du 05/10/09.

La lecture de cette citation n'a pu me laisser indiffèrent. Cela montre qu'il est vraiment encore plus fou que nous le pensons. Il ne réalise toujours pas, après plusieurs jours, la gravité des massacres du stade le 28 septembre 2009! En parlant d'élections, il prouve qu'il ne respecte pas le repos de l'âme des innocents aux mains nues que ses bipèdes ont massacré lâchement et qu'il n'est pas digne de même rêver diriger la Guinée n'eut été la force.

La difficile médiation de Blaise Compaoré

Le 06/10/2009

Après avoir rencontré ce lundi 5 octobre la junte et l'opposition guinéenne, le président bourkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise en Guinée a proposé aux deux parties une rencontre à Ouagadougou dont la date n’a pas été fixée.

Les leaders des «forces vives» : partis politiques d’opposition, syndicats et société civile, vont se concerter aujourd'hui pour déterminer s'ils acceptent le dialogue proposé par Blaise Compaoré.et dans ce cas définir les conditions dans les quelles il pourrait se tenir. Mais avant de s'engager dans un tel processus les principaux responsables politiques guinéens ont d'abord exigé que les corps des victimes des tueries du 28 septembre dernier soient restitués aux familles, que ceux qui ont été arrêtés soient libérés et qu'un minimum de sécurité soit garanti pour tous les Guinéens.

ET SI LA GUINEE COURRAIT UN DANGER...

Le 05/10/2009

Dire que la Guinée court un danger, à un moment ou des incidents tragiques endeuillent la nation, c’est peut être, contribuer à entretenir la psychose qui tenaille déjà le peuple. Mais, garder aussi le silence devant une situation lourde de conséquences pour sa patrie, c’est s’exposer au risque d’une interpellation par l’histoire. C’est pourquoi, je me sens obligé de revenir ici sur certains aspects de la tragédie du 28 Septembre qui, à mon avis, présagent un cataclysme politique et humanitaire qu’il faut absolument prévenir, à travers une action concrète, collective et concertée, conduite dans un cadre juridique sans odeur de vindicte.

Quelle “médiation” en Guinée?

Le 04/10/2009



D’emblée précisons que “médiation” pour la plupart d’entre nous (sinon tous), signifie “médiation pour le départ du CNDD et de ses civils du Pouvoir”.  Ce n’est que dans ce sens que ce terme signifie quelque chose de positif pour progresser de cette chienlit meurtrière et destructrice de nation. 

Coup de gueule du collectif guinéen contre le pouvoir militaire

Le 04/10/2009

Chers compatriotes,

Notre nation a été blessée au plus profond de son être.

En effet lors de la manifestation du 28 Septembre 2009, date à laquelle nous célébrons le "NON" à la colonisation, ceux qui sont censés les défenseurs de la nation ont ouvert le feu sur le peuple de Guinée.

Lettre ouverte au capitaine moussa dadis Camara ( par Sékou Tounkara)

Le 03/10/2009

Monsieur Camara

Le 28 septembre 2009, date anniversaire du « NON » historique qui a conduit la République de

Guinée vers l'indépendance, a été une page noire dans l'histoire de notre pays.

L'armée guinéenne, cette vaillante armée qui a combattue pour la libération de l'Angola et de

Guinée-Bissau, qui a défendue et protégé la Guinée des attaques rebelles de 2001, cette armée qui

inspirait à la fois crainte et respect dans la sous-région ouest-africaine, cette armée guinéenne,

aujourd'hui sous votre commandement, vient de se rendre coupable des pires exactions que le

peuple de Guinée n'ait jamais connu.

 

 

Déclaration du forum des forces vives

Le 02/10/2009

Le 28 Septembre 2009 à Conakry, des centaines de milliers de nos compatriotes de toutes les communautés, de tous les âges et de toutes les conditions, manifestant pacifiquement dans un stade de foot ball clos contre la dictature militaire et pour le retour à une vie constitutionnelle normale, ont été piégés, brutalisés, humiliés, violentés, violés, poignardés et tués par des escadrons drogués de l'armée.

Le massacre du Lundi noir, était-il imprévisible ?

Le 02/10/2009

J’avoue que j’étais de ceux qui avaient cru, de bonne foi, à la capacité du CNDD, d’opérer le changement tant souhaité en Guinée. Je peux aujourd’hui admettre ma désillusion. Je vois que, comme beaucoup d’autres compatriotes, je me suis lourdement trompé. Mais cette erreur de jugement peut être comprise dans la mesure où je n’étais ni medium ni devin pour prédire avec exactitude ce qui allait se produire cet autre lundi noir, désormais tristement mémorable dans notre Guinée.

Guinée : Alerte à la communauté nationale et internationale

Le 02/10/2009

Moussa Dadis Camara et la junte prépareraient activement la guerre civile.

Le Capitaine des putschistes qui est au pouvoir à Conakry depuis le 23 décembre 2008 est sans état d’âme. Il ose sans sourciller accuser les Forces Vives d’être les acteurs des massacres.

Beaucoup d’observateurs se demandent comment de telles horreurs ont pu se produire en un laps de temps. C’est- à- dire, en moins d’une heure car le massacre a été expéditif et extrêmement odieux.

Lettre ouverte à Madame Makalé Camara, Ambassadrice de Guinée à Paris !

Le 02/10/2009

Comme Si les 200 morts n’avaient pas suffit, Makalé, vous avez porté plainte contre des guinéens  attristés et écœurés qui ont mis à sac l’ambassade !

Je précise que l’ambassade qui nous appartient tous !

Nos frères ont perdu la vie, nos sœurs ont été violées, nos enfants tués à bout portant, cela ne vous a pas suffit, vous Mme Camara, et vos collègues. Il a fallu que vous vous acharniez  sur des guinéens venus exprimer leur colère et déception.

L'opposition guinéenne rejette formellement l'idée de participation à un gouvernement d'union nationale suive de la déclaration du forum des forces v

Le 02/10/2009

Mercredi soir, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), dirigé par le capitaine Moussa Dadis Camara, avait proposé la création d'un gouvernement d'union "intégrant des membres des différents partis politiques et chargé de la transition" et la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale.

Lettre ouverte à M.Nicolas Sarkozy

Le 01/10/2009

La sanglante répression qui vient d’avoir lieu à Conakry a endeuillé la Guinée tout entière et créé une profonde émotion dans l’opinion publique internationale.

Le citoyen franco- guinéen que je suis se réjouit de la position de la France sur cet événement dramatique qui nous révolte tous. La condamnation sans équivoque de la junte au pouvoir à Conakry, la suspension de la coopération militaire, le réexamen de l’aide bilatérale vont dans le bons sens. Mais je ne crois pas que ce soit suffisant pour faire plier le capitaine Dadis Camara et calmer la terrible colère qui sourd actuellement à Conakry.

TIC TAC mon petit capitaine, le masque de Idi Amin Dadis est tombé, le Grand Horloger ne se trompe jamais. Il est Unique et sans Associé.

Le 01/10/2009

On pleure nos victimes aujourd’hui, mais on n’oublie pas que Le crime a un nom et le criminel un visage. On pleure nos Victimes, nos Héros pour la Liberté et on n’oubliera jamais leur combat .On oubliera jamais ce qui s’est vraiment passé ce 28 Septembre dans ce stade, qui porte la même signature indélébile des mêmes criminels de Janvier 2007. Les portes flambeaux de tous les malheurs de la Guinée.

Manifestation á Londres, le Vendredi 2 Octobre 2009

Le 01/10/2009

 

COMMUNIQUE DE LA FRATERNITE GUINEENNE DE LONDRES ET DES ASSOCIATIONS GUINEENNES DU ROYAUME UNI.

Guinéens et Guinéennes,

Le 23 décembre 2008, un groupe de militaires Guinéens s’est constitué au sein d’un CNDD, dirigé par le capitaine Moussa Dadis Camara, pour s’emparer du pouvoir politique dans notre pays. Sur l’arène politique, ce groupe a conclu un contrat moral avec les populations Guinéennes sur la base de promesses précises, á savoir: l’assainissement de l’économie nationale, la pose des jalons d’une véritable démocratie, et l’organisation d’élections libres et transparentes, auxquelles ni le président, ni les éléments du CNDD, encore moins les membres du Gouvernement de transition ne prendront part. Ceci pour assurer à la Guinée, pour une fois dans son histoire, un scrutin crédible et accepté de tous.

 

Dadis tente maladroitement de calmer le jeu

Le 01/10/2009

Fustigée de toute part, la marge de manoeuvre de la junte militaire se retrécit de jour en jour et pour tempérer les ardeurs, dns un communiqué lu  à la télévision nationale, le CNDD et le gouvernement, décident de faire toute la lumière sur les exactions commises sur les populations civiles et se disent favorables à la constitution d'un gouvernement d'union nationale, pour désamorcer la crise.

Parallèlement, le Président Dadis se dit pris au piège et surtout incapable de contrôler l'armée au nom de laquelle il a pourtant pris le pouvoir le 23 décembre 2008 et accuse les leaders politiques d'être responsables des dérapages, pour avoir braver les autorités, en organisant une manifestation interdite.


Dépêche de Guinée n°4 : La junte interdit tout déplacement à Conakry

Le 01/10/2009

Dadis décrète  donc un état de siège qui ne dit pas son nom.

Il ya à peine 30mn  depuis que la junte criminelle et barbare  qui règne en Guinée a annoncé dans un message radiodiffusé l’interdiction tout déplacement à Conakry.

Le message lu sur les ondes de la radio télévision dit clairement «  tout déplacement de personnes pour quelque raison que ce soit est interdit les journées des 30 septembre et 1er octobre 2009. »

A la poursuite de la democratie

Le 01/10/2009

Cet acte odieux des autorités de Conakry, est impardonnable et condamnable avec la dernière energie.

Avec des dizaines de victimes en vies humaines, Dadis et son epuipe se sont disqualifiés et n’ont pas un seul argument face aux populations paisibles, victimes de barbarie sans nom.

A la défense de la democratie, voici la loi de la democratie à la Dadis : la force du canon à la place de la force de l’argument.

Nous pensions que le jeu democratique suppose un jeu à deux versions : à chacun de s’expliquer de la maniere la plus libre et pacifique.

IGNOMINIE EN GUINEE le 28 septembre 2009

Le 30/09/2009

 

 
Quand on a écrit que le capitaine Moussa Dadis Camara, le général Sékouba Konaté et leurs acolytes de ce qu'ils ont appelé le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD), n'avaient pas la capacité éthique, intellectuelle et culturelle de tirer la Guinée de l'ornière où l'a plongée l'imposture de 50 années de gouvernements répressifs et arriérés, certains intellectuels de bas étage se sont mis à gloser sur ce qu'ils avaient considéré comme une référence à des niveaux de diplômes, en ne sachant même pas que ces qualificatifs n'ont pas toujours de rapport direct avec un diplôme.

Dépêche de Guinée n° 3 : Dadis et Coplan Pivi annoncent la guerre aux civiles

Le 30/09/2009

Appel au secours pour éviter un nouveau génocide en Afrique !

Je disais hier, dans l’une de mes dépêches, que le moment est grave. Il est devenu encore plus grave aujourd’hui.

En effet, Coplan Pivi, le Ministre de la Sécurité Présidentielle, s’est rendu dans la journée du 29 septembre 2009 dans la commune de Matoto en banlieue de Conakry. Il a annoncé qu’il va exterminer les populations de la capitale. Les  Malinkés, les Soussous  et les peuls en particulier.

La France a décidé de la suspension immédiate de sa coopération militaire avec la Guinée

Le 30/09/2009

 

C'est un concert de condamnations de la part de la communauté internationale et la France ancien pays colonisateur de la Guinée n'est pas en reste, car par la voix du chef de la diplomatie Bernard Kouchner, elle a décidé la suspension immédiate de sa coopération militaire avec la Guinée et réexamine parallèlement l'ensemble de son aide bilatérale.

Communiqué de la CEDEAO suite aux massacres du 28 Septembre 2009

Le 30/09/2009

 

L'organisation de la communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'ouest(CEDEAO) demande à la commission des droits de l'homme de l'ONU, d'enquêter sur les massacres du 28 septembre 2009, où près de 187 personnes ont péri, victimes des troupes du CNDD.

Indignation de la communauté internationale face à la situation en Guinée

Le 29/09/2009

La communauté internationale a vivement critiqué l’attitude excessive de l’armée, au lendemain d'une manifestation anti-junte, reprimée dans le sang et qui aurait causé la mort de plus de 87 personnes, plusieurs blessés dont entre autre certains leaders de l'opposition: Sydia Touré, Jean Marie Doré, Cellou Dalein Diallo et Mouctar Diallo, ainsi que des dégats matériels importants, les domiciles de Cellou Dalein Diallo et Sydia Touré ayant été aux dernières nouvelles, mis à sacs par les militaires.

Guinée: l'UA condamne la repression et exige la libération des manifestants

Le 29/09/2009

ADDIS ABEBA - La Commission de l'Union Africaine (UA) a "condamné fermement" la répression meurtrière lundi d'une manifestation de l'opposition en Guinée et a "exigé la libération des personnes arrêtées", dans un communiqué transmis mardi à l'AFP.

L'UA "exprime sa grave préoccupation face à la situation qui prévaut en Guinée, notamment la répression par les forces de sécurité et les forces armées d'un rassemblement pacifique organisé par le Forum des Forces vives au Stade du 28 septembre, à Conakry".

Guinée : Appel à la frange républicaine de l'armée pour sauver la nation et défendre la démocratie.

Le 29/09/2009

La Républicaine de Guinée est au bord de la guerre civile. Ce qui se passe à Conakry depuis ce matin, en cette date historique du 28 septembre 2009, conduit, si rien n’est fait, notre le pays tout droit à l’implosion !

La patrie est en danger : 11 leaders politiques au moins blessés et arrêtés ; 58 morts, des dizaines de viols et des centaines de blessés !

Il n’ya plus d’alternative ! Il faut le départ de Moussa Dadis Camara et de la junte au pouvoir !

BREFS COMMENTAIRES SUR L'ACTIVISME DE M.ABDOULAYE WADE AUPRES DE DADIS EN GUINEE

Le 17/09/2009

                                                                                                                                                 
 
Le Président de la République du Sénégal, pays le plus  anciennement   démocratique de l'Afrique de l'Ouest, seul pays qui n'a connu depuis près d'un demi-siècle ( 49 ans) que l'alternance démocratique au pouvoir, se met brusquement à adouber les auteurs de coups d'Etat dans des pays voisins: Mauritanie et Guinée. Et cela pour la Guinée, contre la position officielle de l'Union Africaine (UA), de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO),de l'Union Européenne (UE), des Etats-Unis d'Amérique etc.Mais c'est qu' au départ de ses déplacements à Conakry , M. Wade parlait de médiations dans le règlement de la crise guinéenne.Le médiateur est devenu  partisan fieffé du putschiste Dadis qu'il appelle désormais son fils et qui l'appelle en retour papa. Dans un contexte d'ingérence grossière dans les affaires guinéennes et d'un mépris total pour les Guinéens et pour l'opposition politique guinéenne.

Avis de naissance

Le 17/09/2009

La famille BAYO a le plaisir de vous annoncer  la naissance le 11 Septembre 2009, de son deuxième enfant, un petit garçon qui se prénomme Anzoumane et qui se porte comme un charme.

Nous remercions tous ceux qui ont partagé notre joie, en cette heureuse circonstance.

Guinée : Toujours le Brouillard

Le 05/09/2009

   

Peuple de Guinée ! Quand verras-tu donc la fin du brouillard entretenu sciemment sur ton pays par ceux que tu as coutume d'appeler tes dirigeants politiques? Quand donc ton chemin sur la voie du progrès des Nations s'éclaircira? Quand enfin pourras-tu te considérer comme les autres ? En disant les autres, tu devines bien que je peux parler des autres Peuples, des autres Nations qui ont délibérément rejeté les combinaisons de petitesse quelle que soit leur taille géographique et humaine et qui ont refusé la médiocrité dans laquelle dans laquelle tes dirigeants semblent se complaire. Et pourtant, j'avais imaginé dans ma jeunesse, avec d'autres guinéens de ma génération , sans chauvinisme ni forfanterie de notre part que notre Guinée était douée de grandes qualités pour la grande aventure humaine.

Hélas! à considérer les hommes du pouvoir depuis que la Guinée est devenue République de Guinée, les Guinéens n'ont vécu que dans le brouillard, dans diverses formes de brouillards à tel point que ceux-ci ont secrété une forme de culture politique stérile. Le mysticisme politique qui en a résulté , fait de celui qui arrive au pouvoir un envoyé de Dieu. Et ceux qui ont été Présidents , jusqu' à aujourd'hui, ont été convaincus de cela d'autant plus que des légions de marabouts, de féticheurs et autres voyants avides de jouissance matérielle, ont seriné quotidiennement à leurs oreilles cet aspect de leur personnalité.

Tractations politicardes à la guinéenne

Le 28/08/2009

 

     

La lutte acharnée que mènent les vaillants combattants pour la liberté et la démocratie en Guinée, connaît ces derniers temps, des rebondissements et desrevirements de situations, qui ont de quoi faire battre de chamade, les cœurs fébriles et meurtris, en ce sens que la confusion autour de l’orientation politique actuelle, est perçue à juste titre, comme un stratagème finement élaboré, en vue de la confiscation au nez et à la barbe de tous, du pouvoir par la junte militaire.

D’engagements formels de respect du chronogramme initialement concocté par les forces vives, le Président Dadis prétend finalement, adhérer à la proposition de report des élections pour 2010 faite par le comité ad hoc, commission qu’il a préalablement instituée, pour tabler sur les causes de blocage du processus de transition, afin qu’elle fasse des propositions concrètes, à même de décrisper la situation d’impasse dans laquelle était sciemment plongé le pays, de par l’incohérence manifeste, des prises de décisions fantaisistes au sommet de l’Etat.

