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Le CNDD à la croisée du destin
Le 22/04/2009
La conjugaison du destin d'un peuple constitué à celui d'un certain nombre d'hommes ayant pris l'initiatives de s'emparer du pouvoir, à la suite de la mort du Général président, Lansana Conté en Guinée, se ramène à un seuil d'abnégation excluant toute extravagance et transcendant les clivages habituels, ayant fondé l'ossature actuelle à la fois des formations politiques et des entités étatiques, somme toute, en quête d'une nouvelle forme de réactivité face aux défis, qui jallonnent leur destin et leur expose du coup, à la rigueur des critiques et aux soulevements sporadiques, nourries, par un rejet tantôt justifié, des directives gouvernementales et tantôt une mauvaise comprèhension ou interprétation des projets de société, nécessitant leur volonté et leur adhésion.
De là à observer la transition en Guinée, comme un dénouement de l'histoire et une friture de la fibre du dirigisme politique, un fiasco de l'art de pensée, un rendez-vous manqué de revaloriser les acquis démocratiques, de rentrer dans l'histoire, une dérive de la trnasmission de l'héritage politique, me parait logique.
De là à observer la transition en Guinée, comme un dénouement de l'histoire et une friture de la fibre du dirigisme politique, un fiasco de l'art de pensée, un rendez-vous manqué de revaloriser les acquis démocratiques, de rentrer dans l'histoire, une dérive de la trnasmission de l'héritage politique, me parait logique.
En tout état de cause, le CNDD ne saurait en toute vraisemblance, mener à terme, tous les engagements tenus dans le discours-programme du Capitaine Moussa Dadis Camara, lequel en véritable enthousiaste d'avoir réussi, à approcher les arcanes du pouvoir, branler l'étendard d'un nouvel sceau démocratqiue et se projetter à travers le CNDD, dans l'arène politique en tant que sauveur et peut être, une autre figurine traumatisante de la donne politique, se familiarise peu à peu, mais sûrement avec les anciennes méthodes, jusque-là en verve sur le continent.
Même si un nouveau calendrier pour l'organisation des élections en 2009 vient d'etre porté à la connaissance de l'opinion publique nationale et internationale, et que les tractations entre les partis politiques, la société civile et le CNDD, se font de plus en plus constater, au sujet du devenir de la Guinée, il n'en demeure pas moins que le cours de l'histoire s'en est trouvé affecté, au point de flinguer les tenants et les aboutissants de l'idéal collectif de progrès et de développement.
Tout au plus, à en croire les premières déclarations du CNDD à leur prise du pouvoir, telles que "Que Dieu nous donne la force et le courage de continuer l'oeuvre de justice du Général COnté'", l'on se demanderait bien où se trouve la trame de la rupture? Nul n'apprèhende avec éxactitude de nos jours, la forme qu'est entrain de prendre les promesses du CNDD à l'égard du peuple, encore moins, dans quel moule, les différentes personnalités du CNDD sont entrain se morfondre. De toute manière, les assises nationales qui pointent à l'horizon temporel, tout comme l'oeuvre d'assainissement des finances publiques, ainsi que la restitution du patrimoine public, ne s'inscrivent nullement à mon avis, dans le créneau de la transition, au regard du temps et de l'objectif affiché. D'où une crainte de la recrudescence de la haine, vecteur essentiel de division et d'anéantissement des initiatives, car n'oublions jamais que si Sekou Touré à usé de la dictature, ce fut en contrat parfait avec le peuple à travers les procès populaires, ainsi que Conté qui bénéficia jusque dans sa tombe d'un soutien populaire indéfectible, alors que les acteurs actuels du CNDD furent activement impliqués dans les massacres de janvier et Février 2007. Que peut-on à cet effet dire au peuple, au nom de quelle raison et de quelle logique, pourrait-on de nouveau berner ce peuple, en manque vraisemblablement de repères?
BAYO Aboubacar
Le 19/04/2009
Lors son entretien le jeudi 26 mars 2009 à la télévision française Monsieur Dominique Strauss-Kahn, président du FMI, a parlé de la crise internationale et de la réunion du G20 prévue à Londres en sa présence.
Le 10 mars 2009 à Dar es-Salam (Tanzanie) à propos de l’Afrique et notamment en se référant à la prochaine réunion du G20 à Londres Monsieur Strauss-Kahn a dit, et je cite quelques extraits :
« Nous devons faire en sorte que la voix des plus démunis soit entendue. Nous devons nous assurer que l’Afrique n’est pas laissée pour compte
« Mais le FMI n’est pas tout : pour aider l’Afrique en ces temps troublés, il faudra forger de nouveaux partenariats et donner une nouvelle impulsion à ceux qui existent déjà.
« Je souhaite aussi appeler le secteur privé et la société civile à redoubler d’efforts pour s’impliquer en Afrique. La forte hausse des flux de capitaux en direction de l’Afrique observée au cours des dix dernières années montre qu’il y a maintes possibilités d’investissement de toute première qualité sur le continent. C’est toujours le cas. Je conjure donc les investisseurs de ne pas tourner le dos à l’Afrique et de garder à l’esprit le rendement à long terme que peuvent rapporter les investissements dans cette partie du monde. »
« La communauté internationale se doit de venir en aide à l’Afrique à l’heure où ses besoins sont si grands. Ce n’est pas seulement pour nous un devoir moral en tant que citoyens du monde profondément inquiets du coût économique et social de cette crise pour l’Afrique, mais aussi une obligation historique, compte tenu de son passé colonial. »
Monsieur Strauss-Kahn a raison, mais alors pourquoi dans ces pays riches en matières premières de toutes sortes qui sont convoitées et exploitées par les pays de la communauté internationale pour leurs besoins propres, la population dans sa grande majorité a-t-elle continué à vivre dans la misère ?
Une réponse à ce problème : LA CORRUPTION !
1- pour la démocratie et le respect des droits de l’homme ?
Avant de donner des leçons à ce sujet au monde entier, la France ferait bien d’abord de balayer devant sa porte ! il n’y a qu’à se rappeler, parmi d’autres exemples, les déclarations de Bernard KOUCHNER depuis qu’il est ministre des Affaires Etrangères en France en contradiction avec ce qu’il avait dit à propos de la Guinée après les émeutes sanglantes de janvier 2007 : quelle n’a pas été ma stupéfaction, pour ne pas dire mon indignation,comme celles de la commission des Droits de l’Homme du Parlement Européen et d’Amnesty international France, quand il a dit en pleine célébration des Droits de l’Homme : « il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France » et qu’il ne fallait pas faire « d’angélisme » Je ne reconnais plus, et beaucoup avec moi, de tous bords politiques, et de nombreuses ONG, celui qui était connu pour se battre partout dans le monde pour défendre les Droits de l’Homme et pour dénoncer les pays qui ne les respectaient pas !
Déjà lors de la visite controversée l’an dernier à Paris du dictateur Lybien Mouammar KADHAFI, M. Bernard KOUCHNER, qui, disait-il, n’était pas d’accord avec sa venue, a quand même déclaré qu’un ministre des Affaires Etrangères devait savoir « avaler son chapeau » !
2- pour mettre en place une « relation renouvelée entre la France et le continent africain ? »
Très bien si c’est pour éradiquer la misère et la corruption: mais, comme l’indiquent les articles de presse, la principale raison de la venue du président français c’est pour des intérêts économiques en se faisant accompagner au Congo et au Niger par le PDG d’Areva, Anne Lauvergeon, pour l’exploitation de mines d’uranium indispensables à la France pour ses centrales nucléaires avant que la Chine ne s’en empare ! Contenu de ces contrats ? Inconnu mais : « la promesse du président français que les intérêts économiques de la France pour ces pays bénéficieront le plus possible au développement du pays et de sa population et que la transparence de ces tractations sera de rigueur» : cette promesse sera-t-elle tenue ?... à voir !
Un autre exemple : Madagascar, un article paru dans une presse française le 28 mars 2009 intitulé : « Le coup d’état de Madagascar n’a pas désespéré la France » : un contrat a été signé avec le groupe Total grâce à l’action du président français, (sinon c’était la Chine qui allait exploiter le sous-sol!)
Combien de fois avons-nous entendu la communauté internationale dire durant de nombreuses années qu’elle agirait grâce à leurs accords économiques avec ces pays africains pour éradiquer la corruption et la misère des populations et comme par hasard les présidents des états concernés par le pillage de leurs richesses sont tous milliardaires et ont des biens partout dans le monde, les accords n’ont pas été respectés et la population se révolte !
Un exemple de pays d’Afrique de l’Ouest que je connais bien : la République de Guinée.
Pendant 7 ans je suis resté en Guinée de fin 1995 à fin 2002 non pas comme investisseur venu piller les richesses du pays au détriment de la population :
- mais d’abord fin 1995 comme consultant international en décentralisation pour faire avec des cadres du ministère guinéen de l’intérieur de la formation aux élus locaux,
- et ensuite pour venir en aide bénévolement à des familles guinéennes dans de nombreux domaines (éducatif, alimentaire, santé et en voulant créer pour les Guinéens des petites PME dirigées par des Guinéens avec du personnel guinéen formé sur place et en France.
Mais malheureusement tout cela n‘a pas plu à la mafia locale hautement protégée au niveau du ministère de la justice guinéenne, car je refusais de rentrer dans le cycle de la corruption devenue une institution et en 2002 tout s’est mal terminé pour moi : sur demande de la mafia locale j’ai été arrêté et incarcéré arbitrairement à la « maison centrale de Conakry, dite « maison de la mort et de la corruption », afin que je n’en sorte jamais.
Avant de rentrer en France fin 2002, malgré plusieurs tentatives de la mafia pour m’éliminer physiquement, j’ai réussi à démontrer publiquement cette corruption auprès du ministre de la justice de l’époque qui d’ailleurs n’a tenu aucune de ses promesses.
Mais malheureusement ma plus grande déception en réalité a été aussi le fait que l’Administration Française, bien au courant de cette affaire, des menaces de mort et des tentatives d’élimination, n’a rien fait pour protester, me faire réhabiliter (ne serait-ce que pour non respect de l’article 9 de la Charte des droits de l’homme pour arrestation et incarcération arbitraires et non respect de l’article 8 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme : évidemment je n’étais pas une raison d’état !)
Durant toutes ces années passées en Guinée, j’ai rencontré de nombreuses ONG, des responsables de dispensaires, des responsables de maisons d’accueils pour enfants handicapés,
des responsables de la Croix Rouge, des représentants religieux venant en aide aux enfants abandonnés : TOUS, je dis bien TOUS, me disaient : « pourquoi la France tout comme l’Union Européenne, qui sont au courant de cette corruption, de cette misère, du non respect des droits de l’homme, de cette mauvaise gouvernance,de ce régime autoritaire et perverti, ne font-ils rien pour éradiquer d’abord cette corruption ?En agissant ainsi ils se rendent complices (c’est ce que disait Mr Bernard KOUCHNER en janvier 2007 à propos de la Guinée dans une interview publiée le 31/01/2007 par l’AFP).
Rentré en France j’ai continué et je continue à me battre pour mes amis guinéens vivant dans la pauvreté, car je ne peux supporter l’injustice et la corruption, en dénonçant par de nombreux écrits ce qui se passait en Guinée et je continue à parrainer des familles guinéennes et à faire partie d’une organisation humanitaire pour la Guinée.
J’ai écrit un mémoire intitulé « Arnaque et Corruption en République de Guinée » qui est entre les mains des administrations Françaises et Guinéennes qui les laisse totalement indifférentes !
J’ai écrit un résumé succinct de mon mémoire, intitulé « Arnaque et corruption en République de Guinée », qui a paru sur des sites internet de Guinée (et je remercie les responsables de rédaction de ces sites).
Je n’ai pas cessé depuis plusieurs années, de dénoncer publiquement la dictature et la corruption en Guinée avec de nombreuses preuves à l’appui relatées dans mon mémoire et de mettre en garde la communauté internationale sur les graves problèmes existant dans ce pays d’Afrique de l’Ouest : un des pays où règne majoritairement la misère mais un des pays les plus riches en ressources naturelles pillées par des investisseurs étrangers peu scrupuleux s’en mettant plein les poches avec le soutien de l’Etat Guinéen au détriment de la population et de dénoncer la non application en Guinée de la LOI Fondamentale votée le 28 septembre 1958. dans certains de ses principes et non des moindres :
Je n’ai pas cessé de dire et d’écrire ce qui pouvait se passer dans l’avenir si cette Loi Fondamentale n’était pas respectée, si on laissait le peuple de Guinée dans la misère et si on continuait à enrichir les gouvernements successifs et la Présidence de la République au détriment de la population guinéenne auprès de :
- l’Administration Guinéenne (Ambassade de Guinée à Paris, Assemblée Nationale, Ministères des Affaires Etrangères, Secrétariat de la Présidence à Conakry)
- l’Administration Française (Ministère des affaires étrangères, Secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme, Assemblée Nationale, nombreux Parlementaires, Ligue Française des Droits de l’Homme
- l’Union Européenne , Amnesty International
- la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, Fédération Guinéenne des Droits de l’Homme
- la presse guinéenne et la presse française
Résultat de mes interventions : AUCUNE SUITE !
Déjà en 2003 le Secrétariat Général des Nations Unies, compte tenu de ce qui se passait en Guinée en matière de corruption, de non respect de la démocratie, avait été averti par un haut diplomate Guinéen sur la possibilité d’un coup d’état militaire en cas de vacance du pouvoir en place. La communauté internationale n’a pas bronché.
Tout cela je l’ai écrit à l’Union Européenne au Commissaire Européen pour le développement et l'aide humanitaire, ainsi qu’au Gouvernement Français en apportant les preuves de cette corruption et des arnaques continuelles de la mafia guinéenne qui agit en toute impunité en Guinée car hautement protégée, et ce qui devait arriver, est arrivé : la population qui n’avait plus rien à manger est descendue dans la rue en janvier 2007 et il y a eu des centaines de morts. J’ai toujours en mémoire ce e-mail d’un étudiant guinéen à Conakry que je ne connais pas mais qui a eu en main une photocopie de mon mémoire sur la corruption en Guinée : « si on n'est pas content parce qu'on crève de faim, parce qu'on ne peut plus vivre dans ces conditions de misère, parce qu'on ne peut plus se soigner, on essaie de protester mais l'État s'en fiche. Si on descend dans la rue, on nous tape dessus ou on nous tire dessus : voyez ce qui s'est passé en janvier 2007! Je vous en supplie aidez-nous! »
En décembre 2008 le Président Lansana CONTE est décédé et un coup d’état militaire prévisible a eu lieu.
Quelle a été ma surprise de voir aussitôt la communauté internationale (dont la France, premier bailleur de fonds de la Guinée, et l’Union Européenne) s’insurger subitement contre ce putsch militaire alors que jusqu’à maintenant elle ne bronchait pratiquement pas durant le régime précédent ?
J’ai lu par exemple sur un site guinéen le commentaire suivant qui donne en effet à réfléchir :
« En tous les cas, le putsch a déjà été condamné par la CDEAO, l'Union africaine, les Nations Unies, les Etats-Unis, la France et l'Union européenne. Est-ce une lâcheté de la communauté internationale qui intime l'ordre de respecter la Constitution et la démocratie, alors que cette dernière n'a jamais connu le jour en Guinée ?
En réalité, au moment où Lansana Conté bafouait paisiblement celle-là, en volant les suffrages lors d'élections, violant la Constitution -qu'il a lui même enfantée-, tuant les civils à l'occasion de mouvements populaires à répétition, le mutisme était de rigueur chez les donneurs de leçons »
OUI :
- la communauté internationale(dont la France et l’Union Européenne) savait très bien que la LOI Fondamentale en Guinée n’était pas respectée, que les Droits de l’Homme étaient bafoués, que la corruption était devenue une institution
- la communauté internationale (dont la France et l’Union Européenne) savait aussi très bien que la Guinée restait un des pays dans lequel la population vivait majoritairement dans la misère dans tous les domaines et pourtant elle continuait à donner à la GUINEE des millions de dollars et d’euros au détriment de la population !
C’est la raison pour laquelle j’ai écrit un article intitulé « l’Hypocrisie de la communauté internationale vis à vis de la Guinée » qui pourrait s’appliquer également à beaucoup d’autres pays d’Afrique.
Cet article est paru sur de nombreux sites internet de Guinée et a reçu un formidable écho favorable dans le monde entier : plus de cent mails de Guinéens de Guinée, de France, d’Afrique, d’Angleterre, d’Espagne, d’Allemagne, des USA, de Roumanie et même de Russie.
J’ai également été très étonné par le nombre très important de mails que j’ai reçus en quelques jours, de nombreuses ONG et d’hommes politiques de tous bords approuvant entièrement mon article, comme quoi la vérité est toujours bonne à dire même si ça ne plait pas aux gouvernements concernés !
LA REUNION DU G20 A EU LIEU : QUE VA-T-IL SE PASSER MAINTENANT POUR LA REPUBLIQUE DE GUINEE ?
Les Guinéens doivent enfin savoir exactement, dans la plus grande transparence, la destination des millions d’euros et de dollars donnés par la Communauté internationale (dont l’Union Européenne et la France bien entendu) aux précédents gouvernements.
Les Guinéens doivent connaître maintenant les malversations commises et les raisons exactes pour lesquelles des investisseurs étrangers peu scrupuleux s'en mettaient plein les poches en pillant les richesses du pays au détriment de la population.
Le nouveau pouvoir doit s’engager publiquement à respecter la LOI fondamentale, à éradiquer la corruption à tous les niveaux de l’administration et à rendre publics les moyens pour y arriver, et à tenir ses promesses.
Le nouveau pouvoir doit faire en sorte que les richesses naturelles du pays qui lui appartiennent soient exploitées par les Guinéens eux-mêmes en toute transparence et que les ressources obtenues profitent à la population pour lui permettre enfin de sortir de la misère dans laquelle elle se trouve actuellement.
Cela ne veut pas dire qu’il doit refuser l’aide de la Communauté internationale : pas du tout cette aide, comme l’a promis le président du FMI, Monsieur Strauss-Kahn envers l’Afrique, dont la Guinée bien sûr, (d’autant plus que le G20 a promis au FMI de tripler ses fonds, avec 500 milliards de dollars US supplémentaires) doit être utilisée à bon escient, servir d’appoint aux travaux engagés par le gouvernement guinéen dans tous les domaines indispensables à la vie de tous les jours de la population : eau, électricité,entretien des routes, hygiène, santé publique, problèmes sanitaires, alimentaires, scolaires etc…
Les problèmes de raison d’état entre gouvernements ne doivent plus jamais exister, les Droits de l’Homme ne se marchandent pas, y compris pour avoir des contrats publics ou des contrats privés :
l’aide financière qui sera versée par la communauté internationale (dont la France) doit être utilisée en toute transparence pour aider le gouvernement guinéen à éradiquer la misère dans son pays et non pour alimenter la corruption !
Mon seul espoir est que la Guinée, que j’aime pour y avoir tant d’amis, trouve enfin la paix et la sérénité.
Que Dieu aide la Guinée et les Guinéens.
Bernard AUGER e.mail : bernardaugere@yahoo.fr
Guinée: Bonne gouvernance-colonne vertébrale du développement économique et social
Le 29/03/2009
Accorder la priorité aux perspectives de développement économique et social permettra à l’épanouissement d’une société véritablement démocratique et à ouvrir la voie à l'élection d'un idéal président au terme de la transition en cours qui suscite assez d’espoir. Espoir associé aux efforts du Comité National du Développement et de la Démocratie (CNDD) à démanteler et à freiner le trafic de drogue qui florissait de façon incontrôlée. A cela s’ajoute l’examen des détourneurs du dénier public qui avaient considéré la corruption comme une culture de gestion pendant les dix dernières années. Aujourd’hui, les actions du CNDD que prône le Président de la République, Capitaine Moussa Dadis Camara, poussent cette culture à céder la place à la transparence et à l’obligation de rendre des comptes quand il s’agit des opérations d’intérêt national à savoir des dépenses publiques et la gestion des ressources naturelles.
Dans le contexte guinéen on ne peut pas uniquement se focaliser sur les grandeurs macroéconomiques et espérer à un développement significatif. La bonne gouvernance s’impose. Elle est indispensable à l’aboutissement à celui-ci. C’est une volonté politique qui en manquait. Le passage à la télévision nationale des anciens ministres en ce mois de mars 2009 pour s’expliquer et se défendre contre des malversations économiques que le célèbre Comité d’Audit et de Surveillance des Secteurs Stratégiques de l’Économie (CASSSE) a révélées à leur compte, est une évidence de la nécessité à renforcer la bonne gouvernance déjà intégrée dans les documents de stratégie de réduction de la pauvreté. Mais cette fois-ci avec des hommes dignes de confiances comme ceux qui sont entrain de travailler sur le terrain sous la vigilance du CNDD. Il conviendrait de la définir comme une priorité et allouer des ressources financières conséquentes pour la mise en œuvre de son fonctionnement. Conjointement, le développement social et le développement économique en dépendent, car sans le premier, la croissance économique ne peut pas être soutenue. Mes félicitations vont au Président de la République, au CNDD et au gouvernement sans oublier l’ensemble des forces vives dont les avis ont été, dans la plus part des cas, marginalisés avant l’avènement du CNDD en décembre 2008.
Si des inquiétudes se sont soulevées vis-à-vis de la capacité des militaires, actuellement au pouvoir, à forger une crédible stratégie politique de dimension nationale à cause du manque d'expérience dans la gestion de l'administration publique, ces derniers, dans le souci de relever les défis avec esprit rassembleur et amour pour la patrie, ont toute fois tendu la main à l’UA, à la CEDEAO, à l’UE, aux NU et aux USA malgré le scepticisme de certaines opinions ; et ont montré leur disponibilité totale à collaborer avec toutes les forces vives, des intellectuels, des professionnels et étudiants comme on peut constater le forum sur les mines au palais du peuple à Conakry dirigé par le président lui-même, la rencontre de Monsieur Habib Ann 3ème vice président du CASSSE avec les ressortissants guinéens à la mission permanente de la Guinée auprès des Nations Unies à New York, et tout dernièrement à New York le 14 mars 2009, celle de Madame Hadja Mafoula Sylla, Ministre des Affaires sociales ; et de Madame Maïmouna Diallo, Directrice de Cabinet de la Présidence. Au cours de ces rencontres, chacun était libre de faire des propositions concrètes et/ou exprimer ses soucis et questions dans une atmosphère conviviale, vive de joie et de respect dans le but de rassembler des connaissances relatives au fonctionnement des activités d’une administration publique ou privée afin de l'appliquer aux tâches élaborées par le gouvernement selon nos besoins.
Aujourd’hui, le jeune Président Capitaine Moussa Dadis Camara à la tête du CNDD vient de placer un acte honorifique qui séjournera pour toujours dans la mémoire collective des guinéens. Son honnêteté, sa sincérité et sa volonté à replacer la Guinée dans les voies de développement socioéconomique durable qui conditionne le progrès démocratique, justifient son adhésion au chronogramme de transition proposé par les forces vives. Voilà une personnalité dépourvue de tout esprit égoïste. Une petite personne dirait certainement qu’il n’y a pas de raison à sacrifier toutes ses énergies pour accomplir un travail compliqué et rassis dont les résultats positifs ne seront visibles que lorsque le nouveau Président issu des élections sera installé. Mais la Guinée a eu la chance d’avoir une grande personne qui se place au dessus des petites justifications et donne la priorité à la bonne gouvernance qui conditionne le progrès social. Celui-ci défend la croissance économique dont le succès soutient durablement le développement démocratique.
Les défis nous attendent encore devant. L’explosion de la crise financière économique qui a été sévèrement ressentie en août 2007 après l'effondrement des prêts hypothécaires aux États-Unis, interpelle aujourd’hui l’attention des décideurs politiques des grandes économies mondiales. Ils articulent de parts et d’autres des efforts pour soutenir ensemble des objectifs consistant à élaborer un plan efficace pour définir les mesures visant à sortir de la crise. Une baisse de la croissance économique est prévue à 0.5% pour l’année 2009. Avec ce ralentissement mondial, le FMI a prévu en janvier 2009 que la croissance en Afrique Sub-saharienne va ralentir de 5% en 2008 à environ 3 ¼ % en 2009, soit une baisse de 1.75%. Si la croissance du PIB réel en guinéen a été estimé à 4.9%[i] selon les données officielles du gouvernement en 2008, il sera largement inférieur à ce nombre en 2009 due au manque d’infrastructures de base (l’eau et l’électricité toujours persistants) et à une réduction inévitable de l’afflux des aides financières qui va certainement affecter les activités dans les secteurs minier et de construction. Une estimation de la baisse à plus de 3% ne sera pas une grande surprise. Mais cela ne serait pas une raison de baisser les bras. Ce sont les effets d’une crise mondiale qui frappe tous les pays industrialisés d’ailleurs.
Les politiques monétaire et budgétaire doivent être ainsi modifiées à l’image de nos besoins pour soutenir la croissance et de maintenir cette position dans le court et moins termes. Encore une fois, c’est le lieu de donner des moyens à la CASSSE ou à toute autre institution sous le contrôle du gouvernement pour développer des stratégies visant à assurer la viabilité budgétaire à long terme pour éviter des fraudes et des prélèvements fantaisistes qui ont caractérisé notre système de gestion pendant plus d’une décennie.
La stabilité macroéconomique est indispensable pour soutenir notre croissance. Ayant confiance que le peuple de Guinée choisira l’idéal Président en décembre 2009, une croissance nettement supérieure aux données récentes est probable en 2010 car nous aurions l'occasion d’avancer le programme de réforme structurelle en vue d'améliorer les perspectives de croissance. Et Puisque nos perspectives économiques restent profondément dépendant des progrès relatifs à l’amélioration de la stabilité politique, la Guinée a moins de souci à ce niveau à cause de l’adhésion légendaire du Président Capitaine Moussa Dadis Camara et du CNDD au chronogramme des forces vives de la nation.
En conséquence, le peuple attend des différents leaders politiques de notre pays, une preuve pour faire en sorte que les élections conduisent à une plus grande stabilité et à un renforcement progressif des institutions politiques. En effet une stratégie de campagne incluant les possibles solutions aux défis économiques et énergétiques y compris l’eau, l’électricité, le transport et l’agriculture pour ne citer que ceux-là, constituerait le mot d’ordre à promouvoir une grande adhésion populaire aux partis. Tout le monde doit se mettre au travail, sacrifier une bonne partie de son temps au bénéfice de la Guinée pour que cette occasion nous donne la possibilité de mettre en place une série de réformes institutionnelles destinées à améliorer l'efficacité de notre administration. Je suis sûr et convaincu que nos leaders en sont capables.
Cette fois, l’ethnie et la région n’ont pas de place dans les comportements, dans les campagnes et dans le vote. Que le candidat ayant le meilleur programme gagne.
Mamoudou Kouyaté
Depuis New York
[i] En fait 4,5% avait été initialement prévu. Mais on passerait à 4.9% essentiellement à cause de l’augmentation significative des valeurs ajoutées dans les secteurs de la construction, de l’exploitation minière et agricole. (Source du gouvernement guinéen).
Lettre ouvertre à Mr Moussa Dads Camara, Président autoproclamé de la république de Guinée
Le 28/03/2009

Capitaine Dadis,
Je m’appelle Oury Nadhèl, vous ne me connaissez pas et c’est sans importance. Et pourtant aujourd’hui vous recevez ce courrier d’un anonyme qui vous suit de très près. Vous ne voyez toujours pas là où je veux en venir ! Allons donc droit au but :
J’ai la réputation monsieur le président d’être direct et vous n’allez pas être déçu. Voilà à peu près un trimestre que vous vous êtes autoproclamé président de ma république. Voyons votre bilan :
· Ce que je vois
La politique spectacle, les coups de théâtre à la télévision, l’intimidation de la classe politique et chose très grave l’arnaque organisée contre les opérateurs économiques qui sont des citoyens guinéens honnêtes, intelligents ,travailleurs et qui méritent le respect et l’admiration de tous. Ce sont des dignes fils de la Guinée et personne n’a le droit de les intimider fut il l’autoproclamé et le tout puissant Dadis.
Vous vous faites passer pour juge interrogeant des prétendus trafiquants, humiliant vos propres ministres une attitude qui frise la démence, sous prétendu que vous vous êtes un honnête citoyen à part entier. Un spectacle surréaliste qui ne peut avoir lieu nulle part sur la planète. On se demande si vous savez qu’il y a une justice en Guinée et aussi imparfaite soit elle, elle reste à améliorer mais en aucun cas Capitaine Dadis ne peut la substituer. Vous prétendez vouloir un Etat de droit pour la Guinée. Merci mon capitaine ! Mais savez-vous ce que c’est qu’un Etat de droit ? On vous a entendu dire à la Télévision guinéenne que vous n’êtes pas juriste mais un amateur. Vous ne me rassurez pas mon capitaine car pour un amateur le niveau n’y est pas du tout. Peu importe une clarification s’impose :
L’Etat de droit est une situation juridique dans laquelle chaque citoyen est soumis au respect du droit, rien que le droit et tout le droit ; du simple individu jusqu’à la puissance publique. L’Etat de droit est donc intimement lié au respect de la hiérarchie des normes, de la séparation des pouvoirs et des droits fondamentaux. Autrement dit les mandataires politiques (les élus en démocratie) sont tenus par le droit qui a été édicté. La séparation des pouvoirs, la distinction des trois pouvoirs : éxécutif, légistlatif et judiciaire est non négociable mon capitaine.
La Guinée est aujourd’hui à la risée du monde à cause de votre attitude irresponsable et irrespectueuse de nos institutions, de votre comédie à la télévision. Monsieur Dadis, vous avez commencé par piétiner notre constitution dès le 1er jour de votre rapt du pouvoir. Le pouvoir ne vous a pas été confié par le peuple ; vous l’avez arraché, volé faisant table rase de l’opinion nationale et internationale. Consommez le avec modération. Le peuple Vous demandera des comptes.
Votre auto congratulation ne rassure personne mais annonce en perspective vos ambitions diaboliques de distraire le peuple guinéen pour assoir votre autorité.
Mon capitaine président, L’improvisation de vos discours révolte le peuple guinéen, me révolte tout simplement. Vos interventions sont déplacées et inclassables. Il faut laisser la politique aux professionnels de la politique. Vous n’êtes pas à votre place capitaine.
· Ce que je vous souhaite
C’est d’être lucide et réaliste. Comprenez monsieur le président que la Guinée ne veut pas et ne peut pas subir l’intimidation indéfiniment, la haine et l’anarchie. Les ethnos stratégies sont des pratiques d’un autre temps et le peuple guinéen doit être plus que jamais vigilent.
Contrairement à ce que vous pouvez croire de prime à bord, je vous souhaite de retrouver la lucidité rapidement.Vous n’avez pas les moyens de gérer les guinéens et je suis sûr que vous conviendrai avec moi que vous n’êtes pas à votre place. Ceux qui prétendent vous soutenir et vous poussent à bâtir une ethno stratégie pour s’éterniser au pouvoir seront les premiers à vous lâcher le moment venu. Ne soyez pas naïf, ne vous retournez pas contre le peuple, ne vous braquez pas contre les citoyens guinéens au risque d’être juger un jour. Le monde a changé et il faut en tenir compte monsieur Dadis.
Pour terminer Monsieur le président Dadis, je voudrais vous donner un conseil sans prétention. Soyez prudent et rendez le pouvoir maintenant. Votre ethno-stratégie est révolue et on ne peut en tant que patriotes et citoyens, rester les bras croisés sans agir et sans se mêler de la politique en Guinée. Il est encore temps pour vous de rendre le pouvoir sans délais. La naïveté d’une grande partie de l’opposition guinéenne m’a beaucoup surprise et désolée. Croire que vous aviez la moindre capacité d’organiser des élections libres ,transparente et démocratiques m’a sidéré. Vous êtes le 1er à avoir violé la constitution. Vous et vos collaborateurs mafieux allez être jugés. Votre petite personne m’importe peu. Mais il faut reconnaitre au vu du spectacle que vous offrez gratuitement au peuple de Guinée, et au monde entier que vous n’êtes pas à la hauteur des attentes. Vous n’avez ni la carrure, ni la formation intellectuelle encore moins la bonne volonté de rétablir l’état de droit en Guinée que vous avez été le 1er à piétiner. Certes la démocratie est un long processus. A la mort du général Conté, elle était loin d’être parfaite, elle était même à mon humble avis imparfaite et très loin d’être accomplie mais la Guinée avait une constitution et était reconnue dans le concert des Nations. Où en sommes-nous aujourd’hui avec vous ?
Mon petit capitaine ne vous comportez pas comme un idiot à qui on montre la lune et qui fixe le doigt qui lui montre la lune. Saisissez cette occasion pour comprendre et méditer sur votre sort. L’armée guinéenne n’a pas dit son dernier mot et le peuple non plus. Méditer. Sénèque qui nous a clamé qu’il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sais pas où il va.
Mon capitaine vous n’avez aucune légitimité. Le peuple prend acte et reconnais que vous prétendez avoir la force et les armes Cependant il faut savoir qu’on ne tient mouvements sociaux ni par le crime ni par l’intimidation. L’histoire est à nous et ce sont les peuples qui l’affrontent.
Oury Nadhèl, Administrateur principal de : conakry.wikispaces.com
Nous militons pour la réconciliation nationale
Le 20/03/2009
Dans le pays de tous les superlatifs qu’est notre Guinée, le temps passe, avec des tracas et des fracas, dont les tintamarres, ne cessent d’irriter nos tympans, parce que tout simplement, les forces centripètes et centrifuges, de nos âmes tourmentées, continuent à s’entrechoquer, du fait d’esprits malsains, qui se focalisent sur des attitudes et comportements rétrogrades, que toutes ces années d’errements et de confusions, ont contribué à ancrer dans les mœurs.
Y’a de quoi en avoir gros sur la patate, quand on imagine qu’aujourd’hui, plus que jamais, la chance nous est offerte, avec cette période de transition, comme sur un plateau d’or, de conjurer le mauvais sort, qui s’acharne depuis le temps sur nous, du fait que d’une part, nos politiques ne daignent penser, en bonne intelligence, que la conquête et l’exercice du pouvoir, n’ont de sens noble, que s’ils contribuent efficacement, au bien-être du peuple dans son intégralité et d’autre part, parce que les guinéens que nous sommes, continuons à rêvasser et à turlupiner, les yeux éblouis, par l’illusion optique d’un avenir hypothéqué, pour cause de dysharmonie, des déterminants essentiels, de notre processus d’évolution.
Le principe fondamental du rôle de direction, de la destinée de tout une nation, suppose nécessairement, une vision clairvoyante et audacieuse du devenir, basée sur la compréhension des problèmes et une stratégie de lutte, pour en venir à bout, en s’inscrivant dans une logique de respect scrupuleux, des conventions et des règles, librement consentis par le peuple, pour une vie en communauté de destin.
Cette attitude responsable, est sans ambages, l’une des conditionnalités à même de garantir durablement, la paix et la cohésion sociale, tant nécessaires à l’émergence d’une Guinée nouvelle, que nous appelons tous, de nos vœux sincères, au-delà de nos différentes appréhensions de la situation et de nos approches individuelles de solutions.
Actuellement, nous nous retrouvons dans l’expectative, face à ce dilemme que posent, notre ardent souhait, d’un retour prompt, à la normalisation de la gestion des affaires étatiques, dans un cadre démocratique et le besoin irrésistible de la populace, de voir le CNDD mener à terme, la mission ô combien importante, de moralisation de la vie publique et de lutte contre la délinquance, sous toutes ses formes.
Dans cette rocambolesque situation, notre Capi-Prési, s’il rassure par son enthousiasme et sa pugnacité, inquiète pour autant par son omniprésence et sa propension à vouloir tout régenter.
En effet, depuis sa prise de pouvoir, il n’a de cesse de stigmatiser les maux qui gangrènent la société et tel un " technicien de surface ", il se démène comme un beau diable, pour dit-il, faire un toilettage de la maison, pour la rendre viable et aménageable par les futurs dirigeants, qui en auront la gestion, à l’issue des élections à venir.
Cette louable entreprise, trouve forcément un écho favorable, au sein de l’opinion publique, qui voit en la personne du Président Dadis, un homme intègre, dont le souci apparent, est de sortir le pays du cercle vicieux de la corruption, érigée ces derniers temps, en mode de gouvernance, malheureusement profitable, qu’à des organisations claniques, alors que la population continuait à broyer du noir et à trimer pour survivre.
On ne peut en cela, que l’encourager et le soutenir, surtout qu’il se dit volontiers, ouvert à toutes les propositions bienveillantes de sortie de crise, en témoignent les actions de lutte contre le trafic de drogue, la poursuite des audits, la divulgation du chronogramme de la période transitoire, dont les premières dispositions deviennent effectives au fur et à mesure, à savoir la levée de la suspension des activités politiques et syndicales, l’annonce de la création du conseil national de la transition et l’élargissement du CNDD à la société civile.
Le hic, est que l’administration guinéenne se trouve en ce moment, réduite à la gestion des affaires courantes, les départements ministériels n’étant dotés d’aucun budget de fonctionnement conséquent, à cause, du gel des fonds, dont les procédures de décaissement, sont contraires à l’orthodoxie financière d’une gestion administrative normale, du fait que le Président Dadis, pour une question de défiance, s’adjuge seul, le rôle d’ordonnateur, toute dépense étatique étant soumise à son approbation.
Dans cette configuration, l’on est en droit de se demander, en quoi consiste le rôle du P.M Komara, qui contrairement aux attributions contenues dans l’ordonnance de sa nomination, lui laissant la latitude de la gestion et de la coordination de l’action gouvernementale, se trouve aujourd’hui, contraint d’assister impuissant, aux impertinences d’un chef omnipotent, dont les envolées lyriques dans les shows télévisés, laissent quelquefois dubitatifs, les observateurs avisés, même s’il faille reconnaître, que ces différentes confrontations avec les présumés coupables de forfaitures, sont vécues par le peuple traumatisé, comme une sorte de thérapie, à même d’exorciser le mal qui le ronge depuis toutes ces années, à cause de la cupidité et de l’irresponsabilité de ses dirigeants.
Cela a aussi, le mérite de permettre aux potentiels électeurs, de se faire une opinion personnelle, de nos futurs prétendants, à la gestion des affaires publiques, en connaissance de cause, de leur probité morale et intellectuelle.
Nous croyons sincèrement, à l’inébranlable volonté du Capi-Prési de bien faire et même de trop bien faire, mais il faudrait se rendre à l’évidence, que les différentes étapes de la transition contenues dans le chronogramme du CNDD, si elles ne sont brûlées, nécessitent un temps qui irait forcément, au-delà de 2009 et à ce propos, ne soyons pas surpris que le GIC-G, qui suit l’évolution de la situation, par une évaluation et une appréciation constantes, soit de façon objective, favorable au report des élections. Même le peuple, qui a l’air de prendre cause et effet pour la junte, ne trouvera sûrement, rien à redire, car il se satisfait tant bien que mal, de la mise en place progressive, des instruments de la transition, conformément aux promesses tenues, par le Président Dadis, qui pour ne pas être en porte-à-faux, s’abstient volontairement, d’avancer des dates précises.
Il est cependant, du devoir des partis politiques, de mettre la pression sur le CNDD, pour un retour rapide, à l’ordre constitutionnel, tout en sachant, que la réussite de la transition, est une responsabilité qui leur incombera aussi, car de leurs exigences et surtout de leurs divergences, dépendra l’attitude du CNDD.
Le plus important aujourd’hui, est qu’on ne confonde pas, vitesse et précipitation et pour tordre définitivement le cou, des démons de la haine et de la division, l’on n’a inéluctablement besoin, que soit mise en place, la fameuse commission vérité et réconciliation, pour tirer d’utiles enseignements des erreurs du passé, car comme le disait Confucius, la vraie faute, est celle qu’on ne corrige pas.
BAYO Abidine
P
Le 04/02/2009
L'enfant prodige
Qui dit que ce prince désavoué n'était pas prodige?
Le roi contre tous les sujets du royaume, lui le trouvait prodige.
Vu que jadis il excella dans les nocturnes randonnées,
Éducation et fréquentation peu catholiques, furent de lui peu recommandé.
Une fois au palais royal, il multiplia et accentua ses déboire
Orgies, drogues,alcools et tout sauf accomplir son devoir.
Le roi informé de cette turpitude, l'enrôla parmi ses vigiles.
Entre formation et discipline militaire, il devint peu à peu agile et habile.
De ses amis et proches, ils formèrent un bloc rigoureusement entraîné et armé
Peu après, le roi capitula après que son tout nouveau palais fut bombardé.
Humilié et agenouillé quand subitement ce bloc vint le subtiliser.
Le prince gagne sympathie,reconnaissance et l'écoute du souverain.
En homme sage, ce dernier ne tarda pas à accepter les revendications des mutins
Cet acte de bravoure ouvrit au prince toutes les portes du bonheur
Mais le roi maladif, tomba peu à peu dans la torpeur.
Le royaume s'affaiblit, ses habit ans furent affamés et assoiffés
Scribes, vizires et vigiles cherchèrent tous à s'accommoder.
Il fallut même au prince que de l'affaire rail pour se désaltérer
Un jour, de caporaux-rail comme tout le peuple chantèrent un boum qui fit faya
Des quatre coins, tous restèrent derrière madame Bah.
Un faux-dé s'était même joué du prophète et de son paradis.
Alité, mais croyant en Mamadou et Ariyanna, le roi s'était maudit
Il se déchaîna et se traîna jusqu'aux geôles pour les sanctifier.
Lesquels, le peuple avait bien pris soin de déshonorer
Une marée humaine se dirigea alors vers le palais royal
Pour signifier le déclin sur des pancartes, à bas le service royal
Le bloc les intercepta au pont des pendus, ouvrit le feu,
Tua et blessa par centaine, et le reste détala ou courba la queue.
Il fallut encore ce bloc pour réhabiliter le malade et vieux roi.
Un consensus fut trouvé pour calmer le peuple en désarroi
Deux ans, jour pour jour, le roi quitta le monde des vivants.
Ne pouvant accéder au trône, le prince le camoufla aux prétendants.
Ces derniers s'en rendirent compte et appelèrent à la constitution
Mais hélas! le bloc irrésistible avait déjà pris ses dispositions
Le roi eut droit à des funérailles dignes de son nom et de son rang
On dirait que la suite ne porterait jamais atteinte à son honneur,
Que le prince non plus, ne se repentirait d'avoir versé sang.
Car, le roi transitoire châtie les voleurs et non les tueurs-voleurs.
Le président du conseil national pour la préservation de la démocratie
Organe consultatif et incontournable de notre dynastie
lancecame@yahoo.fr
Les grandes désillusions naissent de grands espoirs
Le 29/01/2009
Le gouvernement de transition ou de mission, le qualificatif importe beaucoup, dans la mesure où, sa connotation traduit implicitement, les intentions avouées et/ou sous-entendues, de la nouvelle équipe gouvernementale, dans son entreprise, on l’espère, d’exercice temporaire du pouvoir, pour en finir avec cette situation d’exception, devant normalement, aboutir à l’organisation d’élections générales libres, qui si elles se tiennent, dans des conditions de transparence, cautionnées par l’ensemble des acteurs, déblayeront de façon significative, la voie à la mise en place de politiques de développement économique et sociale, à même de sortir enfin la Guinée, des sentiers battus de la pauvreté et de la misère, signant ainsi son retour tant attendu, dans le concert des nations démocratiques.
La prise de pouvoir par l’armée, est devenue effective par la nomination d’un P.M et la constitution d’un gouvernement. Les partis politiques, la société civile, les différentes composantes socio-professionnelles et la communauté internationale, malgré les condamnations de principe, semblent
s’accommoder de cette nouvelle donne.
Mieux, les analystes et observateurs de la vie politique guinéenne, toutes sensibilités confondues, à en juger, par la plupart des commentaires relatifs à la situation, voient d’un œil inquisiteur, mais condescendant, cette prise de pouvoir par une armée, un temps décriée pour les exactions commises sur les populations, quand elle s’évertuait à défendre le régime défunt, à la solde de laquelle, elle avait sacrifiait ses principes républicains, mais qui aujourd’hui, est soutenue et encouragée dans son action dite de sauvetage de la nation, d’un naufrage collectif, lié aux risques de confusion et d’affrontement, consécutifs à la vacance du pouvoir, après le décès du général Conté.
Le cadre de concertation et de dialogue voulu par le président du CNDD, lors de sa première adresse à la nation, s’exprime par l’invitation faite aux partis politiques, de définir les modalités d’organisation des élections, objectif ultime de la transition en cours et à ce propos, les différentes coalitions se sont exprimées, avec le souhait de la tenue de ces dernières, en fin d’année 2009, un choix de date impromptu et quelque peu irréaliste, quand on sait que, les circonstances actuelles, d’absence de conditions matérielles et d’environnements structurel et institutionnel adéquats, ne présagent en rien, la garantie de transparence et de crédibilité exigibles, en cette période de renouveau.
Cependant, l’absence de critères de prise de décisions, au sein des partis politiques, pour faire valoir communément leurs attentes, met à jour, des divergences, qui sont caractéristiques des antipathies, liées à la fragmentation du tissu social et qui s’expriment par des positionnements partisans, au grès des ambitions et visions disparates, des principaux leaders politiques, qui se focalisent tous, sur la conquête du pouvoir, mettant en mal, ce qui devait être perçu en ce moment, comme essentiel, à savoir la conjugaison des efforts et l’harmonisation des points de vue, pour la constitution d’une force de pression, capable de mobiliser l’opinion publique et de faire plier, si nécessaire, la junte au pouvoir, en l’astreignant à tenir ses promesses, qui ont été, il faut le souligner, à la base de l’adhésion populaire, parce que prônant un renouveau politique, qui laisse entrevoir la perspective d’une remise en question systématique des méthodes de gestion anachroniques, qui ont jusqu’ici, montré leurs limites, parce que faisant fi des principes moraux les plus élémentaires, en matière de bonne gouvernance.
Cette attitude irresponsable des partis politiques, à vouloir toujours évoluer en rang dispersé, a de tout temps, favorisé les dérives totalitaires des pouvoirs publics, qui trouvent là, un prétexte de maintien illimité au pouvoir, au-delà du politiquement correct.