Guinée : la deuxième République joue les prolongations

Le 10/08/2009

 

A l’occasion d’un coup d’état perpétré le 23 décembre 2008, le CNDD prit le destin de la République pour amorcer une nouvelle ère à travers la conduite de l’état. Un état amorphe dans lequel baignaient les dernières années de règne du général Lansana Conté. Après que ce dernier ait rendu l’âme, les changements qui allaient survenir feront penser à une rupture. Un renouveau conduit par le jeune capitaine dynamique Moussa Dadis Camara. L’absence de présidence de Lansana Conté laisse donc place à l’hyper-présidence de Moussa Dadis. Bien qu’incompétent, ce putschiste voulait s’attaquer au mal qui a rongé la maison Guinée depuis plus de cinquante ans. Militaire de son état, il était présent sur tous les fronts avec une volonté farouchement ardente d’assainir le pays tout en promettant de faire la lumière sur les crimes économiques des années passées afin que l’impunité (sur le plan économique) ne soit plus un vain mot en Guinée. Cependant l’on est tenté de croire que le chef de la junte a égaré en chemin la feuille de route que lui et son CNDD s’était appropriée en voulant remettre le pays sur les rails.

DE HEROS A NERON

Le 07/08/2009

 

 

En Guinée, le fait est connu, mais son rappel est utile! C’est auréolé de ce qu’il est convenu d’appeler, sans ironie ni cynisme, l’exploit militaire guinéen du 23 Décembre 2008, que le Chef du CNDD, le capitaine Moussa Dadis Camara, a confisqué le pouvoir dans son pays. Avant même que ne fût consommé le fameux putsch, le jeune Capitaine fut ferme.  Le but de l’opération militaire auquel il a pris part, est d’instituer et de présider une transition souple dans un délai raisonnable, qui verra la machinerie démocratique, moteur et le promoteur du développement durable, de la paix et de l’unité nationale, déclenchée en Guinée. Les termes de références de ladite transition sont alors nobles et confondants et ne tardent pas à rallier les forces vives du pays, qui participent effectivement et de commun accord, au projet d’élaboration et de définition des dispositions devant servir de cadre juridique, pour les prochaines échéances électorale. Jusque là encore, personne ne se démarquait de l’engouement irrésistible qui prévalait dans le pays. Le commun des guinéens s’était laissé emporter par le tourbillon festif de « la révolution Dadisienne ». A vrai dire, les propos du nouvel homme fort étaient assez louables, même si on ne pouvait en dire autant de son profil, fait d’un léger  bagage intellectuel.

VÉRITÉ HISTORIQUE : UN FAIT, DEUX POINTS DE VUE

Le 31/07/2009

En cette période de vacances, au fil de mes lectures, deux livres ont particulièrement retenu mon attention en raison d'une part de leur résonance dans la mémoire collective des Guinéens, d'autre part de la sensibilité des sujets abordés par rapport à l’histoire récente de notre pays, à savoir le camp BOIRO : les acteurs, les faits, le contexte.

Ces deux livres sont "Autopsie  d’un pamphlet"  de M.Sidiki  Kobélé-Keïta (Anibwé, Paris, 2009) et "Camp Boiro. Parler ou périr " de M.Alsény Réné Gomez (L’Harmattan, 2007)

Le wadisme est-il contagieux

Le 31/07/2009

 

« Aboyer, solliciter au mal, tout cela est 
dans les moyens du diable ;  mais il ne peut 
mordre que qui veut être mordu »
Saint AUGUSTIN

Louange à Abdoulaye Wade ! Il n’y en avait ce dimanche que pour l’homme « exceptionnel », le « patriarche » sans qui l’Afrique serait perdue. Même Soumaoro Kanté et Samory Touré passent pour des nains, à côté du Descartes de Kébémer. Quand le père de la « Wade-formula » est là, le capitaine dictateur qui règne sur la Guinée, prononce les sentences en direct, envoie ses ennemis potentiels en prison, perd tous ses galons. Moussa Dadis Camara devient un « fils » aux ordres et oublie qu’il y a quelques semaines, il menaçait de bombarder la Casamance et la Guinée Bissau. Alors quelle bêtise aurait commise le fils, si le père n’était pas là ! « Le Père n'a pas  abandonné son fils... voilà, il est là... Quand je suis avec le Président Wade, je ne suis pas Président, je suis un fils », s’est-il repenti, comme un enfant battu. Abdoulaye Wade a même été, le temps d’un dimanche, chef suprême des Armées de Guinée, puisqu’il a « élevé » au rang de commandant le capitaine Thiegokho Camara, le même qui combat les « narcaux » à la frontière. Le ciel de Conakry en était attendri, le Konkouré au bord des larmes. Chaque aveu du capitaine Dadis était accompagné d’une série de massacres de la langue de Molière, entre des « certains en ont zen profité » et des qu’ils « chachent ». Les « narcaux » bien-sûr ! 
Pendant la durée de cet exercice cruel, j’ai souffert pour le peuple de Guinée. 50 années d’entêtement idéologique et de dictature militaire ont eu raison des ambitions de Boubacar Telli Diallo. Sékou Touré et Lansana Conté ont crétinisé les Guinéens, en coupant systématiquement tout ce qui s’élevait en intelligence. Moussa Dadis Camara est en train de les ridiculiser.
Il y a pourtant, dans ce pays au sous-sol si riche, une classe politique et une société civile de qualité. Il y a chez ce peuple qui s’offre si facilement à la moquerie et à la dérision, de brillants fonctionnaires internationaux, des énarques et des polytechniciens dignes de respect. Il y a aussi parmi son élite militaire, des saint-cyriens et des diplômés de West-Point qui auraient donné meilleure réputation à la Guinée. Ils étaient couverts de honte quand leur ancien président Lansana Conté, un ancien du Prytanée militaire, donnait l’image d’un fumeur de Camelia et d’un adepte de la pornographie. Personne ne peut dire comment, après avoir été instruite à cette ignoble dictature, la société civile guinéenne s’est laissé mener par ce capitaine sans éducation. 
Les Guinéens ne dorment plus que d’un œil et se demandent toujours, le soir tombé, de quel Dadis comédie sera faite. Un jour il tance un Directeur général, un autre il envoie à la retraite anticipée un haut fonctionnaire. Tous ceux qui s’assoient autour de sa table de verre pour écouter ce militaire « philosopher » contiennent mal leur rire. C’est un mélange de Samuel Doe et de Lansana Conté qui veut se prendre pour un Sankara. On trouve dans sa phraséologie très pauvre, des termes galvaudés du genre « c’est la politique, c’est le ma- « thia »-vélisme, c’est le « barre peuple ». Il venait de signifier à un ancien directeur de société qu’il aurait pu l’arrêter pour trafic de drogue. Un entrepreneur russe a été moins chanceux. Pour avoir interrompu « le président du CNDD » au cours d’une audience télévisée, Patchenko a été accusé d’escroquerie internationale et de « mafiosi ». S’en est suivie une série d’engueulades auxquelles l’usineur russe répondait par des « excusez-moi monsieur le président ». Un grand mur noir veillait sur le justicier de Conakry, AK 47 à la main. Un autre jour, c’est au corps diplomatique qu’il donne des cours de relations internationales, en lui apprenant que la France a perdu « les investissements qui ont été faites » (sic) en Côte-d’Ivoire, parce que « les mentalités n’étaient pas préparées ». « Peau blanche, vous ne pouvez plus vous soustraire de la peau noire », conclut péniblement le « professeur Camara », avant de passer à « Christophe Colomb ». Les images sont encore plus saisissantes. Au bout de chaque salve terminologique, le petit bout d’homme décolle ses pieds comme s’il voulait s’arracher du sol.
 
Tout ceci prête bien à la moquerie. Mais quand vous enlevez à Dadis Camara son côté folklorique, vous avez Abdoulaye Wade en plus jeune. Pensez à l’expulsion musclée de Sophie Malibeaux, aux accusations sans lendemain contre des leaders de l’opposition, aux menaces contre Ousmane Tanor Dieng, au projet Tabanani, aux Tgv. Imaginez en plein sommet du G8, un homme s’élever le plus sérieusement du monde et préconiser que les pays développés adoptent sa propre formule, la « Wade-formula » pour résoudre la crise mondiale, alors que son pays n’arrive pas à payer sa dette intérieure ! Nous aurions crié à la démence. Si Coumba Yala ou Yaya Jammeh l’avaient fait, on se serait moqué. Si dans un de ces pays, le président de la République avait décidé d’enregistrer un ouvrage financé avec les deniers de l’Etat à son nom propre, nous aurions crié au scandale. Si, par-dessus tout, un dirigeant de ces pays avait confisqué des terres de pauvres paysans pour les distribuer aux membres de son gouvernement, nous les aurions incités à la révolte contre « le dictateur ». 
Imaginez dans ces mêmes pays, un chef d’Etat qui se réveille, décrète qu’il n’accorde pas à la presse l’aide votée par l’Assemblée nationale, sous le prétexte qu’elle l’attaque. Nous les aurions appelés, nous autres sénégalais berceau de la démocratie africaine, à la résistance. Que nous serions-nous indignés si le fils d’un de ces présidents gérait des centaines de milliards de francs et se refusait à tout audit indépendant ! C’est ce que nous sommes pourtant devenus, chers compatriotes. La risée du monde entier, sujets aux remarques les plus humiliantes des chefs d’Etat du monde entier.
Si les putschistes viennent sans cachoterie apprendre à l’école de Wade, c’est qu’ils y trouvent réponse à leurs préoccupations. Le consentement unanime qu’ils obtiennent par la menace, Abdoulaye Wade l’obtient par la corruption. Le pouvoir qu’ils conservent par les armes, Abdoulaye Wade se le procure par la fraude électronique. Je me suis demandé, en voyant la configuration du nouveau Conseil économique et social, comment en étant wadophobe, on passait à la wadophilie sans prévenir. 
Il est étonnant de voir à quelle vitesse les plus radicaux succombent à cette maladie incurable. Le président de la République vient de mettre en place son Conseil économique et social, en plaçant à sa tête Ousmane Masseck Ndiaye, l’ancien directeur de l’approvisionnement et des marchés de la Poste, où 17 milliards avaient été détournés. Au lieu de s’en émouvoir et de dénoncer la création de cette institution inutile, les « syndiqués » se battent pour des postes. Chez les avocats, les architectes, les entrepreneurs, les journalistes, on fait du bruit pour servir et crie à la « trahison » quand on n’est pas choisi. La wadophilie se propage comme une épidémie et n’épargne plus personne. Elle s’attrape au contact de l’argent et des promesses. Ceux qui en sont affectés ne tarissent pas d’éloges pour Wade. Son bonheur devient plus important que leur propre bonheur, sa famille plus importante que leur propre famille. Quand ils le quittent le jour, il entre dans leurs rêves la nuit. Il leur fait miroiter des ministères, des directions et des sommes d’argent pour finir leurs vieux jours. De sorte que d’une simple affection cutanée, le wadisme s’attaque maintenant au cerveau.

Source: seneweb

On se lasse de ne parler que de la même rengaine

Le 29/07/2009

Il est aujourd’hui plus que déplorable, de constater que la gestion de la transition par la junte militaire, est en passe de nous conduire si on y prend garde, vers une situation de crise encore plus profonde, que celle qu’elle était sensée résoudre à son arrivée au pouvoir.

En effet, le manque criard de volonté politique, exprimant le souhait populaire de création de conditions matérielles de sortie prompte, de cette situation exceptionnelle d’instabilité, est vécu par nombre d’observateurs, comme une trahison de la parole donnée par le Capi-Prési, dans sa promesse initiale, d’opérer une rupture totale, d’avec les méthodes de gestion désuètes, qu’incarnait le régime défunt, car l’on constate avec regret, au fur et à mesure de l’évolution de la situation, des écarts de conduite dans ce qui se dit tout haut lors des rencontres publiques et ce qui se trame tout bas dans les coulisses du pouvoir, créant et entretenant ainsi, un climat de suspicions qui ne peut que laisser dubitatifs et amers.

Par la stigmatisation permanente des travers sociaux, le but recherché est une remise en question systématique des attitudes pernicieuses et une meilleure responsabilisation des dirigeants dans leurs prises de décisions qui déterminent l’avenir de la nation.

Mais hélas en Guinée, depuis cinquante ans que l’on tergiverse, on continue comme un mouton de panurge, à suivre la cadence imposée par d’irresponsables dirigeants, contribuant davantage, à la décadence d’une société en mal constant de repères identitaires et idéologiques.

On a que cure des éternelles fanfaronnades, fussent-elles dans un esprit de dialogue social, car leurs échos n’ont de résonnance que le cadre inapproprié dans lequel elles se clament. L’obsession de consensus qui semble animer le Président Dadis, finit par devenir improductive, car à force de consultations tout azimut sur des sujets d’importance  capitale, tel le problème crucial d’eau et d’électricité, dont la recherche de solution, aurait mieux mériter, la constitution d’une commission technique, en lieu et place d’un débat public qui ne peut être assimilé qu’à du prosélytisme, visant à détourner l’attention de la population, de l’essentiel de la plateforme revendicative actuelle, à savoir l’organisation des élections et le retour des militaires dans les casernes.

Il n’est nullement question de reprocher au Capi-Prési de nourrir des ambitions pour la guinée, en patriote convaincu qu’il aime à se présenter, mais l’aberration est que, bien qu’il n’ait pas les moyens de sa politique, il s’entête à vouloir réaliser des projets de développement, qui n’en sont d’ailleurs pas uns, car spectaculairement concoctés à la va-vite, sans aucune forme de procédure traditionnelle en la matière, ni stratégie clairement définie et dont la Guinée ne dispose à  ce jour, non seulement pas les moyens matériels et financiers, mais surtout leur réalisation à terme, nécessite un temps qui ira forcément au-delà de la période de transition, qui se veut par définition courte.

Comme le disait Jean Cocteau, le tact dans l’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin. Alors de grâce, que le Capi-Prési  n’en fasse pas trop s’il veut demeurer crédible aux yeux de l’opinion nationale et internationale, en laissant le soin aux politiciens de faire ce qui est de leur ressort, à  savoir la proposition et la réalisation des projets de développement et qu’il s’atèle lui, à la réforme de l’armée tant décriée pour les frasques d’éléments non contrôlés en son sein, une mission qui lui sied à merveille vue son intransigeance et qui pourrait même lui être confiée de droit, au-delà de la période transitoire.

Ce qui contribue aujourd’hui, à créer la confusion et le doute quant à l’issue apaisée et souhaitable de la transition en cours, c’est la plausible éventualité de son maintien au pouvoir et le non respect du chronogramme, dont l’application actuel en sens dessus-dessous, nous fait tourner en bourrique, en ce sens que le privilège n’est en toute vraisemblance, accordé qu’en ses dispositions, qui supposent un accord collectif, par ailleurs difficile à trouver au sein des forces vives, qui on le sait, peinent plus que jamais, à placer au-dessus de leurs divergences, l’intérêt du peuple dans son intégrité, donnant ainsi au CNDD, des raisons d’évoquer avec désinvolture, son désengagement de toutes responsabilités, par rapport au retour à l’ordre constitutionnel, dans de brefs délais.

De toute évidence, la junte sera contrainte de quelque manière que ce soit, à rendre le pouvoir aux civils. C’est le temps qu’il faudra pour en arriver à cette réalité qui est sujet à équivoque et à ce sujet, le maintien de la pression populaire et les mesures coercitives du GICG, demeurent la meilleure façon de pousser le CNDD à respecter ses engagements.

La Guinée a plus que jamais besoin du soutien de la communauté internationale, qui si elle nous lâchait sous le joug d'une armée avec ses velléités d'assujettissement de la population, sera condamnable à bien des égards, pour non assistance à peuple en danger.

Le président Dadis et ses compagnons sur lesquels pèsent des soupçons de crimes de sang lors des évènements de 2007, cherchent-ils à avoir des garanties d’amnistie pour quitter le pouvoir, alors que dans le même temps, ils préconisent la poursuite des audits et la lutte contre le trafic de drogue, par rapports auxquelles une justice qui parait sélective, voudrait s’appliquer ?

Pour une simple question d’équité, la tenue d’une conférence nationale de réconciliation que semble occulter ceux qui n’ont pas la conscience tranquille, doit être considérée comme un impératif, dans lequel cadre, les coupables de forfaitures se confesseront et se repentiront devant Dieu et les hommes, pour que le peuple martyr  accepte de pardonner et permettre ainsi à la guinée de repartir sur de nouvelles bases, avec la constitution d’un gouvernement d’union nationale, qui associerait tous ceux d’entre nous, pour reprendre les termes de l’autre, dont les acquis académiques, professionnels et relationnels seront jugés utiles, pour sortir le pays du gouffre.  

 

 

IL FAUT ARRÊTER DE RIDICULISER LA GUINEE.

Le 15/07/2009

Naturellement, le ridicule n'a jamais tué en Guinée. S'il a existé des ailleurs où le sentiment d'honneur a poussé des hommes politiques à se donner la mort plutôt que de subir l'épreuve du ridicule de leurs actions publiques à effets incommensurablement négatifs pour leur pays, ce sentiment est loin d'avoir effleuré ceux qui ont prétendu diriger, jusqu'ici, la Guinée.

Si ce sentiment d'honneur avait existé dans notre pays, l'encadrement socio-politique et ses acolytes en aurait,depuis longtemps, été radicalement fauché par la mort. Ceci pour dire que le pays peut aller à vau-l'eau, tout peut continuer à se dégrader , on continuera quand même à entendre les mêmes optimismes, les mêmes déclarations lénifiantes de « bonne foi » sans que les dirigeants songent à en tirer pour eux des conclusions en démissionnant de leurs fonctions pour l'intérêt de la Nation.