En tous les cas, des inquiétudes subsistent, quant à la volonté ou la capacité des dirigeants, à tenir leurs engagements, au regard de la mainmise totale des militaires sur le pouvoir, par l’occupation de tous les postes clés dans le gouvernement et aussi ceux de l’administration territoriale, dans le cadre de la décentralisation, attitude à travers laquelle, on peut imaginer, un besoin de loyauté, en s’entourant de personnes acquises à leur cause, pour l’application stricte des recommandations, ou simplement, un dessein calculé, pour le contrôle et la diffusion de l’information, nécessaires au suivi correct, de la politique de redressement, qu’ils estiment incarner, surtout que des contraintes, liées à l'instabilité de l’environnement structurel et institutionnel, sont susceptibles d’entraver leurs actions, en dépit de la bonne foi, qu’ils ont jusqu’ici, affichée.
les populations se réjouissent néanmoins, de la direction du gouvernement par un civil, en l’occurrence M.KOMARA, dont l’intégrité de la personnalité et les compétences, ainsi que le principe d’acquisition des prérogatives telles que définies dans l’ordonnance de sa nomination, conditionneront la réussite de sa mission, en supposant qu’il aura, contrairement à ses prédécesseurs sous le règne du général CONTE, comme dirait-on, les coudées franches, pour agir en toute indépendance, en espérant que d’éventuels conflits de compétences et d’intérêts, ne viennent brouiller l’environnement, quelque peu bruyant, crée par les actuelles tentatives de recouvrement des créances de l’Etat et d’assainissement des finances publiques. La diligence des audits, qui s’inscrivent dans cette logique, demeure une entreprise louable à bien des égards, mais il faudrait bien évidemment, que les méthodes employées, ne deviennent, comme on peut le craindre, expéditives, ternissant ainsi l’image volontariste et patriotique, de l’actuelle équipe dirigeante, qui promet de faire de la lutte contre la corruption et les innombrables détournements de deniers publics, un sacerdoce.
A propos, ne serait-il pas préférable, que ce gouvernement se contente seulement et uniquement, d’assurer la transition, en créant les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel, qui permettrait à une justice indépendante, de faire ce boulot, en toute impartialité, car cette aspiration légitime, à une moralisation de la vie publique, reste une mesure impopulaire et sélective, en ce sens que les crimes de sang, du reste aussi bien importants que ceux économiques, sont quelque peu banalisés, les nouveaux dirigeants, ayant la fâcheuse tendance, à minimiser les conséquences psychologiques et les effets pervers, du sentiment d’injustice, qui anime les victimes innocents de la barbarie humaine, perpétrée sur les populations, pour avoir tout simplement bravé les autorités, par la revendication de leur droit, à une vie meilleure.
La principale sollicitude qui vaille aujourd’hui pour les guinéens, est la nécessité vitale, d’une reconfiguration et d’une réorientation politique, créant les conditions d’une gestion étatique saine, basée sur l’emploi judicieux, des acquis humains et matériels, tenant en compte, la problématique que constitue l’immensité des besoins, par rapport à l’insuffisance des ressources, dont dispose la nation et cela se passera inexorablement, par l’organisation d’élections libres et transparentes, qui traduirait la volonté du peuple, seul fondement légitime de l’autorité des pouvoirs publics.
BAYO Abidine
Abidinebayo@hotmail.com
Transition sous haute vigilance
Le 19/01/2009
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epuis le 22 décembre 2008, La Guinée semble arpenter le chemin pour une destination démocratique. L’arrivée à bon port dépendra de l’attitude des guinéens vis-à-vis du capitaine autoproclamé Président de la République et des actes qu’il posera.
L’histoire de notre Pays montre que ses hommes d’état autour desquelles il y a eu un consensus dès le départ se sont mis sur un piédestal, et ont fini par devenir des illuminés.
Le Chef de l’Etat doit comprendre qu’il n’est là que pour une mission temporaire et ne doit pas être exempt de critiques, qui cependant, devraient être constructives afin de permettre au pays d’aller de l’avant.
La transition est rentrée dans sa phase active avec la mise en place du gouvernement.
Toutes les promesses faites par le Président du CNDD, notamment la non participation des militaires au gouvernement, n’ont pas été tenues. La donne n’est peut- être plus la même, et le successeur de Lansana Conté a voulu être au cœur des réformes avec ses militaires pendant cette période transitoire et a su trouver avec le premier ministre des compromis.
L’essentiel pour ce gouvernement militaro-civil est de prendre conscience de l’urgence du travail colossal qui l'attend, afin de mieux s’y imprégner.
Ils savent tous, que le désir des guinéens de se retrouver dans une société idéalement démocratique où la bonne gouvernance deviendra réalité, est ardent.
Mais à l’orée de ce changement de Président, nul ne peut prétendre que le véhicule piloté par « civils et militaires » se dirigera vers cette direction idéale. Les plus pointilleux d’entre nous diront qu’il n’existe certainement pas une direction idéale mais plutôt des directions à finalité optimale, l’idéal ne pouvant être atteint par des humains. Soit !
Pour se diriger vers cette transition à finalité optimale avec à la clé, le triomphe de la démocratie et la bonne gouvernance, des conditions doivent être remplies. Il faut compartimenter et accorder des priorités aux problèmes et ensuite les régler en profondeur, car les conséquences de cinquante années de mauvaise gouvernance ne peuvent se démanteler en une période de transition d’une ou deux années.
Le jeune Président veut faire beaucoup de choses et en particuliers fixer les responsabilités de l’état déliquescent de la Guinée. Son intention est louable, mais la tâche sera l’une des plus titanesques.
Cette tâche devra être faite avec la plus grande impartialité possible sans tenir compte d’une liste préétablie (que le Chef de l’Etat dit avoir en sa possession) sous des bases obscures.
Les audits ne font des miracles et ne sont pas destinés à régler des comptes mais plutôt à détecter des éventuelles anomalies dans les secteurs d’activités examinés. C’est après qu’il va falloir définir les responsabilités de chacun, si des anomalies sont constatées.
La Guinée d’aujourd’hui est le résultat des échecs individuels qui ont conduit à une catastrophe globale.
Pour que la Guinée de demain soit le résultat des réussites personnelles, il faut créer un environnement compatible avec la bonne gouvernance.
En effet, pour éviter que les malversations financières se reproduisent, il va falloir fixer les règles et châtier les contrevenants ; pour éviter que les hommes viennent figurer au lieu de travailler de façon efficiente il va falloir donner des directives et exiger des résultats…
La pression doit être permanente. Il ne s’agit pas d’épier les moindres gestes de ceux qui occupent des responsabilités dans la gestion des deniers publics mais plutôt de les aider à atteindre et maintenir un cap de travail bien, honnêtement et efficacement fait.
En outre, le peuple doit être informé de tout ce qui passe. La traçabilité doit être de rigueur.
Les ondes des la RTG doivent servir de béquille à la construction de cet Etat de droit et de bonne gouvernance.
La télévision publique doit remplir une mission publique et doit être accessible à tous les acteurs politiques sans exception.
En attendant la troisième République, sachons où nous mettons nos pieds dans ce terrain miné qu’est toujours la Guinée.
Pas donc de répit de vigilance en période de transition !
Koumbassa Alassane
Discours programme du CNDD, incarné par le nouvel homme fort du pays Moussa Dadis CAMARA
Le 19/01/2009
Guinéens et Guinéennes,
Le peuple de Guinée a enregistré le 22 décembre 2008 à 18 heures 50 le décès d’un de ses valeureux fils, le Général Président Lansana Conté.
Suite à l’organisation d’obsèques dus à son rang, le peuple et la communauté internationale l’ont accompagné à sa dernière demeure. Au nom du peuple de Guinée, je saisi encore une fois l’occasion pour adresser à sa famille et à toute la nation guinéenne mes condoléances les plus attristées, que son âme repose en paix.
L’Armée guinéenne consciente de la gravité de la situation politique et socio-économique du pays a décidé de prendre en charge la destinée du pays sans effusion de sang.
Guinéens et Guinéennes,
Le peuple de Guinée a vécu une série de crises économique et sociale sans précédent : vous en avez été les témoins.
Il vous a donné la preuve du besoin de changement qui l’anime : vous en êtes les interprètes.
Notre jeune démocratie, a été mise à l’épreuve pendant ces moments difficiles, mais, grâce à la vaillante Armée guinéenne elle a retrouvé sa vitalité et démontré sa maturité : vous en serez les garants.
Assurément, les Guinéens ont tenu à rejeter sans ambiguïté une pratique dépassée du pouvoir. Ils ont aussi exprimé un choix porteur d’espoir, mais pétri d’exigences.
Exigence pour l’Armée d’honorer et de respecter les engagements pris devant le peuple guinéen pendant les moments difficiles.
Exigence d’efficacité, de progrès et de maîtrise, inscrite dans la durée, par la méthode de travail que je vais assigner au gouvernement, parce qu’à mes yeux, elle conditionne l’efficience de mon action.
Exigence de compréhension, car, notre attitude à l’égard des Guinéennes et des Guinéens doit être du dialogue continu, de l’attention scrupuleuse, de la disponibilité constante.
Exigence de changement enfin, car l’avènement du CNDD a été approuvée par les Guinéens parce qu’elle leur paraît le mieux à même d’incarner leurs aspirations et à amorcer un changement précis, dont il importe de tracer les contours.
L’histoire de notre pays a vu se succéder des phases de confiance et des moments de doute. Le chemin suivi fut incertain, douloureux parfois, exaltant. Chacun de nous sent qu’aujourd’hui nous traversons une période de difficultés. Il nous faut les surmonter.
J’entends à cette fin me saisir pleinement de mes prérogatives pour redonner à notre pays une chose précieuse entre toutes et qui, pourtant, lui a progressivement échappé : un sens – pour conforter son identité et son image mises à nul – et une orientation – pour aboutir à un véritable progrès socio-économique.
Aux Guinéens et aux Guinéennes que vous êtes et qui, au-delà des frontières nous écoutent, je propose un pacte.
· Un pacte fondé sur la préparation des conditions idéales d’organisation des élections libres et démocratiques afin de garantir des libertés individuelles et la solidarité nationale.
· Un pacte de développement économique et social fondé sur la valorisation du travail et la reconnaissance du mérite.
Aujourd’hui, tirant les enseignements de notre expérience du passé, il convient de faire retour à l’esprit d’honnêteté et de solidarité, c’est un état d’esprit.
Cet état d’esprit, il nous faut le conforter chez tous les Guinéens qui servent la nation afin de rétablir les règles de l’éthique et de la morale.
De la base au sommet de l’Etat, du fonctionnaire au ministre, une seule façon d’être, d’agir et de décider, doit prévaloir : celle du service de la nation. Nous sommes des citoyens responsables de l’Etat au service des Guinéens nous leur devons compte, nous leur rendrons compte.
C’est ainsi que l’Etat peut être véritablement l’expression de la nation guinéenne.
La nation guinéenne est non seulement la réalité vivante à laquelle nous sommes tous attachés, mais surtout le lieu où bat le cœur de la démocratie, l’ensemble où se nouent les solidarités les plus profondes. Elle reste le cadre naturel des réformes essentielles dont notre pays a besoin.
Sans attendre, le gouvernement, sous la direction du Premier Ministre, Chef de gouvernement, doit mettre fin à certaines situations intolérables et inextricables, qui résultent des pratiques actuelles qui ont conduit à la détérioration du tissu économique et à la crise sociale dans notre pays.
Guinéens et Guinéennes,
Le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) s’est engagé à travers un programme de réformes politiques, sociales, économiques et financières, à redresser l’économie nationale, moraliser la vie sociale et moderniser l’administration de notre pays. C’est dans cette optique que je me propose de vous livrer dans les grandes lignes notre vision sur le devenir de notre nation.
Guinéens et Guinéennes,
Le CNDD a hérité d’une situation caractérisée par des indicateurs macroéconomiques qui sont au rouge et dont on ne peut donner qu’une valeur approximative à travers le diagnostic qui suit :
1. Un important déficit budgétaire,
2. Une forte progression des dépenses publiques
3. Un secteur des entreprises parapubliques et des sociétés minières inefficace qui présente globalement des résultats négatifs,
4. Une réglementation minière légère et défavorable à l’accroissement des revenus de l’Etat et à une croissance soutenue,
5. Une politique de bradage systématique des actions de l’Etat dans nos sociétés minières,
6. Un déficit de la balance commerciale due à une baisse des exportations se traduisant par une diminution sensible des réserves de changes et une dépréciation de la monnaie nationale.
7. Une pratique d’exonérations abusives entraînant des manques à gagner importants des recettes intérieures.
8. Une dette extérieure importante dont le service est mal assurée du fait du manque cruel de devises.
9. Un chômage endémique des jeunes entretenu par une administration publique vieillissante et dépassée.
10. Une corruption généralisée et des détournements importants de deniers publics.
Face à cette situation difficile doublée d’une crise internationale, il est impérieux de prendre des mesures correctives dans les meilleurs délais.
Dans ce cadre, j’ai décidé de créer et de rattacher directement à la Présidence de la République, un Ministère du Contrôle d’Etat afin qu’il procède dans les prochains jours, à un audit approfondi de la gestion publique, identifie les coupables de malversations et mettre en recouvrement les montants éludés, sans préjudice des poursuites pénales qui en découlent.
Aussi, la révision des accords et conventions minières doit être engagée en accord avec les partenaires et dans l’intérêt de toutes les parties.
Des actions seront entreprises par le gouvernement dans les meilleurs délais afin de résoudre le problème d’approvisionnement des populations en eau et en électricité.
Guinéens et Guinéennes,
L’Etat doit être impartial. Cet impératif s’appliquera aux nominations individuelles qui seront décidées, mais, au-delà, il inspirera l’ensemble des comportements individuels et collectifs des responsables publics. L’Etat doit être plus proche des citoyens, plus accessible, plus efficace.
Guinéens et Guinéennes,
La crainte de l’avenir se fait toujours plus forte. C’est cette spirale qu’il faut briser. C’est ce changement-là que les Guinéens attendent. C’est à cette aspiration que nous voulons répondre. Là encore, l’action du gouvernement s’inscrira dans la durée.
· dans le sens du développement et de la croissance, d’une part,
· dans le sens de la solidarité et de l’égalité, d’autre part.
Trouver sa place dans la société, c’est d’abord avoir un emploi, aujourd’hui, l’emploi est notre priorité. Pour faire reculer le chômage, nous devons retrouver une croissance durable et imaginer ensemble un modèle de développement plus solidaire et plus riche en emplois.
Certes la croissance ne se décrète pas elle se prépare, elle se gagne. Nous n’y parviendrons pas seuls. L’atonie de la croissance est un problème que nous examinerons avec nos partenaires au développement notamment le FMI, la Banque Mondiale, l’Union Européenne et les autres partenaires multilatéraux.
C’est dans cette perspective que nous réaffirmons notre volonté de réaliser à brève échéance, la réforme de la Banque Centrale et la mise en œuvre d’une nouvelle politique monétaire restrictive combinée à une politique budgétaire rigoureuse.
Nous devons réunir les conditions d’une croissance plus vigoureuse dans notre pays.
Pour engager cette politique, il faut d’abord connaître l’état réel de nos comptes publics. Nous procédons à leur évaluation. Les informations déjà reçues laissent penser que la corruption et les détournements de deniers publics ont atteint un seuil préoccupant et qu’il faille les traiter avec dextérité.
J’ai déjà mon attachement à la stabilisation économique et à la réforme fiscale car la fiscalité intérieure et la fiscalité de porte ont fortement fait les frais d’importantes exonérations injustifiées qui ont obéré les finances publiques. Mon objectif est de mettre un terme à ces pratiques et de fiscaliser progressivement le secteur informel tout en réduisant le nombre des impôts. Pour favoriser cette option et arriver à une justice sociale, il faut moins taxer les revenus du travail et supprimer les privilèges indus dont bénéficient d’autres catégories de revenus. Nous passerons progressivement à la généralisation de la sécurité sociale à la Fonction publique et à toutes les autres catégories d’emploi qui ne sont encore pas affiliés.
Pour soutenir la croissance, il faut une fiscalité plus favorable à la consommation et à l’investissement. Je demanderai au Premier Ministre d’intégrer ces perspectives.
Désormais, toutes les marges budgétaires disponibles seront consacrées à encourager les créateurs d’emplois et d’activités, à renforcer la solidarité nationale et à soutenir les couches sociales les plus fragiles.
Guinéens et Guinéennes,
Je m’engage à mettre en œuvre ces différentes réformes, sans délai, dans les directions suivantes :
L’agriculture et la sécurité alimentaire: Un programme rizier sera mis en place dans le pays afin d’atteindre une autosuffisance dans la production locale du riz. Il sera appuyé par une action d’investissements dans toutes les localités aptes à la riziculture avec bien entendue l’assistance et l’expertise de nos partenaires au développement. La Guinée dispose de tous les atouts naturels pour ne pas continuer à rester dépendante de l’importation de riz. En concertation avec les organisations internationales, le gouvernement conduira les travaux nécessaires à l’élaboration d’une loi d’orientation sur l’agriculture. Dans le même esprit, une stratégie de recherche des investissements agricoles et aides sera poursuivie en vue d’une grande équité dans leur répartition. Le gouvernement poursuivra avec détermination la politique d’installation et d’appui aux jeunes agriculteurs.
L’énergie, l’eau et les télécommunications: Le déficit énergétique, celui de l’eau et des télécommunications sont les conséquences de deux faits conjugués : la mauvaise gestion des ressources humaines, techniques et financières et l’absence d’un cadre réglementaire approprié. J’engagerai un programme de privatisation des trois entreprises qui gèrent ce secteur à compter du mois de mai 2009, les Ministres en charge de ces secteurs prendront toutes les dispositions afin que les dossiers soient présentés à temps pour un appel d’offre internationaL.
Les Mines: La Guinée est un pays qui possède les plus grands atouts miniers lorsqu’on compare son potentiel minier à sa population actuelle. Cependant des conventions particulières ont été signées pour l’exploitation de ces mines contre l’intérêt du peuple de Guinée. La quasi-totalité des sociétés minières se sont servies de ces conventions pour abuser des ressources de notre pays avec, bien sûr la complicité de certains membres du gouvernement et cadres du Ministère des Mines et de la Géologie. Cette situation a conduit à la captivité de nos mines et à la sclérose des revenus importants attendus de ce secteur. Aujourd’hui ces conséquences se chiffrent en centaines de millions de dollars de manque à gagner pour le Trésor public guinéen ; c’est pourquoi, je m’engage à procéder à la révision du Code Minier et des Conventions Minières en vigueur. Cette action sera précédée d’un Audit technique, financier et fiscal des Sociétés Minières sur les cinq dernières années et ceci par l’entremise de Cabinets de réputation internationale. De même, la gestion des infrastructures minières fera l’objet d’un bilan détaillé par le Ministère des Mines afin que l’on apprécie objectivement la capacité financière de ces immobilisations et partant, que l’on mette en place un organisme qui en assurera la gestion efficace en partenariat avec des actionnaires et investisseurs étrangers.
L’éducation: Les Guinéens doivent à présent bénéficier d’une couverture sanitaires adéquate et de soins de santé de plus en plus performants. La nécessité de la vulgarisation des soins de santé auprès de toutes les couches sociales reste une priorité du gouvernement. Ce défi m’oblige à prendre en compte tous les aspects du problème qui se rattache aussi bien aux infrastructures et équipements hospitaliers qu’à la formation des médecins. Je m’engage à mettre fin aux pratiques médicales illicites qui coûtent la vie à plusieurs Guinéens par an.
Les infrastructures routières: Un nouveau programme d’investissements routier va être élaboré par le Ministre des Travaux publics avec comme toile de fond le tracé d’une autoroute transnationale à péage et le bitumage des voies d’accès aux principales Préfectures de la Guinée avant la fin 2010. L’entretien routier sera décentralisé au niveau de chaque Préfecture pour faciliter la réalisation des voies secondaires et rapprocher la gestion financière à son objet. Toutefois, la responsabilité des entrepreneurs, et des Bureaux de Contrôle sera désormais engagée pour les dix (10) années qui suivent la réalisation.
L’emploi: La priorité est de créer beaucoup d’emplois en Guinée. C’est la raison d’être de toute l’action gouvernementale. C’est à la fois une exigence immédiate et une œuvre de longue haleine. Tout salarié ayant travaillé 30 ans devrait pouvoir cesser son activité dans des conditions satisfaisantes. Très vite, l’Etat ouvrira une négociation avec les organisations syndicales et patronales pour élargir les possibilités existantes afin de donner des meilleures garanties de retraites et faciliter l’accès des jeunes aux emplois publics et privés. L’emploi doit surtout bénéficier aux jeunes. Quel avenir se donne une société lorsque ses enfants ne peuvent s’insérer dans la vie professionnelle après leur scolarité !
Je m’engage à lancer un programme dénommé emploi de « 10.000 jeunes » qui va répondre à cette priorité absolue. Le Premier Ministre, en liaison avec les autres Ministères concernés et les Sociétés publiques, parapubliques et privées, sous l’impulsion et avec l’aide de l’Etat, seront mobilisés pour que les engagements pris soient tenus. Il faut, dans le même temps, entamer une amélioration significative du niveau des salaires en privilégiant les employés de plus de (20) ans de service qui sont proches de la retraite.
Relations internationales: Au-delà de notre espace national, changer notre avenir, c’est aussi prendre part à l’avenir du monde. Il nous faut partout agir en faveur des droits de l’homme et de la démocratie. La Guinée se doit d’être la voix de ceux qui en sont privés. Rappelons avec force la valeur universelle des droits fondamentaux de la personne humaine. Le gouvernement procédera à un réexamen attentif de tous les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme en vue d’y adhérer. Je voudrais ici rendre hommage à tous ceux qui, militaires, diplomates, médecins ou simples volontaires de l’action humanitaire, contribuent – comme encore tout récemment au moment de la grève générale des syndicats – à la protection des nos populations et à la sauvegarde des droits de la personne. C’est par notre engagement dans le respect de la personne que nous forcerons l’admiration et la collaboration des grandes puissances de ce monde.
La coopération pour le développement: Notre coopération doit désormais avoir pour vocation le développement et la croissance économique éclairée, elle s’appuiera aussi pour ce faire sur les organismes internationaux et régionaux, notamment le FMI et la Banque Mondiale, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CEDEAO, l’UMEOA et les pays ACP. Mais la Guinée engagera l’indispensable réforme de son dispositif de coopération que cette nouvelle ambition appelle.
Défenses et sécurité: La sécurité, la production de notre communauté et de nos intérêts nationaux constituent l’ambition première de notre défense. Notre Armée est un pilier essentiel de l’édifice républicain dans l’exercice de cette mission, mais aussi en raison des nombreuses actions d’intérêt général qui lui sont confiées. Je vais engager un processus de professionnalisation de l’Armée guinéenne ainsi que l’obligation du service militaire pour les étudiants en fin de cycle.
Guinéens et Guinéennes,
En m’adressant à vous, je mesure le poids de ma responsabilité personnelle et de celle de mon gouvernement. Cette responsabilité, je l’accepte, je la revendique même, car elle est au cœur de la relation démocratique et citoyenne que j’ai voulu nouer avec les Guinéens. Mais je tiens à en préciser les termes.
J’entends dire ici ou là que, selon une expression connue, « nous n’avons pas le droit à l’erreur ». Telle n’est pas ma conception, ni mon langage. Nous serons confrontés à des problèmes et à des situations très difficiles, dont l’appréciation et la résolution comporteront des risques et des incertitudes. Ce que les Guinéens attendent de nous, ce n’est pas le discours artificiel et lénifiant de la certitude : c’est la conscience de nos engagements, c’est la fidélité à nos objectifs, c’est l’authenticité de notre parole, c’est l’explication sans faux-fuyants de nos actes.
Nous sommes un peuple adulte, mûri par les épreuves, désireux d’entendre, de comprendre le langage de la vérité. Je serai toujours prêt au dialogue, toujours attentif aux critiques d’où qu’elles viennent, pourvu qu’elles soient inspirées par l’intérêt national. Je négocierai sans doute mais je ne me laisserai pas dévier de mon but.
Guinéens et Guinéennes,
Telle est notre vision du devenir de la nation guinéenne. La tâche n’est pas facile, mais elle n’est non plus impossible, car je suis convaincu qu’avec votre soutien et votre engagement nous pouvons réussir ce programme du CNDD dans l’intérêt supérieur de notre pays.
Je vous remercie.
Vive le CNDD
Vive la République
Un résumé sur la CEDEAO pour mieux apprécier sa décision de suspension de la Guinée
Le 16/01/2009
Les soutiens du Président sénégalais et du Guide de la Révolution libyenne n’ont pas suffi. La Guinée est suspendue des instances décisionnelles de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Pour comprendre cette décision, nous nous proposons de faire un survol historique de l’organisation sous-régionale ouest-africaine afin de mieux cerner ses principes fondateurs, d’évoquer l’avènement de la problématique de la paix et de la sécurité au coeur des préoccupations de la Communauté avant d’aborder la portée de cette décision de suspension de la Guinée et l’analyse critique qu’on peut en faire.
I. Bref exposé sur la CEDEAO et ses principes fondateurs
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest est une organisation internationale sous-régionale regroupant quinze Etats de l’Afrique occidentale (après le retrait de la République islamique de Mauritanie en 2000). Elle a été fondée à l’initiative de feu le Général Eyadéma GNASSINGBE qui lança une consultation au niveau des Chefs d’Etats de la Sous-région, en 1972, en vue de la constitution d’un ensemble économique subrégional pour faire face aux défis du développement économique que les Etats, pris individuellement, sont incapables de relever. Ces consultations ont abouti à la signature du Traité constitutif de la CEDEAO en 1975 à Lagos.
Comme l’indique sa dénomination, la CEDEAO est, et reste une organisation à caractère essentiellement économique, même si elle s’est dotée, ces dernières années, d’institutions supranationales (un Parlement et une Cour de Justice) qui lui octroient une dimension politique indéniable. Ses principaux objectifs, tels que définis par son Traité constitutif, lui-même révisé en 1993, sont la création d’un espace économique dont la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux est assurée par la suppression progressive des restrictions quantitatives à l’entrée des marchandises en provenance des autres pays de la Communauté, la levée des droits de douane et des taxes d’effets équivalents et des barrières tarifaires et non tarifaires ainsi que la garantie de droit de résidence et d’établissement.
Mais plus de 15 ans après sa fondation, l’organisation restait au point mort. Cet état de fait était dû, notamment, aux sempiternelles querelles de leadership et de la différence d’orientation économique et politique sur fond de la Guerre froide et de la confrontation Est-Ouest. Les années 1990 allaient ajouter à cela l’apparition d’un nouveau phénomène que constituent les conflits armés internes (guerres civiles). D’où la prise en compte de cette nouvelle réalité par les Etats membres en vue de poursuivre et d’atteindre les objectifs initiaux de leur organisation.
II. La prise en compte de la problématique de la paix et la sécurité entant que facteur indissociable du développement économique et social
La véracité de la trilogie Paix-Sécurité-Développement n’est plus à démontrer. L’Afrique de l’Ouest en a fait l’amère expérience tout au long des années 1990 avec l’embrasement de la sous-région qui commença par le Liberia. Mais ce qui est particulièrement intéressant par rapport à la CEDEAO entant qu’organisation régionale, c’est qu’au moment où éclatait la guerre du Liberia, en décembre 1989, l’organisation n’était dotée d’aucun dispositif juridique lui permettant de faire face à une telle situation. Car les accords qui existaient à cette époque là, se limitaient à un Traité de non-agression signé en 1978 à Freetown et un Accord d’Assistance mutuelle en matière de Défense, mis en place en 1981 dont la disposition charnière a la même formulation que l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), c'est-à-dire que toute attaque extérieure à l’encontre d’un Etat membre de la Communauté est considérée comme une attaque à l’encontre de la Communauté tout entière. Mais cet accord ne prévoyait rien quant aux conflits d’ordre interne. Il a donc fallu un aménagement spécial, un accord ad hoc, pour constituer la force d’interposition de la CEDEAO, connue sous le nom de l’ECOMOG (Ecowas Cesse-fire Monitoring Group- Groupe d’observation de cessez-le-feu de la CEDEAO), signé en 1990 à Banjul.
C’est le constat de ce vide juridique, exacerbé par l’embrasement de la Sierra Leone en 1991, qui a déterminé les dirigeants de la CEDEAO à procéder à une révision substantielle de son Traité constitutif, en 1993, afin de renforcer non seulement la capacité institutionnelle de l’organisation pour l’avancement de l’intégration économique pour faire face à la nouvelle donne héritée de la chute du Mur de Berlin, dominée par la mondialisation de l’économie et de la globalisation financière qui marginalisent les économies faibles, mais aussi de la doter d’arsenaux juridiques, avec un processus décisionnel assoupli, pour répondre aux défis conflictuels de la sous-région
Sur le plan de la paix et de la sécurité sous-régionales, les principales innovations apportées par la révision de 1993 se trouvent dans l’art 58, qui engage les Etats membres à coopérer avec la Communauté pour l’établissement et le renforcement des mécanismes appropriés en vue de la prévention à temps, la gestion efficace et la résolution durable des conflits inter et intra étatiques. Pour traduire cette disposition cardinale en un engagement résolu, les décideurs ont élaboré un protocole, faisant partie intégrante du Traité, et dénommé «Protocole sur le Mécanisme de Prévention, de Gestion, de Règlement des Conflits, du Maintien de la Paix et de la Sécurité», adopté le 10 décembre 1999 à Lomé (que nous désignerons par le terme Mécanisme).
Ce Mécanisme met en place des procédures institutionnalisées de règlement des différends, allant de la création d’un système d’alerte précoce, à l’envoie des personnalités de la sous-région pour conduire des missions de diplomatie préventive, (telle que celle conduite en février 2007, par le Général Babangida et le Président de la Commission de la CEDEAO, le Dr. Mohamed Ibn CHAMBAS), jusqu’au déploiement des Forces alliées de la Communauté (FAC), qui remplacent l’ECOMOG. Mais malgré le volontarisme à toute épreuve de ses rédacteurs, le Mécanisme ne résout pas toutes les questions liées à la paix et à la sécurité sous-régionale, en ce sens qu’il passe sous silence les causes conflictuelles endogènes découlant de la violation massive et répétée des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de la mal gouvernance, de la conquête et la conservation du pouvoir par la force etc.
C’est pourquoi, deux ans après son adoption, le Mécanisme a été complété par un protocole additionnel, désigné sous le nom de «Protocole sur la Démocratie et Bonne Gouvernance, additionnel au Protocole sur le Mécanisme de Prévention, de Gestion, de Règlement des Conflits, de Maintien de la Paix et de la Sécurité», adopté le 21 décembre 2001 à Dakar.
Les principales innovations de ce Protocole additionnel consistent en la définition et la cristallisation d’un certain nombre de principes généraux de droit et de liberté assortis de sanctions. Parmi ces principes, reconnus comme «des principes de convergence constitutionnelle», on peut citer : La séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, l’interdiction d’accéder ou de conserver le pouvoir par d’autres moyens que des élections libres, honnêtes et transparentes, l’affirmation de la laïcité de l’Etat, la garantie et la protection des droits fondamentaux contenus dans la Charte africaine des Droits de l’homme et des Peuples et les instruments internationaux relatifs aux droits de la personne humaine, la liberté de créer des partis politiques et le libre exercice des activités politiques… Ces principes sont définis comme étant des «principes constitutionnels communs à tous les Etats de la CEDEAO». Dès lors, la violation continue d’un seul d’entre eux peut exposer son auteur à des sanctions. D’où la suspension de la Guinée des instances décisionnelles de l’organisation, pour Coup d’Etat, le 10 janvier 2009. Tout comme il été le cas en 2005 au Togo, suite à la mort soudaine du Général Gnassingbé. La troisième et dernière partie va s’atteler à analyser la potée et la justesse de cette décision de suspension de la Guinée avant de terminer par identifier les faiblesses actuelles de notre organisation.
III. Portée et analyse critique de la décision de suspension de la Guinée des instances décisionnelles de la CEDEAO
Emboîtant le pas à l’Union africaine, la CEDEAO suspend la Guinée de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement et du Conseil des Ministres, les deux organes principaux de l’organisation. Cette décision de la CEDEAO n’a pas surpris ceux qui connaissent les relations entre l’organisation continentale et les organisations sous-régionales africaines. Car il existe une exigence de conformité ou de non contradiction des actes des organisations sous-régionales par rapport à ceux de l’organisation panafricaine.
Quant à la portée de cette suspension, on dira qu’elle aura pour conséquence, de marginaliser la Guinée, de la priver des ressources indispensables pour entamer les réformes nécessaires à l’amélioration des conditions de vie des populations, et surtout, d’empêcher le nouveau pouvoir d’organiser les élections promises à temps, faute de moyens propres de l’Etat. Ce qui peut conduire à la radicalisation de la junte et à l’exacerbation des tensions économiques et sociales. Cette hypothèse est d’autant plus plausible que la Communauté internationale, du moins ceux qui se désignent d’en être les dignes représentants, s’arrange désormais systématiquement derrière les positions de l’Union africaine pour tout ce qui touche aux questions africaines, notamment en matière de résolution de conflit ou de la prise de sanctions.
On doit se demander à présent si la suspension de la Guinée est fondée en droit.
Pour répondre à cette question, il faut noter, dans un premier temps, que notre pays est signataire et a ratifié tous les traités et protocoles de la CEDEAO, dont le Mécanisme et son Protocole additionnel, qui interdit toute accession ou conservation du pouvoir par d’autres moyens que des élections libres et transparentes. Sur la base de ces principes, on pourrait répondre d’emblée que la prise du pouvoir par le CNDD est contraire aux engagements librement consentis par la Guinée. Et dès lors la suspension de notre pays serait conforme au droit communautaire ouest-africain.
Mais dans un deuxième temps, comme l’ont souligné beaucoup de compatriotes avant moi, en particulier le juriste Ibrahima Sory Makanéra et M. Sy Savané, en tenant compte de certaines circonstances exceptionnelles inhérentes à la situation guinéenne depuis l’expiration du mandat de l’Assemblée nationale, on est juridiquement fondé à donner une réponse contraire. Parce que, premièrement, les élections qui ont mis cette assemblée en place n’étaient ni libres, ni honnêtes, ni transparentes, comme l’exige le Protocole additionnel au Mécanisme. Il faut rappeler que ces élections ont été boycottées par les principaux partis d’opposition, à l’exception de l’UPR, «pour ne pas cautionner une mascarade électorale». Deuxièmement, l’article 1er, lettre C) du même Protocole stipule que «Tout changement anticonstitutionnel est interdit, de même que tout mode non démocratique d’accession ou de maintien au pouvoir». Or, si l’on soutien que la prise du pouvoir par le CNDD n’était pas conforme à ces exigences, la «prorogation» par l’Assemblée nationale de son propre mandat, lui permettant par ricochet de se maintenir au-delà du terme fixé par la loi, est un «mode non démocratique de se maintenir au pouvoir». A partir de là, la thèse du Président sénégalais, Me Wade, est bien soutenable, puisque dès la mort du Général Conté, le pouvoir exécutif n’avait plus d’héritier légal et légitime. La théorie d’effectivité défendue par M. Laafa SOW est, à cet égard, inopérante. Surtout que l’Assemblée nationale et son président d’alors ont activement participé à des manœuvres dilatoires visant à empêcher systématiquement la ténue des élections législatives. Et sur la base de ces faits, l’argument selon lequel les actes posés par l’Assemblée d’alors et le traitement qu’elle recevait à l’intérieur et à l’extérieur de la Guinée avait fini par cristalliser une opinio juris necessitatis, (l’élément essentiel de la coutume entant que source de droit, et qui consiste à se conformer à une pratique répétée en croyant que ce que l’on fait est une obligation juridique), est également insoutenable. Car tout le monde sait que le pouvoir de Conté était porté par les armes des soldats de l’armée. Et la résignation du peuple face à sa dictature ne signifiait absolument pas acceptation. Les évènement de janvier et février 2007 le prouvent suffisamment. Or l’opinio juris ne se crée pas par la violation des principes de droit, soutenue par la violence, elle s’établit, au contraire, par une pratique paisible de bonne foi.
Malgré toutes ces évidences en Guinée, si l’Union africaine et la CEDEAO se sont obstinées à sanctionner la Guinée (la suspension est belle et bien une sanction, contrairement à ce que l’on lit parfois : «la Guinée suspendue, mais pas sanctionnée»), il faut imputer cela aux faiblesses inhérentes aux organisations africaines qui méritent amplement leur dénomination de «syndicat des chefs d’Etat).
Tout d’abord, nos organisations ont été établies de façon tout à fait occulte et fonctionnent dans une quasi-clandestinité. Les organisations en Afrique sont le fruit de travail des politiques et des experts sans demander l’avis des peuples au nom desquels ils sont censé travailler. Nul, en dehors de quelques spécialistes, ne sait comment sont structurées et comment fonctionnent l’Union africaine et les organisations régionales africaines. Elles restent, jusqu’à maintenant des organisations totalement ésotériques. Or, des décisions aussi importantes que l’établissement des organes supranationaux tels qu’une Cour de Justice et un Parlement dont les actes ont valeur supérieure à ceux des organes nationaux des Etats, devraient faire l’objet d’un mandat clair des peuples concernés. A défaut, les peuples ont le droit légitime d’être suffisamment informés de la portée et du but recherché de chaque acte de nos organisations afin de leur conférer une certaine légitimité démocratique.
Ensuite, selon la théorie générale des organisations internationales, une organisation internationale se définit, entre autres, par l’existence de buts et d’organes propres, distincts de ceux des Etats qui la créent. Or en Afrique, les organisations internationales, tout comme les institutions étatiques internes, se créent et fonctionnent sur la base de la volonté des chefs d’Etats. Ceci se remarque surtout dans le processus de prise de décisions. A titre de comparaison, tandis que le Conseil européen (organe composé des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne) n’a de fonction officielle, que de dégager l’orientation générale de l’Union européenne, sur laquelle nos organisation viennent d’ailleurs de se calquer, la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine et de la CEDEAO constitue l’organe décideur suprême. Tout va des chefs d’Etat et tout revient à eux. Nos organisations n’ont aucune existence propre. Pour le cas de la CEDEAO, par exemple, le Mécanisme met en place une sorte de «mini Conseil de Sécurité» dénommé « Conseil de Médiation et de Sécurité» qui est l’organe suprême et composé de neuf Etats membres, sans droit de veto ni siège permanent, qui se réunit au niveau des chefs d’Etat, des Ministres des Affaires étrangères et des Ambassadeurs. Mais les décisions importantes, telle que la suspension d’un Etat membre, sont toujours prises par les chefs d’Etat. Or ceci tiennent tellement à leur pouvoir, parfois ni légal ni légitime, qu’ils n’acceptent aucune exception, même justifiée par des circonstances chaotiques internes (qu’ils sont d’ailleurs les artisans principaux), à la prise de pouvoir sans élections. C’est pourquoi les tripatouillages constitutionnels et autres fraudes massives sont tolérés, mais pas un coup d’Etat, même salutaire comme celui de la Guinée. C’est pour éviter, sans aucun doute, de créer un précédent. Car la situation reste globalement la même dans nos Etats dictatoriaux.
En conclusion, il faut souligner que la suspension de la Guinée était prévisible pour celui qui connaît l’Etat d’esprit de nos chefs d’Etat. Si la prise de pouvoir par les armes avec son cortège de morts sur fond de dictature, de mal gouvernance et de violations massives des droits et libertés fondamentaux sont parmi les maux qui gangrènent les sociétés africaines et qu’il faut absolument interdire, il faut noter que si les organisations africaines veulent se faire prendre au sérieux sur ce sujet, elles doivent accompagner cette interdiction par un corollaire conséquent, c’est-à-dire ne pas reconnaître les régimes issus de modifications aberrantes de la constitution pour assurer une présidence à vie ou des farces d’élections émaillées par la fraude, l’intimidation, les bourrages d’urnes etc. Elles doivent donc s’impliquer davantage pour prévenir et éliminer les causes internes de frustrations et de marginalisations de la majeure partie des populations. Cela doit nécessairement passer par une réforme responsable des nos organisations. Cette réforme doit commencer par la participation des peuples africains au fonctionnement des organisations qui décident en leur nom. Il faut, pour cela permettre aux peuples d’élire directement leurs représentants aux différents Parlements et élargir considérablement le rôle de ceux-ci pour en faire de véritables organes de codécision et de contrôle des organes exécutifs, (comme c’est le cas pour l’Union européenne depuis 1979). Pour illustrer le déficit démocratique de nos organisations, il faut noter que les Parlements de l’Union africaine et de la CEDEAO ne sont composés que des parlementaires nationaux et leurs importance se limitent, jusqu’à nos jours, à des prérogatives simplement consultatives. Leurs résolutions ne lient ni les Etats, ni les organes de leurs différentes organisations. Leur doter de véritables pouvoirs de codécision et de contrôle aura pour conséquence de soustraire nos organisations de l’emprise des chefs d’Etat pour en faire des véritables organisations indépendantes et légitimes, qui prennent leurs décisions sans trop d’interférences des palais africains. C’est à ce prix seulement que les coups d’Etat peuvent légalement et légitimement être boutés hors de notre continent.
Ibrahima SAKOH, juriste à Genève. ikalil2002@yahoo.fr
DECRET DE NOMINATION DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION
Le 15/01/2009
Enfin, le président du Conseil national pour la démocratie et le développement vient de franchir une étape importante de l'affirmation de son pouvoir. Le gouvernement du CNDD vient d'être rendu public par un decret publié ce mercredi 14 janvier. Selon nos sources, c'est la troisième équipe proposée par le premier ministre Kabiné Komara qui vient d'être admise, avec à la clé, certains hommes placés par le CNDD.
1- Ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Général de division Mamadouba Toto Camara, 1er vice- président du CNND
2- Ministre à la Présidence chargé de la Défense Nationale le Général Sekouba Konaté
3- Ministre d’Etat à la Présidence chargé de la Construction, de l’aménagement du territoire et du Patrimoine bâti public, Boubacar Barry, confirmé
4- Ministre Secrétaire général de la Présidence commandant Keletigui Faro, confirmé
5- Ministre du plan et de la Promotion du secteur privé, Monsieur Mamadouba Max Bangoura, précédemment secrétaire général du ministère de l’integration africaine
6- Ministre des Mines et de l’énergie, Monsieur Mahmoud Thiam, précédemment vice président de l’Union des banques suisses UBS à New York.
7- Ministre des Affaires Etrangères et des guinéens de l’étranger, Monsieur Alexandre Cécé Loua, précédemment Ambassadeur de la Guinée en Allemagne.
8- Ministre de l’Administration du territoire et des affaires politiques, Dr Frédéric Kolié, juriste en République Fédérale d’Allemagne
9- Ministre à la présidence chargé de l’économie et des finances, Capitaine Mamadou Sandé, économiste financier
10- Ministre de l’Enseignement pré-universitaire , technique, professionnel et de l’éducation civique, Madame Hadja Aicha Bah précédemment directrice à l’Unesco.
11- Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Dr Alpha Kabiné Camara, professeur d’université, précédemment médecin chef au CHU de Donka
12- Ministre de l’agriculture et de l’élevage, Monsieur Abdouramane Sanoh, directeur de société
13- Ministre de la justice Garde des Sceaux, colonel Siba Nolamou, Docteur en droit, précédemment directeur de l’école nationale de la gendarmerie de Sonfonia.
14- Ministre du commerce, de l’industrie et des PME , Intendant militaire Commandant Korka Diallo, précédemment directeur général de l’intendance militaire
15- Ministre de l’Environnement et du développement durable, Monsieur Papa Koly Kourouma, directeur de société
16- Ministre des télécommunications et des nouvelles technologies de l’information, colonel Mathurin Bangoura, précédemment en service au ministère de la Defense nationale
17- Ministre de la pêche et de l’aquaculture, Monsieur Raymond Ounouted précédemment en service en Total Guinée
18- Ministre de la coopération et de l’intégration africaine, Monsieur Abdoul Aziz Bah, précédemment chef de cabinet du ministère du plan et de la coopération
19- Ministre du travail, de la reforme administrative et de la fonction publique, Dr Alpha Diallo, conseiller en service à la BCRG
20- Ministre de la Santé et de l’hygiène publique, colonel Abdoulaye Cherif Diaby, précédemment médecin chef des forces armées guinéennes.
21- Ministre des Transports, Monsieur Mamadi Kaba, précédemment directeur général de l’agence de la navigation aérienne.
22- Ministre du Tourisme, de l’hôtellerie et de l’artisanat, Dr Leonie Koulibaly, précédemment directrice chargée du renforcement des capacités au ministère de la défense nationale.
23- Ministre des audits, de la transparence et de la bonne gouvernance, Monsieur Joseph Kandouno, précédemment Directeur national adjoint de la dette publique.
24- Ministre de la Promotion féminine et de l’enfance, Madame Hadja Makoura Sylla, précédemment chef de cabinet au ministère des affaires sociales.
25- Ministre de l’information et de la culture, Monsieur Justin Morel Junior, journaliste.
26- Ministre de la Jeunesse, des sports et de la promotion de l’emploi des jeunes, Colonel Fodeba Touré, précédemment commandant du Bataillon autonome de la sécurité présidentielle.
27- Ministre de la Décentralisation et du développement local, Monsieur Naby Diakité, précédemment Directeur de Projet.
28- Secrétaire d’Etat à la présidence de la République chargé des services spéciaux, de la lutte anti-drogue et du grand banditisme, Capitaine Moussa Diokoro Camara, précédemment en service à l’Etat major de l’armée.
29- Secrétaire d’Etat chargé des travaux publics près du Ministre d’Etat de la construction, de l’aménagement du territoire et du patrimoine bâti public, Monsieur Mamadi Kallo, précédemment du Projet pilote des 200 logements du ministère de l’urbanisme et de l’habitat
Message de nouvel an à la nation
Le 05/01/2009
Guinéennes, Guinéens
Mes chers compatriotes, Cette adresse à la Nation m'offre une nouvelle occasion pour présenter à sa famille et à toute la nation guinéenne mes condoléances émues. Après vingt-quatre ans à la tête de la Guinée, le Général Lansana Conté nous a légué un pays en paix dans une sous-région ouest africaine tourmentée.