Ils fermeront les yeux pour ne rien voir; se boucheront les oreilles pour ne rien entendre, et surtout ne ressentiront pas le ridicule qui couvre le pays aux yeux de l'extérieur.Ceux d'aujourd'hui, les membres du CNDD et leur chef ne ressentent même pas qu'en ce début du 21e siècle, un coup d'Etat n'est ni moins ni plus qu'un acte de grand banditisme. A la différence du banditisme ordinaire quelle qu'en soit la taille et dont les membres achètent eux-mêmes leurs « outils de travail »; les fusils et canons dont se servent les acteurs du banditisme-coup d'Etat ont été payés par la collectivité nationale. C'est l'aspect le plus immoral et le plus dégradant humainement pour les auteurs de coup-d'Etat. C'est en considérant cet aspect que les Guinéens doivent cesser, pour l'honneur de leur pays, de considérer comme « Père de la Nation » un auteur de coup d'Etat qui semble loin d'être un libérateur.

Le trait dominant qui a été le plus observé chez nos dirigeants a été celui des héros du cinéma populaire comme King Kong ou Terminator qui n'ont agi que par leur force brutale pour soumettre l'environnement.Un environnement constitué de citoyens toujours traité en bétail et dont certains,rompus à courber l'échine, se prêtent volontiers à ce rôle de bétail humain.

Les apprentis sorciers qui ont règné ,jusqu'ici sur la Guinée, n'ont jamais pensé qu'une société humaine ne se menait plus comme du bétail, aux 20e et 21e siècles. A chaque fois, on constate que le type de gouvernement qu'ils installent , se termine mal. Le pays s'en sort démoli et les populations déboussolées. J'ai écrit récemment que la culture du mensonge et de l'imposture était toujours au pouvoir en Guinée .En référence à ce rappel, le handicap majeur de Moussa Dadis Camara et du CNDD est leur approche amateuriste de la chose publique qui ne pourra pas leur permettre de relever le pays et encore moins de l'organiser en Etat démocratique.

Cela ne s'improvise pas. Dadis et ses compagnons viennent d'en administrer une preuve supplémentaire en recourant à la vieille méthode pédégiste usée du complot extérieur permanent contre la Guinée.Des forces d'invasion seraient massées aux frontières de la Guinée-Bissau, du Sénégal et du Libéria. Le recours à ce stratagème montre d'une part le manque cruel d'imagination au pouvoir et le désarroi actuel dans l'action du CNDD,et d'autre part, une manoeuvre d'appel aux Guinéens à se grouper autour de Dadis pour retarder des élections à organiser, (voir articles de Mamadou Billo Sy Savané, « Manoeuvres dilatoires dangreuses: les mensonges du CNDD » et d'Ibrahima Kylé Diallo, « Aucun caporal n'est capable de contrer la bande du capitaine Hachisch »).

Sur ce point , j'ai comme ressenti , une espèce de regrets des auteurs du coup d'Etat du 23 décembre 2008, de s'être pressés d'avoir fait la promesse d'une transition rapide.Ils l'ont d'ailleurs fait savoir en affirmant plus d'une fois que ce sont eux, miltaires, qui ont risqué leur vie en conquérant le pouvoir.Les regrets d'une remise rapide du pouvoir à des autorités démocratiquement élues sont, on ne peut plus clairs.

Le recours aux attaques supposées à nos frontières , devrait montrer à tout Guinéen que nous avons à faire à des miltaires pour lesquels redresser l'Etat guinéen est au-dessus de leur savoir-faire. Guinéennes, Guinéens, sortez de vos illusions! Ce ne sont pas les hommes du CNDD qui vous sortiront de la mouise.C'est le pouvoir qui les intéresse. Ne vous laissez pas convaincre par des mots sans signification pour ceux qui les prononcent. Ils peuvent sembler être ce que vous leur devinez comme sentiment de « bonne foi », cela peut du reste paraître inconsciemment de bonne foi pour Dadis. Mais qu'est-ce que la bonne foi sans aucune perspective « concrétisable » au regard de la destinée d'un peuple ?

Il faut, Guinéennes et Guinéens, que vous sachez que la seule bonne foi ne peut continuer à servir d'excuse à l'incapacité de ceux qui se sont autoproclamés vos dirigeants et qui n'ont su vous présenter que des gesticulations stériles et des discours creux.L'extrême faiblesse de notre peuple est cette permanente foi en la « bonne foi » des marchands d'illusions qui ont régenté la Guinée de 1958 à aujourd'hui.

On ne peut pas envisager un avenir meilleur en pardonnant à partir de leur « bonne foi » les anciens Présidents et celui d'aujourd'hui du mal dont ils sont les auteurs Pour ce qui est d'aujourd'hui, il faut aller au-delà de la « bonne foi » que Dadis et ses compagnons proclament sur les audits et sur les autres grands chantiers. C'est la cohérence de tout ce qui a été concrètement entrepris qu'il faut examiner.

Or il semble que la part du vent l'emporte sur le reste. Il faut que Dadis et ses compagnons se rendent compte qu'on ne peut pas continuer à se contenter de promesses faites à partir de bonne foi. Il faut qu'ils cessent de surdimensionner leur capacité à gouverner le pays. Ils ne contribueront qu'à entraver son évolution .Dans un pays, un Président ne peut pas que compter sur ses conseillers, il doit aussi et surtout impulser les principales actions à mener. Il faut surtout qu'au CNDD, on se rende compte qu'un pays ne se gouverne pas seulement , aujourd'hui, avec des armes.

La naïveté, par exemple, d'avoir menacé, il ya peu, des magistrats s'ils ne se soumettaient aux caprices du pouvoir, de les remplacer par de jeunes magistrats qu'on aurait envoyés se former ailleurs, montre les limites de Dadis dans la gouvernance du pays. C'est de ne pas savoir que nul n'est confirmé dans une profession tant qu'il n'y a pas exercé des années durant, de jeunes magistrats ne peuvent pas remplacer au pied levé la compétence de magistrats ayant exercé de longues années..Cette menace des magistrats demeure un exemple d'ignorance de ceux qui prétendent gouverner la Guinée.

Certes, dans l'Armée guinéenne, un capitaine a pu se proclamer Commandant Suprême des Forces armées guinéennes, mais il reste à savoir la rélle capacité d'une telle armée dans un contexte de confrontation internationale .

Seulement en Guinée : titre équivaut à compétence. La mamaya assourdissante qui se mène journellement n'aidera pas à sortir la Guinée de la médiocrité d'autant plus que chaque huile de ce monde à l'air de s'affubler et de se satisfaire de titres ronflants qui n'ont de valeur que sur le sol de Guinée et pour les seuls qui se griment d'Excellences ou d'Honorables. Les griseries que le chef du CNDD et ses compagnons affectionnent tant de s'appeler Président ou Ministres ne feront pas progresser la Guinée mais la plongeront davantage dans un sous-développement total.

C'est pour éviter une telle perspective qu'il faut que la préparation d'élections sans magouilles soit énergiquement entreprise.

Le CNDD et les élections : l’équation Lansana Kouyaté

Le 09/07/2009

J’ai déjà évoqué ici les risques de désordre que pourrait représenter cette nouvelle irruption des militaires dans l’arène politique en Guinée. J’ai aussi écrit qu’à mon avis, il n'y a pas d'alternative aux mouvements syndicaux, aux partis politiques et la société civile.

Cela dit, peut on vraiment réussir à maintenir durablement, la cohésion des forces vives, quand on sait que les intérêts des uns desservent forcément ceux des autres ?

Rien n’est moins sûr !

C’est qui est certain, c’est que dans sa stratégie de confiscation du pouvoir, la junte ne manquera pas d’en tenir compte et surfer là-dessus, s’il le faut.

Je pense que dans la posture qui est actuellement la leur, les militaires sont déterminés à nous imposer leur vision de la transition. Et cette vision, de mon point de vue, se résume comme suit : conduire la transition et l’après transition

L’on me rétorquera avec cet optimisme presqu’enfantin, propre à la plupart de nos compatriotes, que « rien ne sera plus comment avant » ; qu’avec les élections en perspective, Dadis et sa clique n’auront aucune chance, etc. Un point de vue que j’aurai partagé volontiers, si un remodelage du paysage politique en Guinée n’était pas en cours. Un bouleversement rendu inévitable suite à la conviction acquise par les militaires, que la classe politique, telle qu’elle est actuellement composée, n‘est pas prête à négocier la question de leur départ du pouvoir.

Qu’on le dise donc ou pas, avec le boycotte du 22 juin, le divorce entre la junte militaire et les grandes formations politiques semble désormais consommé.

A mon avis, deux options pourraient tenter la junte pour garder le pouvoir :

Dans un premier temps, ils pourront chercher à gagner du temps, en repoussant les échéances électorales, tout et entretenant un climat de psychose au sein d’une population déjà traumatisée par plusieurs années de guerres civiles chez ses voisins de la sous-région. La stratégie vise évidemment, à faire admettre aux populations, l’éventualité d’une candidature et d’une victoire de Dadis lors des prochaines élections présidentielles, pour éviter une guerre civile dans leur pays. On se souvient encore du vote massif des Libériens en faveur de leur bourreau (Charles Tylor), pour mettre fin à une décennie de carnage !

Si cette hypothèse paraît peu probable aujourd’hui, en raison des pressions exercées, essentiellement par nos partenaires au développement, rien ne permet cependant d’exclure le fait qu’elle ait pu, à un moment donné, faire partie de leur stratégie de confiscation du pouvoir. La fébrilité et l’incohérence qui a jusqu’ici caractérisé leur gestion du pouvoir, en sont une illustration parfaite.

Pris de court par la stratégie de boycotte, c’est à contrecœur que Dadis a accepté « un cadre de concertation » autre que celui où il pouvait se forger l’image d’un leader politique, grâce à la manipulation de figurants payés pour la circonstance et l’humiliation publique d’éventuels « concurrents ».

Toutefois, en lui opposant une fin de non recevoir, les forces vives venaient d’ouvrir les « hostilités » avec des soldats qui viennent juste de se découvrir un destin national et qui ont décidé de s’y accrocher, vaille que vaille ! Dans ces conditions, inutile de dire que pour la junte désormais, tous les coups seront permis, pour éliminer des « ingrats» et cela, quelque soit leur obédience.

L’appel d’offre lancé pour auditer les vingt quatre années du régime défunt, en constitue la première étape.

Nos compatriotes doivent savoir que ce qui apparait comme un retour à de meilleurs sentiments de la part de Dadis, n’est qu’une manœuvre visant à « reculer pour mieux sauter ». Qui peut en effet, sérieusement accorder du crédit à ce revirement du président du CNDD au Camp Alpha Yaya en l’espace d’une semaine ? Serait-il devenu posé, sage et attentifs à l’appel des forces vives et de la communauté internationale ? Aurait-il vraiment renoncé au pouvoir ?

Peut être ! Mais alors, il lui revient de le prouver. Pour ma part, par scepticisme peut être ou par prudence, je maintien que la junte n’a nullement l’intention de remettre le pouvoir aux civils en Guinée. Et que si, elle ne réussissait pas sa première forfaiture en présentant Dadis (devenu civil pour la circonstance) comme candidat, la junte pourrait passer au « plan B ».

Ce qui m’amène à considérer un second cas de figure. C’est celui où Dadis et ses compagnons accepteront d’organiser les élections législatives d’ici la fin de cette année 2009 et les présidentielles, courant 2010. Avec les derniers développements de la situation politique en Guinée, cette hypothèse semble de plus en plus probable. A priori, c’est un cas de figure acceptable. Car permettant au moins, une relance des activités politiques dans une complétion que je souhaite « civilisée », entendez, entre civils !

Toutefois, prudence chers compatriotes ! Il m’est difficile de croire que Dadis ait pu renoncer au pouvoir  pour lequel il croit avoir été choisi par Dieu, pour conduire le peuple de Guinée « vers la terre promise ». N’est-ce pas qu’il s’appel « Moise » ?

Ce qui est certain, c’est que, non content du harcèlement dont il s’estime être l’objet, Dadis risque de nous présenter, en guise de désapprobation, une facture plutôt « salée ». Car s’il y a une chose qui est aussi « guinéen », c’est bien cette mentalité qui consiste à dire : «  Ok ! Tu ne veux pas que je devienne chefs ! Tu ne le seras pas non plus ! ».

Dès lors, l’hypothèse d’un « homme de paille » devient envisageable. Dans cette dernière, la junte, après d’intenses pressions, acceptera, l’idée d’un candidat civil non issu de l‘armée. Il n’est pas difficile de deviner que ce dernier sera, néanmoins, son « civil » à elle. Pour s’assurer de son obéissance, il ne tirera pas sa légitimité d’élections justes et transparentes. Sa posture devra être celle de quelqu’un qui devra obéissance et reconnaissance envers son bienfaiteur.

En tout état de cause, les militaires s’assureront de sa soumission et de son manque d’ambition. Leur civil à eux, devra correspondre au profil de quelqu’un qui se contentera de facilités qu’offre le poste de président de la République, pour enrichir éventuellement son « carnet d’adresse », fréquenter les grands de ce monde et bien entendu, s’enrichir ! Il devra avoir pour mission si non de désagréger mais d’affaiblir ce qui, à leurs yeux, se fait pompeusement appeler aujourd’hui « les forces vives ». Bref, le prochain président de la République de Guinée, s’il n’est pas issu de leurs rangs, sera  au moins leur marionnette. On s’imagine d’ailleurs mal, que le civil en faveur duquel les élections seront truquées, se comporter autrement.

La réponse à la question de savoir qui correspond le mieux à ce profil, et, où le dénicher, ne devrait pas être difficile. Car on trouve dans le paysage politique actuel, trois catégories de leaders :

-    Ceux qui ont une base électorale réelle et qui s’appuient sur la cohésion entre les forces vives pour obtenir la tenue immédiate des élections (trois ou quatre formations politiques, tout au plus)

 

-     Ceux dont les formations politiques ont été frappées par une hémorragie de leurs militants et cadres au profit d’autres, (deux ou trois, tout au plus)

Ceux enfin, nouvellement venus au devant de formations politiques sans base électorale réelle, mais qui cherchent, soit à gagner du temps pour s’en créer une, soit, dans le jeu des alliances, à se vendre au mieux offrant. (plus de 70 formations politiques sont dans ce lot).

L’on me dira que ce serait une aberration de qualifier ces derniers de « formations politiques », d’autant que leurs sympathisants se limitent aux membres de leurs familles respectives et aux amis ! Ce qui est vrai. Mais peu importe leurs poids réel. C’est leur nombre qui présente un intérêt. Car dans un pays où la communauté internationale se demande désespéramment, comment arriver à enclencher, ne serait-ce qu’un semblant de démocratie, la caution apportée par une cinquantaine de petits partis, pourrait atténuer les condamnations d’élections truquées.

Reste à savoir autour de qui fédérer ces petits partis. Là aussi, la junte n’aura aucune difficulté à trouver son « civil ». Certains leaders s’y attèlent déjà. Je pense notamment à l’ancien PM. Lansana Kouyaté. En animal politique, il semble être celui qui a compris que les militaires, même s’ils n’ont confiance en personne, ne pourront se passer des partis politiques, même de petite taille. En prélude à une éventuelle cooptation, il a cherché à se faire entourer de 17 autres partis qui pourraient lui servir de pépinière. Et, il n’est pas exclu que d’autres comme l’UPR ou encore l’UDG de Mamadou Sylla (chacun pour des raisons qui lui seront propres) et tant d’autres, le rejoignent sous certaines conditions.

Cet homme risque de toute évidence, d’affaiblir considérablement les forces vives qui, il ne faut pas se leurrer sont tout, sauf homogènes. C’est en fait un « panier à crabe ». Lansana Kouyaté n’aura aucune difficulté à créer des alliances susceptibles de semer la pagaille au sein des forces vives. Cela est d’autant plus vrai, que l’ancien PM n’a rien à gagner dans une situation où les grandes formations politiques se sont déjà taillées la part du lion. D’autre part, dans cette constellation, certains partis n’hésiteront pas à s’attirer les faveurs du pouvoir en place, soit pour regeler des comptes avec des partis rivaux, soit pour stopper de fréquentes désertions au sein de leurs partis.

C’est dire que, si l’on ajoute au profil décrit plus haut, le sens de l’opportunisme  de M. L. Kouyaté, et bien, on peut dire sans exagération qu’il n’est pas loin du portrait robot du « civil » que les militaires pourraient bien être tenté de coopter. Une situation qui bouleversera à coup sûr un paysage politique ennuyeux et peu dynamique.

Ce bouleversement sera-t-il le point de départ du changement tant souhaité ?

Nul ne peut répondre avec certitude. Ce qui est certain, c’est que sans la cohésion entre les forces politiques et sociales, le renvoi des militaires dans les casernes et l’avènement d’un régime civil, démocratiquement élu, resteront une chimère.

Dadis veut-il régler des comptes à travers les audits ?

Le 07/07/2009

Depuis que certains leaders politiques ont décidé de serrer l’étau autour de Moussa Dadis Camara pour la tenue impérative des élections en 2009, la réplique du chef de la junte au pouvoir depuis décembre 2008, ne s’est pas fait attendre : les audits viennent d’être diligentés par les autorités militaires pour faire la lumière sur les 24 années de gestion calamiteuse de la deuxième République.

Il est vrai, et personne ne le conteste, que ces années de gestion ont été destructrices pour l’économie guinéenne et des individus en ont profité pour mettre leur famille à l’abri du besoin pour plusieurs années au détriment de nombreuses autres familles qui peinent à trouver le pain quotidien. Fixer la responsabilité de chacun dans les 24 années de mauvaise gouvernance de Lansana Conté plus les 6 mois de mauvaise gestion de Moussa Dadis Camara, c’est dissuader les prochains gouvernants d’abuser des biens publics et améliorer notre système de gestion des deniers publiques pour le bonheur de la majorité des enfants de Guinée.