Hôtes étrangers vivant parmi nous ;
L'année 2008 s'achève dans la douleur, mais sur une note d'espoir. Il y a quelques jours, le 22 décembre précisément, nous quittait le Général Lansana Conté, Président de la République et Chef suprême des armées.
Au lendemain de sa disparition, les forces armées guinéennes ont décidé de prendre le pouvoir pour éviter que notre pays ne bascule dans la guerre ethnique. Le chaos aurait en effet pu s'installer si le pouvoir tombait dans les mains d'un soi-disant dauphin constitutionnel, Président d'une Assemblée nationale qui ne représente qu'elle-même depuis l'expiration de son mandat il y a plusieurs mois.
Aucune œuvre humaine n'est parfaite. J'ai fait le choix de retenir de l'action de mon prédécesseur l'ouverture de notre pays à la démocratie et à l'économie de marché, la modernisation de nos infrastructures notamment routières, la sauvegarde de l'intégrité territoriale et de l'unité nationale.
La prise du pouvoir n'est toutefois pas et ne saurait être une fin en soi. Fidèles à notre obligation de protéger la nation, nous avons pris nos responsabilités pour redresser le pays et le mener à des élections transparentes, premier pas vers l'enracinement définitif de la démocratie.
La Guinée est bien mal en point. Certains disent que notre pays est un scandale géologique. Je dirais que c'est un scandale tout court.
C'est un scandale parce qu'un grand peuple comme le nôtre, qui a été à l'avant-garde du mouvement des indépendances, est aujourd'hui à la traîne dans le concert des nations.
C'est un scandale parce que nous importons chaque année pour une valeur de 300 millions de dollars le riz que nous consommons alors que notre pays, doté d'une pluviométrie abondante, regorge de grandes terres cultivables.
C'est un scandale car nous n'arrivons pas à assurer une desserte correcte de notre pays en eau courante et en électricité, alors que la Guinée, château d'eau de l'Afrique de l'Ouest, a un potentiel hydroélectrique qui peut satisfaire les besoins d'une bonne partie de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest.
C'est un scandale parce que, par incompétence ou par manque de patriotisme, les différents gouvernements qui se sont succédé au cours des dix dernières années ont été incapables de mener notre pays au point d'achèvement de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés, qui pourrait lui faire bénéficier d'un allègement de sa dette extérieure de plus de 2 milliards de dollars.
C'est un scandale car, depuis notre accession à l'indépendance, les Guinéens parlent mais ne font pas grand-chose, se servent de la Guinée au lieu de la servir, la pillent mais ne la construisent pas.
Le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD), mis en place dans la foulée de notre arrivée aux affaires, s'assigne pour mission de casser cette spirale du pire. Le Premier Ministre, Kabinet Komara, qui vient d'être nommé, ainsi que le gouvernement qu'il va former vont se mettre sans tarder à la tâche, au service de cet enjeu fondamental.
Pour redresser notre économie, un état des lieux est nécessaire: l'évaluation est une étape indispensable à toute action constructive. A l'instar du diagnostic d'un médecin, l'audit global de l'Etat que nous allons commanditer va quantifier l'ampleur des dégâts et identifier la nature des maux, pour nous permettre de leur appliquer une thérapie de choc.
Loin d'être une chasse aux sorcières, l'audit va, en toute objectivité, déceler les fautes de gestion qui ont mis notre pays à genou et en identifier les auteurs. En vertu de la pédagogie de l'exemple, ces derniers subiront toute la rigueur de la loi, en signe de notre détermination à lutter contre la corruption et la drogue. Ces fléaux, qui gangrènent notre pays, fragilisent notre présent et hypothèque l'avenir de nos enfants.
Nos ressources les plus stratégiques ont été bradées, moyennant des dessous de table versés sur des comptes off shore, ouverts aux noms de fonctionnaires véreux, dans des paradis fiscaux.
Nous voyons un des derniers exemples de cette logique de pillage à travers la concession du terminal à containers. En dépit de l'avis d'un cabinet international réputé, qui a conclu que le contrat de concession est manifestement léonin et absolument défavorable aux intérêts de la Guinée, le gouvernement sortant s'est entêté à le signer.
Notre pays est sans doute le seul au monde où des personnes appelées des cadres peuvent sacrifier de façon si grossière les intérêts stratégiques de leur nation. Toutes les conventions vont être renégociées, en vue d'optimiser les revenus de la Guinée.
Cette opération ne vise à brimer aucun investisseur. Nous nous attelons tout au contraire à faire de notre pays, au potentiel si important, une destination attractive pour les investissements directs étrangers. Mais nous ne saurions ne pas corriger les déséquilibres de certains contrats, qui lèsent les intérêts de la Guinée.
Toutes les administrations financières, vont être assainies, dotées de procédures de décaissement sans faille, entièrement informatisées et soumises à des contrôles fréquents.
Toutes les dépenses qui vont être effectuées le seront dans le respect du principe de l'équilibre budgétaire. La planche à billets, qui alimente l'inflation, n'est pas un instrument de gestion économique. Nous n'en userons pas.
Le Gouvernement doit s'atteler à atteindre le plus tôt possible le point d'achèvement de l'initiative PPTE, mais également se doter des ressources financières adéquates pour améliorer, dans les meilleurs délais, la desserte en énergie électrique et en eau courante.
Je mets un point d’honneur à faire cesser progressivement les délestages de courant qui plongent le pays dans le noir et les coupures d’eaux qui assoiffent les guinéens. C’est mes yeux une question de dignité nationale.
Le CNDD et moi-même veillerons de très près à la mise en œuvre d'un autre grand chantier: celui de la refondation de la démocratie, qui passe par la réforme de la justice, la libéralisation des ondes et l'organisation d'élections législatives et présidentielle libres et transparentes d'ici décembre 2010.
La corruption est en train de tuer la justice dans notre pays. On peut aujourd'hui tuer, violer, voler en toute impunité, pourvu qu'on rétribue un juge qui passe outre les lois pour transformer le vrai en faux et le faux en vrai. Nous allons revoir le statut du magistrat, renforcer les pouvoirs de contrôle du Conseil supérieur de la magistrature, veiller à l'application des lois et à l'exécution effective des peines.
Celui qui tue, viole ou vole sera châtié sévèrement conformément à la loi. C'est aussi cela respecter les droits de l'homme, car la victime est, autant que le criminel ou le délinquant, un être humain.
Pour renforcer la culture démocratique, la participation citoyenne et l'implication de l'opinion publique, le gouvernement et le CNDD vont étudier les voies et moyens pour parfaire le dispositif des subventions destinées aux organes qui y participent. De même, selon des critères qui vont être redéfinis, des licences de radios et de télévisions privées vont être accordées.
Les ondes doivent être totalement libérées, c'est une des conditions de la transparence et de la bonne gouvernance.
Sincère dans ma volonté de dialogue avec les partis politiques, la société civile, et les organisations internationales qui appuient le processus électoral, je leur laisse le soin de discuter et de me soumettre des propositions. La seule ligne directrice est la suivante : il nous faut des élections les plus transparentes possibles dans le délai le plus court possible. Ainsi, les élections ne pourraient plus être contestées dans ce pays.
Guinéennes, Guinéens,
Mes chers compatriotes,
Hôtes étrangers vivant parmi nous,
Permettez-moi d'assurer la communauté internationale de notre souci de progrès, de respect des droits de l'homme, et de renforcement de la bonne gouvernance. Jugez-nous à l'ouvrage : nous voulons redresser le pays, le doter d'institutions crédibles et lui donner des élus issus d'élections transparentes. Accompagnez-nous dans notre œuvre de reconstruction !
Votre soutien va servir une cause hautement géopolitique, car une Guinée forte, dont nous voulons poser les bases, va stabiliser l'Afrique de l'Ouest et renforcer la sécurité dans notre sous-région.
Je ne saurais terminer cette adresse à la nation sans faire un clin d'œil à la jeunesse de mon pays. Juste pour dire que j'ai compris le message : les centaines de milliers de jeunes qui, le long des artères de Conakry, ont acclamé mon cortège le 24 décembre, veulent se nourrir correctement, se soigner, faire du sport, apprendre et trouver du travail à l'issue de leurs études. Le CNDD et le gouvernement feront des questions de jeunesse une priorité absolue.
Nous n'allons peut-être pas avoir le temps de les mener à terme, mais nous allons ouvrir des chantiers de réforme dans les domaines prioritaires de l'éducation, de la santé, de l'emploi et de la lutte contre la pauvreté.
Guinéennes, Guinéens,
Mes chers compatriotes,
Hôtes étrangers vivant parmi nous,
Je nourris le rêve d'une Guinée prospère et forte, respectée en Afrique et dans le monde, démocratique et ouverte. Que Dieu, le maître des jours à venir, exauce ce vœu, et commence à en poser les prémices dès cette année 2009 qui s'annonce !
Je vous adresse à vous tous mes vœux les meilleurs. Que Dieu Tout Puissant, qui a encore une fois sauvé notre pays, continue de nous assister !
Vive la Guinée !
Vive la République !
Vive le CNDD !
Capitaine Moussa Dadis CAMARA
Chef de l’Etat, Président de la République
Président du CNDD
Source: le site officiel du gouvernement guinéen
Chronique] Bonne et heureuse armée
Le 29/12/2008
Souleymane Jules Diop Jeudi 25 « La liberté, c’est passer d’un état à l’autre,
c’est s’arracher à quelque chose.
C’est donc une rupture »
François MITTERRAND
Même avec la pire des soldatesques à la tête de leur pays, les Guinéens n’en voudront jamais à Dieu de les avoir débarrassés de Lansana Conté. Séckou Touré suscitait la crainte. Sa mort avait été saluée par une importante diaspora guinéenne comme un moment de « libération ». Dans sa furie paranoïaque, le « tyran » avait ethnicisé son pays, combattu son élite intellectuelle qu’il soupçonnait de connivence avec l’ennemi « impérialiste ». Nous n’allons pas non plus oublier les horreurs du camp Boiro, révélées par de nombreux témoignages encore vivaces. Sur une simple délation, vous pouviez entrer dans son bureau et ne plus jamais réapparaître que dans un cercueil plombé. C’était le sort réservé à de nombreux jeunes intellectuels qui commettaient l’imprudence de passer par Dakar ou Abidjan en rentrant à Conakry.
Mais Séckou inspirait, sinon du respect, du moins de la considération. Pour son non courageux à de Gaulle et son oui à la Guinée, pendant que la plupart des dirigeants africains se mettaient accroupis derrière la France. Il a refusé la liberté aux guinéens, mais paradoxalement, la plupart des opprimés de la terre ont trouvé chez lui une oreille attentive. Il a eu un hommage posthume appuyé de Miriam Makeba et Nelson Mandela. Moustapha Wade, le frère de l’actuel président de la République, y avait trouvé refuge quand Senghor ne voulait plus de lui. Autant il avait divisé les Guinéens, autant Seckou Touré avait allumé chez eux la flamme d’une identité nationale qui faisait leur fierté. Le Bembeya Jazz en était l’incarnation ultime. Derrière le grand tyran, il y avait aussi le petit homme du peuple qui conduisait sa propre voiture, qui savait se mettre du côté des opprimés. On l’accusait de sacrifier les albinos, mais il avait fait du chanteur malien Salif Keita son meilleur ami. Derrière le grand tyran, il y avait aussi le sentimental qui a versé des chaudes larmes quand il a écouté le premier refrain de « Manjou », chanté à sa gloire.
Conté n’était pas tout ça. C’était un vulgaire général qui s’est rappelé qu’il avait une arme de libération quand il s’est assuré que Séckou Touré était bien mort et enterré. C’était une copie caricaturale de son idole, qu’il n’a jamais cessé de singer, dans ses traits les plus caricaturaux. Mais ill avait les idées et les convictions en moins. Le général autoproclamé compensait cette mollesse intellectuelle avec un autoritarisme terrifiant. Il savait se rappeler du français qu’il avait appris au Prytanée militaire, mais c’était un grand bouffon. Il y a quelques mois, il s’est rendu en cortège dans une prison de Conakry pour faire libérer un ancien conducteur de Limousine qu’il avait transformé en milliardaire. Son pays était le premier exportateur de bauxite au monde, sans doute le premier exportateur clandestin de diamant, mais ses citoyens n’en voyaient pas l’éclat. Il faut dire que les Guinéens étaient déjà fatigués des frasques du septuagénaire. Il passait ses journées à regarder des films porno et n’en sortait qu’une fois sa bouche moussée de raisin fermenté. Quand ça lui prenait, il convoquait de jeunes nymphes parmi lesquelles miss Guinée, de 40 ans sa cadette qui deviendra son épouse préférée. Qu’il aille au diable. Il avait transformé la Guinée en un camp Boiro géant et tenu ses citoyens dignes d’une main de fer. Il rappelait il y a quelques jours encore, sans doute avec sa bouche puante de Camelia, que ses compatriotes feraient mieux de se méfier de lui, parce qu’il savait tuer. Si les Guinéens ne sont pas morts dans les camps, c’est qu’ils ont renoncé à leurs opinions ou renoncé à leur pays. Mais ils sont devenus plus pauvres qu’avant, pendant que leurs ressources naturelles sont pillées par une caste d’affairistes.
Les médias du monde entier ont fait peu cas de la mort du dictateur. Aucun chef d’état sérieux ne lui a rendu hommage. Peu de grandes personnalités se rendront à son enterrement. Mais n’oubliez pas que ses derniers caprices de chef d’Etat ont été payés par le contribuable sénégalais. Pendant que les Guinéens se plaignaient de leur condition misérable, Abdoulaye Wade finançait une fête pour leur président à hauteur de 500 millions de francs Cfa. C’était la condition pour en être « l’invité d’honneur ». Accompagnons son cercueil avec nos clameurs, pour que Dieu n’en ramène plus de ce genre.
Je comprends ceux qui, dans notre pays, célèbrent la mort de Lansana Conté. J’ai été très ferme avec un ami qui me disait hier que tout compte fait, un général pourrait être une bonne alternative pour le Sénégal. J’ai trouvé cette idée abominable. L’armée n’a jamais été qu’un ultime recours pour un pays. Mais je ne peux pas m’empêcher de souhaiter à tous les Guinéens qui fêtent Noël dans la joie, bonne et heureuse « armée ». Quand la France, berceau présumé des Droits de l’homme s’est trouvé dans l’impasse, elle a fait appel à un général. de Gaulle a démissionné quand la rue l’a désavoué. Un militarisme éclairé vaut mieux qu’une dictature aveuglée. Le Mali l’a expérimenté avec Amadou Toumani Touré, la Mauritanie avec Mohamed Ould Val. Jerry Rawligs, que rien ne préparait à la vie civile, a organisé des élections et accepté avec beaucoup de hauteur le verdict des urnes. Le Ghana vient de faire la preuve de la grande maturité de sa démocratie, en organisant des élections saluées par tout le monde.
Pendant qu’il appelait l’armée guinéenne au calme, ses propres soldats tiraient sur de jeunes enfants sans défense à Kédougou. N’importe quel chef d’Etat aurait écourté ses vacances et demandé la mise en place d’une commission d’enquête. Mais voilà tout le côté sombre d’Abdoulaye Wade. Il ne voulait pas marcher sur des cadavres pour aller au pouvoir, mais il en fait tous les jours depuis qu’il est pouvoir. C’est pourquoi il se fait l’avocat des dictateurs sanguinaires. Il cache Hussein Habré, un criminel qu’il ne veut pas livrer à la Justice internationale. Il était le grand défenseur d’Ahmed El Béchir. Il a trouvé maintenant un client en son « ami » Robert Mugabe. Sa défense est la même, « il y a des chefs d’Etat qui veulent quitter le pouvoir, mais ils ont peur d’être jugés ». La plupart du temps, il ne parle que des dictateurs criminels, puisque les anciens chefs d’Etat qui n’ont rien à se reprocher vaquent tranquillement à leurs occupations.
Je confesse donc ici-même, que je suis obligé de relativiser mon aversion pour la solution militaire. Je tempère le pessimisme radical de ceux qui voient en chaque soldat guinéen un nouveau Conté. De la même manière, je ne vois pas en chaque leader politique sénégalais un futur Abdoulaye Wade. Il a soufflé à l’oreille d’un de ses collaborateurs, après avoir fait sa sortie fantasque à sa résidence de Paris, « douma seen moroom ». Gouverner se résume pour lui à un exercice de manipulation. Ceux qui étaient là avec lui, j’en suis convaincu, y ont été par égard pour le vieillard, mais ils n’éprouvent aucun respect pour le président. Ce que j’ai retenu pour ma part, c’est que tous les intervenants qui avaient l’habitude de l’interpeller directement ne parlent de lui qu’à la troisième personne. Comme s’il n’était plus là. C’est le père Noël en lui qui est mort. Moi aussi je croyais en lui, mais j’ai perdu la foi. Je l’ai attendu comme vous, tous les ans, sous la cheminée. Je l’ai vu à la télévision comme vous. J’ai entendu comme vous toutes ses promesses : il a promis des tramways, des centrales nucléaires, des bateaux-taxis. C’était une publicité mensongère. Une année passe avec son lot de malheurs. Mais si vous avez détesté le père Noël, méfiez-vous du fils. Il est sa réplique parfaite.
Le 28/12/2008
Le président Conté a tiré sa révérence, en cette période d’incertitude et de questionnement pour la population, du fait de la pollution de l’environnement politique et la brèche béante laissée par les circonstances de son décès, qui a, jusqu’à l’ultime moment, voulu être entouré de mystère, comme pour faire un dernier pied de nez à la nation guinéenne, après toutes ces années de sacrifices et de privations.
Attitude exaspérante, qui a cependant, le don de créer, en bon nombre de citoyens, un sentiment confus, fait d’un mélange de tristesse et de soulagement.
Soit dit en passant, il n’y a pas d’homme éternel, la vie de la nation quant à elle, suivra inéluctablement son cours et nos destins individuels sont scellés, au-delà de nos croyances et de nos convictions, raison pour laquelle nous sommes condamnés à vivre ensemble, de préférence en harmonie.
Les morts étaient comme nous et nous seront un jour, comme eux. Le jugement humain est d’essence relatif ; n’empêche, l’existence de l’homme, n’a de sens que par rapport à la société qui l’a engendrée et dans laquelle il évolue, d’où sa soumission à des contraintes d’ordre éthique et morale. On est donc, tous comptables de nos actes, bons ou mauvais et dans l’imaginaire collectif, nos noms seront pour la postérité, gravés de façon indélébile, sur les tablettes de notre histoire commune.
Contrairement à Sékou Touré, dont la disparition fut une surprise au point de désorienter la classe politique d’alors, la disparition du général était dans tous les esprits, en raison de la dégradation progressive, de son état de santé ces derniers temps.
L’on avait imaginé et espéré une succession démocratique à son régime, mais malheureusement, ni les dispositions constitutionnelles, ni les conditions matérielles, ne se prêtent à une telle approche.
La question qui nous taraude en ce moment, est de savoir si le vieux général, sentant sa fin proche, s’était volontairement abstenu, à régler les détails de son après, car convaincu qu’il a été finalement, que dans son entourage, personne n’était digne de confiance, pour présider aux destinées de la guinée, dans le prolongement de sa vision et entendement patriotiques, de la gestion étatique.
A ce propos, nul besoin de polémiquer. Conté a fait, ce qu’il a pu, en fonction de ses capacités intellectuelles et humaines. L’appréciation objective de son bilan ne prête pas à confusion, car la courbe évolutive des différents indicateurs économiques et sociaux, reste fondamentalement décadente.
Parlant de sa succession, il est fort probable que dans les arcanes du pouvoir, un scénario avait bel et bien était ficelé, à en croire les premières intentions affichées dés lors de l’annonce publique de son décès, avec l’apparition côte à côte de personnalités dites <<loyalistes>> ( Somparé, Souaré et Diarra). Mais, le manque de légitimité et de légalité du dauphin constitutionnel, servit de socle à la prise de pouvoir par les <<putschistes>> dirigés par le nouvel homme fort du pays, M.CAMARA Moussa Dadis.
Il faut reconnaître qu’un tel cas de figure, n’était pas perçu comme l’idéale de solution. Qu’à cela ne tienne, nous voilà devant le fait accompli. Un jeune soldat, méconnu du grand public est désormais, notre président autoproclamé. Il promet d’organiser des élections générales en fin 2010 et la parole d’honneur du soldat qu’il est, semble l’habiter, mais il lui faut une vigilance de tous les instants, pour ne pas se laisser déborder, à cause de son manque d’expérience, car les sollicitations sont nombreuses et elles ne sont pas toujours bienveillantes.
Notre analyse aujourd’hui, est que la Guinée est un grand malade qui mérite assistance et faute de médecins compétents pour diagnostiquer et trouver des remèdes efficaces, l’on a inévitablement et nécessairement besoin, d’une prise en charge urgente.
C’est pas que la Guinée n’a pas de valeureux et dignes fils, qui ne demandent qu’à être associés à la gestion des affaires, mais nos décideurs doivent avoir le courage de se départir de cette fausse idée de souveraineté nationale, car c’est à cause de ce concept bidon, que nos deux régimes politiques, ont pu exercer le pouvoir, dans les conditions exécrables de calamité humaine et en toute impunité, en faisant valoir le droit de non ingérence dans les affaires internes d’un pays souverain, avec l’indifférence et parfois la complaisance de la communauté internationale.
Dorénavant, ce que nos dirigeants doivent comprendre, c’est que les temps ont changé.
L’émancipation du peuple de guinée est une réalité, son épanouissement n’est qu’une question de volonté politique, par la valorisation des ressources humaines, condition indispensable, au développement d’un pays. La guinée se doit, en cette période de globalisation, de s’ouvrir au monde, pour bénéficier des expériences positives d’ailleurs et plus que jamais, nous avons besoin de la communauté internationale, qui ne nous apportera cependant, que ce que nous voulons que soit apporté à la Guinée, dans la détermination de nos priorités et de nos objectifs.
C’est pourquoi, l’on devrait, sérieusement songé, à organiser des assises nationales, à défaut de conférence nationale de réconciliation, à l’occasion desquelles, les vérités seront dites et toutes les vérités, avec la garantie de la non poursuite des acteurs de forfaitures, pour que tout simplement, les erreurs soient connues et reconnues, pour qu’elles ne soient plus jamais commises à l’avenir.
On est tous unanimes, que la responsabilité des maux de notre pays, incombe à tout ce qui ont eu, à un moment ou à un autre, la charge d’exercer une parcelle d’autorité, même si c’est à des degrés divers, d’où l’impossibilité de mettre à l’écart toute cette panoplie de dirigeants, car ce serait vider la Guinée de ce qui constitue le substrat de sa classe politique. Les nouvelles autorités, doivent se montrer intransigeant et servir comme promis, d’arbitre impartial, pour mener à bien la transition nécessaire, à l’organisation d’élections législatives et présidentielles crédibles.
Le plus important aujourd’hui, c’est de restaurer l’autorité de l’Etat et combattre vigoureusement l’impunité et le clientélisme, en créant les conditions d’une séparation future, nette et précise des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, car c’est de la concentration de ces trois pouvoirs aux mains de l’exécutif, que découle l’arbitraire.
La Guinée a, l’occasion ou jamais, de jeter enfin les bases de son décollage économique, c’est pourquoi, il est de notre responsabilité collective, de contribuer à la construction des fondements essentiels d’une démocratie véritable, garantissant les droits et devoirs pour tous.
BAYO Abidine
abidinebayo@hotmail.com
Le 04/12/2008
L’année 2009 se profile à l’horizon dans ce climat délétère, caractéristique de l’immobilisme des acteurs politiques et de l’attentisme de l’administration, quant à la poursuite du processus de changement et d’amélioration de la gestion publique des affaires, dans notre pays.
A l’analyse logique de cette situation de blocus, il faut voir, une expression volontariste et manifeste du maintien du statut quo, par les tenants et aboutissants de ce marasme, car leurs destins politiques sont aujourd’hui en suspens et se trouvent plus que jamais liés, à l’évolution de cette situation de crise, qu’ils entretiennent contre la volonté populaire, pour s’accrocher becs et ongles, dans les arcanes d’un pouvoir aussi moribond que rétrograde.
En effet, le risque pour eux, est de voir une amélioration positive de la situation , synonyme d’un revirement de tendance qui leur soit défavorable, parce que traduisant tout simplement, le vœu pieux d’assainissement de la sphère publique, prenant en compte les aspirations du peuple, à savoir une bonne gouvernance au service exclusif des populations, préoccupation qui n’est à ce jour, pas perçue, comme une priorité à leurs yeux hagards, rivés vers un futur, qu’ils pensent pouvoir définir à leur bon gré, en s’estimant détenteurs du monopole des décisions, par la combinaison de facteurs endogènes, liés aux défaillances d’un environnement structurel et institutionnel, qui favorise l’usage malsain de techniques et tactiques divisionnistes, des les tractations actuelles de conquête du pouvoir.
En l’absence de contraintes normative et qualitative, l’exercice du pouvoir se trouve régi par des mécanismes obsolètes, dont les incohérences et les dysharmonies, contribuent à la manifestation de déséquilibres, qui mettent en mal la confiance nécessaire à la mise en place et l’adoption de mesures fiables, dans l’initiation des politiques publiques de développement économique et social.
Le misérabilisme dont on fait étalage sur la place publique, est consécutif à l’exaspération des frustrations, qui se nourrissent de l’accumulation successive de bévues et turpitudes, tendant à nous égarer davantage dans les sinuosités de notre infernale et misérable descente en enfer.
Le sentiment de révolte, part du principe selon lequel, la Guinée peut s’en sortir, avec bien évidemment une volonté cheville au corps, de ceux qui ont à charge de déterminer le cours de notre destin commun, par leurs prises de décisions, en tant que dirigeants, car comme le dit l’adage, à cœur vaillant, rien d’impossible, à supposer surtout que le fatalisme, est une conception spirituelle, que ne soutiennent que ceux qui optent pour le renoncement à l’action salvatrice.
La conjoncture économique mondiale, naît de la crise alimentaire et financière, sert désormais de prétexte fallacieux à de véreux dirigeants politiques, pour se dédouaner de la tâche qui leurs incombe. Certes, les effets pervers de cette crise se ressentent dans les pays en voie de développement mieux qu’ailleurs, car la maîtrise des mécanismes de fonctionnement de l’économie mondiale, échappe non seulement à nos décideurs, mais aussi le fait que nous subissons de plein fouet, les conséquences de notre dépendance technologique, du manque de capitaux pour les investissements et de l’exploitation financière qui en découle, quand il s’agit d’emprunts de fonds, dont le lourd poids continuera à peser sur les générations futures, constitue une circonstance aggravante, de la dépréciation des termes de nos échanges bi- et multilatéraux, d’où la nécessité d’une reconfiguration politique dans nos Etats, allant dans le sens de l’harmonisation des efforts de redressement économique et social et à ce propos, il serait judicieux de mettre à profit, la tendance actuelle du principe d’ouverture, par l’association de compétences diverses et variées, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays, en acceptant de façon responsable, d’en finir avec les querelles subalternes et les encloisonnements partisans, car la guinée a besoin de ses enfants et de tous ses enfants , sans exception aucune.
Aujourd’hui, la divergence des visions de près ou de loin de la situation guinéenne, ne doit pas créer d’antagonismes, car l’objectif commun, même si les critères d’appréciation des uns et des autres, dépendent intrinsèquement de notre perception et de notre conception individuelles, demeure le-même, en l’occurrence, la recherche de solutions, pour un meilleur devenir de la nation. Il est cependant à plaindre, ceux d’entre nous, qui se bardent de diplômes, pour se faire valoir dans cette lutte d’influence et enfin se retrouver comme des électrons libres, dans un champ magnétique, où la seule force d’attraction est l’appât du gain, alors que leur rôle et surtout l’importance de leur statut d’intellectuels, se devaient d’être leur capacité à transcender les clivages, par un investissement positif, à l’amélioration quantitative et qualitative des conditions de vie de la société.
Il s’agira pour nous, outre les préalables fondamentaux de bonne gouvernance, de moralisation de la vie publique et d’indépendance énergétique, de cibler des objectifs de croissance, par la détermination de pôles de compétition, tels les secteurs minier et agricole, qui constituent les principaux atouts de notre pays, pour espérer un effet d’entrainement sur les autres domaines, qui ne sont pas des moindres, car la faiblesse des moyens étatiques, nécessite des arbitrages budgétaires, qui tiennent en compte, les priorités d’investissements générateurs de croissance et à même de créer à court terme des richesses, allouables par la suite aux secteurs dits vitaux (santé et éducation avec un accent particulier sur l’enseignement professionnel). L'analyse est basique et il est évident que ces paramètres sont pris en compte dans l’élaboration des schémas directeurs de développement, élaborés par les gouvernements successifs, mais c’est la mise en pratique des recommandations qui fait le plus souvent défaut, par faute d’exigence d’une bonne gestion des ressources aussi humaines que matérielles.
C’est pourquoi, une remise en question du pouvoir discrétionnaire du président lui donnant l’habilitation de nommer aux postes de haute responsabilité s’impose, avec une attribution de cette prérogative, à la future assemblée nationale, pour une question de transparence et de neutralité, pour qu’à l’avenir, ne devienne haut responsable administratif, que des personnes reconnues, en fonction de leurs compétences et de leurs probités morale et intellectuelle et qui seront astreints à un devoir de résultats, avec un suivi permanent, pour l’évaluation et l’appréciation des objectifs assignés.
Quoi que l’on dise, il faudrait comprendre que pour que la Guinée soit remise sur de bons rails, l'on a inexorablement besoin, que s’opère une révolution des mentalités, que ne peut réussir qu’une personnalité digne de foi et suffisamment "open heart and mind ", pour qu’un jour que l’on espère et souhaite proche, l’on puisse chanter à l’unissons, sur les airs festifs " the change gonna come – Seal ".
BAYO Abidine
abidinebayo@hotmail
Un décor planté sur des ruines
Le 26/09/2008
a nation guinéenne s’apprête à organiser le cinquantenaire de son hypothétique indépendance politique, dont elle est si fière, en raison de la spécificité des circonstances de son acquisition, alors que la récurrence des problèmes économiques et sociaux endémiques, crée des tensions qui nous font marcher sur des braises incandescentes de la haine et de la division, à telle enseigne que ce honteux jubilé, que l’on voudrait festif, peut être qualifié de non-sens et d’aberration, qui peine à nous enchanter, du fait que l’urgence de la nécessité d’une consolidation, des bases de la réconciliation nationale, préalable fondamental d’un nouveau départ, semble ne pas être une priorité.
En effet, à ce jour, rien de significatif ou presque, n’est fait, pour colmater les brèches des déchirures et atténuer les aigreurs et les détresses engendrées, par la gestion calamiteuse de nos dirigeants, qui ont pour tord, le fait d’avoir pillé les maigres ressources financières de l’Etat et surtout, dans un élan de barbarie sous-tendu par une impunité totale, avoir causé d’innombrables pertes en vies humaines, des victimes innocentes, auxquelles on doit aujourd’hui justice, pour le salut et le repos de leurs âmes. Que le collectif contre l’impunité, qui avec courage et bravoure, tente de s’insurger contre cette machination, soit rassuré de notre indéfectible soutien.
Un demi-siècle de sacrifices, pour finalement, se retrouver comme à la case départ, parce que tout simplement, l’inconsistance et le manque de justesse des choix politiques, ont contribué à l’instauration d’un climat d’incompréhension et de défiance, défavorable à la mise en place de structures de développement viables, qui requièrent l’adhésion et la participation effective des populations au processus enclenché.
Eh oui, après vingt six années de dictature, suivies de ces derniers vingt quatre ans d’oligarchie, on ne pouvait s’attendre à meilleures conditions de vie dans notre pays, où le rôle de l’Etat a durant tout ce temps, été galvaudé par le zèle des dirigeants, qui profitant des privilèges et des largesses du pouvoir, se sont laissés gagner, par la gangrène de l’irresponsabilité et de la duplicité, faisant de façon insidieuse, admettre au peuple désabusé, la raison d’une calamité naturelle. On n’aura de cesse de la clamer, la misère guinéenne n’est pas une fatalité.
Toutes ces années de privation et de répression, ont fini par nous avoir à l’usure, altérant ainsi notre volonté de surpassement, pour la continuité de la lutte de revendication et de préservation de nos maigres acquis sociaux, dans l’optique de l’émancipation et de l’épanouissement du peuple dans son ensemble, ce qui était le but originel de notre accession à la souveraineté nationale.
L’ancien régime a connu des dérapages, dont les conséquences se font encore ressentir sur notre existence, contrairement à ce que veulent faire croire des nostalgiques des années de disette, dont ils n’ont pas vécu la dureté, dans leur chaire et dans leur esprit, parce que bénéficiaires alors, des faveurs du système. Et, de Sékou Touré, la jeune génération retient l’expression consacrée par Ibrahima Baba Kaké, à savoir le héros et le tyran. On se plait à dire qu’il a préservé les ressources naturelles du pays, parce qu’il n’a pas voulu les brader à vil prix aux nombreux prédateurs, qu’il qualifiait de néocolonialistes voulant continuer, à piller nos richesses. Ce qui paraît méritoire, mais il faut appréhender le fait de la non mise en valeur de ces ressources, comme un manque à gagner considérable, surtout que cette période était favorable aux échanges de bon procédés, dans le cadre des relations de coopération bilatérale, que nouait la Guinée avec les pays du bloc socialiste, plus particulièrement, l’ex-URSS, coopération basée sur un système de troc, dont on pouvait tirer aisément profit, sans besoin énorme d’apport de capitaux de notre part et avec une assistance technique adéquate, le président Sékou Touré, considéré à cette époque, comme ardent défenseur de la cause panafricaine, étant écouté et respecté par ses interlocuteurs. Des pays comme l’Egypte, n’ont-ils pas profité de cette opportunité, pour ce qui est de la construction du barrage hydroélectrique d’Assouan, par exemple.
Cependant, la fin de son règne a été marquée par un changement brusqué, une vertigineuse volte-face, partant d’un Etat dirigiste et autoritaire, avec ses avantages et ses inconvénients, à un Etat libertin, où le laisser-aller devint la règle de conduite générale, sans que le peuple ne soit psychologiquement préparé à cette nouvelle donne. Ce fait a eu pour conséquence, une certaine déperdition, dans notre vision des approches constructives d’une nation progressiste, par la perte de nos repères identitaires, parce qu’en tant que nécessiteux, privés trop longtemps de liberté et de droit de jouissance d’un bonheur, à la fois à porter de main, mais paradoxalement inaccessible, par manquement de devoir, de la part de nos dirigeants, on a fini par confondre vitesse et précipitation, à vouloir rattraper notre retard.
Dans cette débandade, malgré la libération des prisonniers politiques d’alors, l’instauration du libéralisme économique et une relative liberté de la presse, le sort macabre réservé aux dignitaires de l’ancien régime, au nom dit-on, de la justice populaire, a été en fait, une succession de règlements de compte personnels, couronnée, par le massacre en 1985, des compagnons d’infortune de l’armée, après un soi-disant coup d’Etat manqué. A partir de cet instant, les guinéens ont commencé à revivre les cauchemars des exactions, avec des méthodes d’intimidation et de répression dignes d’un temps, qu’on croyait révolu.
L’avènement du multipartisme a été un leurre, puisqu’elle a servi de prétexte aux prises de position partisanes, qui ont attisé les dissensions sociales. Dés lors, l’objectif des dirigeants, consistera en leur maintien au pouvoir, le général Conté trouvant dans cette délicate manoeuvre, mille et une astuces, pour déjouer les tentatives de déstabilisation de son régime, par la répression sanglante, qui s’est matérialisé au plus fort, par les tragiques évènements de 2007.
Les aspirations légitimes du peuple pour un changement radical, ont été anéanties par le limogeage de l’ex-P.M Lansana Kouyaté, en qui les espoirs les plus fous étaient placés, en raison des circonstances spécifiques, qui ont favorisé sa nomination et qui malheureusement, a fini par être taxé de déviance par rapport à la mission qui lui était confiée.
Néanmoins, l’arrivée de M.Souaré à ce poste stratégique, n’emballe pas grand monde, surtout avec le retour progressif programmé d’anciens caciques du système, situation qui le réconforte et lui donne des envies de survie politique, au-delà des élections législatives, élections sans cesse repoussées, parce que leurs issues, dans un cadre de transparence, craint d’être favorable, on l’espère et le souhaite de tout coeur, à un nivellement des valeurs au sein de la classe politique, dominée actuellement par la mouvance présidentielle et pourquoi pas, un renversement de tendance, en faveur de l’opposition.
L’impression aujourd’hui, est que la guinée est dirigée par un Etat vagabond, soutenu par un régime moribond et dans ce dramatique scénario , des irréductibles et inconditionnels du système, continuent à se confondre et complaindre avec leurs "salamalecs et albarkas", pour nous faire gober le bien fondé d’action nuisibles, face auxquelles, seule la résistance des patriotes demeure l’alternative qui vaille, pour sortir le pays de l’ornière, surtout que les alliances politico-stratégiques actuelles et leurs malsaines imbrications, pour une éventuelle succession au général Conté, laissent présager une logique de confrontation, qui risque de mettre en péril, le peu d’espoir entretenu jusqu’ici.
On a que cure des saltimbanques de la politique, dont les manœuvres nous exposent à des tensions, qui aboutissent à des situations de crise et de blocage. Alors de grâce, remettons nous sincèrement en cause et ayons la force et l’intelligence, de nous ouvrir nos cœur, nos esprits et nos bras, pour venir à bout, du mal-être qui nous ronge, depuis tant d’années, pace que tout simplement c’est A NOUS LA GUINEE.
Fraternellement
BAYO Abidine
Du manque d'autorité de l'Etat , à la crise de confiance
Le 16/09/2008
Ce faisant, dans le train de la discorde dans lequel il nous embarque, il y’a ceux qui gagnent dignement leur pain à la sueur de leur front, et ceux qui se nourrissent impétueusement des fruits immérités, qu’ils récoltent sur le dos du peuple.
Dès lors, l’on ne saurait être surpris, de constater à ce jour, l’intensification de la grogne sociale et le scepticisme ambiant dans les milieux intellectuels et politiques, quant à la réussite du processus de redressement économique et social, dont l’actuel P.M a charge de poursuivre.
Que d’énergies gaspillées, à toujours parler de notre cher Guinée, qu’en des termes peu flatteurs, les décisions de nos dirigeants politiques, par leur manque de cohérence et de pertinence, contribuant plus que jamais, à maintenir et même accentuer la misère des populations qui , dépitées par leurs luttes de survie quotidienne, s’en remettent à la volonté divine, pour conjurer le mauvais sort, comportement caractéristique d’un fatalisme chimérique.
Au regard des circonstances de la nomination de M.SOUARE et les conditions actuelles de l’exercice de ses responsabilités, on ne peut que se résoudre à considérer, qu’il n’est qu’un maillon de plus, de cette incommode chaîne de commandement, habituée à créer des situations de compromission, sources de haine et de malaise social.
Le manque de lisibilité de certaines actions, nous interpellent à plus d’un titre, par exemple, le limogeage de M.KANTE ex ministre des mines, qui était connu pour sa rigueur dans le travail.
En effet, dans le compte rendu du conseil des ministres du 21 août 2008, il était rapporté que le ministre a présenté un tableau comparatif des dispositions de la convention minière type et celles existantes auparavant, dans lequel ressortaient des disparités et des traitements différents entre les acteurs du secteur. Document qui aurait été adopté par le conseil, pour servir de référence au gouvernement dans les négociations et conclusions des futurs accords, le but étant de rétablir la justice et permettre à la Guinée d’accroître substantiellement ses revenus miniers. Une semaine plus tard, on apprend que M.KANTE a été relevé de ses fonctions et on ignore tout des motifs d’une telle décision. Ce qui est surprenant dans cette affaire, c’est que tout laissait à croire que ce monsieur faisait bien son boulot. N’a t-il pas été l’un des rares ministres de l’équipe Kouyaté à être reconduit à son poste, parce que justement son travail était jugé satisfaisant. Alors de deux choses l’une : soit il est incompétent, raison de son écartement, soit c’est un cadre valeureux et intègre, qui a eu le malheur de s’opposer aux intérêts égoïstes des mafiosos pillards de l’économie guinéenne. Dans ce dernier cas de figure, ce serait irresponsable de passer sous silence de tels agissements qui illustrent à merveille, les contradictions entre ceux que disent haut et fort, nos dirigeants avec leurs fallacieuses promesses et ce qu’ils érigent tout bas, comme pratiques courantes dans l’administration.Vouloir bien faire serait-il devenu un crime de lèse-majesté en Guinée ? C’est vraiment le monde à l’envers.
Par ailleurs, le coup d’éclat que le gouvernement a voulu faire avec la minable tentative de bonne figuration, à travers l’arrestation de pseudo-trafiquants de cocaïne, alors que les caïds de la cité sont connus de tous et ne sont jamais inquiétés, s’ils ne bénéficient impunément d’une certaine complicité, montre l’hypocrisie qui entoure la gestion des affaires dans notre pays et cette démission de l’Etat à assurer ses fonction régaliennes, explique la naissance entre autres, de mouvements populaires dit de lutte contre la criminalité. Un pays où les citoyens sont amenés à se faire justice, par manque d’autorité de l’Etat et de justice, pays qui se veut pourtant démocratique, c’est vraiment le comble de l’ironie.
Parlant des élections législatives en perspective, reportées une fois de plus, ramadan oblige prétexte-on, comme si le mois saint n’était pas celui de tous les sacrifices, y compris l’investissement physique et moral, pour le bonheur des hommes, la répartition de la manne financière décrétée à cet effet, entre les partis politiques, fait grincer les dents en raison des critères d’attribution, qui semblent tenir compte du nombre de circonscriptions électorales, sous la coupe des différentes formations politiques et de leur actuel représentativité, au sein d’une assemblée nationale en perte de légitimité et de crédibilité, parce qu’ issue de précédentes élections, jugées non transparentes.
Pour qu’advienne le changement, il faudrait un sursaut d’orgueil national, qui passerait nécessairement par une révolution spirituelle et mentale, se traduisant par des comportements audacieux et responsables des décideurs politiques, sous l’impulsion d’éléments moteurs catalyseurs, dont les ambitions pour le peuple, seront à la hauteur des enjeux économiques et sociaux du 21ène siècle et serviront d’exemples à suivre.
Par ailleurs, les médias considérés à juste titre comme étant le quatrième pouvoir, au regard de leur influence sur l’opinion publique et le rôle prépondérant qu’ils jouent dans la sphère politique, doivent constituer, le recours ultime des citoyens contre les abus du pouvoir, contrairement à ce qui passe sous nos cieux, où la main mise de l’Etat sur ce secteur stratégique, favorise l’arbitraire qui se manifeste par l’apologie d’un régime anti-démocratique, faite par des journalistes en quête de promotion ou parfois sous la contrainte et la pression morale, aliénant et abroutissant de plus en plus, des populations analphabètes qui croient naïvement à tout ce qu’ils entendent débiter, dans la lucarne joyeuse et dans les transistors.
Heureusement que le développement des nouvelles technologies de l’information, constitue dorénavant, un rempart sérieux contre ces manipulateurs, en donnant la possibilité et surtout la liberté d’expression à tous ceux qui s’insurgent contre l’injustice sous toutes ses formes.
Ces médias parallèles doivent constituer un vecteur de changement des mentalités, en maintenant constamment la pression sur les dirigeants politiques, par la dénonciation des dysfonctionnements de l’appareil étatique.
La nouvelle de la nomination de M. Mohamed Salif Keïta, brillant homme de culture, comme chargé de la promotion de la Guinée auprès des médias étrangers, est en soi une source de réjouissance pour tous, mais au regard de ce qui se passe dans notre pays, ce serait pour lui une tâche périlleuse, face à ce dilemme qu’est de vendre une image qui se veut bonne, alors que la réalité du terrain laisse à désirer et les investisseurs, les touristes et autres, que l’on cherche à berner, ne sont assez dupes, pour se faire vendre un lézard, en se laissant convaincre que c'est un petit caïman, par un baratin de " bana-bana à la waouh-waouh".
La Guinée ne sera aux yeux de l’opinion publique internationale, que ce que ses fils et filles voudront qu’elle devienne, à travers leur participation positive ou non, à l’édification de la nation, mission qui demeure une affaire de tous et de chacun.
BAYO Abidine
Guinée, manque d’eau et d’électricité : Où est Garafiri ?
Le 16/09/2008
Je m’en souviens encore. En 1995, quand j’ai été admis au concours d’entrée à l’Université, j’ai été orienté à la faculté de droit dont la première année était à Foulayah. Là-bas, j’ai constaté un engouement aussi extraordinaire que celui que j’ai laissé à Conakry autour du projet Garafiri. Sur les murs du stade Fodé Fissa de Kindia, il était partout gravé en gros caractère : «Garafiri, le défi du quinquennat» (ndrl du Général Lansana Conté, 1993-1998).
Je ne sais pas de qui provenait ce slogan, mais il faut reconnaître qu’à un moment donné, Garafiri est devenu une véritable obsession pour le régime Conté. Peut-être encore plus depuis que l’opposant Alpha Condé a vertement critiqué les méthodes du gouvernement concernant le projet, en déclarant en Soussou ce que l’on pourrait traduire : «ce n’est pas en cotisant des miettes que l’on pourrait construire un barrage» de la taille et de l’ambition de Garafiri. Avait-il raison ?
L’on se souvient qu’en plus des dettes contractées par l’Etat auprès de certains pays et institutions financières internationales ainsi que des dons non remboursables octroyés par des pays amis de la Guinée, le projet Garafiri a coûté directement et individuellement à la quasi-totalité des Guinéens (retenues sur les salaires des fonctionnaires, levées de fonds obligatoires pour les départements ministériels, les établissements publics et les entreprises privées, opérations spectaculaires de mendicité et de harcèlement dans les chancelleries occidentales et aux sièges des institutions internationales à Conakry etc.). Même les mendiants en ont fait les frais, car les caisses de contribution pour Garafiri, installées dans toutes les mosquées du pays, réduisaient drastiquement leur gain-pain ! Sans compter le déplacement des villages entiers et les dégâts écologiques et environnementaux irréversibles.