Cependant, une question taraude les esprits : pourquoi ces audits sont commandités sept mois après la prise du pouvoir par l'armée ? Est-ce au CNDD d'accomplir aujourd’hui ce travail laborieux qui prendra certainement beaucoup de temps ?   En effet, si le CNDD et en particulier Moussa Dadis CAMARA respectent leurs engagements c'est-à-dire rendre le pouvoir avant 2010, le résultat des audits ainsi mené sera certainement livré au quatrième Président de la République de Guinée. Or, pour le commun des observateurs, si la junte a décidé de lancer des audits c’est parce qu’elle veut utiliser les conclusions à son avantage. La chasse aux sorcières risque d’être la finalité de ces audits même si ce sont les cabinets internationaux qui en assureront la conduite.

Dadis, de plus en plus probable candidat aux futures élections présidentielles, voudrait-il utiliser ses audits pour écarter les éventuels aspirants au pouvoir qui vont lui donner du fil à retorde ? L’avenir nous en dira certainement plus.

Aujourd’hui, la priorité du CNDD doit être de mettre les outils nécessaires en place afin que la transition soit brève, car les acteurs en présence sur le terrain ont suffisamment démontré leur incapacité et Dadis l’"hyper président" est hyper inefficace et sa place se trouve dans une caserne militaire à l'image de ses "amis" du CNDD.

Si la junte veut mener des actions pour mettre « fin à l’impunité ambiante » comme le stipulait le communiqué qui annonçait les audits, alors les crimes de sang, symbole de l’impunité en Guinée à l'instar des crimes économiques, doivent être élucidés. Pourquoi ne pas autoriser incessamment la mise en place d'une commission d’enquête indépendante sur les massacres de Janvier et Février 2007 ?

Dadis cherche un prétexte pour rester au pouvoir ! e lui donnerait-on?

Le 03/07/2009

Je me demande si ceux qui applaudissent Dadis se rendent ils comptent que, sous  le brouillard de ses comédies télévisées, couvent lesœufs de la  tragédie dont l’éclosion sera synonyme du retour au césarisme militaire? C’est regrettable qu’en Guinée, certaines personnes malgré leur intellect, ne comprennent toujours pas que ce pays, béni par un sol et un sous sol immensément riche, choyée par des conditions édaphiques et climatiques assez favorables, ne peut se développer sous un régime militaire qui ne favorise point le dialogue politique inclusif. Pourtant, il ne suffit que de peu de lucidité pour savoir que, parmi l’éventail des facteurs ayant contribué à la stagnation et même à l’involution de notre maigre économie, celui dit politique est de loin le plus incriminable. Chacun sait que le mode dictatorial de gestion de notre pays et de ses ressources, toujours de saison, ne peut mettre en valeur les potentialités économiques attribuées à une exceptionnelle clémence de la nature. A force  de réfléchir sur notre pitoyable situation, on finit par adhérer au fait qui suit.  Si notre pays n’a jusque là connu que des dictatures, c’est parce que ces types de régimes ont souvent été cautionnés par l’ensemble des forces vives du pays dont les politiciens en premier lieu.

Le président Dasdis Camara, est aussi en train de se glisser insidieusement vers le même type de dictature qui a usé ses prédécesseurs. Il a un cercle d’alliés, qui s’agrandit de jour en jour. Celui-ci est prêt à le soutenir en toute occasion, non pas par amour pour sa personne, mais plutôt par souci de préservation de quelques minables rentes. C’est pourquoi, lorsque qu’il  se contredit à tout bout de champs ou abuse de ses pouvoirs, ces souteneurs opportunistes et indélicats l’ovationnent sans scrupule, pensant sans doute que leur comportement égocentrique demeurera insoupçonné. Pourtant, leur stratagème, sordide et inspiré, n’est autre que de supporter le chef suprême du moment, le temps de s’approprier illicitement des biens de l’Etat, et puis de le pourfendre plus tard, lorsqu’ il ne sera plus aux affaires, en prenant bien soin de nier toute coresponsabilité dans le naufrage politico-économique qu’il aura causé. Heureusement que nous sommes habitués à ce genre de négation, toujours faite par inconscience ou  malhonnêteté intellectuelle.

Concevons aujourd’hui que le grand drame en Guinée est que nous aimons nous apitoyer ou nous morfondre sur notre sort, cependant que nous manquons d’inverser le cours des événements malheureux qui circonscrivent notre vie, à chaque fois que l’occasion se présente. On semble ne point tirer des leçons de l’héritage catastrophique de nos précédents régimes. On est en train de fournir un autre prétexte au capitaine Dadis Camara de s’éterniser au pouvoir,  au mépris des termes de son premier discours. Et ceux qui lui font ce cadeau sont nos politiciens qui restent figés dans des stratégies périlleuses de quête de pouvoir, qui cautionnent l’idée des votes ethniques massifs.

Nous devrions savoir que si Dadis est chaud de tempérament, il n’est pas bête. Il sait au moins que le silence et l’inaction devant  l’émergence des formations politiques à forte connotation ethnique a toujours été un facteur de tonification du régime de Conte. Il peut comme il le fait d’ailleurs, s’ériger contre nos leaders politiques, pour se maintenir au pouvoir en mettant le blâme sur eux.  Puisque pour lui, ils n’ont pas été assez prévenant pour faire preuve de grandes et véritables concessions ou ouvertures politiques parant à l’ethnisation foncière de leurs partis. Dadis sait qu’il ne peut s’en prendre à un pauvre ressortissant de Tountouroun, de Sogbela, de Tormelen ou de Kissidougou – qu’il considère comme victime -d’adhérer de bonne foi au « parti de mon parent ». Il réalise que les masses populaires à 80% illettrées voient à partir de la lumière qui leur est reflétée du sommet de leurs partis respectifs. Du temps de Conte déjà, cette donne aurait pu  être changée en se servant du problème pour résoudre le problème – c’est à dire le phénomène d’adhésion aux partis par identification à l’ethnie de leurs leaders. Si au sommet des partis politiques majeurs, les leaders avaient accepté de créer honnêtement et non par mesure de justification ou par maintien des apparences trompeuses, une direction sérieusement mixte, les électorats de nos parties auraient été aussi ethniquement très variés à la base, et cela aurait eu l’effet de dénier à Conte toute possibilité d’orchestrer des mascarades électorales en sa faveur . Car, si en réalité il a réussi ses holdups up électoraux durant tout son règne, c’est par ce qu’on lui en a donné la chance.

Selon toute vraisemblance, Dadis est dans le sillage de son prédécesseur. Et nous lui donnons les raisons de continuer d’y rester. L’une des raisons qu’il cite lui-même comme facteur pouvant le conduire  à dévier de ses intentions initiales, est cette même ethnisation massive de nos partis politiques, qui pour lui fait office d’ethnocentrisme (à tord). Par ailleurs, ce raisonnement m’amène à traduire ici, au risque de me répéter, mes sentiments sur la question ethnique en Guinée. Celle-ci ne cesse en effet de picoter mes méninges depuis un certain temps. Notre pays se compose d’une mosaïque d’ethnies et de confessions, et cette double diversité à des particularités qui participent au renforcement du pacte de l’unité, scellé par nos ancêtres. Il s’agit entre autre, du très grand métissage biologique et culturel entre les différentes communautés de notre pays avec des paramètres culturels en partage, ayant permis de donner forme et substance à la vie de communauté et de promouvoir des acquis sociaux et moraux permanents, dont l’incessibilité ne souffre d’aucune incertitude. C’est ainsi que notre pays est reconnu ailleurs pour l’esprit de tolérance, de concession et d’hospitalité, du sens de la patrie, de l’honneur et de la dignité de ses populations. Ces valeurs communes semblent effacer toute barrière socioculturelle jadis source de conflagration intercommunautaire. Ainsi, la violence n’est guerre dans le sang du Guinéen. C’est pourquoi fort heureusement, nous n’avons jamais connu de conflit fratricide alors que les nations limitrophes ont souvent été embrasées par des guerres civiles. Et  j’ose espérer que Dieu nous épargnera une telle expérience macabre, ce malgré qu’au clair comme au noir, les tractations d’esprits malins se poursuivent dans le sens non désiré. Mais n’en déplaisent à ces derniers, les âmes éprises de paix savent que notre unité est aussi notre lumière, c’est elle qui éclairera le chemin de notre développement. Et a propos de lumiere, Pierre Augustin Caron de Beaumarchais disait que le vent, qui éteint une lumière, allume un brasier.

Qu’à cela ne tienne malheureusement, en Guinée, les valeurs communes qui nous unissent chez nous, sont compromises ou mises en péril à chaque fois que s’élève un dirigeant. A ce propos, un constat fait office de paradoxe. Le peuple doux, tolérant et hospitalier de Guinée, n’a souvent produit que des méchants loups pour le gérer, dans le charisme et le sadisme, l’égoïsme et le népotisme… Et aujourd’hui, je crains fort que Dadis qui commence à montrer des signes d’abus et de violence ne soit en train d’emboiter le pas à son prédécesseur au prétexte déjà cité. Si tel est vrai, il est en bonne place pour réussir. Et i n’y a qu’un seul moyen de l’empêcher de triompher. C’est de lui opposer  un désaveu total. Nous devrions donc  nous lever comme un seul, faire front commun contre le régime de Dadis comme nous l’avions fait contre celui de Conte, quand nous avions provoqué l’ouragan insurrectionnel qui a fait trembler son régime. De  passage, c’est le lieu de rendre hommage à nos illustres martyrs, tombés sous les traitres balles des mercenaires de feu General Lansana Conte. Cela dit, pour empêcher la montée en puissance du prochain despote tropical en Guinée, il faut s’unir, contre toute éventuelle velléité présidentielle qu’aurait Dadis ici et maintenant. Dans le cas échéant, nous aurions trahi notre nation, et aurions failli à notre devoir envers la postérité.

En conclusion, je voudrais dire que notre unité dépendra aussi de nos leaders politiques, qui doivent accepter de revoir la composition de nos partis politiques majeurs jugés foncièrement mono –ethnique, de faire des coalitions honnêtes sous-tendues par des clauses compromissoires bien ficelées étant entendu qu’ils ne sont pas des «ethnos» comme certains malintentionnées l’ont laissé entendre.

 

Guinée: Le futur de l'économie nationale

Le 03/07/2009

Les gouvernements antérieurs n'ont pas été en mesure d'assurer une croissance durable, pendant qu’une vigoureuse politique pourrait être mise en œuvre pour transformer l’environnement économique.

Avec une dotation compacte en ressources naturelles, le tableau récapitulatif de la performance économique de la Guinée est ahurissant. Les gouvernements antérieurs n'ont pas été en mesure d'assurer une croissance durable, pendant qu’une vigoureuse politique pourrait être mise en œuvre pour transformer l’environnement économique.

Nos potentialités dans les domaines de l'agriculture et de l'exploitation minière, notamment la bauxite, le fer, de minerai, d'or et de diamants sont des atouts inestimables pour atteindre un niveau de développement essentiellement supérieur à celui de nos jours.

Et pourtant si de bonnes initiatives de développement économique durable avaient été élaborées tout en luttant contre la corruption, la Guinée aurait dépassé son niveau actuel et même devancé des pays de la sous région Ouest Afrique, non exportateurs du pétrole.

Malgré ces échecs, sous la conduite des autorités d’alors, la Guinée a mené une politique monétaire plus souple et mieux adaptée à la croissance, qui incluait fondamentalement une stratégie de réforme axée sur le développement du secteur privé et un ensemble de rigueur assurant la bonne gestion gouvernementale de l'économie nationale.

Ces réformes nous ont permis d’être admis au programme des pays pauvres très endettés (PPTE) en Novembre 2000. Il y a lieu de reconnaitre les efforts déployés par l’ancien régime dans ce cadre.

Selon les données statistiques de FMI, la croissance du PIB réel avait atteint le taux de 3,6% en 2001 alors qu’elle était environ 2,1% en 2000, soit une augmentation annuelle de 1,5%. Le taux d'inflation moyen a baissé à 5,4% en 2001, passant de 6,8% en 2000, soit une baisse annuelle de 1.4%.

Certes la guidance d’une gestion gouvernementale solide, d’un contrôle interne efficace visant à rendre très représentative l’élaboration des budgets et le suivi des activités financières, plus la prudence de restriction de l’offre monétaire pour financer le déficit fiscal comme on le fait souvent constituent l’une des causes de succès de cette maitrise d’inflation y compris la production agricole dont l’effet a positivement influencé les prix des produits alimentaires.

Un revirement spectaculaire a pris cours en 2003, où la performance économique s’est considérablement dégradée et a atteint un niveau qui est opposé à l'espoir de parvenir à la réduction de la pauvreté que nous ciblons.

Malgré l’immense potentiel de développement dont est dotée la Guinée, elle a connu une crise économique caractérisée par un ralentissement de croissance, une forte hausse de l'inflation, des difficultés avec le paiement de sa dette, la restriction des financements extérieurs et d'une augmentation considérable de la pauvreté.

Les causes sont bien connues : la mauvaise gestion macroéconomique, le manque de transparence dans la gestion des ressources, l'impunité encouragée et la corruption généralisée qui ont favorisé le détournement de fonds publics, les effets non négligeables de l'élection présidentielle tenue en décembre 2003, etc...

Le taux de croissance économique passe de 4,2% en 2002 à 1.2% en 2003, une baisse remarquable de la croissance de 3%. De même les taux d’inflation varient de 5 à 14.8 en pourcentage. L’économie prend un souffle pour accroitre l’année suivante à 2,7% puis à 3,3% en 2005 pour recommencer la chute en 2006 autour de 2,2%. À la même année, le taux d’inflation s’élève à près de 35% et les revenues domestiques, une composante réelle du budget gouvernemental, passe de 14% à moins (1,3%) du PIB.

En se saisissant de ces données macroéconomiques, nous nous rendons compte qu’il faut éliminer les politiques économiques tordues, assainir les finances publiques, éviter de fortes augmentations de la masse monétaire pour financer le déficit, lutter contre la corruption, renforcer le système d’information statistique pour une meilleure présentation et d’évaluation de la taille de notre déficit fiscal.

Il y a toujours besoin d’accomplir des progrès significatifs dans les reformes structurelles notamment dans les domaines monétaires et de finances publiques. La prospérité de notre économie en dépend.

Le mystère est que nos années de croissance n’ont pas eu assez d’impact remarquable sur le niveau de développement. Universellement une période de croissance conduit à un taux d’épargne raisonnable pour permettre de réels investissements dans les infrastructures telles que les routes, les hôpitaux, les écoles, l’énergie, l’adduction d’eau potable, les télécommunications, etc.…

Mais non des projets fantômes irréalisables et des programmes fantaisistes ou imaginaires pour attribuer les fonds aux individus dépourvus de toute moralité saine. Les allocations des ressources sont, dans la plus part des cas, suspicieuses et beaucoup plus théoriques par rapport au plan officiel et malheureusement réelles par rapport au plan officieux.

En conséquence, la capacité de fonctionnement correct des services publics diminue de période en période et tout cela constitue un ensemble de facteurs contrariant la réalisation du développement économique et social que nous visons.

Avec une croissance remarquable comme indiquée ci haut, la Guinée pourrait au moins s’investir dans le domaine le plus important qui réside dans la planification du développement du secteur de l'énergie et d’eau potable dans la mesure où l'électrification contribue à la croissance économique elle-même, en soutenant les industriels, semi-industriel, commercial, activités agricoles,… bref tous les secteurs d’activités économiques.

Il est facile, pour les agences de développement, de nous accompagner dans cet élan si le gouvernement élabore un plan ordinairement crédible en ayant réalisé des résultats économiques satisfaisants. On ne doit pas échouer là où nos voisins, moins riches que nous comme le Mali et le Burkina Faso, ont réussi.

L’honnêteté et la sincérité des chefs, la lutte contre la corruption et l’impunité doivent devenir, même après le Président Dadis et le CNDD, inévitables pour assurer une gestion administrative plus efficace : la gouvernance économique et financière.

En 2003, l'aide financière provenant usuellement des partenaires de développement comme le FMI, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, les membres du Club de Paris, etc.… a été suspendu en raison des mauvais résultats macroéconomiques et des irrégularités fiscales.

Il faudrait maintenant exploiter des perspectives de développement et créer des conditions pour modifier le rythme de la croissance vers une plus grande stabilité macroéconomique comme celui qui avait conduit à l’obtention d'un nouvel accord triennal avec le FMI en décembre 2007.

Par exemple on peut choisir le model approprié des pays en développement -c'est-à-dire- promouvoir un espace politique et institutionnel qui soutient la prospérité du secteur privé et qui le permet d'agir comme un véritable souffle de croissance.

Le but est d’inciter l'activité du secteur privé qui est supposé créer de bons emplois intérieurement pour générer des revenus plus denses afin de constituer une rentabilité satisfaisante des biens vendus sur place.

Nous avons assez appris de nos échecs et il est temps de concevoir un programme rigoureux et des mesures suffisamment efficaces pour établir les équilibres macroéconomiques visant le retour à une croissance durable, atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE, réduire la pauvreté et limiter les effets des chocs exogènes liés à la crise mondiale.

Voilà nos défis. Ils sont réels et il nous faut de solutions réelles pour les aborder. Que le meilleur des candidats soit élu en décembre 2009 pour atteindre ces objectifs.

Vive la Guinée

Vive la jeunesse


Où nous conduit le capitaine Dadis?

Le 30/06/2009

Le 23 décembre 2008 était pour la majorité des guinéens l’occasion d’un nouveau départ même si des voix s’étaient élevées pour dénoncer cette "usurpation" de pouvoir par un certain Conseil national pour la démocratie et le développement. La deuxième République venait d’être enterrée par le CNDD. Les jours suivants allaient convaincre les filles et fils de Guinée  que le nouveau chapitre de l’histoire de Guinée qui commençait à être rédigé, allait être annonciateur d’un renouveau. Bien avant cet évènement,  les signes présageant de l’essoufflement  de la République que Lansana Conté dirigeait étaient nombreux : l’assemblée nationale était périmée, le gouvernement (celui de Souaré en l’occurrence) en perdition, une armée complètement incontrôlée, un Etat en décadence ... en somme, un pays malade qui  avait dépassé le stade de critique pour s’installer dans la phase durable d’agonie.