Initialement, on nous affirmait que Garafiri serait un barrage industriel. Qu’il était conçu pour amorcer l’industrialisation de la Guinée et qu’il serait capable d’alimenter la Basse-Guinée, la Moyenne-Guinée et une partie de la Haute-Guinée. Avec la promesse d’entamer, dans les années qui suivent, la construction d’un autre barrage dans la préfecture de Kérouané, qui alimenterait le reste de la Haute-Guinée et la Guinée forestière. Ainsi, d’un pays obscur, la Guinée deviendrait un pays exportateur de l’électricité vers des pays voisins !!!
Inauguré en grande pompe par l’ancien Président français, Jacques Chirac, et ans quinze après le lancement des travaux, la Guinée, avec elle sa capitale Conakry, se noie dans l’obscurité, boit de l’eau insalubre ! Les solutions d’urgences colmatées par Lansana Kouyaté se sont butées aux défaillances structurelles endémiques du secteur de l’eau et de l’électricité en Guinée. A.T. Souaré s’y casse actuellement le nez. Et le problème demeurera ainsi, aussi longtemps qu’on n’aura pas trouvé des solutions durables, en commençant par répondre aux questions fondamentales, au demeurant élémentaires, dont voici entre autres :
Qu’est-il advenu de Garafiri ?
Pourquoi un barrage conçu pour alimenter près des deux tiers de la Guinée n’arrive pas à satisfaire les besoins d’éclairage et de consommation ménagère de la seule commune du Kaloum ?
Quels sont celles et ceux qui ont eu la responsabilité de concevoir, de mettre en œuvre et de gérer cette infrastructure et comment se sont-ils acquittés de leur responsabilité ?
Y a-t-il eu faute ? Si oui, à quel stade et à qui est-elle imputable ? Car, à ma connaissance, ce ne sont pas des extraterrestres qui ont été responsables de Garafiri tout comme les innombrables projets de développement sabotés dans notre pays.
Il faut reconnaître qu’à l’instar de tous les pays sous-développés, notamment ceux d’Afrique noire en majorité, les dirigeants ne parlent du peuple que pendant les échéances électorales ou lorsqu’ils sont en face des épreuves dures qui menacent leur pouvoir. C’est pendant des moments délicats tels que les insurrections armées, les mouvements sociaux de grande ampleur qu’il balancent les vertus de la légalité constitutionnelle, du sens du civisme et de la patrie, du respect de la loi et de l’ordre républicain à la face du peuple pour le rallier à leur cause. Ils ne se sentent, par contre, et à aucun moment, liés au devoir de rendre compte. Et le peuple, malheureusement, ne fait rien pour les y contraindre.
Tout ce que le Guinéen moyen sait de Garafiri, c’est son échec patent et lamentable ! Pourtant, à défaut d’obtenir la démission de tous ceux qui ont été mêlés à l’affaire (le défi de tout un quinquennat ayant échoué), il est en droit d’avoir au moins des explications officielles sur la destination de sa contribution – volontaire ou obligée – sur celle des millions de dollars contractés par l’Etat, destinés à être payés par les générations futures.
Il reste indispensable, dans la situation actuelle de notre pays, qu’on marque une pause pour jeter un regard rétrospectif dans la gestion politique et économique de notre pays au cours de ces cinq dernières décennies afin d’appréhender les causes de notre échec. Pour cela, il faut au préalable situer les responsabilités pour permettre de repartir sur des bases solides.
Tant qu’on aura pas répondu à ces questions posées plus haut, et à tant d’autres, peut-être encore plus pertinentes, nul gouvernement ne pourra résoudre l’épineuse équation du développement de la Guinée, y compris celle liée à l’eau et à l’électricité qui ne constitue qu’un maillon d’une chaîne déjà pourrie. Pas même le barrage promis par l’actuel gouvernement, qui devrait plutôt chercher à savoir pourquoi le premier n’a pas marché avant de lancer un deuxième. Dans les conditions actuelles, le nouveau subira indubitablement le sort de l’ancien, les mêmes causes engendrant les mêmes effets.
C’est pourquoi je suis persuadé que toutes les élucubrations de ces dernières années autour de la problématique de l’eau et de l’électricité en Guinée ne sont que des procédés dilatoires et de distraction. L’on ne nous présente que des solutions temporaires et superficielles, en évitant soigneusement les questions de fond, celles-là mêmes qui sont les seules à même d’apporter des réponses globales et durables à notre problèmes, tout aussi globaux et durables.
Ibrahima SAKOH, juriste à Genève.
Les stigmates de l’immobilisme.
Le 07/08/2008
Pour une question de non satisfaction des attentes de la population, consécutive aux déviances par rapport à la feuille de route, issue des négociations tripartites de sortie de crise en 2007, le départ de M.KOUYATE ancien P.M, qui a failli à sa mission de réconciliation nationale et de redressement économique, a été vivement souhaité et réclamé par nombre d’observateurs.
La nomination d’un nouveau P.M en la personne de M.SOUARE, est arrivée comme une bouffée d’air, sans pour autant créer un sentiment de quiétude et de réconfort moral, car les préalables fondamentaux nécessaires à une réorientation politique saine, n’ont pas été établis de manière satisfaisante, en ce sens que les mécanismes de base du fonctionnement de l’administration publique, trouvent leur fondement dans des pratiques jugées contraires à la morale et à l’éthique, parce que faisant fi, des principes universels relatifs à la bonne gouvernance.
Le principal point de friction aujourd’hui, est que la vision politique de nos dirigeants, se caractérise par un laxisme décadent et anti-progressiste, en témoignent le laisser-aller et le laisser-faire, dans le cercle présidentiel et les prises de position ou plus exactement les non prises de position de M.SOUARE, par rapport aux dossiers brûlants hérités de l’équipe Kouyaté, dont le mode d’administration, s’il a connu des oppositions de principe, en ce qui concerne sa gestion politique et économique, a cependant eu le mérite de soulever certains sujets de préoccupation, dont on aurait espéré un aboutissement rapide, par un traitement adéquat et efficace de la part de l’actuel gouvernement.
La cause de cette inaction est-elle due à un manque de courage et de volonté politique, ou c’est tout simplement la manifestation des déséquilibres institutionnels, créés par les flous juridiques et les nombreuses luttes d’influences qui minent la vie politique guinéenne ?
Le constat qui s’impose, c’est qu’on a le sentiment d’avoir atteint le summum de l’incrédulité, malgré les apparences et les discours de bonnes intentions, dont les effets d’annonce ont pour impact négatif, d’inhiber les velléités revendicatives de la population, engloutie dans un obscurantisme traumatisant, d’une part, à cause de l’intimidation entretenue par les exactions des forces de l’ordre et d’autre part, par la manipulation des esprits, orchestrée par le manque de probité morale de certains intellectuels, dont le rôle aurait pourtant dû consisté à éveiller les consciences endormies, plutôt qu’à créer la confusion, par leurs discours de haine et de division.
A propos, il faudrait reconnaître, de façon implicite, la partition non négligeable, jouée par tous ces soi-disant intellos qui, se sont vus associés à la gestion de la chose publique, au fur et à mesure du retrait des militaires de la scène politique, en simple considération du fait qu’ils apparaissaient aux yeux de tous, comme les mieux à même d’initier et de conduire des politiques de développement économique et social, en raison de leurs capacités intellectuelles et de leur maîtrise technique des dossiers. Et, contrairement aux attentes, ils ont profité de la naïveté du vieux général, qui leur a accordé toute sa confiance et ils se sont rendus coupables de trahison à l’encontre du peuple, qui plaçait en eux ses espoirs de lendemains meilleurs.
L’important aujourd’hui dans le débat citoyen, c’est de stigmatiser les comportements récurrents malsains, avec la délicatesse de ne pas citer nommément les individus, car les accusations qui se nourrissent des rumeurs sans preuves matérielles, peuvent valoir à leurs auteurs des poursuites judiciaires, pour diffamation.
La liberté d’expression garantie par la loi fondamentale guinéenne, nous donne certes le droit de critiquer, mais quand il ne consiste qu’en des attaques frontales de personnes, le droit de réponse y trouve aussi sa légitimité, nous plongeant ainsi dans un engrenage du genre, << si tu me piques, je réplique et te pique comme un tic ; je t’attaque, tu contre-attaques, je te matraque… (Bill de Sam)>>
La justice pour qu’elle soit crédible, se doit de s’exercer dans sa plénitude, avec la reconnaissance des droits, aussi bien pour les victimes, que pour les bourreaux.
A cet effet, pas besoin d’être un éminent juriste pour comprendre, en considération du fait que nul n’est censé ignorer la loi, que jusqu’à preuve du contraire, la présomption d’innocence est valable pour tous. Seule la justice a compétence, de se prononcer en toute impartialité, sur la culpabilité d’un individu, après bien évidemment, arrestation exempte de tout arbitraire, instruction du dossier d’accusation, mis en examen, jugement et délibération, dans la transparence de la légalité constitutionnelle, car il est de nature dans le genre humain, de se rebiffer systématiquement, de par son instinct basique de défense de ses intérêts, contre tout ce qu’il estime, susceptible de causer sa perte, fût-elle une vérité ou une forfaiture dont il reconnaît de façon consciente, être coupable et c’est là l’importance du caractère coercitif de la juridiction dans une société, qui ne doit cependant s’exercer que dans le cadre d’une indépendance totale, pour ce qui est des prises de décisions, sans interférence aucune entre les différents domaines de compétences, définis par Montesquieu dans l’esprit des lois.
En guinée, des victimes innocents, il y’en a à ce jour, nombre qui ont payé de leur sang et de leur chaire, simplement à cause de leur opposition à de modes de gouvernance, qu’ils jugeaient contraires aux mœurs et malgré les cris de cœur pour que justice leur soit rendue, les équipes gouvernementales successives, font la sourde oreille, comme pour confirmer les suspicions qui font état de leur implication et de leur responsabilité, dans les massacres perpétrés. Mais si justice divine y’en a, tôt ou tard, ils se retrouveront coincés, dans une sorte de cul de sac, dans leur fuite en avant qu’ils supposent éternelle et ce jour, ils rendront compte de leurs actes, avec le châtiment que méritent les traîtres de la nation. En tous les cas, reconnaissons la difficulté à se situer par rapport au mal-être en guinée, qui si ses causes sont multiples et variées, le fait que la situation perdure, relève de la responsabilité collective de tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont eu l’opportunité d’exercer une parcelle d’autorité, car ils se sont tous inscrits dans une logique de conformisme latent, obéissant aux dictas de l’establishment, en profitant allègrement des failles du système, avec une voracité déconcertante.
L’incarnation du système actuel par le général Président, le rend coupable à maints égards, car il s’est autoproclamé chef suprême, omnipotent de tous les guinéens, avec un pouvoir décisionnel sans partage, qui s’exerce au gré de ses humeurs et de ses influences du moment et son entêtement à se maintenir au pouvoir, malgré son incapacité physique et pire mentale, constitue une circonstance aggravante des jugements portés à son encontre. .
Aujourd’hui, Les yeux sont rivés sur l’organisation des élections législatives et pendant ce temps, les acteurs politiques se démènent comme de beaux diables, dans l’espoir de se tailler une place de choix dans la future assemblée nationale.
Cependant, entre les alliances de circonstance et les tentatives de déstabilisation, le guinéen lambda n’a que l’embarras du choix, pour ce qui est de son adhésion à la cause des partis politiques, du fait que les leaders ne font que se remarquer par la maladresse dont ils font preuve, à travers leurs discours, dont la quintessence saute aux yeux, comme principalement axé, sur la seule conquête du pouvoir, en justifiant les moyens peu orthodoxes employés, pour une fin qui n’en est rien en soi. L’administration publique, brille quant à elle, par le manque d’autorité de l’Etat, qui relègue au second plan, les attentes de la population, les dossiers en suspens tels, la suite donnée aux audits des départements ministériels et les travaux de la commission nationale d’enquête sur les massacres, en sont une belle illustration.
Le dernier exemple éloquent de l’impunité dans notre pays, est le scandale des fraudes au BEPC, qui ne nous fait pas du tout honneur et contribue davantage à décrédibiliser le système éducatif guinéen, dont la plupart des diplômes ne sont pas homologués par le CAMES (organisme africain de reconnaissance des diplômes des pays membres, dont la guinée). Pareille débâcle aurait entraîné une démission de facto de tous les responsables qui ont à charge, l’organisation des examens.
L’une des intrigues en ce moment, est aussi le fait que les différents clans constitués, en prévision de l’après-Conté, se livrent à une bataille féroce, qui fait le bonheur des charlatans qui trouvent là, une manière aisée de gagner leur pitance. La science occulte du maraboutage est une pratique ancrée dans les mœurs en Afrique et à ce titre, il n’est pas surprenant de voir les gens s’y adonner, mais il y’a une nuance de taille entre ceux qui en font usage pour se protéger des malheurs et ceux qui y trouvent le moyen de ne faire que du mal à leurs prochains et le plus souvent, ce sont ceux-là même qui triment dans les malversations et les coups fourrés. Que ces derniers comprennent une logique implacable dans cette vie, à savoir que du moment où il y’a adéquation entre ce que l’on pense et ce que l’on ressent (esprit et cœur), le mal accouche du mal et le bien enfante le bien, car ce sont les choses de même nature qui s’engendrent.
Par ailleurs, l’amélioration positive des indicateurs économiques, qui se caractérise par le rétablissement des relations de coopération avec les institutions de Bretton Woods, peut être aperçue comme favorable à la croissance, mais les fruits de cette croissance, sont pour une grande part, alloués aux dépenses extravagantes de fonctionnement de l’Etat, qui a du mal à faire des arbitrages budgétaires efficaces, à même de contribuer à court terme, à l’amélioration significative des conditions de vie de la population, par la satisfaction des besoins primaires en eau, électricité et nourriture.
Le secteur industriel souffre, non seulement de l’absence de cadre institutionnel garantissant les investissements privés, mais aussi de mesures incitatives, par des aménagements fiscaux favorables aux apports de nouveaux capitaux et du manque criard d’électricité, qui reste en matière d’industrialisation, le pendant de ce qu’est le sang pour le corps humain.
Le déficit de la balance des paiements et celle commerciale, entretien l’inflation et demeure une des causes principales de spéculation sur le marché des denrées alimentaires de base. Malgré l’immensité des terres cultivables, la politique agricole peine à se départir des méthodes de gestion extensive des sols à faible rendement, pour cause de manque de moyens financiers, matériels et de maîtrise technique, les mêmes contraintes s’appliquant au secteur de l’élevage, car la libéralisation des initiatives privées dans ces domaines, ne bénéficie que de peu ou pas d’accompagnements, à la hauteur des enjeux.
Ce succinct passage en revue de la situation, montre que l’on est loin de sortir de l’auberge, car les manquements se situent à tous les niveaux et les mauvaises habitudes ayant la vie coriace, l’espérance de la rédemption, dépendra de notre volonté de surpassement, pour une convergence d’idées nouvelles, qui prennent en compte avant tout, le seul et unique intérêt du peuple de guinée, dans un ensemble viable et homogénéisé.
BAYO Abidine
Parution de deux livres de notre compatriote SOLO NIARE
Le 15/07/2008
arution de deux livres de notre compatriote SOLO NIARE
Prédestiné pour des études de maths à l'Université, Solo NIARÉ eut, tout ce temps, un parcours atypique jusqu'à la publication de cette œuvre. Il a assumé la fonction d'informaticien graphiste au Centre culturel franco-guinéen pendant près de dix ans, période pendant laquelle il eut l'opportunité d'affûter sa plume en fréquentant quelque références de choix dans le monde littéraire tel Williams Sassine entre autres, et dans la pratique assidue de la noble discipline théâtrale couronnée de plusieurs tournées (Francophonie de Limoges, Festival d'Aurillac...). Suite à une série d’animations théâtrales pour jeunes enfants africains de 4 à 9 ans qu’il eut la tâche d’assumer pendant quelques années, il sentit le besoin de s’essayer à la légende urbaine enfantine et au théâtre.
Voici ci-dessous le résumé des deux livres :
La Tirelire de maman
Contrairement à l'histoire de la cigogne qui amène les bébés dans les familles en Europe, généralement, en
Afrique, on raconte aux enfants que les parents achètent les nouveau-nés au marché. Un petit garçon de quatre ans raconte avec une innocence pathétique les neuf mois de grossesse de sa mère : des premiers signes jusqu'au jour du grand événement, aucun nouveau comportement ne lui échappe. Toutes les scènes de vie de sa petite famille sont analysées, décortiquées sous un angle puéril. Le jeune
garçon en profite pour prendre position face à sa vision du monde qu'il entrevoit à travers la télé : travail des enfants, enfants soldats, famine, guerre… Le ventre de Maman qui prend du volume ne semble-t-il pas être aujourd’hui une belle cachette pour les sous de Papa qu’elle dilapidait à vue d’œil ?
Le Temps d’un mensonge
Simplement muni d’une carte postale illustrant la photo d’un restaurant, un clandestin débarque à Paris à
la recherche de son frère qui vient juste d’être « reconduit », expression actuellement à la mode
semblant contenir un peu plus de civilité. Il décide d’élire domicile sous un abribus où il se lie d’amitié avec un SDF dans un immense appétit de converser. À force de fabulations, ils sont transportés tous les deux dans un empire à la Idi Amin Dada sous les tropiques où le clandestin se retrouve grand Empereur et le SDF, son conseiller principal. L’ambition absolue de perpétuer son pouvoir platonique pousse l’empereur à adopter une attitude d’écœurement vis-à-vis des urnes qu’il suspecte, en premier lieu, être des acteurs pouvant transformer, au plus vite, son trône en un siège éjectable. L’empereur usera du stylo et du papier en-tête Présidence de la République qui décuple institutionnellement son pouvoir pour mobiliser tout son pays dans une guerre sans fin contre les urnes par l’entremise d’un décret.
Dans le jeu politique guinéen, les dés sont pipés
Le 10/07/2008
La timide entrée en matière du gouvernement SOUARE, conditionne dès à présent, un florilège de suspicions de pressions dont il fait l’objet, pour l’exercice périlleux de sa mission en tant que P.M, dans un contexte malsain de confusion des genres, due au manque de définition claire et précise, des contours juridiques et constitutionnels de sa fonction et de son manque de légitimité populaire, le seul critère de légitimité qui vaille en démocratie, demeurant le suffrage universel.
Pire, les conflits de compétences sont devenus légion dans toutes les structures administratives et la guinée est le pays par excellence, de l’immoralité et de l’inconscience professionnelle, où le militaire régule la circulation et procède à des arrestations arbitraires, le policier traque la contrebande pour s’en approprier et fait le mendiant, le douanier se transforme en administrateur des finances et les fonctionnaires se font champions de l’arnaque, tout cela pour arrondir leurs fins de mois, tant la faiblesse du pouvoir d’achat a atteint un seuil critique, tandis que les responsables politiques jouent à la marionnette, en se faisant passer pour des philanthropes, l’argent public coulant à flot, dans les circuits d’organisations claniques de complaisance, à des fins de propagande.
Le tableau est tout sauf idyllique, d’où un besoin constant de fourniture d’efforts, pour espérer un tant soit peu, embellir cette macabre caricature.
Qu’à cela ne tienne, on ne peut aujourd’hui remettre en cause, le processus de redressement économique et social, traduit par la volonté du peuple, au-delà des divergences sectaires et communautaristes, qui avaient jusqu’ici servi de socle, à la politique divisionniste des gouvernants, galvaudant du coup, le principe d’appartenance des guinéens à une même famille, unis que nous sommes, bon gré, mal gré, si ce n’est par les liens du sang, tout au moins, par la terre qui nous a vu naître.
A ce propos, il est navrant, de constater que la compréhension et surtout l’acceptation de ce principe d’appartenance commune, dépasse l’entendement de ceux qui trouvent leur compte, à nous opposer pour s’imposer, car ils ignorent tout bêtement, que le Guinéen en particulier et l’homme moderne en général, est un fruit résultant du brassage des cultures et à ce titre, il n’a aucune fierté ou intérêt à vouloir spécifier sa différence, par un illogique repli identitaire, guidé par l’instinct grégaire, car partout où il est question de différence, il y’a forcément besoin de complémentarité.
La prise de conscience collective de l’imputabilité des causes de la pauvreté dans notre pays, à la mal gouvernance contribue cependant, à dissiper les malentendus sur les questions bassement soulevées ça et là, sur l’origine sociale de nos malheurs, et nous permet à force de dénonciation des manipulateurs, de nous accorder sur la nécessité de l‘appréciation objective de notre situation, pour trouver des solutions concrètes à nos problèmes.
Des politiques, on attend au stade où nous en sommes, qu’ils posent des actes forts en guise d’exemplarité et qu’ils prennent enfin conscience de leur obligation morale, d’œuvrer pour le changement qualitatif et quantitatif des conditions de vie des populations, par l’association de toutes les bonnes volontés, dans un esprit de concordance et de partage de responsabilités, en passant nécessairement par la réconciliation nationale, qui ne deviendrait effective, que lorsque les vérités seront dites et toutes les vérités, fussent-elles de nature, comme le dit l’expression populaire, à remuer le couteau dans la plaie, une plaie qui a du mal à cicatriser en guinée, par manque de soins adéquats.
Il est temps d’ouvrir le tiroir des oubliettes débordant de catalogues de vœux pieux, pour agir courageusement, à recoller les morceaux du tissu social, mis en lambeaux par les déviances de ceux qui sont pourtant, susceptibles d’être les garants de l’unité nationale.
La tentative d’ouverture du gouvernement à l’endroit de l’opposition, est en principe une action salutaire, mais sa portée, du reste symbolique, amenuise les espoirs de reconfiguration politique, telle que souhaité par la majorité des observateurs et analystes et laisse présager une minimalisation de l’influence positive des esprits critiques, à l’encontre de l’action gouvernementale, dans ces errements et insuffisances.
Plus que jamais, le "fighting spirit" doit continuer à être de mise et le mot d’ordre à faire prévaloir par tous les combattants de la liberté, pour l’épanouissement du peuple martyr de guinée, est que l’on doit résolument être convaincu, que le changement que nous ambitionnons pour notre pays, est possible et ce ne serait qu’au prix de notre engagement individuel et collectif, en ayant à l’esprit si besoin en est, comme source de motivation, cette belle assertion qui stipule ceci :
Quand une cause juste, est soutenue par une foi inébranlable, il est inéluctable que la conclusion soit une victoire.
BAYO Abidine
abidinebayo@hotmail.com
Quels Hommes politiques pour les prochaines élections ?
Le 07/07/2008
Elections législatives et présidentielle approchent à grands pas et les partis politiques de Guinée ne se bousculent pas pour nous présenter leurs plans pour sortir le pays de la médiocrité de gouvernance qu’il connaît.
N’est-il pas primordial de poser dès maintenant des préliminaires qui nous permettront de choisir en connaissance de cause les femmes et les hommes qui seront amenés à conduire la Guinée sur le chemin de la bonne gouvernance.
Sans doute que certains penseront que cette réflexion est illusoire dans la mesure où l’on présage que des élections crédibles ne pourront jamais être organisées sous l’ère Conté. Mais l’optimisme est permis depuis les évènements de janvier et février 2007 ; le peuple de Guinée reste maître de son destin et les gouvernants auront intérêt à respecter le verdict des urnes.
Il faut signaler que la tâche ne sera pas facile d’une part pour ses aspirants au pouvoir et d’autre part pour les guinéens qui seront appelés aux urnes, frustrés par cinquante d’années de politique mal ficelée.
Les personnes qu’ils éliront, devront commencer à poser les germes de la bonne gouvernance dès les secondes qui suivront leur prise de fonction. Cela ne sera effectif que si les électeurs prennent conscience de l’importance de ce futur choix, de cet important bulletin de vote qu’il va falloir attribuer à l’un de nos trois différents acteurs politiques :
Les acteurs de l’opposition
L’opposition continue profondément de muter dans notre pays depuis l’apparition du multipartisme.
En politique, l'opposition se définit comme l'ensemble des mouvements qui contestent les décisions des détenteurs du pouvoir. On se rend compte, sur la base de cette définition, que les opposants en Guinée se comptent sur le bout des doigts. Ce paysage de l’opposition est devenu encore plus flou avec les mutations de ces derniers temps. En outre, la difficulté de nos grands partis dits d’opposition est la singularité dans laquelle chacun d’entre eux évolue en attendant la mort du Président Conté. Cette volonté de ne point vouloir s’associer aux autres n’est pas la conséquence de leurs différences idéologiques mais plutôt la résultante de la théorie selon laquelle ils seraient majoritaires, et de ce fait ils pourraient faire cavalier seul pour la conquête du pouvoir. Pourtant aucune enquête statistique, aucun résultat d’élection crédible ne vient corroborer leurs affirmations.
Certains de ces "opposants" ont aussi joué des rôles de premier plan dans "l’émancipation" de la deuxième République. Et le paradoxe est que ces adeptes de la mauvaise gouvernance d’hier veulent devenir les acteurs de la bonne gouvernance de demain.
Pour changer notre histoire, ne va-il pas falloir changer ces acteurs, surtout, principaux dont la responsabilité dans l’état comateux de la Guinée d’aujourd’hui, ne fait aucun doute ?
C’est pour cette dernière raison que nous ne devons pas voter de façon hasardeuse sinon, jamais se pointera la fin du film de notre cauchemar.
Pour une meilleure visibilité, la probité des acteurs politiques devra être prise en compte. A cet effet, les futurs candidats doivent déclarer et justifier leur patrimoine !
Il existe aussi des opposants vierges du pouvoir mais tellement distants des guinéens qu’ils sont méconnus de ceux-ci. Quelle crédibilité peut avoir un parti d’opposition ne s’adressant à ses militants qu’au moment des élections?
Discerner les vrais opposants capables de relever les défis de demain ne sera pas chose facile. Alors dès maintenant, ceux qui veulent tourner le cours de l’histoire doivent s’atteler à rapidement convaincre les électeurs que nous sommes.
Les Hommes au pouvoir
La majorité (certains diront la totalité) ne doit pas être reconduite mais osons croire qu’il en existe certainement des intègres parmi eux mais, hélas, difficilement repérables à cause des méthodes de gestion de leurs collaborateurs guidés par la cupidité. On ne peut sous aucun prétexte affirmer que ces Hommes doivent payer pour la gouvernance des autres. Ils ont sans doute essayé à leur niveau de faire avancer les choses mais avec beaucoup de mal. Ils continuent de résister à la corruption et d’imposer des méthodes de travail saines. Les efforts ne sont pas vus car leurs collaborateurs font un travail peu honorable.
Il va falloir que ces personnes se donnent encore beaucoup de mal à nous démontrer leur singularité avant qu’il ne soit trop tard.
Qu’elles aient le courage de prendre, dès maintenant, officiellement distance du pouvoir qui continue de précariser la vie du guinéen.
Accessoirement, le limogeage mérité de Kouyaté et la nomination déméritée de Souaré ne rendra la lutte contre les maux de la deuxième République, notamment l’impunité, aisée. L’esquive du successeur de Lansana Kouyaté par rapport aux évènements récents (grève des militaires et assassinat des civils et policiers) prouve à suffisance qu’il ne faut pas attendre grand-chose de son gouvernement. Cependant, les caractéristiques de ceux d’entre eux en soif de changement n’auront point du mal à émerger si leur volonté est ardente, même si force est de reconnaître que la solution aux problèmes de la Guinée ne viendra pas d’un premier ministre ou d’un gouvernement, mais plutôt d’un changement de chef d’Etat et des méthodes de gouvernance !
Des hommes nouveaux
La destinée de la Guinée ne dépendra pas que des deux premières catégories de nos acteurs politiques. Nous avons besoin d’un renouvellement urgent de la classe politique. La Guinée a beaucoup de ses fils, dignes de ce nom, qui ne demandent qu’à être reconnus pour apporter leur pierre au développement du pays. Ils exercent en Guinée, ou ailleurs, écœurés par les agissements des hommes politiques, pensant que le système est trop infecté pour être traitable. Ils sont beaucoup plus intègres que ceux qui continuent à s’agripper à un pouvoir auquel ils doivent tout. Leur compétence et leur savoir font qu’ils ont toujours su s’assumer avec le fruit de leur travail.
Ils sont nombreux à faire leur preuve à travers des gestions rigoureuses dans des organismes privés, des associations et dans des entreprises mondiales performantes, relevant chaque jour qui passe des défis titanesques.
Ces "hommes nouveaux" doivent oser et se rendre dans l’arène politique.
Ils doivent assurer leur avenir car ce serait utopique de leur demander de se sacrifier totalement pour leur pays. Cependant leur devise devrait être "intérêt personnel d’accord, mais intérêt collectif d’abord" et leur mission devrait être de réussir, seule alternative possible, après les cinquante années d’échec que nous avons connues. Désormais, c’est de l’intérêt de la nation qu’un homme politique doit trouver son véritable accomplissement, et non des détournements des deniers publics.
La toile de la rupture, nous devons la tisser avec des Hommes vaillants à notre tête.
Koumbassa Alassane
koumbassa@googlemail.com
L’espoir est-il encore permis ?
Le 25/06/2008
La violence utilisée ces derniers temps comme ultime recours d’exigence de la reconnaissance des droits, a crée une situation plus que chaotique, laissant présager une logique d’affrontement, dont les conséquences imprévisibles contribuent à accentuer l’instabilité politique dans notre pays.
L’exercice anachronique et autocratique du pouvoir, est sans nul doute, la cause principale des frustrations, légitimant ainsi les dérives qui se caractérisent par la manifestation colérique des revendications populaires.
En faisant fi des principes moraux les plus élémentaires, la classe dirigeante montre à suffisance, qu’elle n’a que cure des aspirations du peuple, qui dans sa détresse, vit avec amertume et résignation, les querelles de politicards, qui se soucient plus de leur maintien, vaille que vaille, dans les rouages du pouvoir, que des préoccupations quotidiennes des guinéens.
Les solutions d’urgence apportées aux questionnements, relèvent de l’improvisation et de la machination et ne sauraient à ce titre, constituer des réponses satisfaisantes, à même de contenter l’opinion publique.
Le mal-être étant général, le fait de prêter une oreille attentive aux revendications d’une frange de la population, sur fond de menace de déstabilisation, avec l’usage incontrôlé de la force, crée un sentiment d’injustice chez les autres composantes de la société, qui n’ont que leurs yeux pour pleurer leur triste sort, n’ayant ni les moyens de pression, ni la volonté de sacrifices humains et matériels, dont le lourd tribu déjà payé, n’a jusqu’ici contribué qu’à accroître le désarroi.
Le nouveau gouvernement, après moult tractations, a enfin été mis en place. Il était grand temps serait-on tenté de dire, car cet attentisme qui était synonyme de liquidation des affaires courantes, constituait un manque non négligeable, à gagner pour le pays.
L’exercice d’équilibriste auquel s’est adonné le P.M Souaré, pour la constitution de son gouvernement, montre la difficulté de ralliement des différentes tendances que comporte le paysage politique guinéen et vu le pléthore du nombre de ministères, l’on peut sérieusement douter de l’efficacité de l’action gouvernementale, car la multiplicité des postes de dépenses étatiques, constituera un gouffre financier préjudiciable à l’équilibre budgétaire, en raison de la subsistance à ce jour, de difficultés incommensurables, dans la mobilisation des maigres ressources, nécessaires aux dépenses publiques.
M.SOUARE, comme tous les P.M avant lui, va devoir se plier aux exigences de la difficile cohabitation avec le général Président, sur des bases prédéfinies, lui laissant du coup, peu de marges de manœuvre dans ses prises de décisions, surtout que le clan CONTE, de par sa présence massive dans cette nouvelle équipe gouvernementale, continuera à veiller au grain et ne manquera sûrement pas de lui mettre les bâtons dans les roues, dès le moment qu’il voudra se départir de la ligne de conduite caractéristique de ce règne, à savoir, faire tout, mais avec la délicatesse de ne jamais contrarier le grand manitou, au risque de se faire éjecter à la première occasion.
Ne dit-on pas qu’en toute entreprise humaine, c’est l’entame qui compte et c’est selon qu’on se donne ou pas les moyens de son action, qui est déterminant dans l’atteinte des objectifs.
Or dans le cadre guinéen, la limitation des pouvoirs du P.M, laisse prédire qu’il aura du mal à œuvrer dans la sérénité, car pour ce faire, il doit impérativement opérer une véritable rupture, qui supposerait que l’on en finisse définitivement, avec les maux qui sont devenus caractériels dans le comportement atypique des guinéens, à savoir : la duperie et la fourberie, la complaisance et l’impunité, la corruption et l’arbitraire, le clientélisme et le favoritisme, l’exclusion et la ségrégation, bref l’instrumentalisation de la misère du peuple.
Cet état de faits, nous donne en spectacle aux yeux de l’opinion publique internationale. Mais de spectacle, il n’est question que de parodie de notre condition humaine, car notre image est sciemment floutée par les responsables de cette supercherie qui s’obstinent à nous narguer, en se croyant impunément au-dessus des lois applicables dans les normes, à tous les guinéens sans distinction aucune..
Par devers les contraintes institutionnelles et structurelles, le traitement des dossiers brûlants en suspens, dont entre autres, les travaux de la commission d’enquête sur les tueries de janvier et février 2007, la suite à donner aux résultats des audits et surtout l’organisation future d’élections législatives libres et transparentes, constituera à coup sûr, le gage probant, de la possibilité pour le P.M, d’évoluer dans un cadre contextuel, compatible avec sa franche volonté d’action, afin de conduire une politique saine, allant dans le sens de la noble, mais difficile mission de redressement économique et sociale, qui lui est dévolue.Pour parvenir à cette fin utile, du courage, il lui en faudra à gogo, pour ne pas se laisser déborder par la traîtrise des combinards.
BAYO Abidine
e-mail :abidinebayohotmail.com
Le 18/06/2008
La Guinée s'avance dangereusement vers le point de non retour. Pas d'autorité ! Pas d'Etat ! Pas de règles ! On est dans une jungle où celui qui a une arme se fait entendre. La division est réelle, les manipulateurs ont réussi leurs missions. La désolation est totale. Le Pays est en train de tomber en ruine. Quelle alternative à ce guêpier au peuple ? Qu'on ne nous fasse pas croire que c'est le futur gouvernement qui réglera les problèmes de ce pays plongé dans un coma profond et qui a besoin d'un vrai traitement de choc pour se rétablir. Les crises se succéderont, les signes annonciateurs de l'exténuation de la deuxième République sont désormais lisibles par tous. Il va falloir se creuser les méninges pour proposer une solution à cette insupportable situation. Puisque nous sommes incapables de nous prendre en charge, pourquoi ne pas lancer un SOS à la communauté internationale ?
La Guinée est en train de mourir. Les divisions de ses fils, les intérêts égoïstes, le refus de conjuguer le NOUS, l'attitude des gouvernants font qu'aucune alternative n'est envisageable à court terme.
Le rêve était permis en janvier 2007; c'est le cauchemar que nous vivons 17 mois plus tard.
Acceptons de nous donner la main, de tisser ensemble la toile de la rupture car le destin d'un peuple ne doit plus dépendre des intérêts particuliers et mesquins d'une armée, d'une police et des gouvernants formés par cette deuxième République.
Ça suffit !
Koumbassa Alassane
Le 30/05/2008
A quel saint se vouer ? Où allons nous ? Où veulent nous amener les protagonistes du pouvoir ? Jamais on ne s’est posé autant de questions en Guinée Aujourd’hui, ce qui se passe en Guinée est une lutte entre d’une part, les privilégiés de la république (militaires et pouvoir) et d’autre part des frustrés de la République (Pillards et opportunistes en tout genre armés.) A priori, cette lutte ne concerne pas la majorité des guinéens car il n’aura échappé à personne que les protagonistes ont un seul intérêt. Le leur. Et pour y parvenir, ou la conserver, ils utilisent la terreur. Cette situation, dont il est difficile de cerner tenants et aboutissants, laisse le peuple perplexe. On sait désormais que Conté veut garder son pouvoir. On sait que les pillards s’en donnent à coeur joie. Et les mutins ? Que veulent-ils ? Pour atteindre leur but inconnu, ont-ils besoin de prendre les populations en otage, blesser des civils, voler les voitures…bref se comporter en oppresseur? Qu’ils nous en informent le plus rapidement possible. Là on saura qu’on a affaire à deux groupes de pillards. Des pillards mutins et des pillards civils et l’on prendra acte de ce état de fait. Des militaires qui veulent agir pour le bien du peuple n’auraient jamais demandé la libération de leurs « frères d’armes » arrêtés suite aux évènements de janvier et février. Les individus arrêtés sont-ils des boucs émissaires où bien ont-ils été directement menés dans les tueries de Janvier et Février ? S’ils sont impliqués dans ces tueries, de qui ont-ils reçus les ordres ? Les mutins ne nous disent rien là-dessus. Est-ce juste une stratégie pour faire diversion ? Si tel est le cas c’est une sacrée stratégie ! Dans ces moments d’incertitudes, il nous appartient à nous Guinéens de préserver le seul héritage qui est le dévouement de nos frères et soeurs tombés pour avoir voulu arpenter le chemin de la démocratie véritable. Refuser d’être unis dans ces moments de doute, c’est oublier leur combat. Et on ne le dira jamais assez, le problème de la Guinée, ce n’est pas une ethnie, ce n’est pas une région, ce n’est pas une communauté ! Le problème de la guinée, c’est un problème d’Hommes, et plus exactement un problème de gouvernance ! Prenons acte de cela et refusons de nous laisser manipuler par les intrigues ethniques. Il y va de la stabilité du pays.
Koumbassa Alassane
GUINEE: ATTERRISSAGE FORCE POUR LE P.M LANSANA KOUYATE
Le 24/05/2008
La nouvelle de la destitution du P.M, est tombée comme un couperet, mais pour nombre d’observateurs de la situation politique guinéenne, elle ne peut faire l’effet d’un scoop. En effet, depuis un certain temps, le compte à rebours de cette dégringolade a été enclenché, car en plus des désaveux cinglants essuyés de la part du général, des voix, de plus en plus dissidentes, s’élevaient pour réclamer son départ, tant la déception était grande, par rapport aux attentes des populations, dont le ras-le-bol, qui s’est manifesté à travers les évènement tragiques de janvier et février 2007, avait pourtant conduit à la nomination. Le vol plané se termine donc en chute libre. Sur les véritables raisons de ce limogeage, les spéculations vont bon train et d’aucuns estiment que les rapports d’audit publiés ces derniers jours, concernant l’opacité de la gestion calamiteuse des services publics, a de façon opportune, précipité cette décision du général, dont l’entourage se trouve quelque part, trempé jusqu’au coup, dans les malversations financières compromettantes, qui auraient causé leur perte, en cette période de lutte fratricide de conquête et/ou de reconquête du pouvoir, l’après Conté, se profilant inéluctablement à l’horizon. Encore une fois, le vieux général dégaine sa baguette magique. Comme à l’accoutumée, il use sans coup férir, de son pouvoir discrétionnaire, que lui confère la loi fondamentale guinéenne, de nommer et de révoquer qui il veut, comme il veut et surtout quand il veut, tout cela, dans un contexte de confusion et de mélange des genres. Par cet acte, le général vient à coup sûr, de tuer l’esprit des accords tripartites, ayant favorisé l’entame de ce processus dit de changement, qui tient tant les guinéens à cœur, mais qui malheureusement, dans les conditions d’exercice du pouvoir de l’administration Kouyaté, ont contribué à exacerber les clivages et les divisions. Lansana Kouyaté a failli, parce qu’il n’a pas su honorer ses engagements, au regard de la feuille de route, dont il avait pour mission de mettre en vigueur. Son bilan politique en tant que P.M de consensus est plus que mitigé et il serait prématuré d’en tracer les contours exacts, de façon exhaustive. Une chose reste claire, il a fait ce qu’il pouvait, comme il le pouvait et surtout comme il l’entendait. Des oppositions de principe à sa vision de la gestion politique et de l’administration publique, il y’en a eu pas mal durant ses 15 mois passés à la primature et aussi variées et contradictoires que soient les prises de position par rapport à son règne, l’avenir déterminera les torts et les raisons des uns et des autres. On ose cependant espérer qu’il aura le courage politique de déterminer désormais, son appartenance à quelque bord que se soit, pour espérer un jour, briguer un poste électif, en toute indépendance et surtout, en toute légitimité, car autrement, ce serait donner un gage sûr d’acharnement, à tous ceux qu’il considère comme ses détracteurs. Avec la nomination du nouveau P.M en la personne de M. Ahmed Tidiane Souaré, c’est un nouveau départ serait-on tenté de dire, mais en fait de départ, on essaye toujours de prendre un hypothétique élan, qui a chaque fois, est abruptement coupé, par des rebondissements, qui perturbent le cours normal des évènements. Aujourd’hui, les guinéens ne peuvent être euphoriques et ils se trouvent dans l’expectative. Depuis le temps, ils ont reçu tellement de coups, qu’ils ne peuvent plus se permettre d’avancer à découvert, en croyant naïvement au miracle. Au point, où nous en sommes, comme profond sentiment, c’est le scepticisme qui l’emporte, car le combat contre les sournoiseries du système, est loin d’être gagné, tant que les décideurs politiques ne daigneront, assumer consciemment, leurs choix et leurs responsabilités, dans cet état de décrépitude du peuple de guinée. Nul besoin, de se mettre en branle, dans le déballage de la litanie des maux de notre société, car à force d’en avoir parlé, ils se trouvent encrés dans notre subconscient même. L’alternance politique, les remaniements ministériels ou le renouvellement de l’administration dans un contexte de démocratie, sont nécessaires et souhaitables, car cela contraint les gouvernants à un devoir de résultats, qui seul, cautionne la confiance des administrés lors des consultations électorales. Mais en guinée, les hauts cadres de l’administration, sont souvent soumis à une pression morale, que crée ce climat d’instabilité permanente, qui ne garantie aucune assise et se sentant constamment sur une chaise éjectable, ils se croient instinctivement obligés, d’assurer leurs arrières, en se constituant sur le dos des populations, des mannes financières qui frisent le scandale. L’organisation du cinquantenaire initiée par Lansana Kouyaté, s’il faille nécessairement le célébrer, doit être l’occasion ultime à mettre à profit, pour réconcilier les guinéens, dans un esprit de justice sociale, qui passerait nécessairement, par la reconnaissance des forfaitures, dont les responsabilités doivent êtres situées et assumées pleinement par leurs auteurs. Pour ce faire, des commissions de travail doivent être instituées, pour tabler sur les aspects politique, économique et social de la marche de guinée en tant que nation, de l’indépendance à nos jours, afin de déterminer les innombrables erreurs de parcours et d’en tirer des enseignements utiles à notre avancement. La continuité de l’Etat suppose que le nouveau gouvernement reprenne à son compte, les acquis sociaux obtenus de longue lutte, aussi minimes soient-ils, pour donner un sens positif au combat du peuple de Guinée, qui n’a aujourd’hui, comme seule exigence, que les dirigeants se mettent au travail, au service exclusif du peuple, dans un esprit patriotique. M. Ahmed Tidiane Souaré, en sa qualité de P.M, malgré ses premières déclarations de bonne intention, sera jugé à l’œuvre, car en Guinée, les promesses sont une chose et la réalité tout autre. On a plus qu’à laisser le temps au temps et on verra bien la suite.
BAYO Abidine
Le 18/05/2008
Les leaders d’opinion que constituent les hommes politiques, ont pour devoir moral, d’analyser la problématique de l’amélioration des conditions de vie des populations et de proposer, ne serait-ce que des ébauches de solutions, dont les conséquences bénéfiques, dépendent de la perspicacité et de la pertinence des propositions, conditions favorables de l’adhésion et de la participation effective du peuple souverain, au processus de changement engendré. Dans l’ubuesque situation guinéenne, le sentiment diffus d’une instabilité politique permanente, entretenu par nos dirigeants, dans leur quête absolue du pouvoir, demeure préjudiciable, au développement économique et social, sapant du coup, le moral des plus optimistes, en raison de la transformation progressive de nos rêves en cauchemars. Putain ! Que les puritains ne s’indignent, parce qu’on assiste impuissamment, à travers cette déloyale guerre psychologique, à une sorte de viol spirituel du peuple de guinée, de la part des lèche-culs, dont la salive dégoulinante, salit impunément, la mémoire des morts et la conscience des vivants, de telle sorte que même les rites sacrificiels, ne sauraient laver les souillures de l’âme. Voltaire ne disait-il pas à propos qu’aux vivants, on doit des égards, mais aux morts, on doit la vérité. Aussi, l’histoire montre que le sacrifice des valeurs au nom d’intérêts à court terme ou d’une stabilité d’apparence, n’engendre que la frustration, le désespoir et la violence. C’est pourquoi, dans les conditions normales de pratique de la bonne gouvernance, ne devrait devenir décideur politique, un parvenu que l’on impose par favoritisme, car ce serait la porte ouverte aux genres de dérapages, auxquels on assiste aujourd’hui en guinée, du fait que des personnes se retrouvent à des postes de commandement, non pas par conviction et en fonction de leurs compétences et aptitudes, mais simplement parcequ’en raison de leurs relations de proximité avec les décideurs, dont ils viennent élargir le cercle vicieux de partisans acquis à la cause, ils se retrouvent éblouis par les privilèges, en se délectant avec un zèle, sans commune mesure, à travers leur soutien indéfectible, aux actions même avilissantes et asservissantes de ces derniers. Le plus inquiétant, c’est le fait d’accepter aveuglément, le dicta des chefs sans discernement aucun, pour dirait-on, une question de loyauté et de reconnaissance de pseudos bienfaits, qui ne sont en réalité, que des calculs politiciens machiavéliques, de positionnement ou de repositionnement. La réplique de la part des patriotes, requiert une implication et une vigilance de tous les instants, en ayant constamment à l’esprit, qu’en dansant avec des aveugles, il faille jouer des coudes et de la voix, pour les faire comprendre qu’ils ne sont pas seuls sur la piste, d’où la nécessité vitale pour tous ceux qui, parfois avec l’énergie du désespoir, combattent les tares du système, de persévérer dans la stigmatisation et la dénonciation des comportements néfastes à notre épanouissement, qui nous astreignent à accepter le fatalisme de la misère, comme un destin immuable. Les attitudes sous-tendues par l’entendement absolutiste de l’exercice du pouvoir, privilégiant les rapports de forces, dans une configuration hétéroclite du paysage politique, ne saurait faire honneur aux dirigeants, car leur investissement physique et moral, n’a de mérite que dans l’application des principes universels de la démocratie, garantissant la justice sociale. Le manque criard d’autorité de l’actuel gouvernement, dû à l’incoordination de ses actions, crée une situation explosive, qui se manifeste entre autres, par les dissensions au sein du patronat, l’instrumentalisation des revendications syndicales, les manœuvres dilatoires du clan Kouyaté, la tentative de démarcation du ministre des finances, dont l’action bien que saluée par la plupart des critiques, demeure comme un grain de sable dans l’immensité océanique, les manipulations de l’entourage présidentiel et les maladroites et peu crédibles arbitrages des institutions républicaines. Et dire que la devise de la république est : Travail-Justice-Solidarité. On aurait pu faire des envieux si, ces magnifiques mots se traduisaient dans notre réalité. A tous les chelous, on ne peut que souhaiter une chose : fire burn them all… BAYO Abidine
GUINEE: L'EXTASE POUR CENT BUS
Le 13/05/2008
Tandis que de nombreux gouvernements des pays de la sous région s’efforcent de relever, chaque jour qui passe, des défis titanesques pour améliorer les conditions de vie de leur population, notre gouvernement de consensus s’auto congratule d’avoir importé une centaine de bus pour, dit-on, soulager les pauvres populations de Conakry. Si la volonté de ces gouvernants est de rompre avec les maux qui ont toujours gangrené notre pays, alors ils feraient mieux de déloger ces mauvaises pratiques, notamment les gestions calamiteuses, faisant partie du fonctionnement de la République depuis maintenant cinquante ans. La volonté n’est pas de critiquer ou de jeter du discrédit sur l’importation de ces 100 bus mais plutôt d’attirer l’attention sur plus de sérénité et de vigilance. Il est utile de rappeler, qu’en Guinée, ce n’est pas parce qu’on a les moyens qu’on atteindra forcément la fin : nous avons une entreprise s’occupant de la distribution d’eau mais nous manquons cruellement d’eau dans nos pompes, nous avons une entreprise distribuant de l’énergie mais notre quotidien est rythmé par les seules lumières du soleil et de la lune, nous avons une commission chargée de faire des enquêtes sur les évènements de janvier et février mais nous n’avons eu aucun coupable, nous avons des magistrats et des tribunaux mais une sérieuse carence en justice n’est plus à démontrer ;alors permettez nous de douter du fonctionnement pérenne des ces bus qui ne pourra se faire sans une gestion saine et rigoureuse. Refusons de croire, du moins pour l'instant, que maintenant qu’on a des bus, le guinéen n’aura plus de problème de déplacement. Ce gouvernement doit utiliser le résidu de confiance placé en lui pour accomplir avec sérénité et rigueur la mission qui est la sienne. La place n’est aucunement à l’auto congratulation mais plutôt au travail !
Koumbassa Alassane
LA REPUBLIQUE DE GUINEE SUIT AVEUGLEMENT LA TEDANCE DES PAYS OCCIDENTAUX EN MATIERE DE RETRAITE:
Le 25/04/2008
Pour comprendre que la République de Guinée suit une mode aveuglement, nous allons essayer de comparer les populations guinéennes et occidentales qui se lancent sur ce chantier de l’extension de l’âge à la retraite. Essayons de poser cette équation qui est la suivante : [Attribut Pop guinéenne= ? Attribut Pop. Occidentale] = Extension de la retraite En effet, pour résoudre cette égalité algébrique, savoir que nous ne sommes pas confrontés aux mêmes réalités que ces pays, nous allons essayer de dégager les caractéristiques communes, et les raisons qui ont poussé les pays occidentaux à adopter l’extension de l’âge à la retraite, et, nous allons ensuite essayer de voir si la République de Guinée se rapproche plus ou moins de ces spécificités de quelques nations occidentales (France, Allemagne, Espagne, la Grande Bretagne, etc). Cela étant, les caractéristiques principales des populations de la majorité des pays occidentaux est la suivante, je dis bien la tendance qu’on pourrait mettre en évidence, je ne parle pas des exceptions qui pourraient se dégager v Vieillissement dramatique de la population, donc le papy boom v Baisse drastique de la natalité ; v Expérience de vie très longue Par exemple en France, nous avons 2 enfants par femmes, avec une espérance de vie de 76 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes(En plus il faut préciser que la France a la meilleure performance dans l’Union européenne en matière de naissance). [Royaume Uni 75 ans la moyenne, donc, grosso modo, la moyenne pour les pays développés est de 78 ans). Et il faut dire que le taux de natalité de l’Allemagne reste l’un des plus faibles du monde développés (8,25 pour mille). Quel est le problème qui est posé par ces phénomènes : C’est comment trouver l’argent pour financer les retraite, l’assurance chômage, l’assurance invalidité, quand on sait que d’une part, les gens restent plus en vie, et d’autre part il y a moins de naissance, donc, il faut augmenter l’âge, le taux d’emploi des « seniors ». C’est dans cette logique que l’Allemagne a adopté une loi de relèvement de l’âge à la retraite (de 65 à 67 ans entre 2012 et 2029) afin de trouver des fonds pour financer efficacement son système de retraite, pour éviter le crash et les déficits budgétaires qui se creusent tous les ans. Maintenant, quels sont les traits fondamentaux de la population guinéenne. Nous avons en République de Guinée, une population majoritairement jeune (44% de la population ont moins de 15 ans), avec une espérance de vie à 50 ans pour les femmes, et 48 ans pour les hommes, avec un taux de fécondité de près de 6 enfants par femme. Ainsi, après avoir étaler les caractéristiques de la population guinéenne, on se rend compte que nous sommes de très loin des réalités démographiques des pays qui se lancent dans les politiques d’extension de l’âge à la retraite. Il ne s’agit pas reproduire, copier les politiques que les autres pays adoptent, mais il s’agit de très bien lire entre les lignes les bonnes politiques qui ont réussi chez les autres, et essayer de voir si ces politiques peuvent résoudre les problèmes en Guinée, mais sinon ça devient du mimétisme culturel et politique, en un mot du copier coller. Certes, le relèvement de l’âge à la retraite est une tendance universelle, mais, est ce que cette tendance universelle concerne la Guinée, est ce qu’il y a une urgence dans ce domaine. La Guinée ne doit pas suivre la tendance universelle en matière du rallongement de l’âge à la retraite, mais par contre elle doit adopter des réformes, des politiques publiques par rapport aux réalités économiques que les populations guinéennes sont entrain de vivre. Par conséquent, une fois de plus, les jeunes ont été « immoler » par les syndicats, le patronat, le gouvernement, et par nos élus irresponsables politiquement qui ne cherchent pas à peser le pourquoi d’une telle réforme. Il faut s’attaquer aux vrais problèmes, j’ai bien salué l’ouverture de la session par le président de l’Assemblée nationale, lorsqu’il (président AN) a annoncé dans les jours prochains, les projets de loi sur la parité, sur les handicapés, mais franchement la réforme sur le relèvement de l’âge à la retraite n’a pas sa raison d’être. La République de Guinée n’a pas une population vieillissante, et l’espérance de vie moyenne du guinéen est 50 ans. Il s’agit d’améliorer les conditions de vie du guinéen, des travailleurs, mettre fin à la nébuleuse qui sévit à la Caisse nationale de sécurité sociale. En outre, il y a un problème qui existe déjà en Guinée : C’est se teinter les cheveux pour toujours paraître jeune, falsifier les extraits de naissances. Donc, officieusement, les agents de l’Etats travaillaient et travaille encore jusqu’à 70 ans pour ceux qui ont la chance de vivre 70 ans. Avant de s’engager sur les réformes bidons et hâtives, il faut s’attaquer aux racines des choses, comme l’état civil, où l’on a pratiquement aucun fichier. Il y a une multitude de foule de domaine où il faut engager des réformes, et non sacrifier la moitié de toute une population que constitue les jeunes. Cette politique n’est pas la bonne pour avoir une meilleure sécurité sociale en Guinée qui n’existe d’ailleurs guère. Par ailleurs qui sont les caisses de retraite en Guinée ? Bien évidemment, ce sont les enfants, les cousins, les neveux, les nièces, ces jeunes qui prennent en charge les familles de leurs parents chômeurs (euses), retraité-es, invalides, etc.
Touré Ibrahima Sory, écrivain spécialiste en droit de l’homme, Montréal, istofr@yahoo.fr
LES PARTIS POLITIQUES MOINS DEMOCRATIQUE QUE LE REGIME DE LA DEUXIEME REPUBLIQUE:
Le 25/04/2008
Selon le petit Larousse, la légitimité est la qualité de ce qui est fondé en droit, en justice, ou encore en équité. Ainsi, on utilisera plus la notion de légitimité qui est un peu différente du principe de la légalité qui fait plutôt référence déjà la soumission de l’administration aux règles de droit, et aussi déjà la répression des comportements (droit pénal), mais la frontière entre les deux (2) notion est minime en pratique. Pour être en logique avec le libellé de cette analyse, on essayera de situer l’origine de la légitimité d’un chef de parti (I), et, donner le portrait de quelques grands partis politiques guinéens en la matière (II), et enfin comment l’absence de légitimité et la non « circulation des élites » peut être fatale à un parti politique (III). I. La légitimité dans un parti politique légitimité d’un chef de parti, d’un président de parti, d’un secrétaire général de parti, peu importe le nom qu’on pourrait lui donner est une question fondamentale dans toute démocratie. Sur ce, on pourrait se poser la question d’où vient la légitimité pour diriger un parti politique dans un régime démocratique? Évidemment, la logique qui s’impose pour l’élection d’un président de la République, d’un premier ministre, doit être la même logique pour être président de parti politique. En d’autres termes, de même que les citoyens ont le droit fondamental de choisir leur président de la République, les membres, les militants ont aussi ce même droit de choisir leur président de parti. On ne peut pas être défenseur d’une valeur, et être en même temps contre cette valeur. Nous avions vu en décembre 2007, l’élection de JacoB Zuma à la tête de l’ANC en Afrique du Sud, et, pourtant Zuma a battu une personnalité de grande envergure qui est le président Thabo Mbeki. Ce sont les règles de la démocratie qui ont voulu les choses ainsi. Cependant, en mettant en parallèles nos partis politiques à ceux des autres pays, on pourrait se demander, est ce qu’il y a véritablement des congrès en République de Guinée. II. Le portrait des partis politiques par rapport à la tenue d’un congrès Dabord hormis leur régionalisation et leur caractère ethnique (sauf exeption), on pourrait affirmer qu’il n’y a pas assurément de congrès, de convention pour être à la tête des partis politiques guinéens. Les partis politiques guinéens, surtout ceux de l’opposition qui réclament plus de démocratie, qui réclament l’instauration d’un jeu égal, sont paradoxalement les mêmes organisations où l’on constate l’absence d’égalité, de transparence, de débat, de pluralité d’opinion, de démocratie pour être à la tête de ses organes de décisions. Ces leaders politiques qui se prennent pour des « pro démocrates » sont loin des vertus démocratiques. Pour arguer mes propos, je bâtirai mon enchaînement logique d’arguments sur trois (3) partis politiques de l’opposition : le RPG, l’UPR, l’UFDG A. Le Rassemblement du peuple de Guinée RPG Le RPG est l’un des partis de l’opposition qui s’abrite sous le parapluie des principes démocratiques et républicaines. Cependant, lorsqu’on se réfère à l’article 20 du règlement intérieur de ce parti, il est dit quelque part que : « Le bureau politique est l’organe de direction et d’administration du parti […] . Il comprend 23 membres élus dans les conditions définies par l’article 33 des statuts du parti (excepté le président) ». Donc, nous voyons à l’arrivée, comment le président est au dessus de la mêlée politique, une forme de monarchie à la RPG. On pourrait fonder un parti, mais être éternellement président de ce parti sans des élections à des intervalles réguliers est inadmissibles en démocratie. B. L’Union pour le progrès et le renouveau UPR Ce parti a été fondé par feu Siradio Diallo (paix à son âme). Il faut dire que le parti a été le fruit de la fusion de trois (3) formations politique (PRP,UNR,ANE). Par le culte de la personnalité, Siradio fut d’abord président du PRP jusqu’à la fusion, et fut président incontestée de l’UPR sans un véritable congrès jusqu’à sa mort. À la mort de cette grande personnalité, il faut le reconnaître, la succession fut mouvementée pour la présidence, et pour la vice présidence. Cette situation a donné naissance aux dissidences de quelques personnalités et membres du parti vers d’autres partis. En outre, c’est cette manque de légitimité qui vient de causer des contrariétés et la contestation du leadership du président Bah Ousmane. C. L’Union des forces démocratiques de Guinée UFDG Ce parti qui a été repris par Bah Mamadou lorsqu’il fut débarqué de l’UPR, est aussi à l’image des autres partis politiques guinéens. Récemment, Bah Mamadou a donné la présidence de ce parti dans des conditions obscures à l’un des présumés fossoyeurs de l’économie guinéenne. Cellou Dalein Diallo a été investi président de l’UFDG sans compétition et dans les conditions alambiquées. Du reste, ce qui est invraisemblable et paradoxal, Bah Mamadou qui a passé la moitié de sa vie à combattre le pouvoir de Lansana Conté, « revend » son parti à une personne qui a incarné pendant longtemps le régime de la mauvaise gouvernance et de la corruption institutionnalisée. Lorsque je vois les guinéens se battre pour cet homme, j’ai du mal a digéré cela, et, je comprends que le guinéens est un profiteur, un égoïste, un ethnocentriste. Je peux comprendre les guinéens qui soutiennent, qui se battent pour Bah Ousmane, Alpha Condé, Jean Marie Doré, car le doute profite à ces hommes là, dans la mesure où ces personnes n’ont pas été associées encore à la haute fonction publique (ministre, premier ministre, président). Je sais et partage l’idée que tout guinéen est libre de supporter tel ou tel opposant politique, mais j’aimerais que l’on m’explique le soutien à un Cellou Dalein Diallo, car cet homme est loin de notre aspiration. Il (Cellou) a déjà été aux commandes, il a déjà fait ses preuves, il n’a pas pu améliorer la vie des guinéens, et il n’a pas eu le courage politique de démissionner, qu’est ce que l’on attend de lui alors? III. Les dissidences comme conséquence de l’absence de démocratisation La consolidation, l’imposition d’un leader politique de façon éternelle débouche souvent sur la fragmentation du parti. C’est ce que l’UPR a connu au décès de Siradio Diallo, et c’est ce qu’il est encore entrain de récolter. Cette situation a déjà eu lieu pendant le règne de Sékou Touré. Le PDG a connu des dissidences au congrès de Foulayah, en l’occurrence celle de Bangaly Camara lorsque Sékou Touré a voulu être un tout, mais comme on était loin d’être dans un régime démocratique, Bangaly Camara fut arrêté quelques mois plus tard. Donc, face à la dissidence, il y a deux (2) solutions. Soit, on va aller former une autre formation politique, ou on va rejoindre un autre parti politique. Par ailleurs, c’est cette même situation qui a été très fatale pour Abdou Diouf pendant les élections présidentielles de 2000. Lorsque Diouf a imposé Ousmane Tanor Dieng, le PS a été victime de deux (2) grandes dissidences. La première de Moustapha Niasse qui a obtenu 16,76 % au premier tour des présidentielles de 2000, et la seconde dissidence est de Djibo Ka. Pendant le deuxième tour, Niasse a fermé la porte à Diouf, en affirmant ceci : « La voiture dans laquelle je me trouve est déjà en route et ne peut pas faire marche arrière » Enfin, il faudrait dire que face à cette absence de démocratie dans les partis politiques, l’ouverture au débat, et à la pluralité des opinions, les guinéens doivent se battre corps et âme afin de changer la constitution, le code électoral pour que les candidatures indépendantes soient effectives.
Touré Ibrahima Sory, écrivain spécialiste en droit de l’homme, Montréal, istofr@yahoo.fr
LES ELECTIONS LEGISLATIVES EN LIGNE DE MIRE
Le 11/04/2008
Les partis politiques dans leur ensemble, observent sans le crier sur les toits, une certaine attitude de satisfaction, face à la situation de chaos que constituent les escarmouches au niveau de l’exécutif, car d’une telle atmosphère de déliquescence des structures de commandement, leur champ d’action devient propice à la proposition d’alternatives de modes de gouvernance dans un avenir proche, favorisant ainsi l’adhésion des populations, à des programmes de sociétés, susceptibles de garantir une relative sécurité sociale et économique, compte tenue de l’urgence des attentes. Le caractère obsolète des mécanismes de gestions économique et financière, magnifié par les dérives courantes, dans la gestion administrative, du fait du non respect des principes de moralité et d’éthique dans l’action publique, nous font admettre qu’au-delà des difficultés inhérentes à la conjoncture économique internationale, le problème de mal-gouvernance dans notre pays, est profondément lié au relâchement des mœurs, qui se traduit par l’inaptitude chronique de nos décideurs politiques, à privilégier les rapports de cordialité, par la coopération et la concertation, dans leurs prises de décisions engageant l’intérêt général du peuple de Guinée dans son intégrité. Face à ce constat, les discours propagandistes, n’ont aucune chance de trouver un écho favorable, car ce peuple, trop longtemps privé de son droit naturel à aspirer au bonheur, par la simple satisfaction de ses besoins primaires, à force d’être manipulé et instrumentalisé, a compris la machination dont il est victime et s’astreint désormais à suivre aveuglément des crieurs publics, qui se déguisent en guides spirituels, pour nos orienter vers des horizons ténébreux, dépourvus de lueurs d’espoir. Dans cette lutte perpétuelle pour la survie quotidienne, l’énième augmentation du prix du carburant et son effet domino sur les prix des denrées de première nécessité, est de nature à augmenter le désarroi des plus démunis d’entre nous. Dans pareilles conditions, le sentiment d’injustice et de haine, se justifie par le contraste existant entre l’utilisation des moyens étatiques et les résultats probants sur le terrain, à cause non pas seulement, de la limitation des ressources, mais bien évidemment, cette situation est une simple résultante de l’aliénation des esprits, qui se manifeste par le comportement mafieux des groupements d’intérêts particuliers, d’hommes et de femmes, à qui on a pourtant, accordé le privilège d’avoir l’honneur, d’incarner les aspirations de la société tout entière. La mission qui leur est dévolue, est de donner un sens positif à notre existence en tant que nation épanouie et œuvrant au rayonnement des idéaux de paix et de prospérité dans le monde. Malheureusement, l’orientation politique dans notre pays, est contraire aux aspirations de la population, qui continue de végéter dans la pauvreté et la misère en se demande chaque jour que Dieu fait, à quand la fin de nos malheurs ? Dans ce cas, point de réjouissance pour les guinéens que nous sommes, tant qu’on n’aura pas compris qu’il faille que l’on se remette résolument en cause, dans nos comportements individuels, guidés trop souvent, par le seul profit personnel, en ayant malheureusement à l’esprit, ce faux entendement de la fonction politique, comme moyen d’enrichissement illicite. La fonction politique sous tous les cieux, va de paire avec les privilèges, mais dès lors que la priorité est donnée aux droits par rapport aux devoirs, son exercice se trouve dénaturé par l’hypocrisie qui consiste trop souvent, à demander aux autres, ce qu’on ne fait pas soi même. Dans le cadre guinéen, la responsabilité dans la dilapidation des deniers publics, est œuvre commune d’une majorité substantielle de nos décideurs, se situant dans tous les maillons de la chaîne des structures directionnelles, les rapports d’audits des départements ministériels récemment rendus publics, en font largement foi. Mais comment responsabiliser les gens et leur demander des comptes, quant le laisser-aller devient une pratique structurée, à la limite de l’institutionnalisation, tant elle est profondément ancrée dans les mœurs ? L’initiation, la coordination et le suivi de politiques de développement, dans le cadre d’une gestion économique et sociale efficace et efficiente, qui permette une lecture claire dans le processus d’évaluation et d’appréciation des données, demeure le seul gage de réussite de nos différentes entreprises, en prenant en compte la stricte application des textes réglementaires qui régissent le fonctionnement de nos institutions. Encore une fois, on ne peut qu’être sceptique quant à la suite à donner aux recommandations de ces fameux audits à cause de l’impunité ambiante. Ce nouvel acte ne peut malheureusement être vu, que comme une autre parade de façade, destinée à épater et ameuter l’opinion publique, en brandissant la menace d’une grève qui n’emballe pas fort la population, soucieuse de sa survie quotidienne et dorénavant habituée à ce genre de manœuvres, toutes les fois qu’une action de désapprobation est faite de la part du général Conté à l’encontre du P.M. Ce climat d’incompréhension et de frustration, ne peut perdurer, car les inquiétudes à la nomination de M.Lansana Kouyaté à la primature, étaient que le général ne lui laisse les coudées franches dans la réalisation de sa mission. Dés lors que maints exemples prouvent aujourd’hui cet état de faits, au-delà des oppositions de principe à la personne du P.M, l’intérêt du peuple de Guinée, est que s’opère une rupture à l’amiable de ce couple qui ne répond plus aux critères de conduite normale, de la classe dirigeante d’une nation, qui se veut prospère et progressiste. Aujourd’hui, entre autres objectifs à brèves échéances, nous avons la tenue d’élections législatives libres et transparentes, dont l’acquisition du principe d’organisation, ne doit être perçue comme une fin en soi, bien que si elles se déroulent et aboutissent convenablement, elles favoriseront un rééquilibrage des rapports de forces au sein de la future assemblée nationale, avec une tendance favorable à l’opposition, dans la perspective de la constitution d’un groupe parlementaire majoritaire, situation dont on peut attendre des résultats concrets dans les prises de décisions stratégiques. Dans cet ordre d’idées, si la nomination d’un nouveau P.M n’est pas une contrainte constitutionnelle pour le Président de la République, la pression populaire sera de nature à légitimer cette option et vue l’allure où vont les choses, l’on peut se réjouir du fait qu’en plus de l’arme fatale que constitueront les possibilités de motions de censure, à l’encontre de la politique gouvernementale, il y’aura la probabilité de la mise en place prochaine d’une procédure légale de destitution du Président, pour cause d’incapacité physique et moral consécutive à son état de maladie, clouant du coup au pilori les ambitions malsaines d’une poignée d’individus, qui continuent obstinément à graviter autour du président et qui pour assouvir leurs besoins d’influence et de maintien dans les méandres du pouvoir, contre le gré de la population, usent de tous les moyens de pression, y compris occultes, prenant en otage le peuple opprimé et traumatisé, qui ne demande rien de plus que justice lui soit rendue, sans occulter notre passé, aussi lourd qu’il soit, de faits peu reluisants sur le plan humain.
BAYO Abidine
DES MANOEUVRES POLITICIENNES QUI NOUS EGARENT
Le 31/03/2008
Le combat politique est une lutte de longue haleine, qui requiert un investissement physique, moral et matériel constant, car le champ de bataille est tributaire des enjeux de l’instant présent, qui se nourrissent des expériences du passé, pour déterminer les perspectives d’avenir. En cela, les prises de position des acteurs politiques, par rapport aux sujets d’actualité, déterminent leurs visions singulières, de l’approche de la gestion publique des affaires, dans le cadre de l’exercice du pouvoir. L’action gouvernementale s’inscrit dans cette logique qui voudrait que la quantification du degré d’aboutissement des objectifs assignés dans la détermination des politiques prévisionnelles, serve de base à l’évaluation et l’appréciation analytique des résultats atteints. Pour ce qui est de la situation actuelle en guinée, les avis divergent et reflètent des positions antagonistes, selon qu’on se situe dans le camp pro-gouvernemental ou dans l’opposition, une confrontation passionnelle d’idées, qui met en péril l’objectif de changement et de réconciliation nationale, née de la volonté populaire manifestée lors des soulèvements, qui ont aboutit à la nomination de l’actuel P.M De toute évidence, il y’aura un avant Lansana Kouyaté et un après Lansana Kouyaté et si aujourd’hui, l’on peut noter quelques actes posés ça et là, qui donnent lieu à des controverses, au regard non seulement, de la situation catastrophique héritée du passé, mais aussi de l’ambigüité des méthodes de gestion actuelles, il est à remarquer que jamais dans notre pays, un P.M n’a soulevé autant de débats et de passions. Au fil du temps, on remarque que la présence de M. Lansana Kouyaté à la tête du gouvernement dit de consensus et dont la mise en place avait suscité pas mal d’espoir au sein de la population, soulève aujourd’hui maintes inquiétudes, surtout avec le bras de fer qui l’oppose actuellement au général Conté, dans une sorte de guerre froide, qui se mue de jour en jour, en bataille rangée et à couteaux tirés, entre les différents clans constitués, au gré des intérêts particuliers des uns et des autres. A l’entame de cette confrontation qui a vu le limogeage de Justin Morel Junior, selon la formule consacrée de la réponse du berger à la bergère, le P.M désemparé, avait brandi la menace que constituait la création de la commission d’enquête sur les massacres perpétrés en janvier et février 2007, dont on a cru comprendre la nomination et la prestation de serment des membres. Cet effet d’annonce laissait naturellement croire, à l’application logique d’une des dispositions contenues dans la feuille de route dont il a la conduite et fort malheureusement le constat est que tout cela est tombé dans le tiroir des oubliettes, déjà débordant de promesses fallacieuses, à la mesure de la mégalomanie et de l’ambition démesurée, qui ne trouvent écho, Dieu soit loué, que dans les oreilles de fanatiques profiteurs, qui croient naïvement, à la pérennité d’un système moribond, voué tôt ou tard à l’échec. L’association incompatible de visions disparates à la tête de l’exécutif, prouve que le mariage alors scellé au non du peuple, à travers les accords tripartites, était par la force des choses, celui de la raison, pour une sortie de crise et non celui de l’amour de la patrie, pour une action concertée et conscientisée au bénéfice des administrés, qui deviennent malgré eux, des victimes collatéraux, de ces mesquines querelles de personnes. Les interférences liées aux conflits de compétences sciemment orchestrés et entretenus, dans le dessein inavoué, de brouiller les cartes et focaliser l’attention de l’opinion, sur des questions de non sens qui contribuent à exacerber les rancœurs, ont pour objectif, de fragiliser le camp adverse pour favoriser sa discréditation et son abattage systématique. Dés lors, on est en droit de se poser la question de savoir, à quoi riment ces chamboulements et ces prises de bec, à l’exemple de cette rocambolesque affaire de Mme Chantal COLE, qui vient s’ajouter aux dernières nominations de personnalités hostiles au P.M, comme membres de son gouvernement, dont il n’a plus que de nom, comme coordinateur des actions, toutes choses se situant à n’en point douter, dans une stratégie de positionnement et de rapport de forces, en dénaturant ainsi, l’essence et la philosophie même de la politique, à travers la priorité donnée à la seule conquête de prérogatives personnelles de commandement et de privilèges qui en résultent. L’aveuglement de nos dirigeants, dans cette lutte sans merci de conquête du pouvoir, où tous les coups semblent permis, est favorisé en grande partie, par la manipulation spirituelle des marchands de rêve, auxquels se fient pieusement les arrivistes, qui croient dur comme fer, aux formules incantatoires ésotériques, sensées leurs ouvrir grandement, les portes de l’ascenseur social, au détriment des préoccupations quotidiennes des populations, qui assistent désabusées à l’instrumentalisation de leur misère. Le pain ne saurait être béni, tant que des impies mettront la main à la pâte et présentement, il serait hypocrite de croire un tant soit peu, à l’efficacité d’un gouvernement embourbé dans des dissensions internes et dont les membres peinent à s’asseoir sur la même table, pour conjuguer à l’unissons leurs efforts de redressement économique et social. Le silence ne doit être un oubli en ces instants d’incertitude, au risque de donner la place belle, au laisser-aller de nos dirigeants, qui expriment sans relâche et comme par défit, leur don d’ubiquité, de manière irresponsable et désinvolte, faisant de nous des éternels loosers, qui semblent se plaire à jouer à qui perd, gagne.
BAYO Abidine
Le 19/03/2008
Cela fait plus d’un an que nos sœurs et frères sont tombés, sous les balles assassines des militaires guinéens et bissau guinéens, pour avoir voulu faire basculer le destin de la mauvaise gouvernance sévissant depuis maintenant un demi-siècle dans notre pays. Bravement ces martyrs ont affronté cette obscurité guinéenne où continuent d’agir des acteurs politiques inspirés par l’autoritarisme de la première république et la cupidité de la deuxième république. Voilà donc venu l’éclairage que l’on attendait depuis un demi-siècle, s’était-on dit au moment de la revendication populaire. Hélas l’obscurité, peu à peu, reprend sa place. Il va falloir à nouveau des guides ; fort malheureusement les espoirs ont fondu, les passions sont nées, le clivage des fils de Guinée s’est actualisé. Où en sommes-nous aujourd’hui ? A la case départ me rétorqueriez vous. Mais non ! Nous ne sommes plus à la case départ. Nous ne savons plus où nous sommes. Nous nous sommes égarés et nous avons emporté notre unité nationale dans cet égarement. Notre brève union, qui naquit dans les épreuves passées, n’a pas eu le temps de se fortifier : Le consensus est apparu et notre union a disparu. . Encore une fois, nous nous sommes perdus et nos ennemis de la mauvaise gouvernance, eux, essaient de se retrouver. Dans le pays, la bataille fait rage entre les nouveaux mauvais gouvernants et les anciens mauvais gouvernants. Ils se disputent les sièges de l’Etat tandis que le peuple continue de se battre farouchement contre la vie chère. Mais, jusqu’à quand dureront le manège des gouvernants et le désespoir de la population ? On continue de patauger dans la boue de la division, du repli sur soi, de la vengeance. Les ethnies se déclarent, l’union nationale continue de périr, le paysage politique devient de plus en plus flou et notre combat ne fait que s’enliser. Dans les conditions actuelles, il serait fictif d’affirmer que les prochaines élections législatives, pressenties par nombre comme solution miracle, seront organisées de façon honnête et sereine. Elles contribueront plutôt à nous éloigner de nos aspirations. On peut dors et déjà affirmer que ces élections seront dépourvues de transparence et la plupart de nos partis politiques, ethniques ou pas, la contesteront. Et encore un brouhaha qui viendra s’ajouter à un autre brouhaha, dans le pays de l’obscurité. L’avenir, source d’espoir pour bon nombre de jeunes guinéens, n’est pas prometteur mais n’empêche que nous devrons nous battre tous ensemble pour retrouver le cap de l’unité nationale. Ces jeunes ne sont pas morts pour rien. Vaut mieux être médiocre dans l’excellence plutôt que d’être talentueux dans la médiocrité. Ils sont morts parce qu’ils ont voulu mettre fin à la médiocrité à laquelle le pays a été soumis depuis l’indépendance. Le comble dans tout ça est que les dirigeants du pays s’apprêtent à célébrer cinquante années de désillusion et de mauvaise gouvernance. En guinée, après la défaite… c’est la fête ! Oeuvrons plutôt, comme le propose beaucoup d’intervenants pour que ce cinquantenaire soit synonyme de remise en question, d’unité nationale véritable, de vérité, de pardon, de démocratie à part entière qui contribuera certainement à enclencher enfin notre devise : Travail, Justice et Solidarité. Pour finir, faisons un voeu, cinquantenaire oblige, à cette deuxième République : Vu qu’elle a été aussi nocive que la première République alors souhaitons qu’elle aie, au maximum, la même longévité que celle-ci. Koumbassa
Alassane koumbassa@gmail.com
ET ENCORE UN ABUS DE POUVOIR !
Le 04/03/2008
Le décret présidentiel portant nomination du président du CNC est illégal, et de ce fait la présidence du CNC devient illégale D’abord pour évacuer toute idée préconçue, cette analyse ne prend pas position pour les tenants et aboutissants qui s’invectivent, par ce que tout simplement, les uns et les autres défendent, ou critiquent telle ou telle autorité publique (le Président de la République, le Premier ministre, etc). C’est un constat que je pose, et je le fais à chaque fois qu’une occasion se présente, et évidemment à chaque fois que j’ai le temps. Je ne suis ni pour Pierre, ni pour Paul. Je suis pour le respect de la légalité et le triomphe du droit sur l’autoritarisme. Cela étant, décidément, les guinéens ne veulent pas se débarrasser des mauvaises habitudes. On ne prend position sur un fait politique, économique et social que lorsque le fait en question ne touche pas un ami, un parent, ou un allié. Le constat est que la majorité des guinéens crient au changement, mais chaque guinéen veut un changement unidirectionnel, un changement au détriment des autres. Aujourd’hui, chaque guinéen doit avoir pour combat, la promotion d’un Etat de droit, la restauration de la légalité, de la démocratie et de la bonne gouvernance. Comment est ce qu’on peut délibérément violer une loi de la République comme d’habitude sous prétexte qu’on a un pouvoir décrétale ? Comment les défenseurs de ces valeurs que je viens de rappeler (la liberté, le droit, la démocratie, la bonne gouvernance) n’ont souvent pas une vision critique par rapport aux violations des lois par les autorités publiques, en l’occurrence le président de la République ? Il faut dire, si nous refusons toujours de reléguer, ou d’aligner nos intérêts personnels sur les intérêts généraux, la République de Guinée avancerait difficilement. On se retrouvera toujours dans cette situation, et c’est ce climat qui règne tant à l’intérieur de la Guinée, qu’à l’extérieur de la Guinée : EST ILLÉGAL, TOUT CE QUI TOUCHE LES AUTRES, ET INVERSEMENT, EST LÉGAL, TOUT CE QUI ME TOUCHE ET/OU QUI TOUCHE MES PROCHES, MES ALLIÉS MÊME SI ON EST EN FACE D’UNE SITUATION ILLÉGALE. Sur ce, le décret présidentiel du samedi 1er mars, portant nomination du président du Conseil National de la Communication, est un décret qui vient s’ajouter à la série de violation des lois de la République. Après lecture du C.V de l’actuel président du C.N.C, immanquablement, on aboutit à une violation de la loi Loi/91/06 portant création du Conseil national de la communication. Selon les dispositions de l’article 6 aliéna 2 de la loi susmentionnée, les neuf (9) membres du CNC (le président du C.N.C est compris dans ces 9 membres) doivent être âgés de 40 ans pour être nommés. Attendu que l’actuel président est né le 4 novembre 1973, donc âgé de 34 ans et 4 mois. Etant donné qu’il manque environ cinq (5) belles bougies au nouveau président pour atteindre les 40 ans requis pour bénéficier de cette promotion, on conclut à la violation systématique de la loi régissant le C.N.C. Ce décret est illégal, et par conséquent la présidence actuelle du C.N.C devient illégale, car il n’y a pas de légalité dans l’illégalité. Les lois organisant les différentes institutions républicaines sont différentes les unes des autres. La loi Loi/91/06 portant création du Conseil national de la communication est différente de la loi organique 91/04 portant composition et fonctionnement du Conseil économique et social (CES), et de la Loi organique No 91/008/CTRN du 23 décembre 1991 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Cour suprême, et cetera, et cetera. Ainsi donc, on nomme les personnes à ces différentes institutions (surtout les deux premières) en fonction des dispositions particulières de chaque loi. Le décret de nomination des membres du CNC et/ou du CES n’est pas comme le décret de nomination des membres du gouvernement, car les organes sont différents, les missions sont différentes, etc. On ne nomme pas par ce que ça nous chante de nommer, on nomme selon ses compétences et selon les textes qui régissent la République, les institutions. Dans une République organisée, l’action de toute autorité, de toute institution est balisée par des textes de loi, qui s’impose non seulement aux autorités qui ont mis ces textes en place, mais bien évidemment aux simples citoyens. Certes, je suis pour la promotion des jeunes hommes et femmes aux fonctions de responsabilité, mais je ne pourrais pas parier que ce décret s’inscrit dans cette voie. Selon mes analyses, ce décret s’inscrirait dans les rapports de force entre un président de la République malade qui s’en moque des lois républicaines, et un premier ministre politiquement incompétent, irresponsable et qui commence à avoir la boulimie du pouvoir. Ce décret ne serait qu’un acte tactique, de positionnement, de construction et de renforcement des différents clans vautours qui gravitent autour de l’Etat, et qui n’hésiteraient pas à se dévorer lorsque l’occasion se présente. J’attends alors de voir les commentaires, les réactions des partis politiques, les leaders d’opinion, les organisations de la société civile sur cette nouvelle illégalité de la part du président de la République qui prend la Guinée comme une petite famille africaine où on se croit être le maître absolu des lieux.
Touré Ibrahima Sory, écrivain et spécialiste des droits de l’homme, Montréal. istofr@yahoo.fr
NOUS PREFERONS L'UNITE DANS L'ACTION A LA DIVERSITE DANS LE VERBIAGE
Le 15/02/2008
Il est en ce moment, plus que démoralisant, de n’avoir d’autre choix dans les tentatives d’analyse de la situation guinéenne, que de parler et de parler, encore et encore, des éternels problèmes qui polluent notre existence et du sentiment de frustration qui en résulte, car la vie des guinéens est loin d’être un long fleuve tranquille. Tous les pays au monde connaissent certes des difficultés, qui si elles sont conjoncturelles pour certains, dits pays de démocratie et de pratique de la bonne gouvernance, qui ont su s’adapter aux réalités contemporaines et apprivoiser les contraintes liées à leur évolution sociologique et environnementale, elles demeurent cependant, structurelles pour le lot de pays à la traîne dont fait partie la Guinée, qui de bouleversements en clashs, se trouvent confrontés à des situations de calamité humaine, caractérisées par la profondeur du gouffre entre l’écrasante majorité de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, et quelques privilégiés nantis qui se cramponnent au pouvoir et excellent dans le zèle, dans l’exercice de leurs fonctions. Les soulèvements populaires prévalent ainsi d’un sentiment d’injustice sociale à cause de l’iniquité dans la répartition des richesses de la nation, qui font l’objet de pillage systématique, mettant en péril, les objectifs de croissance économique et sociale. Le manque de perspectives qu’engendrent les tensions politiques, favorise de plus en plus, la fuite en avant de nombre de jeunes vers l’Europe, pour échapper à la misère, à la quête de meilleures conditions de vie, dans des environnements sociaux et politiques, garantissant les libertés fondamentales. Ironie du sort, le supposé eldorado que constitue l’occident, se transforme de jour en jour en enfer, pour un nombre toujours croissant de sans-papiers, dont le quotidien se résume à " bobo, glouglou et dodo", à cause du durcissement de la politique européenne en matière d’immigration, attitude traduisant un signe apparent de changement de mentalités et de stratégies, dans ces pays, qui si auparavant, favorisaient les migrations internationales, par mesure de précaution et surtout de nécessité en raison de la présomption d’un potentiel manque de main d’œuvre, dû au vieillissement de leurs populations, craignent désormais, un envahissement incontrôlable, avec l’élargissement des frontières de l’union, d’où le privilège accordé à la nouvelle politique dite de l’immigration choisie, défendue par la France, qui favorise dorénavant, la venue de personnes compétentes, dans des domaines de croissance économique, à fort besoin de main d’œuvre. Cette nouvelle donne, est là pour nous signifier que rien ne sera plus comme avant et plus que jamais, les africains doivent compter sur leurs propres capacités à initier et à générer des politiques de développement économique et sociale, qui soient de nature à engendrer un environnement propice à l’amélioration des conditions de vie des populations, pour favoriser leur sédentarisation et leur participation effective au processus de changement évolutif et aussi pour encourager le "comme back to home" des nombreux diaspos déçus et blasés par de longues années d’errance à travers le monde et qui, pour cause d’instabilité politique, ont perdu l’amour de leur pays en hypothéquant à jamais, le rétablissement des liens d’avec la terre, mère patrie qui les a pourtant, vu naître. Le plus détonnant, c’est que la plupart de ces expatriés, nomades des temps modernes, se trouvent réduits à exercer des boulots précaires qui ne correspondent ni à leurs compétences, ni à leurs aspirations et deviennent comme disent les ivoiriens, des "womis", grillés qu’ils sont, pile et face, pour être d’une part, peu ou pas intégrés dans leurs pays d’accueil et de l’autre, rejetés par les leurs. Quelle absurdité ! On est bien que chez soi si toutefois, la situation politique et les conditions de vie s’y prêtent et c’est en cela que le rassemblement par rapport aux sujets essentiels, devient une impérieuse nécessité et une opportunité qu’on se doit de saisir, au-delà des diverses sensibilités politiques et au prix de sacrifices qui en valent largement la peine. Alors, le fait d’entendre couramment des gens spéculer sur le remue-ménage au pays, pour enfin dire qu’ils ne sentent aucunement concernés par ce qui s’y passe, dénote d’une attitude d’irresponsabilité de leur part, car pour espérer le changement souhaité et réclamé par tous, il faudrait bien que l’on s’implique tous, peut-être de façons différentes, mais résolument et inexorablement, car de nos actions individuelles, dépendra l’action de la collectivité que nous formons et ambitionnons de sortir de la morosité. Pour parer à l’éventualité d’une destinée funeste de nos ambitions, la gestion politique dans notre pays se doit de considérer de façon objective, qu’on a besoin de compréhension mutuelle, pour concilier des visions et des attentes différentes, dont le dénominateur commun demeure le bonheur du peuple dans son intégrité. Au stade où nous en sommes, il serait irresponsable et surtout préjudiciable de supposer qu’un quelconque parti politique détienne à lui tout seul, une solution miracle, pour venir à bout des difficultés incommensurables auxquelles nous faisons face et parlant de la constitution d’un gouvernement d’union nationale, on se fout éperdument de l’appellation à lui donner, mais le plus important, c’est que l’objectif à atteindre avec la tenue d’élections libres et transparentes, est de dégager une majorité parlementaire, par le jeu démocratique des alliances entre partis se reconnaissant en un même idéal et dont sera issu on l’espère, le futur P.M qui aura pour mission, d’insuffler une dynamique nouvelle dans la politique gouvernementale, dans le respect de l’étique et de la déontologie, par la moralisation de la vie publique et par l’application du principe de séparation des pouvoirs, garantissant l’autonomie et l’indépendance des institutions républicaines, dans leurs prises de décisions. L’adoption de mesures drastiques dans la gestion de la chose publique et draconiennes pour ce qui est des manquements aux règles établies, sera d’un apport positif dans ce sens. Seulement, les groupes de pressions qui ont pour manie d’entraver l’action gouvernementale, par la manipulation et les coups de bas, simplement par le fait de considérer que tous ceux qui ne sont pas avec eux sont contre eux, continueront leur sale besogne et pour ne pas leur prêter le flanc dans leur tentative de déstabilisation, l’on doit admettre que dans tous les camps, il y’a des bons et des mauvais, raison pour laquelle, il sera nécessaire et judicieux, de ne pas faire d’amalgame, par le conditionnement des esprits, à l’idée d’un cantonnement de toutes les forces vives, dans un enclos estampillé d’une encre indélébile "bon à rien". On se doit de faire une association compatible, autant que faire se peut, de toutes les bonnes volontés, dans un esprit d’ouverture et par souci d’efficacité, car de la pluralité des points de vue spécifiques, naîtront des solutions à la satisfaction de tous et dans l’intérêt général. Pour notre salut, on a besoin de tenir compte de toutes les expériences, celles bonnes pour en soustraire le maximum de profits et celles mauvaises, pour en tirer des enseignements utiles à notre avancement. Dommage qu’à l’avènement du pluralisme en Guinée, on ait pas admis le principe de bipolarisation du paysage politique envisagé par le général Conté, car s’il n’était aujourd’hui question que d’opposition et de mouvance présidentielle, le choix aurait été vite fait, en nous évitant en prime, les quiproquos entre pédants politiciens, pour l’affirmation d’un leadership, qui sera sans nul doute, incarné à l’avenir, par un homme ou pourquoi pas une femme, de préférence qui ne soit pas de cette "old school" régie par l’idéologie et le dogmatisme, et qui serait à mesure de ressentir sincèrement les préoccupations du Guinéen et de combattre vigoureusement les tares connus de tous, comme étant les véritables maux de notre société. Le choix qui s’impose à nous aujourd’hui doit dans ce cas, être guidé non pas par la passion, mais par la raison, en parfaite connaissance de cause de la volonté et des ambitions des prétendants au pouvoir suprême, à travers leurs actions concrètes sur le terrain et leur réelle capacité à tenir dans la bonne direction, le gouvernail du navire Guinée.