Le 22 décembre 2008, le général cassa sa pipe et Moussa Dadis, par le gré des circonstances, s’installa au pouvoir et devient ainsi l’artisan d’un nouvel espoir. Le jeune capitaine de l’armée, sorti des méandres du système, a réussi son entrée en scène, aux premières heures du putsch. Malgré son appartenance à l’armée guinéenne qui a été le principal moteur d’assujettissement du peuple pendant la deuxième République,  le bénéfice du doute était accordé au leader du CNDD.

Dadis était peut être l’un de ces rares soldats guinéens responsables et républicains. Avec sa ténacité, son intégrité, sa volonté et sa franchise, nous avons pensé que ce jeune capitaine allait mener à bon port le navire dont il avait pris par la force les commandes après l’annonce de la mort du Président Conté. Le nouvel homme fort du pays avait l’ardente volonté, en tout cas c’est ce qu’il nous a fait croire, de conduire le pays sur le chemin de la démocratie véritable. Commençait donc le démantèlement de l’ancien système : lutte contre le trafic de drogue, audits dans tous les secteurs stratégiques de l’état, ouverture des médias publics aux partis politiques, révision des contrats miniers…les chantiers sont lancés. La tâche était titanesque et Moussa Dadis en avait conscience. Sa vigilance était de rigueur. Mais aujourd’hui, il est clair que les acteurs de la deuxième République, responsables du malheur du peuple de Guinée, aient réussir leur reconversion avec le CNDD.

Moussa Dadis a-t-il réellement la volonté d’en finir avec les pratiques du passé ? Avons-nous affaire à un imposteur qui nous a promis monts et merveilles dans le but de se faire apprécier  des Guinéens ? Le pouvoir a-t-il transformé le personnage et a fait naître en lui l’envie de s’y installer durablement? Tout porte à croire que c'est la dernière hypothèse qui est valable. Pittacos disait à juste titre : « pour connaître un mortel, donne lui du pouvoir »

Malgré tout, Dadis demeure le principal artisan de la réussite de la transition et les acteurs politiques, plus généralement les forces vives de la nation doivent jouer un rôle de premier plan pour contraindre le président autoproclamé à réussir la transition et de facto, abandonner ses désirs de se cramponner au pouvoir. Les élections démocratiques libres, justes et transparentes doivent être aujourd’hui la priorité du CNDD.

On ne peut se payer le luxe d’un échec après les trois rendez-vous ratés de 1958, 1984, et janvier-février 2007. L’attitude des forces vives doit être frontale mais constructive  et les acteurs politiques (les vrais) doivent s’affirmer pleinement. S’opposer à Dadis lorsqu’il dérape, c’est l’assurance même de faire éclater la bulle dans laquelle il s’est logé depuis un certain temps.  

Des opportunistes qui se font appeler partis politiques, et qui pensent conquérir le pouvoir via cette attitude de complaisance vis-à-vis du chef de l’état se trompent monumentalement. Ces derniers n’ont rien compris à la politique et en faisant allégeance au CNDD, ils se font simplement  manipuler en croyant manipuler.

Pour en revenir au chef de l’état, on se souvient que le lendemain de sa prise du pouvoir il avait fait un mémorable discours en présence des forces vives de la nation. Le capitaine demandait alors aux "politiciens" de venir lui proposer un "projet de société" et il assurait le peuple que lui et son CNDD allaient suivre leurs recommandations. Avant même que les acteurs politiques, qui pour une fois avaient accordé leur violon, lui fassent des propositions Dadis avait commencé à nommer des ministres, militaires pour certains d’entre eux, pour assurer la gestion du pays. Dans la foulée un premier ministre à qui il promet une réelle marge de manœuvre est nommé. Après moult tractations et une longue attente le gouvernement tant attendu est connu. A la surprise générale, le commandant en chef des forces armées, s’est taillé la part du lion dans ce gouvernement militaro-civil en intégrant ses amis militaires aux postes stratégiques. Le premier ministre est présent pour la forme. Le camp Alpha Yaya devient la forteresse de la République. Parole sacrée de Dadis, où es tu passée ?

Aujourd’hui, plus que jamais la question est de savoir comment faire pour que cette transition aux allures romanesques ait une issue heureuse.

Pendant ce temps, le peuple observe. Les guinéens ne sont pas dupes et Mr le Président autoproclamé, vous aurez intérêt à ne pas les pousser à bout.

Réponses aux réactions au texte <<guinee,1958-2008: l'imposture au pouvoir>>

Le 30/06/2009

Ayant reçu sur sites et par courriel des réactions, je dois réitérer ce que j'avais déjà écrit en pareille circonstance. En effet j'estimeque si le temps le lui permet, un auteur doit prolonger les échanges avec ses lecteurs et, au besoin, apporter des compléments à son article. C'est ce que je vais faire en évitant d'être long. Je remercie donc les frères ci-dessous cités et ceux non cités nommément leurs réactions m'étant parvenues par e. mail donc à titre privé. Toutes et tous me donnent l'occasion de répondre et qu'on n'y voit pas des retours de compliments;

Makanéra Ibrahima Sory, si engagé pour la cause guinéenne est entendu pour son encouragement à poursuivre;

Amyson a raison de noter qu'un texte jugé long peut décourager des lecteurs. C'est vrai, je tiendrai compte du conseil pour la prochaine fois. Quand on est lancé dans la frappe directe de son texte, on ne réalise pas toujours la longueur de ce qu'on écrit. C'est pourquoi la méthode qui consiste à d'abord écrire son texte sur papier permet d'éviter des longueurs et des répétitions inutiles. J'ai en plus le défaut de ne pas toujours me relire. D'où parfois des coquilles et des imperfections qu'on laisse passer et que le webmaster redresse à l'occasion.

Ismaël Bah, actif Président de la FAGAF: je suis tout à fait d'accord sur les maux qu'il évoque et qui continuent d'engluer la Guinée; c’est-à-dire la bureaucratie, le parasitisme et le clientélisme. Ce sont là des habitudes qui forment la glu empêchant notre pays de prendre son envol pour un développement durable.

Condé et Moustapha Diallo attirent l'attention sur les comparaisons de situations moyennes. C'est vrai que ces comparaisons ne donnent pas toujours satisfaction. Je concède à Diallo que les individus butés même plus intelligents que d'autres sont en général dangereux. C'est vrai alors qu'il ne faut pas à tout prix se focaliser sur le seul aspect intellectuel. On a connu des Docteurs Mabuse. Un type ordinaire qui a conscience de ses vraies capacités et qui prend conseil est éminemment supérieur à des marchands d'illusions. Si l'on fait référence au niveau culturel de dirigeants politiques, c'est que ce niveau peut permettre une capacité d'analyse de situations à celui qui en a, comparé à celui qui n'en a pas.

Souleymane Diallo: je n'arrive pas également à comprendre les vraies motivations des Guinéens qui se déclarent patriotes mais se font les défenseurs de dictateurs qui ont conduit à faire de la Guinée un lieu de misères et de tourments humains en Afrique. Quand on voit encore en 2009, qu'en Europe, on poursuit des compagnons de dictateurs des années 1930-1940 pour les punir des forfaits commis par eux en ces temps là, on comprend que les européens soient capables d'avancer sur le chemin des progrès de l'Humanité. C'est ce progrès qui attire en Europe, la jeunesse africaine et guinéenne. C'est ce progrès qui pousse nos dirigeants à constamment tendre la main à l'Europe et au reste du monde qui avance pour le moindre projet chez-nous. Cette évolution ne pousse pas certains de nos compatriotes à réfléchir mais à parler, à la manière de perroquet, d'indépendance et de dignité.

Mamadou Billo Sy Savané: j'ai plus d'une fois signalé combien son jugement, solide et sûr m'importe sur bien des sujets de notre pays. Je demeure dans cette disposition d'esprit en ajoutant, continue mon frère!

Barry A. : je crois que devant ce genre de situation, c'est-à-dire le surgissement du CNDD sur la scène politique guinéenne, il ne faut pas être déçu trop tôt, des comportements de ceux qui ne se sont pas tout de suite installés dans la critique. On dit que c'est à l'ouvrage qu'on reconnaît l'ouvrier qualifié. A l'arrivée du CNDD, le fait d'annoncer une « période transitoire » de redressement avait atténué le profond scepticisme de nombreux Guinéens sans les pousser pour autant à renoncer à leur veille sur la situation. Après six mois, on a vu et noté les ouvriers du CNDD. Le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne sont pas les ouvriers qu'il faut à la Guinée pour se relever. S'être installés dans la critique dès l'arrivée du CNDD, n'aurait de toute façon rien changé à la situation, sinon à se justifier de leur incompétence par le grand nombre de ceux qui les auraient gênés de mettre en place leurs réformes. Cette explication ne se serait cependant pas accompagnée du retrait du pouvoir. Ceci étant, avoir été sur ses gardes dès le départ de l'expérience, n'était pas non plus condamnable au regard des 50 années passées. La nuance était dans la systématisation ou non des critiques.

Koundouno Fatoma: le classement des trois dirigeants peut être discuté, je l'ai dit plus haut, pour ici, j'ajouterai que le bon sens est, dit-t-on la chose la mieux partagée. Si le Président intelligent manquait de bon sens, on peut effectivement dire qu'il était cynique. Le cynisme a souvent conduit à l'imposture.

Thierno A. Diallo: ses analyses pertinentes sur les dérives du pouvoir politique en Guinée, notamment sur la navigation à vue de Dadis et son équipe, méritent toute l'attention.

Pour les réactions par e. mail, certaines ont été suivies parfois de questions qui portent sur les points suivants:

Des précisions sur le CNDD et son Président Moussa Dadis Camara. J'ai franchement dit que je crois, et cette croyance se renforce en moi de jour en jour, que le CNDD, tel qu'il est, tel qu'il est composé, tel qu'il fonctionne, ne sera pas en mesure de relever la Guinée. Nombreux ceux qui ont été élevés dans la culture politique pratiquée en Guinée de 1958 à 2008, et demeurent des hommes et des femmes de pouvoir à ne pas accorder la moindre importance à ce qu'ils affirment dans leurs discours. C'est ce qui explique qu'ils peuvent dire avec force et un semblant de sincérité des choses dont ils ne croient pas le traitre mot. Cette duplicité dans le comportement et le langage ne s'est pas démentie depuis des lustres. Le CNDD ne s'est vraiment pas départi de ce comportement. Autrement comment comprendre que Dadis et ses compagnons aient annoncé dès leur prise de pouvoir qu'ils établissaient une transition pour remettre le pays sur rails pour une gouvernance normale par la voie démocratique et qu'ils démontrent, à présent, tous les jours qu'ils sont là pour longtemps? Ils donnent confirmation à cette hypothèse en ne cessant pas de rappeler qu'en faisant leur coup d'Etat de décembre ce sont eux, militaires, qui ont risqué leur vie en se lançant dans cette aventure. Conclusion logique : « ceux qui ont levé et abattu le lion, sont ceux qui doivent s'asseoir sur sa peau ». On est loin des citoyens en uniforme, républicains et patriotes, pour lesquels, certains d'entre nous, avaient de bonne foi, cru à l'existence dans l'Armée. Nos braves centurions qui ont pris l'habitude de faire des coups d'Etat contre des morts (en 1984 et 2008) parlent maintenant d' «avoir pris des risques ». C'est pourquoi, ils tentent de retourner la situation en leur faveur. Dans toute communauté humaine, il existe des bons et des mauvais éléments. Un nombre de Guinéens, pensaient que même dans l'Armée guinéenne, existaient des éléments sensibles aux malheurs des Guinéens. C'est ce qu'on attendait de l'Armée comme sentiments. Au reste, ceux qui pensaient ainsi, n'ont pas tardé à prendre leurs distances avec les putschistes dès qu'ils ont senti leurs intentions profondes. Je demeure donc solidaire de ceux qui pensent que les Guinéens ne sont pas tous, partout, des corrompus.

Les velléités de Dadis et des membres du CNDD de se maintenir en place sont confortées par d'obscurs « conseillers » limités qui, de toute façon, vont aller en se raréfiant comme celui qui a écrit: « Vous savez Dadis a commis une grave erreur. Le pouvoir, ce n'est pas une petite chose. Il y a trois phases du pouvoir: sa conquête, sa conservation et son exercice. Mais dès que Dadis est passé à la première phase, il n'a pas mis de véritables stratégies pour les deux autres phases. A savoir, sa conservation et son exercice. Lorsqu'il a pris le pouvoir par un coup d'Etat qui était d'ailleurs attendu, qui était salué, c'est la conquête du pouvoir et que le peuple lui a concédée en disant qu'on est d'accord parce qu'on avait assez. ». Chacun voit midi à sa porte... Je pense et je ne suis pas seul que ce que le peuple a salué, c'était le changement de régime par l'intervention de l'Armée au service de la Nation, Etant le seul corps social « organisé » du pays, il pouvait rendre ce service, les temps ayant changé sans songer à une conquête du pouvoir. Et encore moins sa conservation et son exercice. Mais c'est ce genre de sornettes que ces « conseillers » ces conseillers » serinent à l'oreille de Dadis.

Je suis convaincu, que si celui-ci et ses compagnons tentent de se maintenir en place, ils ne feront que reculer notre pays et je le répète, il faut qu'ils se rendent compte qu'ils sont loin d'avoir les capacités intellectuelles et morales, les moyens matériels aussi de redresser et de diriger efficacement la Guinée. En s'entêtant pour se maintenir en place, ils montreront qu'ils sont en retard sur les temps que nous vivons. Les auteurs des coups d'Etat n'ont plus, aujourd'hui, la « baraka » du temps des Bokassa, des Idi Amin Dada, des Samuel Doe, des Conté etc. qui, du reste, ont fini plus ou moins, dans la honte, l'incapacité physique ou dans le sang et des pays en ruines.

Il faut féliciter les initiateurs guinéens de la rencontre de Bruxelles le 26 juin pour montrer à l'Extérieur, notamment à l'Union Européenne, que continuer à financer des groupes d'arrivistes comme le CNDD n'est pas une aide au peuple guinéen mais à des individus qui non seulement n'apporteront rien à la Guinée mais en profiteront pour s'enrichir. L'appel à l'Union Européenne de regarder les réalités guinéennes est également valable pour les investisseurs qui sont des gens avertis. La rencontre de Paris le 11 juillet 2009, ira sans doute dans le même sens.

Du moment que j'avais parlé des partis politiques guinéens, des questions m'ont été posées sur eux. J'ai maintes fois écrit qu'au lieu de les prendre pour cibles des critiques sous le régime de Lansana Conté, on se trompait lourdement. Quels que soient les problèmes d'aujourd'hui, c'est par l'action des partis politiques que la Guinée se relèvera, si les leaders se révèlent être des hommes ou des femmes d'Etat. Le problème de l'heure est que nos concitoyens ont une prédilection particulière pour les formules: « y a qu'à »; « il n'y a qu’ 'à faire ceci ou cela »; « au lieu de dénoncer, ya qu'à passer à l'action » et personne n'a jamais fourni de mode d'emploi de cette action etc. Ce qu'on ne sait pas ou qu'on oublie est que critiquer ou dénoncer ont été des armes qui ont fini par avoir un effet débilitant sur les régimes visés. Ce ne sont pas par exemple des divisions blindées venues de l'Occident qui ont disloqué l'ancien bloc soviétique mais l'action souterraine d'opposants et les écrits de personnalités comme Soljenitsyne. Bref les partis politiques guinéens d'opposition ont fait de gros efforts (tout est relatif) pour le multipartisme et l'implantation de l'embryon de démocratie intervenue en Guinée. Leur faiblesse, on l'a assez dit venait, vient toujours de la situation économique du pays, du manque de synergie réelle d'action et surtout d'un trop grand émiettement du champ politique. Il ya de TROP de petits partis sans aucune envergure à attendre et dont les motivations des animateurs sont autres que ce qu'on doit attendre de l'engagement d'hommes et de femmes au service d'une nation. Mais, me dira-t-on, c'est aussi cela la démocratie. Quoi qu'il en soit, il faut que les Guinéens renforcent les partis politiques de leur choix pour sortir la Guinée des rodomontades des Rambos en tenue de combat. Cela est possible en isolant de l'extérieur les usurpateurs de la volonté populaire. C'est sur ce point de renforcer les partis politiques qu'un de mes correspondants me demande mon appartenance politique. Autrement dit mon parti politique.

Sa question ne m'a pas paru gênante et j'ai répondu que la politique m'intéresse mais si je ne me suis pas concrètement engagé dans un parti, c'est en raison de mon état de santé. Quand on s'engage dans un parti politique, il faut être dans les dispositions d'aller au charbon comme tout militant. Outre mon métier d'enseignant, j'ai été responsable syndical sur le campus universitaire. J'ai donc connu la valeur de l'engagement. Depuis ma retraite de l'Université, je souffre d'une cheville qui réduit ma mobilité géographique, c'est pourquoi, d'ailleurs, je suis souvent absent des rencontres de mes compatriotes à Paris. Pour le reste, « ça va, Dieu merci », comme on dit chez-nous.

N'étant donc pas actif dans le cadre du militantisme, je ne manquerai pas comme citoyen de manifester mon choix quand le champ électoral s'éclaircira. Dois-je en dire plus, cher correspondant?...

Alors même n'étant pas membre d'un parti politique et même ne vivant pas en Guinée, j'y reste attaché et j'ai toujours souhaité ardemment en moi-même et prié que les choses aillent bien pour la Guinée et les Guinéens. Ces souhaits et ces prières que ceux qui sont imprégnés de la culture de l'imposture dont j'ai parlé dans ce texte, ont tendance à déformer pour ne voir dans chaque Guinéen qu'un forcené à la recherche de privilèges liés au pouvoir politique, ne sont à mes yeux comme à ceux d'autres que la simple recherche de soi-même.

 

Guinée 1958-2008: Cinquante années d'imposture (Voulez-vous que ça continue?)

Le 23/06/2009

Guinéennes, Guinéens ! N'en avez-vous pas assez d'avoir été régis par 50 ans d'imposture en République de Guinée?

Et surtout pour certains d'entre vous, n'allez pas croire que ce terme du titre de mon article est excessif.

Il me semble à moi que non. Au point où nous en sommes, nous Guinéens, nous devrions en être à appeler les situations par les mots justes et nous passer des conventions de citoyens raffinés devenus des moisissures de salons que nous ne sommes pas encore.

Tous les dictionnaires admettent qu'une imposture consiste en l'action délibérée de se faire passer pour ce qu'on n'est pas, de faire passer une chose pour ce qu’elle n’est pas.

C'est en ce sens qu'on a parfois parlé de mystification ou d'escroquerie. Si un tel comportement était le fait de hâbleurs de coins de rues, sans aucun impact sur la vie de millions d'individus, il ne mériterait peut-être pas qu'on y prête attention.

L'imposture dont il s'agit ici, est celle qui a été le comportement dominant des dirigeants guinéens dans la conduite de l'Etat depuis sa fondation. Chacune et chacun des Guinéens devraient à présent se pénétrer de cette réalité pour se dégager des mythes, des faux mythes ethniques, régionalistes et autres qui nous maintiennent dans une espèce de gangue.

C'est ce qui explique que depuis 50 ans, nous nous sommes abandonnés à des marchands d'illusions qui nous ont abusés et usés. C'est là que réside aussi l'explication que la Guinée constitue un cas en Afrique.

Guinéennes, Guinéens ! Souhaitez-vous poursuivre dans cette voie du renoncement et de l'abandon de vous-mêmes à la fatalité, après 50 ans de geignement ?

C'est pourtant cette voie qui semble, à nouveau, se profiler devant vous ... Pour quelle durée encore ?...

 Je ne répondrai pas à cette question, mais l'expérience en cours ne durerait que deux, trois ans, il faudrait, (nous souvenant du passé), nous dire que c'est long, trop long d'autant que l'effet enivrant du pouvoir peut ramener au passé douloureux. Les mailles du pouvoir sur une population largement analphabète comme la nôtre a toujours été une réalité et cette pratique est loin de disparaître.

Dans l'atmosphère d'imbroglio ambiant, les araignées du CNDD sont en train de tisser les mailles autour des populations les plus vulnérables et les plus nombreuses, pour reconduire, peut-être de manière différence, les impostures des 50 années de la période 1958-2008.

Sans revenir longuement, dans cet article, à la culture de l'imposture politique des deux Présidents de la République de 1958 à 2008 et dont tout citoyen guinéen subit encore, aujourd'hui, les effets pervers, je vais en rappeler les schémas car c'est un devoir de revenir et encore à ce passé.

Au cours de la période 58-84, le Président Sékou Touré qui avait mené avec des compagnons et des dirigeants d'autres partis politiques guinéens, le combat de la libération du pays du système colonial avec des mots d'ordre mobilisateurs, n'a pas tardé, après l'indépendance à se métamorphoser en un sinistre dictateur.

En quelques années, entouré de séides plus bas que terre, il s'était présenté aux Guinéens, sans le moindre scrupule en savant en toutes choses.

Des commis du Parti-Etat devaient renforcer cette image du « Président-il-sait-tout » dans la formation de la jeunesse et la mystification des Guinéens. Comme si la population ne connaissait pas l'itinéraire de Sékou Touré, Louis Sénaïnon Béhanzin, Secrétaire d'Etat à l'Idéologie, confirme l'imposture mise en place en écrivant: «Il faut à tout prix, par tous les moyens, que les élèves soient convaincus que Sékou Touré représente la vérité absolue, que lui seul détient les connaissances dont a besoin le peuple guinéen, que seule sa pensée doit servir de modèle et d'exemple dans la formation et dans l'action pour le mieux-être de la Guinée» (cf L'Ecole guinéenne, n°2, décembre 1969; cf également Perspectives Nouvelles, n° 40, 1974).

 Une imposture de cette taille ne trouve d'explication cohérente que dans les limites personnelles de l'initiateur de cette politique à l'échelle d'un pays et c'est en cela qu'on peut parler, en dépit des apparences, de l'ignorance au pouvoir.

Le substrat sociologique et intellectuel d'un tel dirigeant est caractérisé par l'ignorance dans le sens plein du terme. Cette affirmation s'est vérifiée tout au long de l'Histoire de l'Humanité.

Les premiers succès qu'ont enregistrés les dictateurs qui s'étaient d'abord entourés de compétences, parce qu'ils en avaient besoin pour consolider leur pouvoir, ont été très souvent annihilés par leur ignorance de la réalité.

L'exemple type sur ce point est donné par l'historien allemand Gert Buchheit dans son ouvrage, «Hitler, chef de guerre – l'armée allemande sous le 3e Reich » (Walter Beckers, Editeur, Kapellen, 2 vol. Anvers, 1968).Jacques Morval écrit en introduction de la traduction française de cet ouvrage: « Cela alla bien un temps: il avait de bons généraux, des adversaires en or et, aussi, beaucoup de chance. Le malheur – ou le bonheur, selon le camp où l'on se place – fut que, grisé par ces succès, il voulut tout diriger lui-même. Eliminant progressivement les spécialistes qualifiés. Il conduisit lentement mais sûrement à sa ruine une armée allemande qui, de toute son histoire, n’avait sans doute jamais connu des sommets comparables à ceux qu'elle atteignit au printemps 1940 ».

J'ai, intentionnellement recouru à cet exemple ici pour montrer, que dans le domaine politique , les « brillants autodidactes », ont plus souvent conduit que d'autres , à la catastrophe , les peuples dont ils s'étaient chargés des destinées.

A une échelle différente de l'exemple que je viens de citer, la Guinée a connu une catastrophe humaine, économique et sociale de l'expérience politique menée par Sékou Touré en Guinée.

Le malheur pour les Guinéens a été , est toujours, qu'un grand nombre d'entre eux, n'a pas tiré de leçon de cette tragique histoire d'un parti qui s'était dénommé en 1978 à la face du monde entier « Parti-Etat » et qui se qualifiait, sans état d'âme, de « démocratique ».

Qu'est-ce qui peut expliquer cette effrayante inconscience devant l'Histoire, sinon un état d'ignorance installée au pouvoir?

A partir de là l'imposture du premier dirigeant du pays n'a plus connu de limites. Et il se trouve encore des Guinéens pour justifier cette imposture, même et surtout parmi certains de ceux qui avaient fui l'enfer qu'était devenu notre pays et qui vivent toujours à l'étranger.

La deuxième République de Guinée qui naîtra des décombres de l'expérience du Parti-Etat, d'abord sous la forme d'un Comité Militaire de Redressement National (CMRN), sera moins flamboyant que le Parti-Etat car son dirigeant n'était qu'un nabot comparé à son prédécesseur mais les nabots, dans l'Histoire, peuvent aussi faire mal et Lansana Conté en fait à la Guinée.

 A part le masque débonnaire de Président-paysan, il s'est inspiré de bien des méthodes d'avant 1984 pour gouverner dans l'imposture, méthode de gouvernement dans des pays à taux d'analphabétisme élevé.

De 1984 à 2008, les crimes d'Etat n'ont pas disparu. La mise en coupe réglée du pillage économique était devenue la méthode de gouvernance.

Des hommes qui étaient arrivés au pouvoir en 1984 pour, disaient-ils, redresser la Guinée brisée des années du Parti-Etat et qui étaient tous pauvres comme Job, (ils le proclamaient haut et fort), étaient devenus tous ou presque des milliardaires.

 De quelles activités professionnelles?

 De quelles industries?

 Chacun en a la réponse : à tous les niveaux, cet enrichissement ne pouvait provenir que du vol des deniers publics.

Qu'est-ce qui peut expliquer une telle évolution de la chose publique en Guinée?

C'est encore de l'imposture de taille qu'ont eue ceux qui viennent, s'installent et se maintiennent au pouvoir par la force en s'appropriant les biens collectifs tout en ne sachant rien proposer en retour sinon les sempiternelles logorrhées qui n'ont jamais apporté un début de réponse aux problèmes guinéens.

Les fondements culturels politiques de cette longue nuit guinéenne ne reposent que sur la force bestiale pour soumettre la population.

C'est à la mamelle de cette culture qu'ont été allaités les hommes qui ont fait le coup d'Etat contre le cadavre de Lansana Conté en Décembre 2008, à l'identique du coup d'Etat que celui-ci avait fait contre le cadavre de Sékou Touré en Avril 1984.

Ils se sont présentés sous la conduite du Capitaine Moussa Dadis Camara, en balayant la vieille garde corrompue, dans le cadre d'un Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD).

 Cet acronyme ne serait-il pas un avatar qui s'ignore de feu le CMRN?

L'interrogation n'est pas saugrenue. L'imposture des animateurs du CMNR reposait sur une énorme vacuité qu'ils devinaient eux-mêmes. Aucun des 25 membres n'avait ni la formation, encore moins la dimension culturelle de diriger un Etat en ce 20e siècle finissant.

Mais le cynisme et l'imposture de Lansana Conté et de ses compagnons ne reposaient que sur les armes que la nation leur avait confiées pour sa défense. Je me souviens de discussions que j'avais eues avec différents ministres militaires, au début du mois de Mai 1984 à Conakry.

La vacuité dont faisaient preuve ces militaires à ces postes s'est confirmée aux résultats de leur gestion catastrophique. Ce qui comptait pour eux à ces postes de responsabilité, était ce qu'ils pouvaient en tirer en termes matériels et financiers et non les services à rendre à la Nation. C'est là où réside la caractéristique fondamentale des imposteurs au pouvoir.

Je crains, ce n'est pas un souhait, que Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD ne soient à la porte de l'imposture, s'ils n’y sont pas déjà entrés.

A constater l'ampleur du crédit moral dont ils disposaient à la fin de l'année 2008 et les alertes qui fusent de partout à l'heure actuelle, sur les dysfonctionnements et les pratiques de pompiers de Dadis et du CNDD, on doit s'interroger au lieu de s'installer dans cette béatitude conformiste qui consiste à dire « Ne les troublez pas, ne créez pas de confusions, laissez-les travailler tranquillement, etc. ».

Qu'on me dise qui, quel groupement, aujourd'hui, en Guinée ou à l'extérieur dispose de forces matérielles pour s'opposer à des militaires en armes et les empêcher de faire ce qu'ils veulent faire?

Personne. Que le CNDD se remette à faire du sérieux pour ce qui reste de la période transitoire et vous verrez que les flux des critiques s'atténueront. Il faut rappeler à cet égard que parmi les Guinéens qui écrivent sur le pays, certains avaient souligné que le CNDD avait hérité d'une situation politique très difficile.

 Pour ma part, j'avais, plus d'une fois écrit qu'il fallait s'attendre à de nombreux couacs indépendants de la volonté des membres de la nouvelle direction guinéenne.

Toutefois, l'expérience des six mois écoulés montre que quelles que soient les bonnes intentions proclamées, Moussa Dadis Camara et les principaux membres militaires du CNDD n'ont ni la formation, ni l'expérience, ni la dimension culturelle de sortir la Guinée des décombres dont ils ne sont du reste pas les responsables, je l'ai dit, à moins de vouloir s'éterniser au pouvoir et aggraver ces décombres.

 Seules des élections vraies devant conduire des élus du peuple guinéen aux commandes de l'Etat entraîneront l'adhésion du peuple guinéen à l'édification humaine, économique et sociale de sa patrie.

Tout le reste n'est que manœuvres dilatoires et perte de temps qui se termineront par la honte posthume ou du vivant des acteurs qui se sont crus les envoyés de Dieu. C'est ce titre que ne cessent de leur souffler à l'oreille les bandes oisives d'ignorants qu'ils consultent régulièrement sur les desseins de Dieu à leur égard.

Ces pratiques qui n'ont jamais fait avancer les problèmes guinéens constituent des activités florissantes et nourrissent bien leurs hommes. Comme le CMRN, le CNDD est arrivé à un moment d'attente intense du pays réel guinéen de renouvellement du système politique en place.

C'est ce qui explique les explosions de joies populaires le 23 Décembre 2008. Cette entrée dans l'Histoire de la République de Guinée était une chance à saisir pleinement.

Le CMRN avait torpillé une telle chance qui s'était offerte à lui en 1984. Je le répète, bien que les compagnons du CNDD aient un niveau culturel moyen supérieur à celui de leurs aînés du CMRN, ils ne montrent pas que ce sont eux qui arriveront à tirer le pays vers le haut.

Les intentions proclamées d'une transition courte pour remettre le pays sur les rails et qui ne semblent pas s'être concrétisées de façon tangible, doivent clairement être débarrassées des effets pervers de la politique-spectacle.

C'est la voie de la crédibilité et de l'honneur qui reste pour le CNDD et son chef pour sortir la gouvernance en Guinée de la mauvaise philosophie politique de l'imposture.

En tant que militaires, ce que la nation consciente attend de Dadis et de ses compagnons, c'est de déployer leurs efforts pour organiser le pays pour des élections dignes de ce nom pour qu'enfin les Guinéens soient gouvernés selon leur volonté.

Des élections?... Quand?

Il ne faut, d’ailleurs, pas rendre ce mot magique, ce ne sont pas des élections qui vont de manière magique résoudre illico tous nos problèmes mais à réfléchir là-dessus, c'est la moins mauvaise des perspectives d'avenir pour nous au regard du passé. Alors des élections, disons, le plus rapidement dans un délai clair qui ne laisse planer aucune ambiguïté sur des tentatives d'installation durable de l'Armée au pouvoir.

On se demande d'ailleurs le pourquoi de cet anachronisme dans certains pays africains dont la Guinée de voir la prétention de l'Armée à vouloir gouverner le pays.

Le constat qu'on tire souvent des gouvernements militaires est l'échec et la mise en retard de pays ayant connu ces cas de gouvernement. Le grand retard des pays d'Amérique du Sud sur l'Amérique du Nord s'explique en partie par la prétention des Armées d'Amérique de Sud à s'immiscer dans la vie politique de certains de ces pays du 19e siècle au milieu du 20e siècle.

Les coups d'Etat militaires s'y étant raréfiés depuis le années 1960, bien des pays latino-américains ont réalisé de remarquables progrès économiques et sociaux.

Aujourd'hui, on y compte de grands pays émergents qui comptent dans l'économie mondialisée. En ce qui nous concerne, rien ne pourrait empêcher, comme dans les pays démocratiques, que des membres du CNDD, devenus des citoyens civils, aient plus tard des prétentions de carrière politique. Ce qu'on attend de Dadis et du CNDD est pour l'immédiat :

a) D'activer la fin de la période transitoire pour l'organisation d'élections dans lesquelles aucun d'eux ne sera impliqué comme candidat ni en 2009, ni en 2010.

Les partis politiques, la société civile, les syndicats et le Groupe International de Contact sur la Guinée pourraient à nouveau se retrouver comme prévu d'ailleurs en Mai 2009. Cette rencontre devrait être assortie de mises en garde contre les déclarations équivoques et toutes manifestations de l'Etat-spectacle.

b) C'est la voie raisonnable, il faut le répéter, pour les membres du CNDD qui veulent envisager pour plus tard une carrière politique, après un retour dans les casernes qu'ils doivent mettre à profit pour réorganiser l'armée.

 Cette réorganisation serait une nécessité. Il faut en effet restaurer la vraie mission d'une armée républicaine éduquée et reposant sur le rétablissement de la hiérarchie.

L'image qu'elle donne actuellement n'est en effet pas annonciatrice de stabilité pour l'armée elle-même mais également pour l'Etat républicain. La culture du Parti-Etat qui voulait que n'importe qui soit capable de tenir n'importe quel poste dans l'Etat est encore fortement ancrée dans les esprits.

C’est pourquoi des pratiques comme celle de faire prêter un serment de fidélité sur le Coran ou la Bible à qui que ce soit, ne retiendront personne dans sa soif de pouvoir.

Seule une bonne formation républicaine sera à même d'amener au respect des institutions et de la hiérarchie, garants de la stabilité de l'Etat et de programmes cohérents de développement.

Hors de ces considérations, les critiques faites actuellement sur Dadis et sur le CNDD ne sont pas toutes des exagérations comme des béni – oui -oui tentent de le faire croire et n'ont à la bouche que ce psittacisme: « qu'est-ce que vous proposez » comme si tous ceux qui écrivent n'avançaient aucune suggestion dans leurs réflexions.

Et plus encore, a-t-on jamais constaté que toutes propositions, et chacun sait qu'il s'en formule sans répit, sont tout simplement lues?

Un collectif comme le Conseil National des Organisations de la Société Civile de Guinée (CNOSCG) a souvent fait des propositions, de bonnes propositions pour quels résultats? Ainsi, pour une amélioration de la gouvernance en Guinée, ce conseil fait un remarquable travail pour « le redressement » de la gouvernance de notre pays.

Le dernier exemple de son intervention est contenu dans sa déclaration du 15 Juin 2009 qui porte sur huit points de propositions essentielles sur la transition en cours. Je suis sidéré de constater que le CNOSCG qui n'a pas les moyens matériels d'un gouvernement pour mettre en pratique ses propositions, n'échappe pas aux critiques inutiles de certains de ceux qui réclament à tout propos des propositions à faire aux CNDD.