BAYO Abidine
LA GUINEE EST UN SINGULIER PAYS DE REMUE-MENINGES
Le 09/02/2008
La principale menace de stabilité politico- sociale en Guinée, peut s’apparenter à ce qu’il convient de qualifier, de corrosion des fondations de notre bâti social, phénomène qui se caractérise par des tensions ethniques, dont la flamme incandescente, est ravivée par des prises de positions idéologiques partisanes, reflétant et conditionnant davantage, l’exaspération des clivages et les risques inhérents d’affrontement. Dés lors, on se retrouve face à un cas de conscience, qui mérite de constituer un exaltant sujet de préoccupation et de cogitation sur notre identité culturelle, qui souffre d’une sorte de déperdition patibulaire, due à l’incompréhensible et inadmissible incapacité, ou plutôt entêtement à comprendre, la nécessité d’une acceptation de la différence, dans une logique d’échange et de complémentarité, entre les composantes qui forment notre nation. Un diaporama des différentes étapes de notre évolution sociologique, montre que l’une des causes si peu lointaines de ce phénomène, se situent dans la structuration territoriale du pays en régions naturelles, avec chacune d’elles, des spécificités sur le plan climatique, végétation, relief et même linguistique, prédisposition naturelle, qui a servi de prétexte aux dirigeants de l’ancien régime, d’initier des politiques disparates, dont entre autres, la configuration hétéroclite du système éducatif, par une subdivision de la carte scolaire, en fonction de la prédominance linguistique, favorisant du coup, le repli identitaire et hypothéquant l’éclosion de visions harmonieuses, susceptibles d’améliorer notre existence et notre devenir en tant que nation. Dans pareil cas de figure, comment imaginer la consolidation des rapports sociaux, si l’enseignement et la formation de la principale frange de la population que constitue la jeunesse, sont basés sur des critères subjectifs, qui ne favorisent en rien le rapprochement entre les cultures, par le manque de politique adéquate d’intégration et d’épanouissement. La diversité culturelle se devait pourtant, d’être un atout majeur, source de richesses aussi matérielles que spirituelles, mais hélas qu’elle s’est trouvée instrumentalisée, dans un but de confrontation et division, environnement propice à l’assise d’une domination au profit d’intérêts particuliers. L’existence d’une langue dominante, dans laquelle tout le monde se reconnaît plus ou moins, est de nature à casser les barrières, en facilitant la communication et le dialogue intercommunautaire, comme c’est le cas dans des pays limitrophes : la Côte d’Ivoire (Djoula ou Français), le Sénégal (Wolof), le Mali (Bambara), contrairement à ce qui se passe dans notre pays, où les principales ethnies, par leur importance numérique, cherchent toutes, à légitimer leur suprématie, en incarnant le pouvoir qu’elles s’estiment dignes de pratiquer mieux que quiconque, par le fait de s’adjuger de façon prétentieuse, le monopole de la noblesse, en souvenir des périodes de règne de l’Afrique précoloniale. L’assise de cette obsession, se manifeste à travers une plus grande représentativité de l’ethnie de l’homme aux commandes des affaires, dans la sphère politique, leur assurant ainsi une certaine hégémonie, dans la direction et la gestion de la chose publique. Cette prépondérance, s’exerce par l’usage malsain de l’exclusion discriminatoire pour les uns (la majorité pataugeant dans la misère) et le favoritisme probatoire pour les autres (la minorité vivant dans l’opulence), causant par ce biais, de sempiternels problèmes sociaux, qui gangrènent notre vie en commun. Rien de surprenant de voir ainsi des oppositions stériles de personnes qui se sentent en déphasage total, par rapport à l’idéal commun de paix et de justice sociale, situation née la divergence de leurs intérêts et de l’hétérogénéité de leurs aspirations. Dés lors, toutes les actions menées au nom de la nation s’en trouvent affectées, car elles ne reflètent point, la volonté d’entreprise commune, synonyme de conjugaison des efforts de tous et pour le bénéfice de tous. L’embellie dans ce ténébreux paysage, ne saurait être réalité, tant que l’on continuera de se juger, à travers l’étiquette ethnique et tant que la promotion sociale dans notre pays, continuera à faire abstraction du mérite et du talent, car le favoritisme et le clientélisme, qui ont actuellement cours, ont depuis belle lurette montré leurs limites, en témoignent les retournements de vestes, de personnes connues et réputées être de fervents défenseurs de l’intérêt supérieur du peuple, par leurs critiques acerbes à l’égard de nos dirigeants et qui une fois les pieds mis à l’étrier, se laissent facilement aller à la dérive, en épousant les méthodes et pratiques perverses du système, dont ils deviennent parfois les chantres. Honte à tous ces surpris de la vie, qui se voient parachutés à des postes de responsabilité, sans conviction et par conséquent sans ambition pour le pays, qui a pourtant plus que jamais, besoin d’hommes et de femmes capables de se transcender et de se saigner pour l’amélioration quantitatif et qualitatif de nos conditions de vie, seule digne voie de salut, pour toute personne se disant noble et agissant pour ainsi dire, en totale adéquation entre le dire et le faire. A ce sujet, il est de notre intérêt à tous, de mettre fin à la diabolisation de personnes issues de la diaspora, que l’on a trop souvent tendance à taxer d’opportunistes, qui se prennent pour des donneurs de leçon et qui font étalage de leurs connaissances, alors que leur seul tort est de vouloir participer au débat politique qui les concerne au même titre que tous les guinéens, en apportant leurs idées et en proposant leurs compétences et leurs expériences.Ces diaspos se doivent quant à eux, de se débarrasser de leur complexe de supériorité et comprendre que les guinéens restés par la force des choses au bled, pour être en contact direct avec les dures réalités du pays, qu’ils vivent au quotidien, sont à considérer et à respecter dans leur dignité d’homme, malgré les difficultés d’ordre matériel qui sont les leurs, indépendamment de leur volonté, qui est de connaître le bonheur. Par ailleurs, nos aînés doivent comprendre la nécessité impérieuse de donner opportunément, la chance à la jeunesse de s’affirmer pleinement et sereinement, par sa responsabilisation et sa promotion culturelle et sociale, car s’il se dit en Afrique qu’un jeune debout ne peut voir, ce qu’un vieux assis aperçoit, parallèlement, l’on dit aussi que si jeunesse savait et si vieillesse pouvait. Une façon éloquente d’affirmer l’interdépendance entre les générations et la solidarité qui s’impose entre elles. La Guinée est un tout dont il faut prendre compte dans toute sa globalité et dans ces différents aspects, pour se sortir de cette léthargie et cette décadence. Nul de décide de son appartenance sociale ou territoriale. Nous sommes nés guinéens et guinéens nous resterons embarqués sur le même navire, qui pour avancer sur les eaux tumultueuses du monde contemporain, a besoins des efforts de tous et de chacun.
BAYO Abidine
CAN 2008 : La GUINEE SORTIE PAR LA PETITE PORTE
Le 04/02/2008
Pas de surprise pour ce match de ¼ de finale ayant opposé la Guinée à la Côte d’Ivoire, avec le score sans appel de 5 buts à zéro. La bande à Drogba n’a laissé aucune chance aux poulains de Robert NOUZARET, qui se sont vus dominés et surpassés dans tous les compartiments de jeu, prouvant une suprématie sans conteste des ivoiriens. De cette humiliante défaite, il faut retenir une chose : qui veut aller loin ménage bien sa monture et l’équipe de Guinée, comme à l’accoutumée a manqué le coach. L’absence du meneur de jeu de l’équipe Pascal FEINDOUNO, a été cruellement ressentie et les querelles de clocher qui ont toujours caractérisé la gestion du football guinéen, sont entre autres des motifs de démoralisation des joueurs qui, au-delà des faiblesses techniques et tactiques, ont manqué de hargne de vaincre et d’esprit de compétition au haut niveau. Le football, tout comme la musique adoucit les mœurs, et le soutien inconditionnel des nombreux supporteurs guinéens, n’a pas failli tout au long de cette CAN. Mais la désillusion de cette cinglante défaite, est là pour nous rappeler que le football Africain, a atteint un niveau de professionnalisme qui ne laisse aucune place à l’amateurisme et demande plus que jamais des moyens conséquents à la hauteur des ambitions. Le sylli national est à l’image d’une Guinée qui se cherche et ne se trouve pas et le découragement est tel que l’on aura du mal à remonter la pente. A chaque fois que les couleurs nationales seront à défendre, en tant que guinéens, on aura toujours un petit pincement au cœur sans trop rêvé, car beaucoup reste à faire pour espérer voir un jour, l’équipe guinéenne au top et renouer avec les succès du passé.
BAYO Abidine
Le 29/01/2008
Les campagnes de lutte anti-coloniale, se sont fait l’écho de thèmes récurrents tels, l’éveil ou la prise de conscience des populations africaines, alors sous domination, en raison de l’analphabétisme supposé de ces dernières, situation qui ne leur prédisposait guère, à une aptitude d’appréciation juste, de leurs inhumaines conditions de vie et partant d’un sursaut d’orgueil de leur part, pour la défense et la promotion de leur identité culturelle. Le mouvement de la négritude qui a fait sienne cette mission de sensibilisation, s’est pour une large part, inspiré de cette thématique, dont les conséquences ont eu pour effet, l’accession à l’indépendance des pays colonisés, par la prise en mains de leurs propres destins. La guinée qui fut l’une des premières nations d’Afrique noire à recouvrer la pleine souveraineté, a été un des pionniers de cette lutte d’émancipation, en ayant adopté des positions avant-gardistes, par son soutien aussi moral que matériel, aux différentes factions de lutte, à travers le continent. Cette attitude chevaleresque, nous a valu la sympathie et le respect de tous, prouvant à suffisance la maturité politique du peuple guinéen et sa capacité à appréhender les problèmes de société et d’y apporter des solutions viables, en considération et en application des principes de solidarité et de fraternité entre les peuples. Cette souvenance du bon vieux temps, éveille en nous un sentiment de fierté et de réconfort moral, parce que synonyme de volonté manifeste de surpassement, au-delà des divergences idéologiques et des lignes de démarcation identitaires, à la recherche de l’idéal de paix et de développement , par l’assignation d’un objectif commun, d’auto- détermination, dans l’optique de recherche de voix et moyens de lutte contre la pauvreté, pour la pleine satisfaction de nos besoins vitaux. L’on imaginait alors ces notions d’éveil et de prise de conscience révolues, mais voilà qu’elles deviennent aujourd’hui en Guinée plus que d’actualité, même si au demeurant, le sens à leur donner diffère de celui d’antan, à cause de l’évolution socio-politique et les contraintes économiques conjoncturelles du moment . En effet, s’il était auparavant question de victimisation en incombant les responsabilités de la paupérisation des populations africaines aux pays occidentaux, à travers les méfaits de l’esclavage et de la colonisation, qui ont certes eu, leurs lots d’impacts négatifs, il est désormais de probité morale et intellectuelle, de reconnaître notre part grande, dans l’échec de nos politiques, un demi-siècle après, en nous retrouvant continuellement confrontés, à une situation de survie quotidienne, due à l’incapacité notoire de nos dirigeants à conjuguer leurs efforts, dans la nécessité d’une synergie d’action efficace, pour ce qui est des prises de décisions stratégiques en matière de gouvernance. La gestion administrative dans notre pays, souffre depuis toujours de l’incohérence et de l’ambivalence de nos politiques, à cause du manque de bonne coordination de l’action gouvernementale, qui ne tienne compte de la continuité de l’état, pour initier et pérenniser des programmes de développement, afin de mettre un terme à l’improvisation et à l’amateurisme, dans la direction des affaires, mais aussi, en faisant valoir le principe de solidarité intergénérationnelle, pour l’association de la jeunesse, avenir du pays, à la gestion publique. La mauvaise allocation de nos maigres ressources financières et l’extravagance des dépenses extra- budgétaires, contribuent par ailleurs à maintenir notre dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure qui ne cesse de se raréfier, par sa subordination à des conditionnalités de transparence et de bonne gouvernance, toutes choses qui font défaut en Guinée. C’est pourquoi, le combat actuel se situe, dans la dénonciation de pratiques immorales régressives, qui se réclament tout haut, de volonté populaire et d’intérêt général, alors qu’elles se fondent tout bas, sur des considérations subjectives, qui sapent les diverses tentatives de réconciliation nationale. Pour peu euphorisante que soit cette apparente accalmie que nous constatons actuellement dans le paysage politique, la situation est loin d’être enviable, car d’ici à connaître l’issue des prochaines élections législatives, le chemin s’avère long et difficile. L’inconstitutionnalité de la fonction de P.M, ayant favorisé la légitimation des prises de positions unilatérales du président de la république, qui bénéficie par ailleurs, d’un climat de déception, né de la gestion ambitieuse dans le sens personnel du terme, mais antipathique du point de vue de l’opinion publique du P.M, il y’a besoin urgent, de trouver un contrepoids politique capable de tempérer et de nuancer la position dominante que confère la concentration du pouvoir dans les mains de l’exécutif. Pour ce faire, l’on peut espérer et attendre du P.M, une attitude responsable, quant à la transparence et à la régularité de ces élections, seule alternative susceptible de garantir l’action gouvernementale, à soumettre à la seule approbation parlementaire, surtout que la restriction de son champ d’action, à travers le décret de restructuration des départements ministériels, le place dans une position inconfortable, comme se situant entre le marteau et l’enclume, position dont il ne peut attendre une amélioration, que dans la perspective d’une institutionnalisation du poste qui est aujourd’hui le sien, dans une logique de séparation des pouvoirs et d’indépendance vraie des institutions républicaines. La réduction au néant de l’action du gouvernement actuel, peut s’apparenter à du négativisme si ce n’est du négationnisme, au regard des actes posés ça et là, même si leur pertinence est parfois sujet à controverses. N’empêche qu’il faille quand même reconnaître que l’environnement politique dans notre pays, n’a jamais été aussi favorable au changement et pour que les actions du gouvernement soient créditées de confiance et de respect, le P.M a tout intérêt à ce que l’issue des élections législatives à venir, soit favorable à la constitution d’un gouvernement d’union nationale, représentatif des différentes sensibilités politiques, y comprise la tienne qui reste par ailleurs à déterminer.
BAYO Abidine
LE SANG DES MARTYRS DU 22 JANVIER EST ENCORE FRAIS ET CHAUD
Le 25/01/2008
Retenons nos respirations, nous sommes le 22 janvier… retenons nos souffles, et nouons les bras sur nos têtes, les bourreaux sont assoiffés de sang. Ils tirent, ils tuent, ils brulent tout sur leur passage. C’est l’enfer sur terre et il y a aucune issue qui mène au ciel… Fâbêêê ! Une détonation déchire le silence du désert, dans une journée sombre, des balles arrêtent et rompent des vies. Dans un vent froid et glacial, des hommes effacent et anéantissent des existences. De leur feu, les vitalités, les projets, et les aspirations d'une jeunesse se dissipent et s'estompent comme le brouillard des matinées d'hiver. De leurs gestes, de leurs cœurs durs comme de l’ acier, ils jettent à jamais, des pères et des mères des sœurs et des amis dans les pleurs. Ils mettent la Guinée dans les profondeurs de la terreur. Des leurs agissements, ils rappellent l’horreur, la sauvagerie et la cruauté du passé. Une nuit, un jour, un instant, ils sèment à jamais dans les cœurs de milliers de familles, la douleur et l'amertume. Dans la poussière et dans le sang, des jeunes sont morts sans savoir pourquoi ! Ils étaient sortis désarmés, NON PARDON, ils étaient juste armés de leur courage et de leur amour pour la Guinée. Comme tous les guinéens ils sont sortis exprimer leur mécontentement et leur râle-bol. Comme tout guinéen ce jour là, ils sont sortis dire assez… Entre les pleurs, dans les mains des parents et des proches, dans la tristesse d’une nation. Dans la détresse d’un pays, la compassion d’un continent et la consternation de l’humanité toute entière, vous êtes partis. Vous êtes morts mais plus que jamais vous êtes présents dans nos cœurs et dans nos âmes. Au fond de vos tombes dans cette demeure, vous avez quitté ce bas-monde sans avoir eu le temps de découvrir les visages de vos tueurs. La vague d’horreur vous a emportée sans raison. Comme dans le passé les bourreaux ont ôté, ils ont brisé sans gêne… Comme dans le passé, comme hier à Télimilé, comme hier à Dalaba, Mamou, Pita et Labé. Comme hier à Kindia, Fria, Dubreka et Boké. Comme hier à Kankan, Siguiri et Kouroussa. Comme hier à Dinguiraye et à Dabola. Comme hier à Kissidougou, Guékédou et N’zerekoré comme hier à Conakry, comme hier, et comme hier... Comme à l’ancien régime… Vous êtes partis mais vos assassins courent toujours, plus que jamais rassurés, plus que jamais contents ; un an après ils marchent, la poitrine bombée et les épaules hautes, sur le sol guinéen dans lequel ils ont semé vos corps. Après avoir massacré les enfants des autres, ils s’occupent et s’activent et font tout pour protéger les leurs sous les arbres qu’ils ont arrosé par vos sangs. Sans honte, sans remord, ils s’abritent sous le ciel guinéen, en dessous duquel flottent vos âmes. Le soleil se lève, les jours se suivent, se succèdent et se ressemblent. Les horizons sont sombres, le ciel est désert, les mêmes vents brûlent toujours les cœurs. Ah ! Les escadrons de la mort, les vampires de la vie continuent de commettre et d'encourager la barbarie à l'encontre de la nation guinéenne. Au moment où sous d'autres cieux l'humanité toute entière s'agenouille et implore le pardon à d'autres hommes victimes de la cruauté de ses semblables, cette autre Guinée n'éprouve aucun remord, aucune gêne et aucune inquiétude face aux événements de l'histoire. Dans chaque pas de leur vie, nos dirigeants s'activent pleinement, aidés par des militaires qui n’ont jamais connu le sens du patriotisme. Épaulés par des policiers et gendarmes criminels, nos dirigeants enrichissent la culture de la haine, la civilisation du mépris des valeurs humaines et l’éducation de la différence. Ces partisans de cette hégémonie barbare qui se maintient par des assassinats savent-ils que la mort n'est point absurde ? Savent-ils que c'est l'acte qui fonde le geste du tueur qui est vraiment absurde ? Car la mort en soi est une source de sens et de signification. Elle pousse à l'interrogation, elle nous fait découvrir les limites de nos possibilités. Elle révèle notre être fini dans l'infini de L'ETRE. La vie de ces jeunes fut courte mais combattante, leur mort fut douloureuse mais héroïque, leur sacrifice est sacré et leur mémoire sera éternelle. Pour l'intérêt de notre peuple, et de la nation toute entière, il est impératif pour chaque citoyen, de s'opposer de toutes ses forces, pour arrêter la programmation, la réalisation et la répétition d’un 22 janvier 2007. Le peuple de Guinée a trop souffert et souffre encore des "dérives" préméditées, des idéologies génocidaires et des actions meurtrières. Aujourd’hui, dans nos âmes gît la souffrance, la douleur, et le désespoir. On ne ressent plus les joies de la vie, on ne jouit des plaisirs de l'existence. L'oppression dans toutes ses formes DOIT cesser maintenant et tout de suite : le guinéen veut VIVRE dignement, travailler ardemment pour développer son pays et mériter le respect des autres nations. Oui c’est ce que veut tout guinéen. Ceux qui veulent empêcher cela, auront des comptes à rendre. Ils auront des comptes à rendre devant la Guinée et les guinéens, devant l’histoire et devant toute l’humanité. Ceux qui ont versé le sang des guinéens auront des comptes à rendre, que ça soit ici ou là-bas, mais ils rendront des comptes. Ceux qui ont aidé ou ont donné des ordres pour massacrer les filles et fils de la Guinée auront des comptes à rendre… Ceux qui veillent à la protection de leurs enfants et assassinent les enfants des autre rendront des comptes… Ceux qui recrutent des loubards, des voyous et les intègrent au sein de l’armée guinéenne, au sein de la police et de la gendarmerie nationale pour tuer les enfants guinéens auront de comptes à rendre. Les responsables de près ou de loin de la tuerie du 22 janvier 2007 répondront de leurs actes. Et ils auront la peine que mérite un assassin d’un ENFANT GUINEEN. Les coupables des massacres et des atrocités de juin, janvier et février 2007, les coupables des massacres d’avant ou après cette période seront châtiés, ils seront humiliés. Nos enfants, nos frères et sœurs, nos fils et filles seront vengés. Ceux qui sont se sont installés à leur place grâce au peuple et pour le peuple et qui ont oublié cela, auront aussi des comptes à rendre. Ils ont trahi la confiance et l’espoir placés en eux, ils ont choisi de travailler pour leurs propres intérêts, au lieu de travailler pour le peuple qui s’est battu pour qu’ils soient là où ils sont. Ils ont promis et n’ont pas tenu leur promesse, ils ont dit et ils ont menti, ils rendront des comptes devant ce peuple. Ceux qui dilapident, pillent et volent le peuple, ceux qui corrompent, répondront tous devant la justice, ils seront jugés et auront le châtiment qu’ils méritent. Ceux qui s’activent pour diviser les enfants du pays, ceux qui anéantissent les acquis, ceux qui montent les fils de la Guinée les uns contre les autres, auront des comptes à rendre. Tous ces généraux, colonels, capitaines, sergents et caporaux qui ont du sang sur leurs mains seront arrêtés. Sur leur ordre et par leurs gâchettes les guinéens sont tombés, le jour viendra ou ils rendront des comptes. Le président, les ministres, les chefs et les responsables à tous les niveaux, les commissaires, députés et conseillers, les ambassadeurs, préfets, gouverneurs, maires et chefs des quartiers… , vous avez choisi de se servir et servir un individu au lieu de servir la nation, le peuple vous guette, le moment venu la loi sera appliquée, vous serez sévèrement punis. Les guinéens que vous avez tués seront vengés. Conté, Ousmane, général Camara, Fodé, Eugène, Solano, Gomez, Sylla …. Ou que vous soyez, sous ciel ou dans la terre, vous n’êtes pas invulnérable, le peuple vous guette, le moment venu la loi sera appliquée, vous serez sévèrement punis ; les guinéens que vous avez tués seront vengés. Comme dit Bill de Sam dans une de ses chansons : « …il faut qu’on vous traine devant les tribunaux il faut que vous répondiez à tous ces maux, il faut qu’on vous condamne….. » Tous ceux qui ont fait du mal à notre chère Guinée seront punis. Les coupables sont connus et les victimes sont connues, tôt ou tard justice sera rendue Je le dis encore, la vie de ces jeunes fut courte mais combattante, leur mort fut douloureuse mais héroïque, leur sacrifice est sacré et leur mémoire sera éternelle. Pour ne pas que leur mort soit vaine, il est impératif que chaque guinéen digne de ce nom ; homme, femme, enfant, adulte et vieux ; vivant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, continuent de participer activement à cette lutte digne que ces jeunes ont entamés. C’est une lutte noble, digne et vitale sans laquelle il n y aura pas une existence réelle et heureuse, sans laquelle il n’y a ni liberté, ni justice et ni égalité. Sans laquelle il n’y a ni respect, ni essence de vie et ni valeur humaine. Plus que jamais la lutte doit continuer, plus que jamais la victoire est proche. Les braises matinales du printemps ont fait souffler les vents du changement. C’est l’aurore !c’est l’aube ! Les rayons du soleil ont fait briller les lueurs d’ESPOIR…
A.T. BARRY, étudiant à Paris France hooreejo@yahoo.fr
Le 14/01/2008
En Guinée, l’année 2008 commence sur des chapeaux de roue, suite aux dernières évolutions de la situation politique qui se trouve profondément marquée par la publication du décret de restructuration des départements ministériels et le remue-ménage qui s’ensuivit. La pression est montée d’un cran après le limogeage du Ministre de l’information et des NTI, jusque là porte parole du gouvernement et réputé proche du P.M. Les conséquences de ces deux évènements ont vu la montée au créneau des syndicalistes appelant à un mot d’ordre de grève, grève décriée par plusieurs observateurs qui l’estiment inopportune et surtout imprévisible pour ce qui est des dommages collatéraux qu’entraînerait un tel mouvement, dans un climat de précarité et de questionnement pour les populations, qui vivent de jours, qui se suivent et se ressemblent, à la quête perpétuel du minimum vital. Pendant ce temps, on assiste à des mises en scène dont le décore est balafré de prises de positions tendancieuses de la part des différents protagonistes, qui s’activent frénétiquement comme des brebis galeuses, pour colmater les brèches laissées béantes dans le tissu social en s’empiétant dans des diatribes, dans cet exercice vital de réconciliation qui constitue aux yeux de tous, au-delà des divergences, la condition sine qua non d’un renouveau dans notre pays. Ce qui se passe aujourd’hui en Guinée relève de la responsabilité collective des différentes catégories socio-professionnellles dans notre pays, qui agissent toutes pour préserver leurs seuls intérêts particuliers, sans avoir une vision globale de nos problèmes, en tenant compte des interactivités et des interdépendances dans l’action publique. En effet, les agissements des uns et des autres en cette période de grise mine, sont motivés par des ambitions personnelles, qui se traduisent par les ralliements claniques, pour soit tirer profit selon que l’on étiqueté proche de l’entourage du général président, avec la perspective de retour aux affaires des anciens caciques, soit limiter les dégâts pour les pro-kouyaté contraints de revoir à la baisse leurs ambitions, pour cause de remise en question des prérogatives du P.M, le plaçant ainsi dans une position de faiblesse, ou pour redorer le blason pour ce qui est des syndicalistes taxés de laxisme face aux dérives du gouvernement, par rapport à l’application des accords de sortie de crise de janvier et février 2007, ou encore les partis politiques qui ont jusqu’ici manqué de visibilité et d’audibilité sur la scène politique, considérée pourtant comme leur domaine de prédilection, la société civile qui s’invite et s’implique davantage dans le débat, la grande muette qu’est l’armée qui observe son droit de silence et une certaine neutralité face à ces bouleversements, les institutions républicaines qui jouent pour une fois les conciliateurs alors qu’elles manquent d’indépendance vis-à-vis de l’exécutif et du coup d’impartialité et enfin les religieux considérés comme des valets à la solde du système qui contribuent à forger et à entretenir le culte de la personnalité du général Président, dans leur exercice quotidien d’endoctrinement, qui ne cesse de le réconforter dans son entêtement à croire que c’est Dieu qui l’a mis là et que c’est seul Dieu qui pourra lui en déloger ( comprenons par là qu’il sera présent jusqu’à ce que Dieu lui fasse casser la pipe). Le P.M dans sa réaction a quant à lui, fait savoir à tous qu’il n’est pas question de démission de sa part et qu’il n’en sera point. Cette attitude n’est pas surprenante car tous les observateurs s’accordent à dire que la nature de son mode de gestion est empreinte d’ambitions futures dont il a commencé à poser les bases et un retrait de sa part des affaires publiques, s’il ne peut être synonyme de suicide politique, pourrait être assimilé à une erreur stratégique, dans son projet de conquête du pouvoir dans un avenir proche. Les guinéens se trouvent actuellement confrontés à un dilemme dans leur choix entre la peste et le choléra car si le départ du général est souhaitable, personne ne voudrait voir la guinée dirigée par un homme qui rétablirait les mêmes méthodes de gestion qui nous ont jusqu’ici maintenu dans ce pitoyable état de délabrement psychologique et matériel, car le P.M au-delà de ses déclarations de bonnes intentions fait preuve de dédain dans ces rapports humains et dans sa prise en compte des sensibilités diverses et variées capables par ailleurs de lui être utiles à bien des égards, dans il faut le reconnaître, sa difficile mission de redressement économique et social. Tout le monde cherche à tirer son épingle du jeu pour ne pas perdre la face et dans ce contexte, le risque que l’on encourt est la radicalisation des positions qui aboutirait à une confrontation anarchique dont on aura du mal à déterminer les tenants et les aboutissants. Le changement réclamé par les guinéens souffre de la divergence de connotations que l’on prête à ce concept. Pour les patriotes progressistes, le changement suppose une révolution des mentalités dans le sens de l’épanouissement des populations et du progrès social et économique, tandis que les esprits réfractaires et rétrogrades, prônent le changement dans la continuité de pratiques jugées néfastes pour l’évolution des mœurs dans notre pays. En tout état de cause, le changement comme souhaité par la majorité de la population qui souffre des méfaits de la mal-gouvernance, ne peut se faire sans une certaine convergence des idées novatrices qui nous rassemblent sur l’essentiel, à savoir la lutte commune contre la pauvreté endémique qui sévit dans notre pays, par une gestion rigoureuse et efficiente des deniers publics, qui constituent actuellement, la source des convoitises de tous ces prédateurs tapis dans les entrailles du système et par une meilleure valorisation des ressources humaines par la conscientisation et la responsabilisation. La convergence des idées est bien sûr un idéal, qui suppose une vision réaliste et unanime sur des vérités dites universelles et parfois éternelles, mais il suffit parfois de s’accorder sur ce qu’il y’a de substantiel en faisant des concessions pour aboutir à un compromis qui satisfasse les différentes parties prises.
BAYO Abidine
Le 03/01/2008
L’état du pays est arrivé à un stade de décomposition avancé. On pensait que toutes les limites avaient été atteintes mais chaque période, ou du moins, chaque décret qui passe apporte son lot de consternations. Cette contribution ne s’attardera point sur les récents errements de nos hommes d’Etat. Cependant, les cheminements empruntés pour arriver à ce cap seront débattus. A cet effet, nombres de questions vont être posées afin de faire une tentative de démêlement des embranchements de cette complémentarité, ou non, entre Kouyaté & Conté dans une République apparaissant définitivement sous une forme exténuante. Pourquoi Kouyaté n’a pas réussi ? La raison de cet échec cuisant est, entres maints raisonnements, la jubilation avec laquelle il s’installait dans sa fonction de premier ministre. Tandis que de nombreuses mères de familles continuaient de pleurer les êtres chers qu’elles avaient perdus, Kouyaté avait d’autres priorités. Dans le même temps, les criminels de nos frères, continuaient de porter leurs uniformes militaires en dignes fils de la République. Rappelons que le mobile des crimes de janvier et février était le maintien de Lansana Conté à la magistrature suprême. De ce fait, toute enquête crédible relative à ces massacres, mènerait à la présidence de la République et Kouyaté ne pouvait pas assumer ce défi vis-à-vis de son bienfaiteur. Le deuxième acte qu’aurait pu poser Kouyaté, s’il était animé d’une bonne intention, aurait été l’assainissement de l’économie guinéenne en stoppant les criminels économiques qui continuent égoïstement de prélever la Guinée de toute sa substance. Ces « terreurs » économiques de la Guinée sont eux aussi des piliers de ce système qu’il devait combattre et une fois de plus Kouyaté s’est détourné. Ces deux premiers enjeux étaient trop robustes pour notre Premier ministre qui s’est juste préoccupé de son maintien à la primature. Cette stratégie de Kouyaté, censé le porter plus tard à la tête de la magistrature suprême, sourit plutôt à notre général qui a réussi à regrouper tous ses pouvoirs confisqués par les revendications populaires et l’accord tripartite. D’aucuns crient au gâchis du fait que le Premier ministre ait perdu certaines des ses prérogatives alors que rien n’a fondamentalement changé pour le peuple de Guinée qui subira la même sentence. La méthode Kouyaté ou Conté a les mêmes effets. Les meurtrissures du peuple ne sont pas prêtes de se colmater. Notre premier ministre, aurait-il pu réussir sa mission ? Vu le contexte dans lequel Kouyaté est arrivé, on peut affirmer qu’il aurait du s’attaquer farouchement aux maux qui ont toujours gangrené notre chère Guinée. Le capital confiance, que lui a accordé le peuple tout entier, pouvait le faire déloger les pratiques de la mauvaise gouvernance. Il aurait ainsi posé les germes de la bonne gouvernance en Guinée. Kouyaté qui, sans doute, était une erreur de casting, ne pouvait pas s’attaquer à un système dont il fut et reste un des nantis. N’ayant jamais forgé dans le chantier de la bonne gouvernance Kouyaté était forcément voué à l’échec. Dans un pays où le ventre reste la principale préoccupation journalière il est très aisé de se donner une certaine légitimité avec des billets de banque. Cette brève épopée de Kouyaté aura fait des ravages, les corrompus se comptent par centaines, l’unité du peuple s’est fragilisée et le général s’est reconstitué. Le dernier communiqué relatif à la mise en place de commission d’enquête ne changera rien à la perception que la Guinée se fait désormais du premier ministre dit de consensus. Un nouveau premier ministre pourra t’il réussir là où Kouyaté a échoué ? S’il doit y avoir un nouveau premier ministre, nous ne devrons plus nous attendre à des miracles. Ce nouveau premier ministre aura un fort défaut de capital de confiance, car la peuplade se remettra difficilement des méthodes calamiteuses du diplomate Kouyaté. Le dévouement des personnes massacrées n’a pas été récompensé et s’est installé un profond sentiment d’injustice, d’impunité et de malédiction. Alors, un nouveau premier ministre, si compétent soit il, mais sans capital de confiance conséquent, ne pourra jamais disséquer les fondements de ce système enraciné pour longtemps dans les profondeurs de cette marre possédée par les démons de la mauvaise gouvernance. Il nous appartient à nous Guinéens de préserver le seul héritage qui est l’exemplaire union des fils de Guinée qui sont tombés pour avoir voulu labourer le champ de la démocratie qui a décidément du mal à se fertiliser sur la Guinée. Prenons acte de cela et refusons de nous laisser manipuler par les intrigues ethniques. Il y va de la stabilité du pays. Le pessimisme fait désormais partie des sentiments qui animent nombreux guinéens et espérons que 2008 changera cet état d’esprit.
Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com
Le 28/12/2007
On s’exclame, on s’interroge et on ne sait plus qui apostropher pour nous donner une réponse satisfaisante à cette question existentielle. Sommes-nous embarqués dans un navire où la boussole du commandant de bord a perdu le nord, nous faisant voguer sur les mers, au gré des vents et marées, sans que l’horizon se profile à nos yeux, ou sommes-nous tout simplement des naufragés volontaires sur une île déserte, à essayer vaille que vaille de survivre, à la merci des aléas de la nature ? Les formules allégoriques ne manqueront certainement pas, pour décrire la situation guinéenne et en désespoir de cause, les populations désemparées, ne trouve refuge que dans une apparente spiritualité qui leur fait admettre, fatalement les misères qui les avilissent et les assujettissent au bon vouloir des dirigeants, qui n’ont cure de leurs préoccupations journalières. Le quotidien des jeunes guinéens se résume désormais au vas -et-vient entre les cafés et les mosquées, car dans pareille galère, même les athées ont le droit de s’inventer des Saints à adorer, pour conjurer le mauvais sort. On a coutume de dire, que rien ne vaut la vie, mais la vie dans la précarité, à ce niveau de développement de l’humanité, est un non sens qui ne mérite pas d’être vécu. Il n’est pas étonnant de croire que la Guinée est victime d’une malédiction, une malédiction qui viendrait d’au-delà des tombes de la part de tous ces martyrs, sacrifiés sur l’autel de la république, par des bourreaux ayant agit à visage découvert, sans qu’ils ne soient inquiétés pour le moindre du monde. Et patati et patata… Encore une fois de plus, l’on a droit à une entrée gratuite au cirque CONTE, pour assister à un numéro de prestidigitateur des plus rocambolesques. Apparemment rien d’anormal, pour celui qui n’est pas observateur de la vie politique guinéenne, car le fameux décret de restructuration de l’administration que les analystes tentent de disséquer, rentre à priori dans la logique d’avancement du processus de changement. Mais voilà que le tour de passe-passe et la tournure acrobatique qui caractérisent la quintessence même de ce décret, prennent de cours le P.M, qui dit-on en était l’initiateur et l’instigateur, parce qu’il se trouve du coup, amputé d’une bonne partie de ses prérogatives, avec sa mise sous la tutelle du secrétaire général de la présidence, qui lui ravit allègrement, le rôle éminent de coordinateur de l’action gouvernementale. Ses conseillers juridiques, ont-ils été atteints de subite cécité, pour lui avoir donner une mauvaise interprétation de la lecture de cette nouvelle disposition qui est somme toute, largement en sa défaveur. Décidément, le général président a plus d’un tour dans sa besace, parce que à chaque fois qu’il s’est senti assis sur une chaise éjectable, il brandit sa baguette magique pour nous faire voir de toutes les couleurs. Encore une fois, il nous prouve qu’il est le chef suprême et tout-puissant qui décide à sa guise de l’orientation politique dans notre pays et les hommes et femmes à qui il a la délicatesse de confier la direction des affaires, ne sont plus ou moins que des marionnettes, qu’il jette à la poubelle comme des kleenex usagés, quand ils ont la maladresse d’empiéter sur sa parcelle d’autorité, chasse qu’il veut indiscutablement gardée inviolable, tant qu’il demeurera à la tête de l’Etat. Dans le meilleur des mondes, on ne peut se réjouir des malheurs de son prochain, mais dans le cas de figure de notre P.M, il ne peut apprendre qu’à ses dépens le volte face du général, pour avoir fait la sourde oreille, aux multiples injonctions de l’opinion publique, en ce qui concerne ses dérives autocratiques et son arrogance à faire un bras d’honneur aux revendications et aux inquiétudes de bon nombre d’observateurs. Ce qui devait arriver, arrive sans surprise, car on est coutumier du parachutage et du largage des P.M, en fonction des humeurs de notre cher président, qui supporte et voit mal, l’omniprésence médiatique de ses chargés de mission, chose qu’il a tendance à assimiler, à une attitude d’auto-promotion, dans l’optique de son éviction des commandes des affaires. A chaque fois que la grogne sociale est clamée haut et de façon violente, l’on a eu droit au tempérament des ardeurs de la part du général, par la nomination d’un P.M, faisant naître une lueur d’espoir. Et pour des raisons d’incompatibilité et de divergence d’intérêts, la lune de miel avec ce dernier, a toujours finit par virer au vinaigre, avec un retour à la case départ, laissant pantoise la population, qui assiste en spectateur désabusé aux éternels revirements de situation. Pourtant ces derniers temps, malgré les difficultés liées à l’avancement du processus de réconciliation, quelques actes posés ça et là, laissaient croire que le changement était inéluctable, avec la création de la CENI pour les élections législatives à venir et la nouvelle de la publication du décret de restructuration de l’administration (avant qu’on ait pris connaissance de son contenu). En cette période de déclin du régime, la repentance des seniors, par la montée en premier au créneau d’El Hadji Boubacar Biro Diallo, pour décrier les tares du système, ce qui lui a valu son désencartement du PUP, parti au pouvoir dont il a été par ailleurs, un des membres fondateurs, puis la publication du livre d’Alsény René Gomez, ensuite le retrait du Doyen BAH Mamadou pour laisser la place à Dalein et les dernières prises de position d’Aboubacar Somparé, toutes ces actions ont eu le mérite de nous mettre du boum au cœur, en supposant qu’elles dénotent toutes, d’une réelle volonté de remise en question, en faisant un méa -culpa, pour les erreurs commises dans l’exercice de leurs fonctions administratives et/ou politiques. Tout au long de notre parcours, les guinéens ont vu défiler à leur tête des personnalités, qui une fois rentrées dans le moule du système, dont l’objectif premier a été la confiscation du pouvoir dans les mains d’une poignet d’individus, se sont rendues coupables de pratiques usant de méthodes pernicieuses, qui leurs ont permis d’opposer habilement et sournoisement, la couche intellectuelle à la majorité analphabète, les guinéens nantis à la frange pauvre, les guinéens de la diaspora à ceux de l’intérieur, les ressortissants d’une région aux peuplades d’une autre, en reléguant au second plan, la recherche de solutions d’éradication de la pauvreté qui demeure notre mal commun. Alors les retournements de vestes, quelque soient leurs motivations profondes, ne peuvent que nous laisser dubitatifs, car on a de la peine à croire à la sincérité de personnes sentant leurs fins proches, qui n’ont d’autres choix que de faire des pirouettes dans leur vaine tentative de réhabilitation et de rédemption. Et c’est pourquoi, ces approches ne peuvent rencontrer au sein de l’opinion, qu’un sentiment d’inacceptation, d’impopularité et surtout de défiance, car le peuple victime innocent de la supercherie, a par la force des choses, atteint un niveau de maturité qui lui permette de revendiquer et de preserver ses acquis. Scepticisme ou pas, on ne croit plus au miracle et pour la suite des évènements, n’adviendra que pourra, avec le souci que les conflits de compétences au sein de l’exécutif, ne remettent en péril, l’issue d’élections législatives, que l’on espère de tout cœur, libres et transparentes, avec comme cerise sur le gâteau, la nomination d’un P.M issu de la majorité parlementaire, dont la crédibilité et la légitimité populaires, suffiront à asseoir les bases d’un développement harmonieux et durable de la nation, dans la pratique d’une démocratie au sens étymologique et académique du terme. Bonne et heureuse année 2008 à tous.