On devrait savoir que tout gouvernement en Guinée ou ailleurs a besoin d'organismes (sous diverses appellations) du type du CNOSCG pour améliorer sa gouvernance et aller de l'avant. C'est ce qui a cruellement manqué en Guinée pendant 50 ans.

 Pour ce qui a trait à d'autres aspects des critiques adressées au Président du CNDD, par exemple la tendance à une certaine forme d'autocratie, il s'agit là de comportements à combattre plutôt que de sujets comme l'incident survenu avec l'Ambassadeur allemand Karl Prinz.

Dans un exemple de ce type, les choses me paraissent simples à comprendre. L'Ambassadeur Karl Prinz est intervenu de façon peu diplomatique, c'est sûr, dans sa question connue de tous à Dadis.

 En Europe, il n'aurait pas posé la question dans les mêmes termes. Mais s'il l'a fait, c'est sans doute au regard du financement que la Guinée sollicite constamment de l'extérieur, notamment de l'Union Européenne pour tout ce qu'elle veut entreprendre. C'est le cas des élections sur lesquelles portait la question de M. Prinz.

Quand on est bailleur de fonds d'une opération, cela peut conduire à vouloir y jeter un regard. Et ceux qui font, comme les dirigeants de Guinée, continuellement appel aux fonds accumulés par d'autres peuples sont mal placés pour parler de dignité.

C'est pourquoi j'avais intitulé un de mes articles : « Indépendance où es-tu? » (20 Mars 2008). C'est l'occasion de rappeler que les fonds que nous sollicitons sans gêne auprès de bailleurs extérieurs, ont été accumulés par eux en utilisant leurs diverses compétences de tous niveaux.

En Guinée, les compétences ont été pour l'essentiel écartées de la gestion de haut niveau de l'Etat et de l'économie par toutes sortes de manigances parentales ou népotistes, en sorte que c'est l'incompétence qui a eu pignon sur rue.

Ce système a toujours contribué à la pérennisation de l'imposture au pouvoir. C'est ce système que nombre de Guinéens auraient voulu voir abattu. Le temps de l'installation de la transition, par définition courte le plus souvent, paraît déjà escamoté par la politique-spectacle du CNDD et de son chef.

Pour ce qui reste de ce temps toujours non défini avec précision, il faut, pour l'honneur de Dadis et de ses compagnons, une vigoureuse reprise de la préparation d'élections fiables sans participation, comme candidats, des membres du CNDD.

Si tel n'est pas le cas, c'est que l'imposture adoptée comme philosophie politique en République de Guinée n'a pas été éradiquée par l'avènement du Conseil National pour la Démocratie et le Développement en Décembre 2008.

Alors, Guinéennes et Guinéens, mes compatriotes, le devoir impérieux est de se grouper derrière les partis politiques de vos choix. C'est la voie pacifique de salut.

 Les appels à la désobéissance civique ne sont pas réalistes surtout quand ils émanent de ceux qui ne vivent pas les conditions quotidiennes des Guinéens moyens. J'ai à plusieurs reprises écrit que les leaders de l'opposition politique étaient les seules alternatives crédibles de changements.

Il m'est même arrivé, il faut que je le rappelle, de dire que cette opposition devait être présente dans les allées du pouvoir, au moment du règlement de la succession de Conté, qu'on pouvait estimer à 50% sous l'éphémère primature de Souaré, se déroulant dans ce qui était alors présenté comme le cadre constitutionnel.

J'avais expliqué à l'époque qu'il ne s'agissait pas d'une collaboration avec un Conté finissant mais pour une opposition présente dans les rouages de l'Etat à une époque d'incertitude pour tous.

Cette parenthèse faite; les faiblesses des partis d'opposition sous Conté me semblent avoir résidé pour partie dans leur excessif émiettement du champ politique, leur absence de réelle synergie d'action et surtout de leur étouffement par le pouvoir en place.

Mais pour certains, les avoir pris pour cibles de critiques infondées et de procès d'intention sans valeur, avait toujours constitué, à mes yeux, de graves erreurs de jugements qui n'avaient fait que conforter les imposteurs au pouvoir.

Place au réalisme politique

Le 13/06/2009

Dans la perspective d’un retour imminent à l’ordre constitutionnel, avec la fin programmée de la transition en cours et l’organisation des élections, telles que prévues dans le chronogramme proposé par les forces vives de la nation, un zoom sur le paysage politique, en cette période cruciale, que l’on voudrait tous, favorable à l’émergence d’une Guinée, débarrassée des pesanteurs d’un passé, peu reluisant sur le plan économique et humain, laisse entrevoir des signes d’inquiétude, liés à un phénomène de gaspillage d’énergie, que crée ce climat délétère, d’opposition stérile entre pro et anti CNDD.

L’on se souvient que la prise de pouvoir par l’armée, consécutive à la mort du général Conté, a été sinon saluée, en tous points de vue, préférable à la légalité constitutionnelle qui aurait entrainé, un changement dans la continuité de la mal gouvernance, qu’incarnaient les caciques du régime défunt.

Ce choix, s’il n’était pas la meilleure des solutions, ouvrait pensait-on avec réserve, la voie à la création de conditions matérielles et d’environnement structurel, conformes à l’idéal de démocratie, seule alternative politique, à même de sortir le pays de l’ornière.

Cependant aujourd’hui, sous prétexte d’expression pluraliste et démocratique des opinions, la classe politique, dont la pléthore des tendances, est de façon on ne peut plus éloquente, expressive des divergences, dans cette lutte acharnée de conquête du pouvoir, souffre de l’incompatibilité de la volonté populaire de changement et les suspicions de division, que l’on prête aux postulants à la future magistrature suprême.

Ceux-ci se trouvant fondamentalement, des différences de principe dans leurs projets respectifs de société,  une reconfiguration politique favorable à l’harmonisation des courants de pensée, réduisant et facilitant, le choix des militants et sympathisants, devient du coup hypothétique et tout porte à croire, qu’en pareille circonstance, l’amalgame entre ambitions et prétentions des uns et des autres, crée un point de friction, d’où l’on ne peut s’attendre, qu’à l’éventualité de distribution fantaisiste et d’occupation anarchique des parcelles d’autorité.

La restauration de l’autorité de l’Etat dont il est question, se trouve en ce moment, délicatement entamée, du fait de la propension de nos dirigeants, à favoriser des situations de conflits de compétences et d’intérêts, ce qui met en mal nos aspirations profondes de cohésion sociale, car on se retrouve bêtement embourbé, dans de mesquines querelles d’égo de personnalités, qui n’ont pourtant de cesse de clamer avec désinvolture, leur capacité et aptitude à privilégier de façon objective, l’intérêt supérieur de la nation.

Comment expliquer la prolifération des partis politiques, au nom d’un leadership qui n’aura rien de consensuel, parce que défini par la singulière idée de se faire valoir individuellement, face à un défit d’ordre national, qu’est le développement socio-économique de la Guinée.

Chose essentielle, c’est que la direction d’un peuple, ne saurait s’improviser et à propos, les autorités actuelles du pays ont, comme il est de coutume, fait des promesses auxquelles, les populations assoiffées de changement, ont cru dur comme fer, surtout que les discours de bonnes intentions du Capi-Prési, étaient empreints de sincérité.

Seulement avons-nous simplement oublié que les grandes désillusions naissent de grands espoirs.

Le Capitaine Dadis, quelque soit sa bonne volonté, ne saura à lui seul, comme le temps semble le déterminer, trouver les remèdes au mal guinéen, qui se trouve profondément enraciné et dont l’extirpation des racines, nécessitent les efforts de tous.

Soyons d’avis avec ceux qui soutiennent, la tenue d’une conférence nationale de réconciliation, qui permettrait de rebâtir de solides fondations, d’une nation progressiste, car en Guinée, il y’a trop de non-dit, qui méritent d’être portés à connaissance du peuple, pour que sauves soient, les générations futures.

Par ailleurs, contrairement à l’organisation en premier lieu des élections présidentielles, dont l’issue aurait influencé le choix des électeurs vers la mouvance présidentielle, avec comme atout, l’émergence dans la future assemblée nationale, d’une majorité stable, nécessaire à l’entreprise des reformes, l’organisation des élections législatives risque de voir naître, des groupuscules de courants, à poids politiques sensiblement égaux, ce qui rendrait difficiles, les futures tractations de proposition de projets de gouvernement.

Dans l’un ou l’autre des cas, les guinéens doivent se résoudre à l’idée de constitution d’un gouvernement d’union nationale, qui mettrait à contribution toutes les compétences du pays, au-delà  des stéréotypes, avec comme critère essentiel de choix du futur président démocratiquement élu, outre son intégrité physique et morale, mais aussi et surtout l’expérience de la gestion administrative, comme gage de compétitivité, dans cet élan de globalisation du monde.

Ce choix s’avère crucial, car il faudrait comprendre, que la tendance est au maintien des présidents élus au pouvoir, pour au moins deux législatures consécutives, quelque soient d’ailleurs, les conditions de réélection, sous le prétexte, de vouloir conclure l’œuvre entamée, qui ne se résume en réalité qu’en des réformes, dont les résultats ne s’observent qu’à moyen et long terme. Ne dit-on pas à ce sujet que le temps est le meilleur allié du politicien ?

Qui à ce stade de l’évolution de la situation guinéenne, peut dire en âme et conscience, qu’il se satisfait de ce style de gouvernance, qui parait inédit, de par le caractère volubile et théâtrale des invectives du Capi-Prési, agissant en grand manitou, actes qui ne doivent être assimilés, qu’à des coups de sang et peut-être des coups de gueule, car versatile qu’il se montre, il dit en parlant de ses décisions parfois contestées, que sa parole n’est pas une montagne. Alors, la question reste entièrement posée.

En tous les cas, l’avenir donnera raison, à ceux qui ont raison et tort, à ceux qui ont tort, déterminisme oblige.

 

 

 

GUINEE: UN TEXTE DU DOYEN BA MAMADOU SUR « LE POINT DE VUE DE LA DIASPORA (Les Guinéens de l'extérieur ont la parole!)>>- 1erseptembre 1990

Le 02/06/2009

 

La disparition d'un homme de la taille du Doyen BA Mamadou est l'occasion de nombreux messages rendus à juste titre au défunt.

Je ne suis pas du niveau de connaissance qu'avaient de l'homme mes nombreux compatriotes qui l'ont déjà fait avec coeur.Je n'ai, en effet, eu de contact que très rapidement avec notre frère BA Mamadou. C'était au début des années 90, il m'avait contacté par écrit et par téléphone quand il avait fondé La Nouvelle République, hebdomadaire d'informations générales et d'analyses, puis quand il a créé son parti politique, L'Union pour la Nouvelle République),L'U.N.R. dont il m'avait fait parvenir les statuts. Bien que n'ayant pas été militant de l'U.N.R.,je lui demeure reconnaissant pour ces gestes.

Comme pour tous les autres leaders de l'opposition , j'ai suivi l'action politique du Doyen BA Mamadou pour l'avènement du multipartisme et de la démocratie en Guinée. Du chemin reste encore à parcourir mais nous lui devons beaucoup pour ce qui a été déjà fait dans ce domaine. Il a beaucoup réfléchi , écrit et agi sur ces questions. Que ses héritiers politiques directs me pardonnent, en citant quelques-uns de ses écrits,de n'avoir pas été exhaustif.D'autres circonstances se présenteront, si Dieu le veut, pour cela.Ici, je veux citer quelques textes fondateurs du Bamamadouisme.Il les signait alors: « Ba Mamadou , Consultant, BP 3036, Conakry ».Il y traitait de toutes les questions sur l'avenir de la Guinée;elles étaient par conséquent variées. Je vous en cite:

* « La Guinée peut-elle être redressée? » (1er Avril 1990),qui commence: « Ayant pendant ces 4 dernières années assisté, en spectateur engagé, aux efforts accomplis pour le redressement de la Guinée, je suis arrivé aujourd'hui à la conclusion que cet effort de redressement aurait dû porter en même temps et avec plus de vigueur sur le redressement du Guinéen au lieu de se confiner simplement à des réformes économiques sous l'égide du Fonds Monétaire et de la Banque Mondiale. »

Visionnaire!

* « Les exclus du 1er mai » (1er Mai 1990):commence par « Nous célébrons aujourd'hui, comme partout ailleurs, la fête du 1er Mai, la fête du Travail.

C'est peut-être l'occasion de s'intéresser un peu plus à ceux qui n'ont pas

de travail, hélas en Guinée, ils sont de plus en plus nombreux surtout les cadres et techniciens. »

*« Six ans, ça suffit! » (1er juin 1990)... « La conclusion évidente à laquelle j'ai abouti est que le Régime actuel n'a ni les moyens, ni la volonté d'assurer vraiment le Redressement de la Guinée. Il ne peut pas nous sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui ».

* « Quelle voie de sortie? » (1er juillet 1990): « Ce n'est pas la providence qui résoudra miraculeusement nos problèmes et nous sortira de la crise. » et il avait confirmé cette affirmation par la citation suivante en exergue de l'appel aux Guinéennes, Guinéens: « Dieu ne change jamais une société tant que ceux qui la composent ne la changent pas eux-mêmes » (Coran, sourate XIII,verset 12).

*« Guinéennes, Guinéens, à vous la parole »(1er Août 1990): relève une réalité de notre pays, « J'ai été cependant un peu déçu de constater que le débat d'idées que j'ai essayé d'instituer se soit transformé en insinuations qui se veulent malveillantes à mon égard et qu'on ait tenté maladroitement... de me présenter comme un élément subversif qui cherche à déstabiliser le gouvernement et briser l'unité nationale. 

*« Une conférence nationale ! Pourquoi? » (28 Septembre 1990).

 

Les questions de fond posées par ces textes auraient dû demander plus de commentaires de ma part qu'une simple énumération, pour qu'on les situe dans l'intégralité de leurs dimensions sociopolitiques mais cela dépasse le cadre de l'hommage que je veux rendre ici au Doyen BA Mamadou.

Cest d'ailleurs un petit texte mais important pour la diaspora guinéenne que j 'ai choisi de mettre en titre de cet hommage.Il est intitulé : « Le point de vue de la diaspora, ( Les Guinéens de l'extérieur ont la parole! » (1er Septembre 1990). Puisque des discussions sont ménées sur cette 5e région guinéenne, il m'a paru opportun de rappeler ce que le Doyen BA Mamadou en pensait en Septembre 1990.

Dans ce texte, il commence par rappeler qu'on a « beaucoup parlé des Guinéens de l'intérieur et des efforts qu'ils devraient fournir pour changer de mentalités et s'attaquer résolument à la tâche immense qui les attend pour le redressement de leur pays ».

Il notait qu'en ce qui concerne les Guinéens de l'extérieur ,ils sont également victimes de certains traumatismes liés à l'exil et dont ils devraient se défaire des séquelles. C'est une observation intéressante quand on est témoin de l'agressivité et des susceptibilités parfois réciproques et entretenues par des compatriotes.

Pour ce qui est de la méfiance artificielle créée entre Guinéens de l'intérieur et de l'extérieur, le Doyen préconisait, et chacun en est à présent convaincu, le dialogue et la concertation.

De l'examen d'un groupe de Guinéens sur l'insertion dans l'économie nationale , il estimait que pour une réelle intégration de la diaspora, des conditions devraient être réalisées:

Une vraie organisation rationnelle de la de la diaspora devant permettre d'en connaître toutes les variables (cadres, compétences etc). Dans un tel cas de figure ,il serait difficile à tout patriote guinéen de s'opposer vraiment à leur réinsertion systématique. 

  1. Une action efficace ne pourra être menée dans les pays étrangers sans une réorganisation efficace des Ambassades guinéennes.

  2. Une efficace stratégie des ressources humaines doit se situer dans les préoccupations gouvernementales. Cela suppose que le gouvernement guinéen mène une recherche systématique des compétences guinéennes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays et élabore une politique pour enrayer la fuite des cerveaux. Toute cette stratégie doit avoir pour fondement la recherche de l'efficience dans les postes occupées . Cela doit entraîner la fin du népotisme.

Tel me paraît être le fond de ce texte .

A la simple énumération des quelques textes cités , on voit bien que le Doyen BA Mamadou a été, au cours de ce dernier quart de siècle , l'un des grands leaders de l'opposition politique guinéenne qui, même si elle n'a pas exercé le pouvoir, a puissamment contribué a la disparition du système à parti unique en Guinée; pays où la mémoire collective semble courte pour des Hommes de Bien et des Patriotes comme Doyen BA Mamamadou mais où elle est longue pour la célébration des épigones de Lucifer.

Paix à l'âme du Doyen El hadj BA Mamadou. Amen!


Guinee: Au sujet de la réunion des signataires de l'appel pour des assises des guinéens de l'extérieur à Paris le 10 mai 2009

Le 15/05/2009

 

A Aboubacar Sakho, modérateur de la réunion et à tous mes compatriotes participants,j'adresse ces quelques mots sur les raisons de mon communiqué relatif à cette réunion.Avant d'entendre ce qui va suivre, j'espère que ceux et celles qui ont gardé le bon sens traditionnel et solide de chez-nous , ne vont pas, comme ASB et Ismaïl Bah de Paris, me ressortir mon âge et le côté gâteux que cela entraîne pour écrire ces mots.Sans m'attarder sur ces deux qui ont exhibé ainsi leur absence d'argumentation dans une discussion, je referai, aujourd'hui ou demain le même communiqué dans les mêmes circonstances.

Ce qu'on a appelé les signataires d'un appel ne sont pas tous des signataires.Proposer une idée qu'on trouve à priori intéressante ne fait pas de quelqu'un un signataire.

Dans les discussions téléphoniques que j'ai eus avec Bokoum, il ne semblait préoccupé que par la constitution de la liste des 15 délégués devant se rendre au Forum sur la Transition.L'organisation des Guinéens de l'Extérieur ne m'a pas paru comme le thème dominant de la réunion .