BAYO Abidine
Le 28/12/2007
De 1958 à 2006 en passant par 1984, la République de Guinée a connu un régime de confusion de pouvoirs. La première République qui s’étend de 1958 à 1984 avec Sékou Touré à sa tête connut un régime totalitaire plaqué d’un gouvernement despotique, et, la deuxième République qui a commencé en 1984 jusqu’à nos jours est un régime qu’on pourrait nommer de « présidentialiste» guinéen, d’autoritarisme militaire « civilisé » ou encore un régime de domination totale des autres pouvoirs assimilable à une démocratie de façade. Les guinéens longtemps « clochardisés » par leurs propres frères [les dignitaires de ces deux (2) régimes] dans un désert de misère, vont sortir de leur léthargie et de leur nonchalance apathique pour aboutir à une prise de conscience, qui, il le dire, est encore à l’état embryonnaire. De cette prise de conscience embryonnaire dont la date remonte en janvier 2007, les guinéens de janvier 2007 qui étaient dans une position de force face au pouvoir de Wawa, vont s’arrêter à mi-chemin de leur combat pour le changement de pouvoir et même de régime politique guinéen. Le président de la République ayant bien assimilé les théories de Nicholas Machiavel « la ruse du renard et la force du lion», en un fin stratège politique va se replier sur lui même pour mieux sauter. C’est dans ces conditions que le Président acceptera de « fragmenter » son pouvoir comme le réclamait les meneurs (les centrales syndicales) de mouvement. Cette division du pouvoir de Conakry donnera un régime politique dont on ignore le nom, et même inclassable dans la typologie classique des régimes politiques. Ce bidouillage institutionnel dont les portes mènent à une chambre introuvable va réconforter le Président qui était dans une position de faiblesse pendant les crises sociales de 2007. Les guinéens était à un doigt du régime de Fory. Dans ce processus de changement à la guinéenne, on aboutira à la nomination d’un premier ministre chef de gouvernement, à la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) afin d’aboutir à des élections libres et transparentes selon les fondements de la démocratie, mais cette CENI soulève quelques interrogations pour accomplir sa mission de façon impartiale (I). Dans la même logique de mettre fin aux anciennes pratiques, et dans le but d’accomplir sa « mission », le fameux premier ministre qui est le fruit de « l’insurrection populaire de janvier 2007 », a depuis sa prise de fonction via le secrétaire général de la présidence, soumis au président de la République un texte de restructuration des ministères. A l’arrivée, ce décret de restructuration, « donne » les pleins pouvoirs (II) à une institution protocolaire de la présidence : le Secrétaire général de la présidence. Il sera aussi intéressant de décortiquer l’article 178 du décret car une partie du cette disposition est marquée par un anachronisme. Les pouvoirs publics, la presse, bref les guinéens confondent deux (2) notions qui ne sont pas à confondre (III) à savoir : d’une part, nous avons déterminer et conduire la politique de la Nation, et, d’autre part contrôler l’action gouvernementale, et cette confusion crée une « deuxième chambre » du parlement guinéen. Cette « deuxième chambre » du parlement guinéen n’est autre chambre que le secrétariat générale de la présidence. I. La CENI à la guinéenne La CENI en République de Guinée fut le fruit d’une longue négociation entre les partis politique de l’opposition et ce que l’on nomme en Afrique de mouvance présidentielle. La création de cette autorité administrative indépendance (AAI) selon la terminologie du droit administratif français remonte depuis les premières élections dans les années 90. La demande insistance de l’opposition sur la création d’une telle autorité fut entérinée en 2005 par le décret N° 39/PRG/SGG/2005 du 10 octobre 2005 portant création, attribution et fonctionnement de la Commission électorale nationale autonome. De cette CENA en octobre 2005, on est passé au CENI en décembre 2007, donc un changement de nom, mais il faut dire que ce changement d’appellation n’affecte pas la nature même de l’institution, car dans certains pays c’est la CENI comme au Niger, au Burkina, et dans d’autres pays c’est la CENA comme au Sénégal, ou encore au Bénin. Ce n’est pas une simple appellation qui différencie cette institution administrative guinéenne de ses sœurs de la sous région, mais ce sont les attributions et compétences qui sont différentes de la Guinée aux autres pays pour le moment, et peut être plus tard la moralité des membres (mais on ne saurait aborder cette question ici, car on ne peut rien dire pour le moment sur ça quand on sait que la CENI à la guinéenne vient d’être investie) Par le décret du 08 novembre portant création de la CENI en République de Guinée, la CENI a une attribution et compétence qui est différentes des autres pays qui ont été les premiers à se doter d’une telle institution pour rendre les différentes consultations effectives et transparentes. Après ce décret, la majorité des guinéens si on ose affirmer cela, se réjouissent de la mise en place de cette institution tant réclamée, mais à décortiquer ce décret, et en le mettant en parallèle avec d’autres commission des autres pays de la sous région, on se rend compte que nous les guinéens n’aimons pas ou refusons de faire des reformes en profondeurs, ou refusons de produire des textes plus ou moins concis, précis et clair. Certes, un texte de loi n’est jamais parfait, il ouvre toujours à des vois d’interprétation (téléologique ou volontariste, exégétique, historique, etc) qui sont parfois différentes d’une tradition juridique à une autre ou même au sein d’une même tradition juridique, mais ce texte guinéen portant création de la CENI qui a été adopté par l’Assemblée nationale et promulgué par le président de la République poussent le juriste averti à poser un certain nombre d’interrogations. Sur ce, à ne s’en tenir que de l’article 2 de ce texte, après analyse, on se rend compte que la République Guinée marque toujours des points sur sa particularité par rapport aux autres République sœur de l’Afrique de l’Ouest. Selon les dispositions de l’article 2, la CENI « collabore avec le ministre chargé de l’Intérieur à l’organisation des consultations électorales et référendaires. À ce titre, la CENI prend part à la conception, l’organisation, la prise de décision et l’exécution, depuis l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats provisoires ». Collaborer c’est travailler en communs avec d’autres personnes, c’est travailler avec une ou plusieurs personnes par exemple pour la défense ou la promotion d’une idée, d’un système, d’une institution, afin d’atteindre un but ou un objectif qu’on s’est fixé. Et prendre part, veut dire participer, se joindre à une activité commune pour apporter sa contribution. Cette disposition nous pousse à poser cette question : Veux t-on créer une CENI ou deux (2) CENI en Guinée ? A la réponse à cette question, on pourrait dire que le législateur guinéen qui manque de compétence, de professionnalisme, et qui se trouve manoeuvrer par l’exécutif a préféré créer deux (2) organes pour l’organisations des consultations électorales et référendaires. Par les mécanismes de la « cogestion », nous avons deux (2) CENI: la CENI et le MNISTERE DE L’INTERIEUR. Habituellement, la CENI est une autorité administrative indépendante (AAI), un « organisme administratif qui agit au nom de l'État et qui dispose d'un réel pouvoir, sans pour autant relever de l'autorité du gouvernement » (Conseil d’Etat français). En Guinée, cette AAI n’est placée sous la hiérarchie d’aucune institution (ministre, premier ministre, président de la République), a l’obligation de collaborer avec le MINISTERE DE L’INTERIEUR qui est une institution gouvernementale, représente et met en œuvre la politique de l’Etat dans ses domaines de compétence, mais nous voyons que son « indépendance » est limitée. La collaboration d’une AAI comme la CENI ne doit pas être édictée par un texte de loi, c’est la CENI qui doit juger si nécessaire de sa collaboration avec telle ou telle institution comme au Burkina Faso (infra). Au Bénin, le texte est clair. La CENA béninoise est à elle seule compétente pour gérer une élection. Selon l’article 35 du code électoral béninois. A cet effet, la CENA au Bénin, selon les dispositions du même code, est chargée de la préparation, du déroulement, de la supervision des opérations de vote et de la centralisation des résultats. La CENA transmet les résultats centralisés à la Cour constitutionnelle pour les élections législatives et présidentielles. En revanche c’est la CENA qui proclame les résultats des élections locales. Au Burkina Faso, la CENI, à sa demande peut se faire assister par le ministère de l’administration du territoire, selon l’article 3 du code électoral du Faso. L’assistance est demandée par la CENI, et non exigée par le code, donc c’est quand la CENI estime nécessaire l’assistance qu’elle fait intervenir le ministère de l’administration du territoire. II. Un décret de restructuration ministérielle qui ignore certains département et qui donne les pleins pouvoir au secrétaire général de la présidence Ce décret d’ordre technique que tous les guinéens attendaient est très confus et prête a polémique. Ainsi, on pourrait tenter d’analyser ce décret sur trois (3) points, à savoir : L’absence de certains départements ministériels Délégation des pouvoirs du président de la République à son secrétaire général, et la « reprise » des affaires par Fory ; Amalgame et mauvaise compréhension et utilisation des termes dans le décret : le contrôle de l’action gouvernementale (pour bien comprendre ce que nous voulons affirmer, on préfère analyser cet élément dans la troisième partie de cette étude). Sur le premier point, ce fameux décret, même s’il ne le dit pas expressément, soustrait le ministère de la défense du gouvernement pour le « rattacher » à la présidence de la République. Dans la même ambiance, nous avons absence de la primature, une fois pour dire que la primature n’existe que de façon formelle. En ce qui concerne le deuxième point, le décret après avoir fait ignorer la « primature », fait du président de la République, selon la Constitution, le seul chef à la tête de l’administration guinéenne. Par ce décret, il (le président) a « récupéré » ses pouvoirs qui sont reconnus par la constitution guinéenne aux articles 37 […] Le président de la République détermine et conduit la politique de la Nation », article 40 « […] Le président de la République dirige l’administration ; article 39 « Le président de la République nomme les ministres, qui l’assistent et qui ne sont responsables que devant lui. Il peut les révoquer. […] Il peut lui déléguer une partie de ses pouvoirs » Ainsi, c’est en se referant à la Constitution que le président de la République, a délégué une partie de ses pouvoirs à son plus proche collaborateur : Le secrétaire général de la présidence. Il faut le dire que la constitution reste la norme qui se place au sommet de la pyramide dans la conception de la hiérarchie des normes ou pyramide des normes théoriser par l’éminent juriste autrichien Hans Kelsen. Les règles de droit prennent la forme d’une pyramide qui est une figure géométrique avec pour base le polygone et pour faces latérales des triangles dont les sommets se réunissent en un même point. Selon cette théorie Kelsen, toute règle de droit doit respecter la norme qui lui supérieure. Conséquemment, La constitution étant au sommet de la pyramide, toutes les autres règles de droit doit respecter cette constitution. Il ne fallait pas simplement demander la nomination d’un premier ministre chef de gouvernement, mais il fallait insérer ce changement dans la constitution pour garantir la mission de ce « sauveur » de la République. A défaut d’un changement de régime pendant les crises sociales, il fallait obtenir un changement moins confus et plus établi constitutionnellement, mais le changement guinéen est un changement à la « sauvette ». La constitution ou Loi fondamentale n’est pas un décret qu’on fait sortir tous les jours, ni un accords qu’on passe tous les jours. Dans le droit constitutionnel guinéen, d’ailleurs inspiré du droit constitutionnel français, nous avons la Constitution, ensuite les traités ou accords régulièrement approuvés ou ratifiés, les lois, puis les principes généraux de droit (PGD), les règlement (décret, arrête, ), enfin les actes administratifs (les circulaires et directives). Un accord quelque soit ses formes de négociation n’est jamais supérieur à une constitution. On pourrait rejoindre Sidya Touré « […]Il s’agit un peu d’une Primature comme celle que j’ai exercée en 1996, avec une lettre de mission. Mais, une lettre de mission n’a aucune valeur juridique. Je crois qu’il fallait tout simplement s’inspirer des constitutions des pays limitrophes : le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Togo, pour définir les fonctions avec les prérogatives du Premier Ministre et de son Gouvernement dans le cadre de la Constitution »Donc, les guinéens, en prenant la voie confuse et ambiguë ne doivent pas être effarés par cet acte exécutoire du président de la République. Ce changement à mi chemin en janvier 2007 ont permis à Fory de « récupérer » ses pouvoirs après 10 mois des évènements qui auraient pu lui faire partir. D’ailleurs, on pourrait dans une certaine mesure, dire que le président de la République n’avait jamais perdu ses pouvoirs, mais ses pouvoirs furent « menacés ». C’est dans ces conditions alambiquées que la BCRG la banque des banque, les grands projets, les garages du gouvernement, le patrimoine Bâti public, c’est à dire, toutes ces institutions stratégiques restent comme d’habitude est rattachées à la présidence de la République. Dans la même logique, le président de la République « reprend » le secrétariat général du gouvernement, qui est traditionnellement comme son nom l’indique une institution qui relève du gouvernement, donc du premier ministre, mais constitutionnellement, le porte feuille de premier ministre n’existe pas. Le premier ministre existe par un accord et par un décret. Certes la constitution organise et hiérarchise les rapports entre gouvernants et gouvernés, mais le pouvoir politique est un rapport de force, et dans ce rapport de force, la personnalité politiques des décideurs politiques est très pesant. Ainsi, Lansana Kouyaté a perdu la bataille dès les premiers jours de son installation. Il a perdu son rapport de force avec un président de la République affaibli par les crises sociales de janvier 2007. Ce sont les « grands » hommes qui font de grandes institutions. Exemple : Qui connaissait le secrétaire général de la présidence de la République ? C’est Fodé Bangoura qui a rendu cette notoire, importante, pesante sur des départements ministériels et même sur certaines institutions républicaines très important. Tout rapport est un rapport de force, les rapports de force entre l’exécutif et le législatif, entre le judiciaire et l’exécutif, entre l’homme et la nature. C’est comme en France, le général De Gaule a dégagé sa lecture de la constitution, et cette lecture gaullienne a été suivi jusqu’à la première cohabitation en 1986. Jusqu'en 1986, les premiers ministre français n’exerçaient pas convenablement leurs attributions et compétences qui sont fixées dans la Constitution de 1958. Dans un rapport de force, à côté des textes, il faut avoir une personnalité et trouver de très bonnes stratégies afin de faire faire accepter à une autorité, à un individu, ou à une institution, ce qui n’aurait pas fait de son propre gré ou de sa propre initiative. C’est ce qui a manqué à notre « Messie » premier ministre. Notre premier ministre a passé tout son temps à prier Fory pour asseoir une administration publique compétence, et notre Fory, sentant le recul qu’a pris le nouveau premier ministre, a repris ses pouvoirs qui étaient menacés.Il faut souligner que si le premier ministre jugeait qu’il était le fruit du peuple de Guinée, il aurait pu engager un « front » politique avec le président de la République qui était très contesté dans son propre pays, mais Lansana Kouyaté trouve qu’il est à la primature par la bienveuillance de Fory. Ainsi, c’est dans cette ambiance qu’il (premier ministre) n’a pas engagé dès les premiers jours de ses fonctions une autre lecture des accords tripartites, de sa lettre de missions mis en parallèle avec la Constitution. S’il le faisait ainsi, il aurait pu gagner la bataille car il avait tout un peuple derrière lui, mais tel n’est pas le cas aujourd’hui. C’est pourquoi, Lansana Conté, profitant de la faiblesse du premier ministre, « sort » un décret dont certaines dispositions sont une aberration. III. L’anachronisme de la dernière phrase de l’article 178 du décret (infra) Les guinéens, la presse, les pouvoirs publics confondent deux (2) affirmations qui ne sont pas synonyme : Déterminer, conduire et coordonner la politique de la Nation et Contrôler l’action gouvernementale ne sont pas synonyme. Dans le sens juridique du terme, ces deux (2) ne concernent même pas la même autorité. La première affirmation concerne l’exécutif, le gouvernement. Dans un régime parlementaire, ou dans un régime semi parlementaire ou semi présidentiel ou « présidentialiste » comme en France, c’est le gouvernement qui détermine et conduit la politique de la nation, et c’est le premier ministre qui dirige l’action du gouvernement. C’est qui est exprimé par les articles 20 et 21 de la constitution française de 1958. Dans le cas guinéen, selon la constitution, c’est le président de la République qui assume cette fonction aux articles 37, 38, 39, 40, 41 de la constitution. C’est certaines de ces compétences qui devraient passer dans les mains d’un premier ministre constitutionnel après les crises sociales de janvier 2007. Par l’hypothèse d’un premier ministre constitutionnel, c’est à dire, un premier ministre dont les compétences et attributions sont prévues dans la constitution guinéenne par exemple , alors comment le premier ministre dirige l’action du gouvernement ? Le premier ministre compose propose les ministres au président de la République ; ensuite, il coordonner, organise l’action de l’équipe gouvernementale ; puis procède par les arbitrages à la suite des divergences naissent entre les membres du gouvernement ; enfin, il fixe les orientations générales des actions des membres du gouvernement et défini les attributions et compétences de chaque ministère. Cependant, il faut dire, que chaque ministre est responsable de son département. En revanche, contrôler l’action gouvernementale, est une procédure qui s’inscrit dans les rapports entre le premier ministre (France), ou le président de la République (Guinée) et le parlement. Ce terme est anachronique dans le décret du 05 décembre 2007 portant restructuration du gouvernement dans sa partie 19, en son article 178 « Sous l’autorité du chef de l’Etat le secrétaire général de la présidence de la république a pour mission la mise en œuvre de la politique du gouvernement dans les domaines du fonctionnement et de la coordination des activités des services de la présidence de la République », jusqu'à ce niveau tout semble être correct pour la mission traditionnelle d’un secrétaire général. Mais, le paragraphe 2 de ce même article rajoute que « Il (secrétaire général) appui le chef de l’Etat dans ses missions de conception et d’orientation de la politique générale de la Nation, il contrôle l’action gouvernementale et assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat » C’est cette phrase mise en relief qui est une aberration, sinon tout le reste paraît acceptable, car le président de la République n’a utilisé que les prérogatives qui lui sont offertes par la Constitution, mais le contrôle de l’action gouvernementale appartient au parlement. D’ailleurs, dans la Constitution guinéenne, cette formule n’existe point au niveau des pouvoirs du présidents de la République. Alors, comment le parlement, dans un régime parlementaire et/ou semi parlementaire ou semi présidentiel contrôle l’action gouvernementale ? C’est la constitution qui investi le parlement du pouvoir de contrôler l’action gouvernementale. La fonction de tout parlement dans un régime démocratique, c’est contrôler l’action gouvernementale à côté de voter les lois… Que signifie ce verbe d’action contrôler ? Contrôler signifie examiner, exercer une autorité, un pouvoir vérifier, quelque chose pour en avoir la maîtrise. Le contrôle de l’action gouvernementale s’exerce généralement de trois (3) manières : Procédure d’information : L’alinéa 1er de l’article 73 de la constitution guinéenne, les députés peuvent poser des questions orales ou écrites aux ministres. Cela peut être un débat mais sans vote, par exemple les questions que les députés guinéens posaient aux ministres en octobre 2007 lors de la session budgétaire, etc. ; La procédure d’investigation : art 72, le droit pour l’Assemblée nationale d’entendre tout ministre. Nous avons aussi l’article 73 alinéa 3 qui concerne les Commissions d’enquête que le parlement peut mettre en place pour enquêter sur une politique gouvernementale ; La procédure de la motion de censure, la question de confiance ou de ce que l’on appelle en Guinée la double persistance législative. En France, au Niger la motion de censure ou la question de confiance existe. Exemple : Par la motion de censure du 31 mai 2007, le gouvernement du premier ministre Hama Amadou fut renversé par sa propre majorité parlementaire lors d’une affaire de corruption de son gouvernement (c’est une preuve de la maturité politique des députés nigériens). La motion de censure et/ou la question de confiance n’existe pas en Guinée. C’est la procédure de la double persistance législative ? Lorsque une divergence existe entre le président de la République et le parlement guinéen sur une question donnée, le président après avoir consulté le président de l’Assemblée nationale peut dissoudre notre fameuse Assemblée nationale. Après la dissolution du parlement guinéen, de nouvelles élections sont convoquées dans les 60 jours qui suivent la dissolution (les élections anticipées). Et lorsqu’à la suite de ses élections anticipée, les « nouveaux » députés, c’est à dire, ceux nouvellement élus adoptent la même position que l’ancienne majorité des députés de l’Assemblée nationale sortante sur la question controversée qui a fait l’objet de la dissolution, le président de la République doit démissionner. C’est ce que l’on entend par la double persistance législative, car l’Assemblée nationale persiste deux (2) fois sur une même question. Cela se trouve réaffirmer par l’article 76 de la Constitution guinéenne. Cependant, il faudrait dire que cette procédure est difficile de mettre en œuvre. Dans les régimes parlementaires comme en Royaume Uni, en Allemagne, ou semi parlementaire présidentialisée comme en France, ou encore au Niger, le premier ministre est responsable devant le parlement.
Touré Ibrahima Sory, écrivain, spécialiste en droit de l'homme, Montréal
DANS lE BROUHAHA, LE TRALALA CONTINUE
Le 12/12/2007
Les responsabilités inhérentes à la fonction d’homme politique se soumettent à l’appréciation de l’opinion publique, avant, pendant et après la période de règne des dirigeants qui l’assument. Elles s’inscrivent ainsi, en lettres d’or ou de bronze, dans le livre du processus historique d’évolution des peuples, en fonction de leurs impacts positifs ou négatifs, facteurs déterminants fondamentaux, du degré d’émancipation et d’épanouissement social et économique des populations. Les hommes politiques guinéens dans leur ensemble, qu’ils soient de l’opposition, de la mouvance présidentielle ou gouvernementale, seront dans cette optique, comptables de leurs faits et gestes, face à la justice des hommes, qui donnera raison à ceux qui ont raison et tord à ceux qui en auront. Dans la conjoncture actuelle, l’on a de cesse de stigmatiser les dérives qui ont jalonné notre parcours, en tant que peuple indépendant et en tant que nation qui s’assume pleinement. Les causes endogènes de nos maux, sont connus de tous et s’expliquent logiquement, par une simple dépendance de cause à effet. De façon incompréhensible et inadmissible, l’on continue cependant à patauger, dans les méandres de la pauvreté et de la misère, en ayant toutes les peines du monde, à se mettre sur les rails du progrès mondial, en ce 21ème siècle, avec les atouts de la mondialisation, pour les pays qui savent habilement tirer leur épingle, du complexe jeu des alliances économiques, dictées par des intérêts particuliers des nations. En fait de responsabilités, il faille reconnaître de façon implicite, que nous sommes tous coupables, dans diverses proportions bien entendu. La part grande, revient, particulièrement à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont été associés aux prises de décisions, qui ont conduit notre pays, dans cet état de dépendance et de régression permanentes. En premier lieu, nos deux chefs d’Etat que sont Sékou Touré et Lansana Conté, qui sont indéniablement tous les deux, indexables et justiciables, pour leurs erreurs respectives de parcours, dans l’exercice du pouvoir, l’un dans un régime totalitaire et l’autre dans un régime de type présidentiel, dont le dénominateur commun est, la concentration du pouvoir directionnel, au sein de l’exécutif qu’ils incarnent. Nullement, une quelconque volonté de faire un procès d’intention, car les différentes analyses sociologiques et politiques, visant à étayer les thèses qui font référence à notre passé récent, soulèvent souvent la polémique et demeurent des sujets à controverse. Néanmoins, notre conscience patriotique nous interpelle en ce moment précis, de contexte favorable au redressement national, pour poser les jalons de la démocratie, seule alternative politique, capable de nous faire voir une lueur d’espoir, au bout du long tunnel de l’obscurantisme dans l’attente de lendemains meilleurs. Le général Conté a, en cette période de transition, l’occasion ou jamais, de redresser le tir, en se dédouanant de ses travers, autant que faire se peut, usant courageusement de ses immenses prérogatives, pour insuffler une dynamique nouvelle dans l’action politique, par sa volonté et sa capacité, à honorer ses engagements, par rapport à la feuille de route confiée à son premier Ministre et son équipe gouvernementale, suite aux évènements de janvier et février. Dans un de ses interviews, le général Président a répondu à la question de sa succession, qu’il cherchait quelqu’un qui soit à ses yeux, assez patriote et intègre pour lui confier les rênes du pouvoir, attitude qui dénote de son manque de respect de la constitution, du jeu démocratique et au-delà de la volonté du peuple. Il n’a vraiment pas à nous imposer qui que ce soit, surtout qu’il n’est lui-même pas un exemple de réussite dans la conduite des affaires de l’Etat. Notre choix pour la direction de notre destin commun, ne doit être guidé que par le libre arbitre de chacun d’entre nous, en âme et en conscience, avec la force de la conviction. Ce qu’il a de mieux à faire, est de continuer à œuvrer à la mise sur pieds des recommandations issues des négociations de sortie de crise, qui ont aboutit à la nomination de M.Lansana Kouyaté au poste de premier Ministre, une façon louable de se racheter en considération du fait que malgré tout, mieux vaut tard que jamais dans la vie. Dans cet élan, on peut se réjouir du fait qu’après le décret de création et de nomination des membres de la CENI, un nouveau décret portant sur la restructuration de l’administration, vient d’être signé par ses soins, comme pour couper court aux rumeurs qui font état de sa réticence, par rapport à l’avancement du processus démocratique enclenché depuis. Est-ce à supposer pour autant que des paliers ont été franchis ? On attend impatiemment de voir la suite, car en Guinée, rien n’est jamais vraiment acquis, tant les revirements de situation sont légions. En outre, beaucoup reste à faire, quand on imagine que l’une des revendications essentielles, demeure la création d’une commission d’enquête pour les crimes perpétrés lors des évènements et dont le principe d’acquisition est considéré comme un vœu pieux, en raison des implications fortes de certains décideurs, qui ne peuvent naturellement être juges et se constituer partie civile à la fois et surtout parce qu’ils sont conscients du fait qu’ils auront beaucoup à perdre dans pareille aventure. Par ailleurs, notre souci est que le général Conté ne soit plus considéré comme l’arbre qui cache la forêt, en devenant à tout bout de champ, le bouc émissaire que l’on s’empresse de jeter en pâture, devant les vautours du système, qui continuent de se camoufler derrière leurs costards et leurs grands boubous de soit-disant responsables administratifs, et profitent inlassablement, de la corruption érigée en méthode de gouvernance. On ne parlera jamais assez de la corruption, au risque de se répéter, mais le mal est si fort dans notre pays, que le fait de ne pas en parler, peut être considéré comme un silence coupable. Ce phénomène est une pratique mondialement répandue, mais ne dit-on pas en Afrique que tous les chiens bouffent de la merde, mais ceux qui s’en mettent sur la gueule, sont ceux qui sont pointés du doigt. Et en Guinée, ce mal a atteint des proportions qui vont au-delà du raisonnable, condition de plus pour toujours en parler et même de le crier haut et fort sur tous les toits, pour favoriser une nécessaire prise de conscience collective et mener un combat rigoureux et efficace, à la hauteur de l’ampleur de la forfaiture.Le gouvernement actuel doit savoir qu’il est sur la sellette et on ne manquera pas d’épier ses actions dans leurs moindres détails, afin de décrier les éventuels abus et faiblesses, pour éviter à la guinée les errements et les gaspillages d’énergie dont on du mal à se départir. Ce qui est fait est fait et comme on ne peut revenir en arrière, il ne nous reste plus qu’à tirer des enseignements des erreurs du passé et essayer d’avancer, même lentement mais sûrement et résolument vers l’avenir et pour ce faire, des voix dissidentes et progressistes, continueront à s’insurger sans relâche, contre les imperfections du système, pour qu’en fin de compte, la justice sociale devienne une réalité, susceptible de réconcilier sincèrement et durablement tous les fils et filles de Guinée, dans une communauté de destin.
BAYO Abidine
Le 11/12/2007
L’intitulé de cette analyse nous renvoie à une étude très poussée et vaste de l’affirmation que je viens de tenir. Cependant, pour raccourcir le chemin, dans une première tentative, nous chercherons de saisir la notion de « droits électoraux » institutionnel et subjectif selon la scientificité du droit international des droits de l’homme (DIDH), en appui avec la démocratie (I). Et, dans une seconde partie, nous tacherons de démontrer comment les trois (3) pouvoirs cités plus haut se sont entendus pour vider le contenu des droits électoraux en République de Guinée (II). Ce faisant, nous allons faire du droit comparé pour bien arguer sur la violation des droits électoraux dans cette République prise en otage depuis son accession à l’indépendance, le 02 octobre 1958. I. La notion des droits électoraux Selon la doctrine et le droit international des droits de l’homme, la dimension collective des droits de l’homme dans sa partie droits de citoyenneté que l’on nomme souvent par « droits politiques », retient trois (3) composantes des droits politiques. Pourquoi droits politiques ? Par ce que tout simplement, ce sont des droits qui permettent aux citoyens de participer directement ou indirectement à la gestion de la République, ou de la civitas. Sur ce, selon les dispositions de l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) adoptée à Paris et proclamée le 10 décembre par l’Assemblée générale des Nations Unies, de l’article 25 du Pacte international des droits civils et politiques (PIDCP) du 16 décembre 1966 ; l’article 13 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), les droits politiques se divisent en trois (3) grandes catégories Le droit « générique » de prendre part à la direction des affaires publiques ; Le droit d’accès à la fonction publique ; Et les droits électoraux d’où cadre notre sujet. Par ailleurs, les droits électoraux à leur tour, se subdivisent en deux (2) categories a) Droits électoraux institutionnels : les Etats sont tenus d’organiser des élections libres et transparentes à des intervalles réguliers pour designer les organes qui sont investis d’un pouvoir normatif et indépendant : Le président de la République dans un régime présidentiel ou présidentialiste ; le premier ministre ou chancelier dans un régime parlementaire ou semi parlementaire; les parlements nationaux ; les parlements des Etats fédérés dans les Etats fédéraux et/ou fortement régionalisés. L’article 25 du PIDCP s’applique aussi sur les référendums, etc. b) Et en Droits électoraux subjectifs : Ces droits comprennent le droit de vote et le droit d’éligibilité pour tout citoyen, évidemment selon certaines conditions objectives et raisonnables. Selon le Comité des droits de l’homme, les Etats ont d’une part, des obligations négatives (ne pas porter atteinte à ce droit), et, d’autre part des obligations positives (prendre des mesures pour la réalisation efficace de ces droits, comme l’inscription des électeurs, le respect de la liberté d’expression, d’association, la lutte contre l’analphabétisme, etc. Il faut signaler que tous les droits politiques posent comme condition sine qua non, l’exigence de la nationalité, et se sont ce sont les Etats qui déterminent souverainement qui sont leurs nationaux. Ainsi, au regard du DIDH, en République de Guinée, les droits électoraux susmentionnés, c’est à dire, les droits de vote et d’éligibilité sont violés par les trois (3) pouvoirs (supra). Partant, nous allons traiter de la violation du droit d’éligibilité, car la violation du droit de vote et l’organisation des élections libres et transparentes ne font pas aujourd’hui l’objet de polémique, tous les juristes, sociologues, et économistes partagent pratiquement la même analyse. II. La violation des droits électoraux, en l’occurrence le droit d’éligibilité Comme nous l’avons dit au début de cette analyse, nous allons adopter une approche comparative pour soutenir que la République de Guinée serait le seul Etat de la sous région où la violation du droit d’éligibilité est officielle et manifeste. Effectivement, la Constitution du 23 décembre 1990, dans sa première version, comme dans sa version révisée de 2001 « viole », limite de façon déraisonnable le droit d’être candidat aux différentes consultations électorales (présidentielles, législatives, etc). Cette constitution, ayant rappelée dans son préambule, et dans son article 1er le caractère universel des droits de l’homme, et l’attachement de la Guinée aux principes démocratiques, viole dans les dispositions qui suivent les mêmes principes démocratiques qu’elle (Constitution) a posée. Sur ce, l’alinéa 1 de l’article 3 Const. dispose que « […] Seuls les partis politiques présentent les candidats aux élections nationales ». Quant à l’élection du président de la République, l’article l’alinéa 2 de l’article 26 de la const. stipule que « […] Aucune candidature n’est recevable si elle n’est présentée par un parti politique légalement constitué ». La même condition saugrenue se pose pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale. Dans la même logique, les articles L 117, L 126, et suivant de la Loi organique de 1991 portant code électoral, viennent corroborer ce qui a été dit supra par la constitution. L’exécutif, le législateur guinéen, et par la complicité du pouvoir judiciaire (Cour Suprême) ont refusé de supprimer cette disposition dans le projet révision de la constitution avant le pseudo référendum constitutionnel du 11 novembre 2001. Qu’en est-il dans les autres pays ? Pour cela nous n’allons même pas partir en France, aux Etats Unis pour savoir comment la République de Guinée viole le droit d’éligibilité, mais on illustrera nos propos en mettant en nos législations électorales sur celles de nos voisins sous régionaux. En effet, lorsque nous prenons ce petit pays de l’Afrique occidentale : le Bénin, qui se trouve aujourd’hui l’un des meilleurs élèves en matière de démocratisation sur le continent africain, on ne retrouvera aucune disposition, ni dans la Constitution béninoise, ni dans les lois électorales béninoises, une disposition similaire qui limiterait le droit d’éligibilité. D’ailleurs l’actuel président Yayi Boni qui est l’un des économistes chevronnés de la sous région ouest africaine, fut élu à présidence béninoise comme candidat indépendant. De surcroît, tout près de chez nous encore, les Républiques du Sénégal et du Mali ne se retrouvent point sur le chemin qu’a tracé la République de Guinée, et notre pays est très lié historiquement à ces deux (2) pays. Au Sénégal, l’article L O 111 de la Loi organique 92-95 et 92-16 du 07 février 992 reconnaît la candidature indépendante. Au Mali, l’article 67 de la Loi N° 06-44 du 4 septembre 2006 portant Loi électorale mentionne que « Les candidatures indépendantes sont également autorisées ». Du reste, lorsque nous prenions la route du Sahel, au pays des hommes intègres, malgré la succession de coup d’Etat militaire qu’a connu ce pays après son indépendance et ce jusqu'à la fin des années 80, (avec la mort de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987), nous ne retrouvons aucune disposition similaire à celle de la Guinée. L’alinéa 2 de l’article 123 de la Loi N° 24/2005 portant modification de la Loi N ° 14/ 2001 du 03 juillet 2001 portant code électoral du Faso dispose que « Les candidatures peuvent être présentées, soit à titre individuel, soit sous le patronage d’un parti politique, d’un collectif de partis, ou d’un groupement de partis ou de formations politiques légalement reconnus ». Dans la même ambiance des Lois électorales, le Niger voisin du Burkina Faso, par la voie de la Cour suprême a rendu un avis sur la question des candidatures indépendantes. La Cour suprême du Niger, par son avis du 24 septembre 1992 affirma que l’article 84 de l’Ordonnance N 92-043 du 22 août 1992 portant Code électoral qui éliminait les candidatures indépendantes limite les droits et libertés fondamentaux. La Cour suprême du Niger « Dit que le fait pour l'article 84 du Code électoral d'éliminer les candidatures indépendantes aux élections présidentielles constitue une atteinte aux droits et libertés fondamentaux des citoyens notamment le droit pour tout citoyen d'être éligible, la liberté pour tout citoyen d'adhérer librement au parti politique de son choix et l'égalité de tous les citoyens devant la loi Dit que du point de vue du droit, aucune raison ne justifie l'élimination des candidatures indépendantes aux élections présidentielles, tout au contraire, le mode d'élection du président de la République et le rôle qui lui sera dévolu dans la prochaine constitution militent dans le sens du maintien des candidats indépendants aux élections présidentielles ». Aujourd’hui, au Niger, les nouvelles lois électorales reconnaissent les candidatures indépendantes. Le candidat indépendant à l’élection présidentielle doit fournir 10.000 signatures dans au moins cinq (5) régions du pays ; 1 % des inscrits de la circonscription où il se présente, pour les élections législatives, régionales, départementales, etc. Après avoir passer en revue certaines lois électorales de la sous région, nous remarquons qu’à l’exception de la Guinée, tous ces pays susmentionnés reconnaissent les candidatures indépendantes aux élections présidentielles, législatives, etc. On pourrait comprendre et admettre certaines conditions d’exercice du droit d’éligibilité, notamment les exigences liées à la nationalité, à l’âge (35-40 ans selon les pays), la résidence, le certificat médical, la jouissance des droits civils et politiques, l’incompatibilité des fonctions, etc., mais il serait déraisonnable, irrationnel et disproportionné de limiter le droit d’éligibilité par l’appartenance à un parti politique. Certes, le droit de vote et le droit d’éligibilité ne sont pas des droits absolus, et par conséquent ces droits pourraient être limités par le législateur, mais en respectant la triple condition classique : la légalité, le but poursuivi et la proportionnalité. Assurément lorsqu’on analyse les textes mis en cause, dans le cas présent, la constitution et la loi électorale guinéenne, on se rend compte que la condition de légalité est respectée, car nous avons deux (2) bases légales : la constitution et la loi électorale. Cependant, il faut poursuivre le raisonnement, car toute limitation de droit de l’homme doit répondre à trois (3) conditions (supra). Partant de là, examinons les deux (2) autres conditions qui restent, à savoir le but légitime poursuivi, et la proportionnalité. Quel est le but poursuivi par le refus des candidatures indépendantes ? Le refus des candidatures indépendantes ne poursuit selon mes dires aucun but légitime. Peut être, ce qui défendent cette limitation des candidatures indépendantes me diraient que le but légitime poursuivi qu’on pourrait dégager de cette mesure, c’est la protection de la liberté d’association, association dans le sens des partis politiques. Moi je dirais même sous un autre angle, que cette mesure est aussi contraire à la liberté d’association, la liberté d’appartenir à un parti politique de son choix, car il faut signaler que cette liberté d’appartenir à un parti politique renvoie aussi à la liberté de ne pas appartenir à un parti politique. Donc, une telle mesure oblige les citoyens à appartenir à un parti politique pour être éligible. Elle (mesure) est même contraire au principe d’égalité. En outre, la mesure de limitation n’est pas proportionnelle par rapport à l’objectif légitime poursuivi (d’ailleurs je n’en vois aucun). Il y a d’autres mesures qui porteraient moins atteinte, qui limiteraient de façon raisonnable le droit d’éligibilité, comme l’imposition d’un certain nombre de signatures aux candidats indépendants, et, cette exigence d’un certain nombre de signatures ne viderait pas le droit d’être éligible de son contenu. En République de Guinée, les hommes qui incarnent ces trois (3) pouvoirs, soucieux de leurs intérêts égocentriques, ont supprimé la limite d’âge et le nombre de mandat pour être président de la République. Ces limites d’âge (70 ans), et de mandat (5 ans renouvelable une seule fois) figuraient dans la première version de la Constitution de 1990 en son article son article 24. Donc, le législateur, et le judiciaire aveuglés par leurs « annuités » qui ne dit pas son nom, au lieu de corriger les imperfections de la première version de la dite constitution, ont par contre continuer à « tailler » la constitution pour attribuer un pouvoir considérable au président de la République et limiter de manière déraisonnable les droits et libertés fondamentaux. Conformément à l’article 45 de la constitution et à l’article 7 de la Loi organique N°91/008/CTRN du 23 décembre 1991 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Cour suprême de la République de Guinée, la Cour suprême donne son avis sur les projets de loi soumis au référendum et sur les projets de loi qualifiés d’organiques. Elle donne également son avis sur les propositions de loi. Au demeurant, la Cour suprême de la Guinée, au lieu de donner un avis comme l’a fait la Cour suprême nigérienne, s’est « alliée » avec les pouvoirs législatif et exécutif, et, a laissé passer ce faux référendum du 11 novembre 2001 sans émettre un avis constructif sur la garantie et la sauvegarde des droits et libertés fondamentaux, en l’occurrence les droits électoraux subjectifs. Enfin, il faut aussi affirmer que les partis politiques, pris de peur par certains citoyens qui pourraient se présenter comme candidat indépendant pour briguer le mandat présidentiel ou législatif, ont soutenu la position du gouvernement, car il faut reconnaître que certains citoyens, en se présentant comme candidats indépendants peuvent faire la différence, et ce même dans les bastions de l’opposition. Ainsi, ces partis d’opposition et non de l’opposition cherchent à leur tour beurrer leurs croissants, car nous sommes dans une République où tous les calculs et jeux se résument à : Comment, à mon tour puis-je beurrer mon croissant ? Ces hommes qui incarnent l’opposition, qui se présentent comme des pro démocrates, au lieu de chercher à consolider les grands principes démocratique, s’évertuent et explorent les principes démocratiques qui les arrangent dans le but de beurrer à tout prix leurs croissants, et non de beurrer les croissants de tous les citoyens de la République. La République de Guinée pourraient se définir en trois mots: Pays des Exceptions et Contrastes : un pays détonateur des indépendances en Afrique occidentale française (AOF) et en Afrique équatoriale française (AEF), un pays où le processus démocratique tordu, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire sous la coupole du pouvoir exécutif, un pays où la confusion des pouvoirs est très marqués, les partis politiques battis fondamentalement à l’image des régions, pays champion de la mauvaise gouvernance économique et politique, un président de la République très malade mais qui continue de tenir le pays en otage, un petit pays riche par les aléas de la nature mais appauvri par ses propres fils, le manque de personnalité et de courage politique des dirigeants -on ne démissionne pratiquement pas et on attend son renvoi de la haute hiérarchie administrative pour se porter comme le grand opposant au régime des « prédateurs », un pays où le menu reste l’ethnie et que l’ethnie.
Touré Ibrahima Sory, écrivain, spécialiste en droit de l’homme. Montréal. istofr@yahoo.fr
SORTIE D'UN LIVRE: GUINEE- CHRONIQUE d'UNE DEMOCRATIE ANNONCEE
Le 11/12/2007
Guinée-chronique d’une Démocratie annoncée retrace le processus des déséquilibres de la transition démocratique en Guinée. L’analyse montre comment les contextes de développement des partis politiques et le dépouillement des institutions démocratiques en Guinée vont servir de tremplin à la dérive de confiscation du pouvoir. Dans les faits, le multipartisme incontrôlé en Guinée a eu pour conséquence la pratique du régionalisme et de l’ethnostratégie comme moyens politiques. L’éducation des populations aux principes et idéaux de la Démocratie a, conséquemment ou sciemment, été subordonnée à d’autres intérêts. Parallèlement, la confusion entretenue entre l’État et le gouvernement a empêché les institutions « démocratiques » nationales de jouer leur rôle. La répression du pouvoir face aux crises sociopolitiques et économiques a favorisé un système administratif mercantiliste reposant sur le laxisme et la corruption. Ce livre tente de mettre en exergue les blocages, les dérapages, la dérégulation institutionnelle et les inconstances de gouvernance qui ont perturbé le processus d’alternance au pouvoir en Guinée. Il offre ainsi la possibilité aux acteurs, victimes et héritiers, de cerner les erreurs de jugement, circonscrire les fautes en vue de mettre en place des mécanismes de barrage, de contrôle et d’évaluation, de correction pour l’avenir. Avec un DES en Économie-géographie de l’École normale supérieure de Manéah en Guinée, O. Tity Faye est, également, diplômé en Économie des médias de l’Institut français de presse de l’université de Paris II, Sorbonne. Sa carrière de journaliste commence en 1992, avec l’intensification des mouvements politiques en Guinée. Il devint, successivement, Rédacteur en chef du journal « L’indépendant », Vice-président de l’Association des journalistes de Guinée (Ajg) et, Directeur de publication ou de Rédaction de plusieurs magazines et journaux dont « Le pays », « Le Continent » et l’hebdomadaire d’analyse « L’indépendant Plus ». O. Tity Faye a, également, été responsable de la communication de la Société guinéenne d’électricité, Consultant Spécialiste de la presse au Programme des nations-unies pour le développement (Pnud) et Rédacteur en chef des Bulletins « Les Nations-unies en Guinée » et « Pnud-Flash Guinée ». O. Tity Faye vit, actuellement, à Mississauga, en Ontario (Canada) où, il enseigne le Français Langue Seconde. « Guinée – Chronique d’une Démocratie annoncée » est disponible en ligne aux éditions Trafford Publishing. Utilisez le lien : www.trafford.com/07-1268. En Guinée, il sera en vente dans un délai de 40 jours
Le 05/12/2007
Les discours, pour le moins démagogiques des dirigeants politiques, ont de tout temps et sous tous les cieux, eu le mérite de faire rêver les administrés qui s’identifient tant bien que mal à leurs contenus hétéroclites qui promettent monts et merveilles, face aux inquiétudes et aux désespoirs grandiloquents, des populations démunies et impatients d’assouvir leurs besoins les plus élémentaires. Les inaptitudes et les divergences résultants des conflits d’intérêt, favorisent l’instauration de climat d’insécurité économique et sociale, contexte environnemental sur lequel, surfent opportunément la racaille politicienne, dans un élan d’hypocrisie et d’égoïsme, avec de prolifiques racontars, à faire perdre son latin. L’expérience a prouvé que cet état de faits, bien que n’étant pas l’apanage des guinéens, est une pratique courante dans notre pays, dont les décideurs politiques ont toujours fait preuve d’excellence, dans leur rhétorique populiste, toutes les fois qu’il s’est agit de mobiliser des gens pour une cause, pour peu reluisante qu’elle soit, ou d’engranger des voix dans le cadre de pseudo- élections, car en fait d’élections libres et transparentes, les guinéens ne peuvent s’en vanter, puisqu’il n’en jamais été question et on peine à croire qu’il en sera, dans un avenir proche. On serait tenté d’affirmer sans risque de se tromper, que la Guinée est à l’image des guinéens. Pays de paradoxes, incapable de tirer un maximum de profits de son exceptionnelle dotation naturelle en ressources minières et de la clémence du climat favorable au développement agricole, mais aussi et surtout, l’incapacité notoire à valoriser les ressources humaines dont la sous-évaluation et la faible promotion, constituent l’une des causes de la perte d’identité qui menace inéluctablement l’équilibre social. On a trop rêvé en Guinée, plongés que nous avons été dans un coma artificiel entretenu par les discours élitistes dits révolutionnaires de l’ancien régime qui nous a muré dans un silence coupable, obstruant nos visions et nos horizons et voilà qu’au moment où nous nous estimons suffisamment éveillés, l’on gesticule et manipule les esprits faiblards, pour nous cantonner dans un état végétatif de somnambulisme, à nous faire encore rêver et cette fois-ci debout, les yeux grandement ouverts. Crier haro sur toutes les actions de l’actuel gouvernement, peut paraître malhonnête, intellectuellement parlant, car les effets d’annonce de ses différentes entreprises, sont à priori imputables à une réelle volonté de changement, réclamé par le peuple de guinée, alternative qui passe nécessairement, par l’organisation future d’élections législatives libres et transparentes, mais plus important, par la lutte contre la corruption, dont l’enracinement dans les mœurs, s’apparente à une forme de légitimation et d’institutionnalisation à bien des égards. Le fondement essentiel des doutes émis ça et là par nombre d’observateurs, quant à une réelle volonté politique du gouvernement à mettre en œuvre les mesures coercitives favorables à la sortie de crise, réside dans le fait que leur rythme d’application s’effectue à pas de caméléon. Et à ce jour, aucune des prétendues actions allant dans ce sens, ne s’est objectivement soldée par des résultants concrets, d’où la défiance des guinéens, teintée d’appréhensions et de sentiments confus. Si le creuset entre le dire et le faire n’était une réalité bien vivante chez nous, on se devait d’avoir des motifs de satisfaction en ce qui concerne l’ordonnance par le gouvernement, d’audits dont les rapports mettent en évidence, à tous les niveaux, des dérives graves et d’importants cas de déperdition et engagent les responsabilités des chefs de départements ou leurs cabinets, les comptables publics, les comptables de fait, les ordonnateurs et administrateurs de crédits, les gestionnaires de projets ou d’établissements et des agents prestataires ou opérateurs économiques. Ces rapports montrent à suffisance l’ampleur de la gestion calamiteuse des deniers publics et la corruption endémique qui n’épargne aucune catégorie socio- professionnelle. Reste désormais à espérer avec véhémence, que la machine judiciaire ait les coudées franches, par son indépendance et son impartialité, pour se mettre en branle contre tous ces fossoyeurs et arnaqueurs, qui pullulent et pillent sans vergogne nos maigres ressources financières. Pour prouver sa bonne foi, le gouvernement doit principalement lutter contre des pratiques néfastes au sein de l’administration dont entre autres, les missions fictives et la surfacturation de leurs frais, l’alimentation du marché noir des devises par l’argent public, les exonérations fiscales de complaisance, les dépenses extra- budgétaires pour le financement de projets et d’actions personnels sous-couvert d’actions gouvernementales, les prises illicites d’intérêt dans les entreprises bénéficiant de marchés juteux par favoritisme. On ne peut donner une liste exhaustive de tous les manquements à l’éthique et la morale, mais une entame sincère de combat pour l’assainissement et la viabilisation de la vie publique serait salutaire pour l’avancement qualitatif de la Guinée. Le seul hic, c’est qu’en politique, les grands diseurs ne sont pas toujours les grands faiseurs.
BAYO Abidine
Conakry le 4 Décembre 2007 LETTRE OUVERTE A Mme ANDRE TOURE
Le 05/12/2007
Chère Madame, Je suis sûr que vous ne vous rappelez pas de moi. Nous ne nous sommes vus face à face qu’en 1970 à Rome. L’ambassadeur Seydou Keita avait organisé une conférence de presse lors de votre visite dans la cité sainte en compagnie de Myriam Makéba. Imbu du verbiage de votre mari, croyant fermement en sa sincérité au point d’être membre de la JRDA, j’avais aidé et participé activement à l’organisation de cette conférence de presse. Etant journaliste moi même, devant le mutisme des collègues italiens qui ne savaient rien de la Guinée, en toute bonne foi j’ai posé des questions qui tendaient à mieux faire connaître notre pays. D’ailleurs, je préparais alors ma thèse de doctorat sur la Guinée, qui traitait entre autre de la pensée politique de votre mari et de sa conception de la société guinéenne. A la fin de la conférence de presse, ayant compris que mes questions n’avaient pas été du goût de M. Keita, dont j’ignorais l’inhumanité, je vous ai exprimé mes craintes. Aussi bien vous que la grande chanteuse sud-africaine, vous avez cherché, maternellement à me tranquilliser et vous m’avez même félicité. Lors de l’agression portugaise du 22 Novembre 1970, mon père était à l’extérieur du pays. Il a tout fait pour rentrer car il aimait immensément la Guinée et malgré toutes les épreuves que votre mari avait fait subir à notre pays, il croyait que l’on ne pouvait être arrêté, torturé, privé de tous ses biens et massacré que si on avait commis de graves crimes contre son pays. En attendant que l’aéroport de Conakry soit rouvert il a du patienter chez un ami à Bamako, Diallo Sada, futur Président du Patronat malien. Cet ami connaissait bien votre mari, car il avait été chassé de Guinée, son pays d’adoption avec seulement une valise. Toutes ses villas, ses voitures, ses entreprises et ses terrains lui avaient été arrachés, sans qu’il ait absolument rien fait de contraire à la loi. Craignant pour la sécurité de mon père, il a tout fait pour le retenir à Bamako, mais celui-ci lui a dit qu’il ne pouvait pas laisser sa famille seule et que de toutes les façons, n’ayant rien fait, il n’avait aucune crainte. Dès son retour, il a été arrêté et enfermé au Camp Boiro. Il y est resté pendant un mois. Malgré l’atmosphère concentrationnaire qu’on respirait dans tout le pays et les témoignages sur le véritable visage du régime tortionnaire instauré par votre mari, mon père a cru que comme il n’avait rien fait, il ne courait aucun risque. A ses yeux, la preuve était qu’en le libérant la révolution avait reconnu qu’elle s’était trompée dans son cas. C’est pour cela qu’il avait été libéré. Bien qu’il en aurait eu la possibilité, il a refusé de quitter le pays. Après quelques mois, il a été arrêté et a disparu définitivement, en même temps que tant d’autres innocents. Sa famille fut dépossédée de tous ses biens : terrains, bâtiments, voitures, camions, magasins, participations dans des entreprises, comptes en banque, etc. Chaque membre de la famille fut obligé de sortir de ses propriétés avec seulement ce qu’il avait sur lui. Ma mère ayant voulu prendre sa natte de prière, un des miliciens la lui arracha des mains avec tellement de force qu’elle faillit tomber. Dans l’atmosphère de délation et de peur qui prévalait, un seul oncle eut le courage de prendre en charge nos mamans et les jeunes enfants. Les plus grands n’ont trouvé leur salut que dans la fuite. Pourtant, moi qui étais déjà à l’extérieur ce n’est que grâce à la fermeté de ma femme que je ne suis pas rentré pour combattre. J’aurais subi ainsi la fin de plusieurs jeunes Guinéens qui, sentant leur patrie en danger ont interrompu toutes leurs activités pour voler à son secours. Ils ont été arrêtés à leur entrée en Guinée et accusés de connivence avec les envahisseurs ! Quelques années plus tard, il parait qu’ayant vu l’état de délabrement de notre bâtiment à Boussoura causé par l’incurie et la malhonnêteté des habitants que la révolution y avait logés, vous auriez exprimé très vivement votre colère : baignoires rouillées, wc et bidets bouchés, fenêtres et portés arrachées, pans tombants, etc. Cette colère contre la destruction d’un bien de mon père et la gentillesse que vous avez montrée à mon égard en Italie, m’ont toujours porté à croire que vous aussi vous deviez avoir été une victime. Je crois que votre conscience n’a jamais accepté les méthodes sanguinaires de votre mari. Pendant toute la durée du règne de la terreur, au milieu des batoula, menteurs, délateurs et hypocrites aux mains souillées du sang de tant d’innocents compatriotes, vous avez dû vous sentir, souvent, comme ces intellectuels que des régimes dictatoriaux enfermaient dans des asiles pour aliénés mentaux. Dans votre intimité, vous devez avoir subi les caresses de votre mari comme les pattes d’une araignée sur votre corps, malgré l’amour pour les enfants que vous avez eus avec lui. Comment avez-vous géré vos amitiés qui dépendaient de l’humeur d’un mari sanguinaire, car je suis sûr que des sentiments sincères devaient vous lier aux veuves d’anciens ministres ? Vous ne pouvez pas les avoir considérées comme des ennemies du jour au lendemain, sans motif ! Comment faisiez-vous face à ces amies dont les maris ou les enfants innocents ont été martyrisés par le vôtre ? Depuis que la terreur a été remplacée par le libéralisme économique, ou avant, je n’ai jamais entendu votre nom lié à une quelconque malversation, abus de pouvoir ou corruption, à part quelques bruits lors de la recherche d’un héritier du régime révolutionnaire à la mort de votre mari. Je suis convaincu que vous ne revendiquez nullement l’idéologie du Parti des pendeurs de guinéens. Les propos que vous avez tenus lors du brouhaha qui a envahi nos tympans à l’occasion du 22 Novembre 2007, ont été les seuls mots qui dénotent une sincère recherche de réconciliation avec notre peuple. En tant que fils d’une victime de la folie meurtrière de votre mari, je vous prie de continuer sur ce sentier et de refuser de vous prêter à une quelconque instrumentalisation des nostalgiques de ce régime qui a tué tant de cadres, d’hommes d’affaires ainsi que d’autres simples citoyens innocents et obligé un tiers de la population guinéenne à fuir dans les pays voisins. Au cours de l’année 2008, qui marquera le Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays, les nostalgiques du pouvoir sanguinaire ne manqueront pas de solliciter votre aval pour des actions politiques destinées à renforcer leurs ambitions personnelles. Ce n’est pas de l’intérêt de notre peuple. Refusez de répondre aux appels de ces sirènes, lys de l’histoire. Sachez distinguer l’amour qui vous a fait épouser cet homme, dont tant de Guinéennes ont subi le charme légendaire, de l’intérêt et de l’amour que vous portez à notre peuple, en continuant à prôner la réconciliation nationale. Personne ne vous en voudra de vous rappeler les moments agréables de la vie conjugale que vous avez vécus avec lui, mais pensez à ces nombreuses familles qui ne savent même pas où sont enterrés leurs maris, pères, frères ou sœurs. Pensez à eux et aux amitiés que vous avez du interrompre pour des raisons qui vous étaient imposées, en refusant de servir des intérêts partisans qui vont à l’encontre de la justice et du respect de la mémoire des disparus. Hier, vous ne pouviez rien faire pour empêcher les crimes de votre mari, mais aujourd’hui vous pouvez agir, pour au moins, que la mémoire des innocents ne soit pas bafouée. Pour le bien de notre chère patrie, aidez-nous à faire reconnaître que nos parents ont été tués en toute innocence et que ceux qui savent où leurs corps ont été cachés nous disent où aller les chercher pour leur offrir une sépulture digne des croyants qu’ils étaient. Tout en espérant que vous ne resterez pas sourde à cet appel, auquel se reconnaissent plusieurs Guinéens, je vous prie d’agréer, chère Madame, l’expression de mon très sincère amour filial.