A se reporter à la position (d'organiser avant la fin de 2009 des élections) du CNDD lors de sa rencontre avec le Groupe International sur la Guinée en mars dernier et réaffirmée les 4-5 mai, on peut légitimement,se dire qu' on va dans quelques mois vers la fin de la Transition, si ces élections ont lieu aux dates indiquées. Dans ces perspectives, pour quelles raisons la diaspora doit-elle s'insérer dans des structures qui vont très bieniôt disparaître à l'installation des institutions démocratiques issues des urnes?

Je sais bien que nombreux sont ceux qui ne croient pas que des élections fiables puissent être tenues d'ici à la fin de l'année 2009, y compris peut-être au sein du CNDD. C'est précisément de ce côté que les choses auraient dû être dites avec clarté.Cela nous aurait éviter le jeu de dupes dans lequel on veut nous entraîner. Pour ma part, j'ai écrit à plusieurs reprises , qu'il fallait apporter un soutien à une réussite de la période transitoire conduite par le CNDD dans un cadre temporel clair et limité pour une remise du pays sur les rails. Même si l'expérience menée depuis 5 mois est trop courte pour porter un jugement solide,elle a cependant déjà comporté beaucoup de dysfonctionnements. On pouvait, d'ailleurs raisonnablement s'attendre qu'il y en aurait eu mais peut-être pas autant. En outre, des tendances à gouverner au-delà du cadre habituel d'une transition apparaissent.

Pour une diaspora qui a soif de reconnaissance, l'horizon, c'est le moins qu'on peut dire, n'est pas clair.C'est pourquoi une solide organisation autonome s'impose au delà de toute frénésie. Nul ne peut dire,aujourd'hui, de quoi demain sera fait.Quelques uns de ceux qui étaient présents à la la réunion du 10 mai 2009, peuvent bien constituer le moteur de l'organisation de la diaspora guinéenne. Jeunes ou moins jeunes, ils peuvent constituer l'ossature d'une organisation de cette diaspora pour son « intégration » dans la

 

nation guinéenne, face à des responsables politiques démocratiquement élus.

J'ai parlé d'ossatutre de l'organisation des Guinéens de l'Extérieur. Il s'agit d'éléments réfléchis, pondérés et dynamiques , loin des comportements velléitaires de roublards qui se caractérisent par un «activisme » soutenu . Outre-frontières du pays , ceux-ci jouent sur la corde sensible du Blanc ou de l'ex-colonisateur en mal de repentance (lisez Pascal Bruckner: « Le sanglot de l'homme blanc », Seuil 1983), pour faire croire qu'ils constituent « L'escadron blanc »de demain dans leur pays. De retour au pays en vacances ou pour d'autres raisons, ils font croire qu'ils sont l'incarnation de la réussite sociale dans le pays d'immigration qui disposent d'impressionnants carnets d'adresses pouvant permettre des contacts fructueux. Ces éléments opportunistes et bruyants sont ceux qui peuvent gêner une vraie et solide organisation de notre communauté.

Organiser donc ce que certains appellent la 5e Région guinéenne, constituée par les Guinéens de l'Extérieur, riches de potentialités humaines, technologiques, économiques et sociales, ne peut reposer que sur des Guinéens volontaires de toutes générations.Contrairement aux farfelus du « jeunisme », ces volontaires peuvent compter aussi sur les générations les plus âgées et notamment sur ceux parmi ces aînés qui sont disponibles et peuvent apporter leurs expériences de la vie à la communauté.J'insiste sur ce point pour signifier qu'il ne faut pas ranger presto tous ces aînés dans les « oubliettes » du 3e âge. Ce disant, je ne me considère pas personnellement , s'agissant de l'organisation de notre communauté, comme ceux de ces aînés disponibles, mais il y en a et il faut que les paltoquets qui se croient compétents en tout le sachent.

Pour revenir à l'objet de mon communiqué déclarant l'inopprtunité de la réunion du 10 mai, je mentionnais l'ordre du jour qui ressemblait à une manipulation et comme j'apparaissais en bonne place parmi les organisateurs, je voulais, en ce qui me concerne enlever toute équivoque, tout en sachant que mon absence n'aurait aucune indence sur le déroulement de la réunion, c'est pourquoi j'ai été plus amusé qu'agacé par l'invective d'Ismaël Bah de Paris, pontifiant « Avec ou sans Ansoumane Doré, les Guinéens se réuniont le 10 mai et après le 10 mai ».Ai-je jamais signifié à Bah que j'étais le porte-drapeau de factions? C'est ridicule ! A l'attention d'Ismaël Bah, je veux être clair: je ne suis pas à la recherche de quelle que chefferie que ce soit, de quelle que distinction que ce soit , auprès de qui que ce soit, ici en France ou en Guinée.

En ne venant pas à la réunion du 10 mai , je ne voulais pas cautionner les jeux troubles du pouvoir du CNDD : annoncer au Groupe International de Contact sur la Guinée qu'on va organiser des élections avant la fin de l'année 2009 mais organiser ou laisser organiser en sous-mains des résistances au processus électoral à l'intérieur et à l'extérieur du pays pour s'en servir auprès de l'Extérieur comme justificatifs de la non réalisation des élections.Je n'entre pas dans ce jeu.Je suis d'autant plus à l'aise que dans mes prises de positions antérieures,seul l'avenir de notre pays a motivé le raisonnement du simple citoyen que je suis. J'étais de ceux qui avaient clairement souhaité une Transition claire et constructive et sa réussite pour sortir notre pays du long tunnel entamé depuis 50 ans. Nous avons avancé pour cela des arguments mais le pouvoir du CNDD semble de plus en plus jouer le registre de l'ambiguïté.Or dans le chapitre qui est celui

de la Guinée depuis le 23 décembre 2008, le pouvoir du CNDD appuyé sur la prise de décision d'assumer la gestion du pays aurait pu éviter d'entretenir quelle que forme d'ambiguïté que ce soit envers qui que ce soit. C'est justement sur la volonté proclamée d'une période transitoire limitée dans le temps et sur des déclarations d'une table rase du passé que malgré ma position de réserve de départ (voir mon article: « Est-ce l'annonce du bout du tunnel? », du 29 décembre 2008), que j'ai suivi l'assentiment de la majorité des Guinéens. C'est aussi cela la démocratie, jusqu'à pas trop tard, en se souvenant pour notre pays de deux vagues d'enthousiasmes majoritaires , d'abord en 1958 puis en 1984.

Tels sont les épisodes des jeux de la politique menée dans notre pays depuis déjà bien longtemps et qui me sont passés par la tête.Ils doivent donner à réfléchir.

Pour ce qui concerne l'organisation des Guinéens de l'Extérieur, je souhaite réussite et entente aux compatriotes de bonne volonté.

 


 

Guinée : élections et implication des jeunes

Le 27/04/2009


Après le diagnostic du bilan très lourd de la mauvaise gouvernance qui avait impitoyablement paralysé la Guinée durant les 10 dernières années, des enjeux et des défis s’imposent. Les élections s’annoncent pour décembre 2009 pendant que beaucoup de citoyens se battent pour manger un repas décent par jour.

Le manque d’eau potable et d’électricité pour les populations, et d’infrastructures routières appropriées reliant les différentes régions du pays constitue un véritable champ de bataille électorale. Le meilleur candidat saura influencer le choix des votes par la performance, la consistance, la pertinence et la crédibilité d’un programme relatif à ces besoins laissés insatisfaits sur une longue période d’années. Les populations ont soif d’un réel changement dont l’opportunité nous est possible cette fois-ci si nous élisons le meilleur candidat qui soit le plus rapproché du peuple. Jeunes de Guinée, c’est l’occasion de défendre nos intérêts auprès de tout candidat potentiel en lui exposant nos problèmes et voir en retour la structure d’un programme rationnel qui décrit comment ils seront résolus obj ectivement. La démocratie nous donne cette possibilité et nous devons être préparés à de telles analyses pour que le choix tombe sur le bon candidat.

Pendant ces élections, notre raison doit être plus forte que notre passion et notre émotion pour ouvrir une nouvelle ère de démocratie et de stabilité. Les victimes de janvier et février 2007 sont mortes en réclamant du travail, de l’eau et de l’électricité. Alors il faudrait tenir compte de ces raisons.

La fourniture d’eau potable dans les centres universitaires initiée par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) est un message fort aux jeunes et à nos candidats aux élections présidentielles prochaines en décembre 2009. Cela nous montre que le problème d’eau en Guinée n’est pas une fatalité, mais un manque de volonté et de patriotisme associé à la sauvegarde d’intérêts individuels. L’échec des politiques économique et de gouvernance a eu des conséquences sociales assez néfastes sur les populations et une stricte vigilance est nécessaire sur le choix des candidats pour éviter le radotage.

Notre pays est l\'un des plus grands gisements de bauxite, un minerai nécessaire à la fabrication d\'aluminium. Mais Malgré des années de l\'exploitation minière et des milliards de profits, la Guinée reste l\'un des plus pauvres en Afrique. Les questions d’intérêt ne manquent pas et il faudrait rationnellement les soulever.

Mamoudou Kouyaté
New York
E-mail : kouyatasse@yahoo.fr







A PROPOS DE L'ARTICLE DE MAMADOU BARRY

Le 22/04/2009

.  Capitaine Moussa Dadis Camara: Un homme compris du peuple, mais pas des cadres

Je demeure perplexe après la lecture de ce texte de Mamadou Barry, en considérant qu'il fait positivement des propositions constructives mais n'a pas évité ce penchant de certains cadres guinéens à l'autoflagellation. En effet, pourquoi cette opposition négative du peuple et des cadres? Mamadou Barry, en tant que cadre, a-t-il vraiment quelque chose à se reprocher dans le naufrage de la Guinée de 1958 à 2008? Ceux qu'on désigne globalement comme cadres n'ont-ils pas subi eux aussi, tout au long des cinquante années de braises, les méfaits de ceux que Barry appelle l'intelligentsia? Des ignares qui n'ont eu que la barbarie comme référence pour diriger notre pays, méritent-ils d'être appelés intelligentsia du pays? A ce que nous savons, l'intelligentsia correspond à l'élite intellectuelle de la nation qui réfléchit sur le champ scientifique et la problématique de la nation. Ce ne sont pas les logorrhées et les phraséologies interminables et sans signification pour le Guinéen lambda, qui ont été déversées sur la Guinée pendant un demi-siècle, qu'on peut parler d'intelligentsia. Ceux qui pouvaient en faire office, existaient déjà, certes en petit nombre, à la date de notre indépendance. Mais ils ont été poursuivis, que dis-je, pourchassés, jetés dans des ergastules de sinistres renoms dont Boiro et massacrés pour la plupart. Est-il donc besoin de rappeler que l'itinéraire douloureux du peuple guinéen a bel et bien été partagé par les vrais cadres guinéens?

Les quelques cadres opportunistes qui se sont mis au service des deux dictateurs qui ont régné sur la Guinée pour exploiter le pays ne peuvent pas être représentatifs de l'ensemble des cadres guinéens. Quand je dis exploiter le pays, il s'agit bien d'une réalité de la première à la seconde République car en dehors du discours théorique, qui s'est concrètement attaché au bien-être du peuple guinéen?... Un peuple ne vit pas que de mots mais aussi d'eau, de riz , d'électricité, de soins, d'éducation et j'en passe.

Sous la Première République, l'exploitation minière, notamment celle de la bauxite, avec la participation du capital étranger, était déjà à plein rendement à partir des années 60 à Fria et à Kindia, la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) viendra s'ajouter à ces deux centres de bauxite. La production de bauxite passe de 8,930 millions de tonnes à 10,572 millions de tonnes de 1976 à 1982. Au cours de la même période, les exportations passent de 9,075 millions de tonnes à 10,10,432 millions de tonnes. La production de l'alumine qui avait commencé dès le début des années 60 , plaçait bien la Guinée parmi les principaux producteurs d'alumine ( Australie, Guinée, Guyane, Jamaïque, Surinam, Yougoslavie), du milieu des années 60 au début des années 80. Cette position conduisait la Guinée à jouer un rôle non négligeable au sein de l'Association Internationale de la Bauxite (AIB) au cours des années 70.

L'exploitation de l'or, de diamants etc, ajoutée aux apports financiers de la bauxite et de l'alumine ont permis à la Première République de mener sa politique de répression massive (police nombreuse, légions d'espions aux trousses des Guinéens à l'intérieur comme à l'extérieur), politique de financements de grand seigneur vis-à-vis de mouvements de libération de pays largement en avance , aujourd'hui sur la Guinée. Voilà comment était, en partie, dépensée la richesse de la nation guinéenne au détriment de sa population.

Enfin, la destruction des ressources forestières (bois tropicaux) par la construction d'usines bidons comme l'Usine de Sciage et de Contreplaqués de Nzérékoré (USCZ), etc. On pourrait multiplier dans d'autres secteurs les gaspillages des ressources naturelles de 1958 à 1984. Et les bras vous en tombent quand vous entendez des Guinéens affirmer, sans ciller, que la Première République avait conservé intactes les ressources naturelles de la Guinée. Cette appréciation semble faussée par le fait que les voleurs et les pilleurs de l'Etat étaient moins nombreux, plus discrets et plus tenus en laisse par le Responsable Suprême de la Révolution. Autrement comment expliquer que nul ne peut montrer d'impacts bénéfiques de toutes les exploitations minières et autres sur le développement économique et social en Guinée? Certes, j'ai fait allusion aux dépenses somptuaires de toutes sortes qui ont englouti une partie de nos richesses, mais les constructions de villas de luxe de l'encadrement politique du pays date de cette époque 1958-1984.

Sous la Deuxième République, le Chef d'orchestre du pillage du pays, au grand jour, va être le chef de l'Etat lui-même. L'exemple venant d'en haut, les gênes devant le magistrat suprême et les foudres qu'il pouvait brandir s'affaiblissaient d'année en année au vu des pourcentages qu'il pouvait percevoir sur les affaires de ceux qui géraient l'Etat. Cela avait commencé par le bradage de l'appareil productif, autrement dit des entreprises d'Etat léguées par le régime renversé en 1984.Elles étaient d'ailleurs, toutes en déconfiture, si je m'en tiens au document déjà établi en décembre 1983, intitulé « République de Guinée -Ministère de l'industrie, avril 1984 » et que j'ai eu en mains. Cette évolution, sur la période 1984-2008, avait pris une telle ampleur dans le pillage économique , que par comparaison avec la période précédente , des gens ont eu tendance d'atténuer les prévarications de 1958 à 1984.

Sous les deux régimes, des cadres se sont redus coupables de connivence avec les pouvoirs en place. C'est un des fondements de l'attachement d'un grand nombre de Guinéens à l'action du Président Moussa Dadis Camara et du CNDD qui déclarent remettre toute cette situation au clair. Ceux qui sont dans la disposition d'esprit que la Guinée a besoin d'être « nettoyée », ont mon soutien. .Et il se trouve quelques uns pour me dire: « tu fais un appel au soutien au CNDD sans condition ». Comme c'est touchant de naïveté, une telle injonction. Suis-je l'envoyé d'un auguste cénacle? D'abord, je dirais que je ne suis l'envoyé de personne pour des négociations avec conditions à l'appui de ma mission. Ensuite, j'écris en citoyen libre qui sait aussi qu'en soutenant le CNDD, il reste vigilant sur ce qui pourrait annoncer des dérages que les Guinéens ont connus après 1958 et encore après 1984.

Pour terminer ces remarques à Mamadou Barry, j'ai envie de dire qu'en face de tous qui ont trahi le peuple guinéen par des comportements utilitaristes, la mésaventure de la Guinée de ces cinquante dernières années me fait penser au récit de Prosper Mérimée dans Tamango. (1829). C'était l'époque où des négriers européens se rendaient en Afrique pour capturer ou acheter des esclaves à des trafiquants locaux. Tamango, guerrier de la côte africaine était l'un de ces trafiquants. Après avoir vendu des esclaves à des négriers, il est amené par des circonstances à monter sur le brick de la traite de ses clients déjà chargé d'esclaves pour les Amériques. Ceux-ci, le sentant ivre d'eau-de-vie se saisirent de lui et le mirent dans les fers comme ceux qu'il avait vendus. Ils en firent un esclave à vendre aux Amériques. En pleine mer, ayant complètement repris ses esprits, il redevint le leader qu'il était sur le contiment. Il fomenta une révolte en promettant à la foule d'esclaves qu'il était capable de les délivrer et de les ramener chez-eux. Mais la révolte échoua dans le désespoir des esclaves en plein océan agité. Ceux-ci se mirent à vociférer tous ensemble contre Tamango:

«  Perfide! Imposteur!, s'écriaient-ils, c'est toi qui as causé tous nos maux, c'est toi qui nous as vendus aux Blancs, c'est toi qui nous as contraints de nous révolter contre eux. Tu nous avais vanté ton savoir, tu nous avais promis de nous ramener dans notre pays. Nous t'avons cru, insensés que nous étions! Et voilà que nous avons manqué de périr tous... »

Oui! comme ces esclaves en perdition, la Guinée a manqué de périr par la mégalomanie du premier Président, Sékou Touré, entouré de quelques cadres courtisans et arrivistes qui s'étaient coupés du peuple.

Oui! La Guinée a manqué de disparaître sous l'affairisme, la corruption et les miasmes des produits stupéfiants de la deuxième République de Lansana Conté entouré de cadres serviles qui n'avaient pour ambition que de brouter dans les caisses de l'Etat.

Mamadou Barry, vous comparez-vous à cette espèce de cadres pour vous ranger à leur côté et considérer que l'intelligentsia guinéenne s'est coupée du peuple? Je crois que d'autres intellectuels guinéens n'acceptent pas d'être rangés dans ce panier de crabes. Ils acceptent tout au contraire la réussite de la transition en cours en Guinée et ne sont donc pas opposés à Moussa Dadis Camara et au CNDD.

                                               Ansoumane Doré

                                              (Dijon, France)