Dr. Abdoulaye Bah abkodo2@yahoo.fr
AlSENY RENEGOMEZ, VICTIME OU BOURREAU?
Le 18/11/2007
Suite à la publication de son livre « Camp Boiro, parler ou périr », je suis aujourd’hui de ces Guinéens, africains et observateurs de la vie sociopolitique de la Guinée de ces dernières décennies qui s’interrogent sur la portée réelle de l’œuvre de M. GOMEZ. J’avoue n’avoir lu qu’un extrait de ce livre et quelques passages relayés par la presse. Mon interrogation ne porte point sur les exactions, animosités, humiliations et exterminations sommaires et extrajudiciaires dont ont subies - pour une raison ou pour une autre- toutes celles et tous ceux qui ont eu la malchance de séjourner dans cette geôle qui occupe une place de choix parmi les plus abominables de l’histoire du continent noir. Elle ne porte pas non plus sur l’ampleur, réelle ou supposée, du délit ou du crime que peut commettre un être humain pour mériter de tels traitements. Il est bien vrai que tous ceux qui prétendent être victimes de ce Goulag à la guinéenne n’en sont pas réellement. Il eût des victimes innocentes et des personnes qui ont été broyées par la machine répressive qu’elles ont participé à la conception et au fonctionnement des années durant. Le régime PDG, à un moment donné de son existence, a crée un monstre qui s’alimentait de la chair humaine. Il fallait nécessairement lui trouver de quoi s’alimenter (d’abord des coupables, ensuite des innocents, y compris ses concepteurs et créateurs, à défaut de trouver ceux auxquels on reprochait quelque chose). On sait bien que M. GOMEZ fut parmi les hauts dignitaires du système PDG, même si je ne suis pas en mesure de savoir aujourd’hui, à cause de ma jeunesse et de manque de sources d’information fiables, quel fut exactement son rôle dans la conception et le fonctionnement de la machine qui a tué des milliers de vies innocentes dans le pays et contraint des millions d’autres à l’exile. Ce qui suscite mon interrogation et mon étonnement, c’est l’attitude de M. GOMEZ et le rôle qu’il a joué dans l’histoire récente de la Guinée, c’est-à-dire celle qui commence après la chute du régime qu’il décrie dans son livre et qui le voit jouer un rôle de premier plan dans la gestion de la Guinée post-PDG. Je pense particulièrement à ses fonctions ministérielles (Intérieur et Sécurité, puis récemment Justice et Garde des Sceaux). Mon étonnement, parfois ma révolte concerne le silence de M. GOMEZ sur son rôle dans cette période de la Guinée. Il a pu nous dire, avec éloquence et pathétisme, ce qu’il a vu et subi comme conditions inhumaines et dégradantes au Camp Boiro, mais pas un seul mot sur la manière dont il a géré les élections présidentielles de 1993 dont la fraude, la mascarade et les coups de canon et armes automatiques qui ont suivi la publication des résultats définitifs par la Cour suprême, ont fini par miner, on ne sait jusqu’à quand encore, le chemin de la démocratie en Guinée. Il ne dit rien sur son rôle de pionnier dans les machinations qui continuent de priver les Guinéens des bien faits de la démocratie, qui consiste à choisir ses dirigeants par le peuple et à contrôler leurs décisions et actions dans la gestion de la chose publique. Par sa participation à imposer au peuple de Guinée des dirigeants qu’il ne voulait pas ou plus, il est de ceux-là qui ont ouvert la voie à l’institutionnalisation du vol du denier public, de la corruption, du détournement qui gangrènent notre société aujourd’hui. C’est contre ces mêmes dirigeants qu’il a contribué à imposer à la Guinée que tout le pays s’est levé, comme un seul homme en juin 2006 et en janvier et février 2007 dont plus d’une centaine de jeunes ont été froidement et lâchement abattus. M. GOMEZ est-il en mesure de nous dire, depuis qu’il a posé cet acte tristement célère, combien de Guinéens sont morts du déficit démocratique dont les conséquences s’appellent détournement, corruption, arrestation arbitraire etc.? Plus révoltant encore, après les massacres de juin 2006, toute la Guinée, soutenue par les organisations de défense des droits de l’homme, a exigé la mise en place d’une commission d’enquête afin d’identifier et de traduire en justice les responsables du carnage qui a coûté la vie à près d’une vingtaine de jeunes élèves. Qu’est-ce que M. GOMEZ a fait ? En sa qualité de garde des Sceaux, Ministre de la Justice, son rôle a tout simplement consisté à la mise en place d’un théâtre dont l’objectif évident était d’étouffer cette affaire. Or s’il s’estime victime d’une injustice, d’une arrestation arbitraire, de torture etc., son action, après son extraction de la geôle du Camp Boiro, devrait s’inscrire à l’avant-garde du combat contre l’injustice en Guinée, pour que, plus jamais, personne ne connaisse le sort qu’il dit avoir injustement subi. Qui plus est, il en a eu l’occasion et les moyens de le faire. En sa qualité de ministre de l’intérieur, qu’a-t-il fait pour le démantèlement et la fermeture des camps de détention et de torture secrets dont le fameux « Koundara » ? Qu’a-t-il fait pour interdire les bastonnades, les humiliations et les atteintes graves à l’intégrité physique et à la dignité des détenus dans nos commissariats de police, dans nos postes de gendarmeries et dans nos prisons ? En tant que ministre de la justice, quel acte M. GOMEZ a-t-il posé pour assurer une justice équitable à ces détenus dont certains se trouvaient là pour s’être disputés avec un « grand » ou pour des dettes civiles ? Bref, Qu’est-ce que M. GOMEZ a fait pour assurer une justice indépendante et équitable aux Guinéens dont ont été privée les pensionnaires du Camp Boiro ? Par juste indépendante et équitable, j’entends celle qui consacre et applique les grands principes de droit reconnus par tout système judiciaire d’obédience démocratique. C’est celle qui assure la présomption d’innocence à toute personne inculpée. C’est celle qui cristallise le droit à un procès contradictoire assorti de droit à toute personne soupçonnée d’avoir commis une infraction de se faire assister d’un conseil ou d’un avocat pour plaider sa cause. C’est aussi celle qui respecte le principe sacré de la légalité des délits et des peines. Je ne saurais jamais être exhaustif dans mes interrogations sur le rôle joué par l’auteur de « Camp Boiro, parler ou périr ». Ce qui reste évident, c’est que l’auteur de ce livre n’est pas le mieux placé pour nous parler des dérives d’un système dont il a été un maillon essentiel et surtout dont il n’a rien fait pour démanteler quand il en avait les moyens. C’est pour quoi sa présence parmi les enfants des victimes du Camp Boiro pour une manifestation quelconque m’étonne à plus d’un titre ! Et je me demande quand est-ce que ses victimes à lui auront l’occasion de lui demander des comptes. Je suis seulement persuadé que ce n’est pas sur le régime en place qu’il faut compter pour comprendre, à fortiori demander réparation pour les innombrables victimes, connues ou restées dans l’anonymat. Car le régime actuel n’est qu’un avatar de l’ancien (si j’ose appeler le PDG, ancien régime), puisqu’en réalité, il n’y a jamais eu de rupture ! Les Guinéens, surtout nous les jeunes, avons un besoin ardent de comprendre l’histoire de notre pays, et l’exercice que chacun a fait de la parcelle de responsabilité et de pouvoir qui lui ont été confiés. Vivement un débat, une commission de vérité et réconciliation ou un procès juste et équitable. Que chacun y réfléchisse. On tranchera le moment venu.
Ibrahima SAKOH, diplômé de droit international à l’Université de Genève Email : ikalil2002@yahoo.fr
Le 13/11/2007
L’insolence de la richesse des privilégiés du système de gouvernance dans notre pays, constitue la pierre angulaire des causes légitimes de frustration de la population, dont la précarité des conditions de vie ne cesse d’aller crescendo, à cause de l’iniquité manifeste dans la répartition des ressources de la nation. Le plus détonnant, c’est le rythme de croissance des avoirs de ces nantis, qui pour la plupart profitent impunément, des faiblesses des mécanismes de gestion financière, dés lors qu’ils mettent le pieds dans l’étrier et s’embourbent dans l’engrenage qui érige en pratique courante et généralisée, le détournement des maigres avoirs de l’état à leurs profits personnels, en s’abritant derrière leurs positions temporaires, de détenteurs d’une quelconque parcelle d’autorité publique, qu’ils croient éternelle.. En effet, en considération de la faiblesse du pouvoir d’achat en guinée, résultant du bas niveau des barèmes de la grille salariale et paradoxalement de la flambée des prix sur le marché, les travailleurs guinéens qui ont l’honnête insigne de vivre à la sueur de leurs fronts, des maigres revenus de leurs activités, ont des difficultés incommensurables à joindre les deux bouts, pour mener une vie décente débarrassée des soucis du quotidien. Pendant ce temps, le gouvernement par des techniques de marketing politique, cherche à consolider sa notoriété publique, en mettant en marche une véritable stratégie de communication, à coup de gadgets et de politiques spectacles, dont les objectifs inavoués mais perceptibles, visent sans ambages un positionnement dans la perspective des prochaines élections présidentielles.Pense-t-on que nous ne sommes dans un royaume d’aveugles pour que les borgnes deviennent rois ? Il ne faut pas se leurrer, on a que trop souffert pour ne plus être des néophytes, malléables et corvéables à merci. Dans cet exercice périlleux, ces prétendants au pouvoir suprême, ne lésinent pas sur les moyens et font preuve d’imaginations et d’initiatives plus promptes les unes que les autres, à chaque fois que l’occasion s’y prête, afin de marquer les esprits les plus vulnérables, par des interventions plus spectaculaires qu’efficaces, tentant ainsi de prouver une certaine réactivité bienveillante à chaud, face aux évènements contextuels pour les moins tragiques. Quand les populations crient famine, le gouvernement dit de bonne foi, importe du riz pour soit-disant, casser les prix pratiqués sur le marché, dont les mécanismes de régulation dépendent de la conjoncture internationale, plutôt que des opérateurs économiques qu’on cherche à diaboliser dans leurs droits naturels, à tirer profit de leurs activités commerciales avec les exigences de rentabilité que cela implique. .Et quand pour des causes de catastrophes naturelles, la grogne se fait entendre de la part des sinistrés, on ravitaille comme par enchantement, en denrées de première nécessité les ayant-besoin, pour soulager leur traumatisme et tempérer du coup les ardeurs des plus septiques.Au demeurant, quelle noble attitude si ce n’est une façon de croire ironiquement que, ventres pleins, les guinéens sont contents. A l’image de l’époque révolutionnaire, l’assistanat public, joue sur la corde sensible de la populace. Et dans ce dessein, l’on fait valoir le principe selon lequel, la fin justifie les moyens. Mais dans le cas de figure, on serait tenté de se poser la question de savoir quelles sont les réelles motivations de nos dirigeants et quels objectifs se sont-ils assignés pour soulager la misère qui nous gangrène, car c’aurait était le cas, on aurait indéniablement besoin d’entreprendre des actions constantes, susceptibles d’apporter des solutions pérennes et non des coups de bluff, pour des publicités à la gloire d’individus, aussi hauts placés qu’ils soient. L’adage ne dit-il pas qu’au lieu de donner du poisson tous les jours à ton prochain, apprends –lui à pêche ? Dans cette optique, c’est la libéralisation des initiatives et la création de conditions de leurs mises en oeuvre, dans un contexte de concertation et de responsabilisation qui s’imposent. Actuellement, il n’y’ a fort malheureusement pas de raisons de baisser les bras, car la place est toujours faite belle à l’amateurisme et à la gabegie, dans une stratégie d’influence négative, dont l’attrait et la pertinence sur l’électorat n’est ni à espérer, ni à souhaiter. Cette attitude est dépourvue de bon sens, car après les comités de soutien au premier ministre qui ont été tant décriés, on nous parle maintenant de comité de soutien aux actions du gouvernement, qui s’érige en porte-parole et surtout en défenseur tout azimut des intérêts de celui-ci.Un aveu de faiblesse de plus, car quand on a conscience de nos bienfaits, on a nullement besoin de les imposer par de pareilles maladroites manœuvres. Le mérite d’une action politique en démocratie, se reconnaît par les urnes par la confiance ou le renouvellement de cette confiance, de la part des électeurs, dont les motivations doivent être guidées par la connaissance empirique des problèmes sociétaux et les réponses apportées par les dirigeants. Ce faisant, on ne peut accorder de crédit à tout ce qui se dit comités de soutien, du moment que leur création n’est régie par aucun texte institutionnel et/ou réglementaire et mieux, le financement de leurs activités on le devine, est assuré par l’argent du contribuable, les mettant ainsi à la solde du pouvoir, dont ils s’empressent de vanter les mérites, tout en passant sous silence les déboires les plus notoires. Mais heureusement, l’éveil de la conscience politique des guinéens est devenue une réalité tangible avec laquelle, il faille désormais compter parce qu’elle s’inspire des réalités contemporaines, dans un contexte de mondialisation et de démocratisation des idées.
BAYO Abidine
Le 07/11/2007
LA LIBERTE D'EXPRESSION DAANS UNE SOCIETE DEMOCRATIQUE OU LE DROIT DE REPANDRE LA PESTE SUR SES CONCITOYENS: Pour aborder cette question qui suscite les débats tant dans les sociétés occidentales (histoires des caricatures du Prophète Mohammad en 2006 PSL) que dans les « nouvelles démocratie », nous allons essayer de saisir dans un premier temps la portée de la liberté d’expression (I), puis dans une deuxième partie situer les limites de cette liberté (II) qui se transforme parfois en « liberticide » ou en abus de droit dans la société guinéenne, et, en fin exposer le régime juridique des restrictions (III) I. La portée de la liberté d’expression Au prime abord, il faut le signaler qu’à défaut de l’accessibilité et/ou du manque d’une jurisprudence guinéenne en la matière, nous allons essayer d’utiliser d’autres arrêts des autres juridictions, comme la Cour européenne des droits de l’homme, qui se trouve la meilleure juridiction en matière des droits de l’homme sur la planète. Toutefois, avant de faire référence à certaines jurisprudences de la cour de Strasbourg, essayons de cerner la liberté d’expression. Selon le Professeur Frédéric Sudre, agrégé des Facultés de droit, la liberté d’expression est « l’un des droits les plus précieux de l’homme ». Cette liberté est en soi un droit, elle est aussi, d’une part indispensable pour la jouissance d’autres droits tels la libertéd’association, de réunion, le droit à des élections périodiques, libres et transparentes au suffrage universel, mais, d’autre part, cette liberté d’expression est aussi dommageable ou préjudiciable pour d’autres droits, en l’occurrence le droit au respect de la vie privée et familiale ou en encore la liberté religieuse. Par ailleurs, la liberté d’expression renferme plusieurs libertés. Ce droit implique, d’une part, la liberté d’opinion (§1), et, d’autre part, la liberté d’information (§ 2) § 1. La liberté d’opinion Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ; art. 9.2 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) ; art. 10 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), art 7.1 de la Constitution guinéenne du 23 décembre 1990, révisée par le Décret D/ 2002/48/PRG/SGG du 15 mai 2002 promulguant la Loi constitutionnelle adoptée par referendum du 11 novembre 2001 . La liberté d’opinion est à la base de la consécration de la liberté d’expression qui se manifeste par certaines valeurs démocratiques : la tolérance, le pluralisme, l’esprit d’ouverture. C’est cette liberté qui se recoupe par la célèbre formule juridique « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions… » , qu’elles soient philosophiques, morales, religieuses, politiques, etc. Il faut le préciser que cette liberté d’opinion est garantie même aux détenus. Voir la Cour EDH dans son arrêt Yankoc contre la Bulgarie du 11 avril 2003. §. 2. La liberté d’information La liberté d’information à l’image de sa sœur (liberté d’opinion) est aussi garantie par le droit international des droits de l’homme (DIDH), mais aussi par tous les textes constitutionnels des Etats « démocratiques ». Il en est ainsi de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) ; de l’art 9.1 de la CADHP, de l’art 10 de la CEDH, de l’art 7.2 et 7.3 de la Constitution guinéenne (suprra). En effet, la liberté d’information dépasse les discours politiques, philosophiques, religieux..). Du reste, cette liberté à son tour comporte deux (2) sous ensembles. Nous avons la liberté de recevoir les informations et idées et non le droit de rechercher les informations ! (autre sujet), et la liberté de les communiquer. En d’autres termes, par exemple, la liberté pour le citoyen (le public) de recevoir les informations, et la liberté pour le journaliste de communiquer les informations. Cependant, qu’est ce que l’on attend par la notion d’information ? La notion d’information recoupe les nouvelles, les questions qui donnent lieu à un débat public par les moyens de la presses écrite (journaux imprimés sur papier), de la presse orale (radio, télévision), presse électronique (site web d’information), aussi par les moyens publicitaires, artistiques, cinématographique, etc. Certes, la liberté d’expression est qualifiée de droit démocratique d’une importance capitale, ou « l’un des fondements essentiels d’une société démocratique, l’une des conditions primordiales de son progrès et de l’épanouissement de chacun », selon la formule de la Cour EDH dans sa décision Muller et al. contre la Suisse du 24 mai 1988, mais cette liberté ne pourrait s’exercer sans des limites. II. Les limites de la liberté d’expression Aujourd’hui, à lire certains journaux guinéens, certains sites d’information électronique spécialisés sur la République de Guinée, nous constatons avec amertume que les « ennemis » de la démocratie, de la liberté d’expression, qui pensent que leurs actions n’ont aucune borne, comme si on était dans une jungle, où chacun était un loup pour chacun, et où chacun se défendait, s’exprimait comme il le veut, et comme il le peut. Et, ce qui est grave, ce sont des intellectuels cadres d’aujourd’hui ou de demain qui s’expriment ainsi pour mettre le feu dans la maison commune « la République de Guinée », invectivent leurs adversaires d’idées politiques, ou tout simplement ceux qui ne pensent, ne réfléchissent pas comme eux ou ne partagent simplement pas leur façon de concevoir la res publica. Sur ce, les ennemis de la liberté d’expression en s’exprimant ainsi ne donnent-ils pas ainsi le pouvoir aux dirigeants autoritaires de vider la liberté d’expression de son contenu ? Est ce qu’on a besoin d’insulter son prochain, de s’acharner sur sa personnalité, de l’atteindre dans sa vie privée et familiale, ou encore de tenir des propos racistes, ethniques, régionalistes, diffamatoires et haineux sous prétexte que l’on est libre de s’exprimer et faire passer ses idées ? À mon avis, je ne partage point la démarche de ces catégories de personnes qui se font remarquer dans un amateurisme dans les écrits, et par les comportements d’un journaliste, ou d’un intellectuel qui se dit connaisseurs des maux qui gangrènent la société guinéenne. III. Le régime juridique des restrictions Au demeurant, il y a trois (3) possibilités ou trois (3) causes de restrictions Une restriction pour la protection de l’intérêt général ; Une restriction pour la protection d’autres droits individuels ; Une restriction pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. On lit dans les journaux guinéens, sur les sites guinéens tels marchent avec les couches par ce qu’il est gay (homosexuel), ou telle est lesbienne (on doit limiter la liberté de ces personnes pour la protection des droits d’autrui) ; ou c’est des discours ethniques et des discours ethniques, ou d’incitation à la haine ( on doit limiter la liberté d’expression de ces gens pour la protection de l’intérêt général). Ce qui est malheureux dans tout ça, ce ne sont pas des petits cordonniers, pêcheurs…, mais des personnes qui ont un certain bagage intellectuel et/ou une certaine culture. Cependant, l’on est pas étonné de ces comportements, car il y a un proverbe Soussou qui dit : qu’il y a l’école du monde académique et il y a l’école de la vie. Avant j’étais l’un des guinéens qui passaient la plus grande partie de son temps à lire les sites guinéens, mais aujourd’hui je lis peu compte tenu de certains articles qui inondent les sites web. Quand je navigue sur un site d’information guinéen, je cherche à savoir l’auteur de l’article, car j’ai répertorié un groupe de personnes qui font d’excellentes analyses constructives, et, j’ai aussi pointé le doigt à certains personnes qui sont pour moi les ennemis de la démocratie et de la liberté d’expression. Entre parenthèse, moi j’ai fait les études de droit, d’administration publique et de droit de l’homme pour défendre certaines valeurs d’une société qui tend vers la démocratie, car la démocratie est un idéal, il n’est jamais atteint, nous sommes toujours dans un processus d’apprentissage, d’amélioration et de perfection, mais il y a des sociétés plus « démocratiques » que d’autres. Cependant, ce que je ne pourrais pas partager, c’est être aveuglé par la démocratie, les droits de l’homme, pendant que vous qui criez haut et fort ces valeurs, vous êtes les premiers à les piétiner et à les transgresser. En ce qui concerne le régime juridique de limitation des droits et libertés, la mesure restrictive ou limitative doit répondre à la célèbre triple condition cumulative classique: 1. La restriction doit être prévue par la loi : condition de légalité : une loi au sens matérielle, accessible et claire 2. La restriction doit viser un but légitime : par exemple protection de la morale, protection des droits d’autrui, protection de la santé publique, de la sécurité publique, etc 3. La restriction doit être proportionnelle et nécessaire dans une « société démocratique ». Il faut qu’il ait un équilibre entre tous les intérêts en cause. Autrement, un équilibre entre les moyens employés et le but visé par la mesure de restriction. Toutes les libertés et droits ont des bornes, et ils doivent être restreint. En revanche, il y a des droits qui sont non dérogeables ou intangibles, et ni restrictifs. Il en est ainsi du droit à ne par être soumis à la torture et des mauvais traitements, Le droit à ne par être réduit en esclavage, le droit à la vie, la non rétroactivité de la loi pénale, non bis in idem, etc. Les juristes nomment ces droits intangibles de « noyau dur » des droits de l’homme. Mais il faut le dire que ce noyau dur des droits de l’homme dépend d’un système juridique à l’autre, mais certains droits sont intangibles dans tous les systèmes juridiques. Pour une petite précision, la restriction est différente de la dérogation. Une restriction aux droits de l’homme est une limite à la jouissance ou à l’exercice d’un droit. Et, par contre une dérogation est une suspension temporaire, épisodique ou passager frappant une catégorie des droits humains compte tenu de certaines circonstances, en deux mots : c’est la « violation autorisée » dans les circonstances exceptionnelles.
Touré Ibrahima Sory, écrivain, spécialiste en droit de l’homme
SEKOU TOURE QUAND LES DEPASSIONNES SE MELENT DU DEBAT
Le 05/11/2007
Fidèle à ma ligne de conduite, je choisis ce moment de répit dans ce débat pour apporter un point de vue sur ce sujet déchaînant de nombreuses passions : Sékou Touré. Ce texte est un cri d'alerte d’un citoyen en quête de savoir mais embrouillé par les versions circulant sur le net, le terrain et l’assemblée nationale à propos du premier chef d’Etat. En effet, les passionnés l’héroïsent aveuglement tandis que les détracteurs le diabolisent amèrement. Comment se retrouver entre ces polarisés ? Les jeunes de ma génération qui n’ont pas connu réellement la vie sous l’ère Sékou Touré, s’informent à travers des œuvres écrites et les témoignages des personnes plus mûres ayant vécu pendant cette première République. Mais force est de reconnaître que la mauvaise foi ambiante des conteurs, nous obscurcit au lieu de nous éclairer. Les versions pullulent et divergent. Ce débat, au lieu d’être instructif, tourne généralement à la désinformation. Encore une fois, l’ethnie s’immisce entre les parties. En gros : les rares personnes qui glorifient le dictateur sont généralement de la même ethnie que lui, et ceux qui ne le ménagent point, ne sont pas de son ethnie. Quelle place est donnée à l’objectivité ? A qui doit-on se fier ? Quand on se réfère aux manuels, l’accent est mis sur le fait que Sékou Touré est devenu paranoïaque après que son pays ait subi maints assauts avérés de déstabilisation commandités par la France du général De Gaulle. Cet état d’esprit faisait que le premier Président n’hésitait plus à emprisonner et à faire tuer les personnes qui étaient en désaccord, ne serait-ce qu’idéologique, avec lui. Ainsi, ses bonnes actions, s’il y en avait eu, sont forcément renvoyées dans les ténèbres et l’histoire et c’est normal. A l’image de la Guinée, d’autres pays d’Afrique ont été dirigés par des dictateurs. Pour autant, dans ces pays là, les débats ne sont pas si controversés que ça. Prenons le cas de Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire. Rares sont les ivoiriens qui s’opposent à la célébration des différents évènements concernant ce dernier. Sa mort ne fut suivie d’aucune liesse populaire. Les ivoiriens, dans une grande majorité regrettent la période Houphouët. Le 7 décembre est la date retenue par les ivoiriens pour la commémoration de leur « héros ». Contrairement au peuple ivoirien, la grande majorité des guinéens ne partagent pas cette reconnaissance envers leur premier dirigeant. En témoignent les nombreuses festivités qui ont accueilli la venue du Comité militaire du redressement national (CMRN). Aussi, les nombreux guinéens qui ont déserté le pays durant l’époque Sékou Touré, ne l’ont pas fait par aventurisme. A un moment donné de son règne, l’homme tyrannisait son peuple et là-dessus on doit être tous d’accord. Cependant, un certain nombre de questions doivent chagriner les contradicteurs. Doit-on célébrer Sékou Touré parce qu’il a préféré pour son peuple « la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage ? » Le fait que la promotion 2007 de l’université de Conakry ait porté le nom Sékou Touré, sans que cela n’ait fait grand bruit, est-ce le signe que le peuple a approuvé ou est-ce simplement une manipulation de la jeunesse étudiante ? Pourquoi les Maliens célèbrent ce personnage ? Est-ce une insulte ou un hommage au peuple de Guinée ? Le temps panse les blessures, mais celles faites par Sékou à son peuple paraissent si immenses, que l’on peut se demander si le temps jouera un jour en sa faveur. Si certains meurent d’envie de le célébrer aujourd’hui en Guinée, on pourrait déduire que d’autres passionnés de cette actuelle deuxième République voudront célébrer le dictateur Conté demain. Alors que ce dernier n’a pas hésité à massacrer, récemment, des jeunes gens qui s’étaient levés contre sa dictature. Méditons là-dessus ! Quoi qu’il en soit, toutes les pages de notre histoire doivent nous être contées. Les émotions et les oeillères doivent être mises de côté afin que nous puissions extirper du débat, le vrai du faux, le faux du vrai. Ainsi les jeunes de Guinée pourront véritablement connaître leur histoire. Cependant l’ardente obligation doit être de rendre hommage à toutes les personnes innocentes qui ont été tuées. Les familles injustement endeuillées doivent recevoir le pardon de la République. L’Etat guinéen doit reconnaître ses erreurs, doit honorer la mémoire des innocents disparus, doit dédommager les familles endeuillées, doit faire des jugements, post mortem, s’il le faut. C’est un préalable indispensable à toute réconciliation sereine. Je reste convaincu que l’Etat, qui devra nous réconcilier avec nous mêmes, ne doit pas être celui piloté par Lansana & Lansana. Cette République des illuminés ne peut pas soigner les plaies qu’elle continue volontairement d’infecter pour préserver ses privilèges. Chaque chose a sa place, chaque chose a son temps. Le jour où nous allons nous défaire de ces boulets, notre marche vers un destin commun sera effective. Puisse des historiens, éclairer la lanterne des jeunes de Guinée.
Koumbassa Alassane
ATCHOUM! L'ATMOSPHERE EST POIVREE
Le 04/11/2007
La configuration actuelle du paysage politique guinéen est plus que disparate et l’enjeu que constitue la succession au régime du général CONTE, aiguise les appétits les plus voraces. Cette situation crée ostensiblement, un vigoureux climat de tensions, entretenu par le caractère obsessionnel et passionnel des prises de position tendancieuses, mettant dos à dos les groupes de pression aux intérêts divergents, qui s’évertuent obstinément à influencer par favoritisme, les règles du jeu démocratique. Dans un environnement aussi tumultueux, le guinéen de la rue ne sait plus à quel Saint se vouer, face à cette frénésie conflictuelle qui prend de jour en jour, des proportions inquiétantes. On aurait pu avoir des craintes de voir, le vieux général sentant sa fin proche, user de stratagèmes pour assurer ses arrières, en créant les conditions favorables à une succession de complaisance, qui pousserait au devant de la scène politique, un de ses proches collaborateurs. Si cette éventualité reste une probabilité, l’éloquence de son mutisme à ce sujet entretient le suspens et réconforte les avides prédateurs, qui trouvent on ne peut plus opportune, l’occasion d’assouvir leur soif de pouvoir. C’est dans cet ordre d’idées qu’une vision restrictive, voudrait désormais nous faire admettre substantiellement, de façon édulcorée, l’existence de deux clans : les anti et les pro- Kouyaté. Heureusement que la Guinée ne se résume pas à cette pensée unique qui sournoisement, cultive les ingrédients d’une implosion sociale, parce que son fondement est sous-tendu par des attitudes iconoclastes ambivalentes. On assiste actuellement, par médias interposés, à des attaques et contre-attaques d’une bassesse et d’un niveau de maturité politique qui laisse à désirer.La crise que nous traversons n’est pas une affaire d’homme, c’est une question de méthode. L’on sait pertinemment que, les criques concernant les méthodes de gestion dans notre pays relèvent principalement, d’un constat alarmant qui pointe du doigt la déliquescence des structures étatiques.Mais dès lors que cet exercice d’alerte et de bienfaisance publiques, se résume au matraquage médiatique dans le but unique de créer la confusion dans l’esprit des citoyens, il perd forcément en crédibilité, car il sert en ce moment, de prétexte aux fanatiques, pour l’entretien et l’exacerbation des clivages. Par ailleurs, l’acharnement et la volonté farouche de ceux qui se réclament de la mouvance Kouyatéïste, à répondre à tue-tête et sans retenue aucune, aux soit disant attaques contre le premier Ministre, font preuve d’inconvenance, dans leur aveuglement et obstination, à défendre vaille que vaille ce dernier, quand bien même, il lui arrive de poser des actes qui portent à équivoque. Cette composante de la population doit de façon objective, accepter de se soumettre à la critique et admettre que la perfection n’est pas humaine. Nous n’avons pas du tout besoin d’extrémistes en ce moment dans notre pays, car leurs idées malsaines nous divisent plus qu’elles nous rassemblent et pour notre avancement, tous les enfants de guinée de quelque bord politique ou apolitique qu’ils soient, doivent apporter leurs concours dans le combat qui nous est commun, à savoir la lutte pour la satisfaction décente des besoins de la population dans son ensemble. Par syllogisme, on pourrait dire que, Nul homme n’est infaillible, or M. Lansana Kouyaté est un homme, donc M. Lansana Kouyaté n’est pas infaillible. Ainsi, dans la lutte commune pour le changement, on se doit de considérer que les responsabilités de nos maux se situent à différents niveaux de l’échelon social, bien que la question du leadership importe beaucoup dans une organisation humaine, raison pour laquelle, on devrait s’atteler à bien situer ces responsabilités, pour pouvoir les remettre efficacement en cause. Nous sommes tous unanimes sur le fait que depuis la prise en mains de notre destinée, les problèmes que nous ne cessons de rencontrer, résultent particulièrement des tares de nos différents systèmes de gestion politico- économique, dont on a du mal à tirer des enseignements. D’où la nécessité d’une prise de conscience collective, capable de balayer nos appréhensions, en faisant fi de nos susceptibilités, de nos rancœurs personnelles et en laissant libre cour à toute idée nouvelle, allant dans le sens dans la recherche commune de solutions profitables pour tous. Les querelles mesquines de personnes, ne nous avanceront en rien sinon qu’à nous faire perdre de vue, le seul et unique ennemi de la nation guinéenne, qu’est la pauvreté endémique qui sévit depuis tant d’années dans notre pays . Ne nous trompons donc pas de cible. Dans cette optique, il y’a un besoin urgent de centrer de manière pertinente, le débat sur des sujets qui s’inscrivent dans une logique d’affirmation et de réalisation de tous.
BAYO Abidine
Le 28/10/2007
Dans l’entendement général, la logique évolutive et progressiste du monde, suppose qu’une nation dont la jeunesse se meurt, est une nation en perdition. Et depuis le temps, la jeunesse guinéenne se cherche et a du mal à se trouver, en raison de sa difficulté à se fixer des repères fiables, susceptibles de baliser son chaotique chemin de croix. Dans l’ancien régime, les dirigeants avaient conscience de l’importance stratégique de la jeunesse dans le combat politique. Aussi ne se sont-ils pas priver d’en tirer le maximum de profit, en idéalisant son rôle pour favoriser sa mobilisation, son organisation et sa contribution à la défense des intérêts du parti- Etat d’alors. Cette instrumentalisation politique était rendue possible, par le formatage idéologique avec un endoctrinement conséquent, dont les méthodes d’assimilation et d’aliénation ont eu pour effet, de faire admettre à cette jeunesse, que l’on agissait au nom de la révolution, par la révolution et pour la révolution. A cet effet, l’organisation des jeunes a fait l’objet, d’une politique de gestion décentralisée pour ce qui est de son fonctionnement. Mais cette apparente volonté de structuration, permettant une meilleure circulation de l’information pour des prises de position et d’action concertées, d’un plan local à une échelle nationale, avait pour objectif final, d’assurer un contrôle étatique plus ou moins efficace des différentes instances associées. Dés lors, cette jeunesse a été façonnée de sorte qu’elle s’est trouvée marginalisée et spirituellement enclavée, sous le pouvoir directionnel de principes prônant l’acceptation de la soumission, de la résignation et de l’ordre établi, toutes choses ayant contribué à étriquer son émancipation. On a ainsi pu profiter de sa naïveté et s’en servir pour des fins de propagande et de divertissement, à la gloire des dirigeants et à la pérennisation du système, en passant aisément sous silence ses problèmes existentiels des plus récurrents. A ce jour, on assiste de nouveau à cette tentative de manipulation grandeur nature, au nez et à la barbe de tous. Le bourrage de crâne est une méthode qui n’est pas pernicieuse en soi, car son objectif premier est de contribuer à forger un état d’esprit particulier, mais là où le bât blesse, c’est quand on s’en sert de façon prosaïque, pour des motifs de discrimination, de division et de haine, alors que la jeunesse guinéenne est et doit restée une et indivisible. Il est actuellement impératif de comprendre que pour une meilleure efficacité de nos actions, nul besoin de s’incommoder de structures dites représentatives du genre comités de soutien, de gens qui ne pensent qu’à leurs ascensions politiques, ou fédération nationale des jeunes, organe dont les mécanismes d’institution et de gestion, ne reflètent en rien, la volonté et les aspirations de la majeure partie des jeunes, devenant ainsi un réceptacle creux et douteux. Prenons conscience du fait que nous constituons la matière grise de ce qu’il convient d’appeler les forces vives de la nation et mieux, notre position intergénérationnelle nous donne le rôle imminent de principaux architectes de la construction de la maison Guinée. Il est donc grand temps les gars de se secouer, car la tâche qui nous incombe s’avère laborieuse si nous ne voulons continuer à demeurer à la traîne en ressassant nos problèmes. Pourquoi ne pas s’inspirer d’exemples réussis de pays comme le Sénégal, où les organisations de jeunes à l’image des ASC (associations sportives et culturelles), contribuent à l’harmonisation des rapports sociaux et les GIE (groupements d’intérêt économique) dont le but est favoriser la création de structures productives par les jeunes diplômés sans emploi, qui bénéficient d’accompagnements personnalisés en fonction des spécificités locales et des compétences acquises. L’assistance publique dans ces cas, consiste à accorder principalement des subventions en nature, par la mise à disposition des centres cultuels pour ce qui est des ASC, dotés de moyens matériels et où les ressources financières dépendent exclusivement des initiatives individuelles de ces organisations à entreprendre des activités qui leur garantissent des revenus. Les GIE quant à eux bénéficient de l’expertise technique des instances de tutelle dans les études de projets et l’assistanat nécessaire au démarrage de ces projets par leur financement au biais de micro-crédits. Le ministère de la jeunesse est l’organisme public chargé de la gestion et de la promotion des jeunes. A cet effet, il est de son devoir de créer un cadre réglementaire avec une politique conceptuelle définissant clairement les objectifs à atteindre. La Guinée est le pays par excellence de l’improvisation où l’urgence de l’action est souvent motivée par des intérêts particuliers. La jeunesse se doit d’être objective en se désolidarisant des causes qui nous abrutissent et font de nous des marionnettes qui divertissent la galerie. Notre rôle comme le dirait l’autre, est de réussir là où nos aînés ont échoué.
BAYO Abidine
Le 22/10/2007
Ma plume de bataille me réclame de rappeler que l’unité nationale est dangereusement en train de se fragmenter en petits compartiments ethniques. Le guinéen de type nouveau, qui naquit dans les douleurs de janvier et février dernier, s’effacerait au profit d’un guinéen égoïste, sectaire, communautariste, perfide et fataliste. De nombreux compatriotes qui pensaient que l’insurrection inattendue du pays avait rangé l’identitaire dans les oubliettes, devraient se retrouver dans une profonde agoraphobie de la toile, à cause du vacarme inter-ethnique. Je me dis souvent: il vaudrait mieux ne pas savoir d’où nous venons, afin de mieux nous focaliser sur le but que l’on souhaiterait atteindre. Mais en fait, que s’est-il passé ? Cette disjonction s’explique par une seule et unique raison : L’accord tripartite et son corollaire « consensus ». Ces deux composantes en une, nous ont fait faire le grand écart. En effet, Tripartite a cloué notre révolution au pilori, et Consensus n’a eu qu’à donner le coup de grâce. Le procédé de celui qui devrait relever le redoutable défi se dressant sur son chemin, s’apparente à la poursuite d’un destin personnel, sans se soucier des retombées bénéfiques pour le peuple. L’homme s’est grillé et a emporté notre unité nationale dans sa braise. Le feu est partout. La fumée nous aveugle. La maison brûle de toutes parts. Beaucoup voient de l’ethnocentrisme dans ses méthodes, alors que c’est la manifestation d’un des symptômes de cette infectieuse mais guérissable maladie qu’est la mauvaise gouvernance. Ce symptôme est mis en évidence par le choix des personnes appelées à nous administrer. La compétence et la probité de ces individus ne sont pas la pierre angulaire d’un recrutement souhaité et souhaitable. La caractéristique fondamentale relèverait des normes comportementales nocives, qui expliqueraient la gestion calamiteuse du pays. S’il y’a ethnocentrisme, ce serait par amalgame. L’accord tripartite a ainsi sauvé Conté d’un piège pour le remettre dans un autre. Désormais ce dernier sait que Kouyaté veut l’enterrer vivant. Lui qui aime tant le pouvoir, vient de trouver son alter ego. Le général Président qui semblait dans un coma clinique et politique, est subitement dopé par la tragédie Kouyaté, et tenterait de rappeler à son Premier Ministre que seul lui, Conté, devrait rester l’unique garant en chef de la mauvaise gouvernance. Les complices d’hier sont devenus les ennemis d’aujourd’hui. Pendant ce temps, le pays continue de nager dans la misère. Pourtant, selon les soutiens au gouvernement de consensus, il existerait une Guinée virtuelle, où Kouyaté serait compétent, où les indicateurs de bon fonctionnement de l’économie seraient sortis du rouge, où il y aurait à manger pour tous, où le minimum vital ne serait plus un luxe. Mais de qui se moque-t-on ? De qui se moquent-ils? Vivement que cette Guinée voie véritablement le jour. Ceux qui supportent inconditionnellement ce gouvernement, ne sont sans doute pas alertés par le fardeau de la douloureuse vie des guinéens, mais plutôt par leur satisfaction personnelle. A ce stade de notre drame national, la préoccupation des différents acteurs de la politique Guinéenne est arrivée au summum; chacun essaie de trouver le meilleur positionnement possible. A cet effet, Kouyaté se demande : comment se maintenir à ce poste ô combien précieux à ses yeux pour pouvoir franchir la dernière marche ? Ses ministres, ses préfets, ses gouverneurs et ses corrompus font bloc autour de lui. Ne pas se laisser intimider par les agissements externes, semble être le mot d’ordre. Les opposants : comment faire pour rafler le maximum de sièges lors des futures élections législatives? Surtout, quels sont les moyens à mettre en œuvre pour empêcher l’organisation d’élections avec des résultats prémédités, comme à l’accoutumée. Conté, quant à lui, se demande comment se défaire de l’énigme Kouyaté afin de couler les derniers jours paisibles de son trône. Il est le plus instable du triumvirat politique et ça ne passera pas pour lui, qui a toujours transformé ses défaites en victoires. Kouyaté le tient et ne le lâchera pas. Tous nos acteurs politiques sont préoccupés par la recherche de leurs intérêts. Hélas le peuple n’a pas encore compris qu’il doit se préoccuper de son intérêt. Les forces vives de la nation et la jeunesse, qui doivent leur servir de guide, se trouvent profondément morcelés. On lutte en rang dispersé, on se laisse corrompt, avec pour seul souci de profiter du système avant que celui-ci ne s’effondre définitivement. On est déjà regroupé par ethnie dans les quartiers, pour se préparer à un affrontement qui n’est plus utopique. On associe désormais à notre misère, une crise ethnique. Dans la République des préoccupés, il ne doit pas avoir pas de place pour la division ! Nous sommes dans un pays qui regroupe en son sein plusieurs nationalités, mais nous n’avons d’yeux que pour notre ethnie. A ce sujet, l’attitude de certains intervenants, s’ayant octroyé le droit de parler au nom de leur ethnie, laisse à désirer. Le début d’année semble déjà distant. A cette date, on était parfaitement corrélé. Aucune distinction ethnique ne pouvait être décelée dans les nombreux textes qui défilaient durant cette époque, ni sur le terrain. En janvier, la qualité des textes était positive. Désormais, certains n’existent qu’en écrivant quantitativement, faisant des querelles ethniques, une priorité. Fini, les textes constructifs, rassembleurs, sans œillères, sans langue de bois ni de complaisance. Il n’est stipulé nulle part que nous devrions être en accord sur tout, mais nos désaccords ne devraient pas se limiter à des cloisonnements ethniques et nocifs, qui ne profiteraient à aucune pseudo-appartenance, encore moins à la peuplade. Osons croire que la majeure partie des individus composant nos groupes ethniques sont loin de toutes ces conduites destructives. Notre tragédie nationale poursuit toujours son chemin, mais n’empêche que certaines personnes ont foi en Kouyaté pour sortir la Guinée de l’étau! Pourquoi pas ? Le rêve est toujours permis. Mais faudrait-il y croire! J’en doute fort. D’autres ont plutôt foi au Général, mais en oubliant que le cauchemar ne sera plus autorisé par les guinéens. Subséquemment, il serait primordial d’intégrer l’idée que nous pouvons être politiquement opposés, spirituellement en déphase, ethniquement différents, communautairement en dissemblances, mais nous avons tous en partage la Guinée et nous devrons œuvrer, ou plutôt booster nos gouvernants, pour qu’ils s’activent à atténuer les mauvaises conditions de vie de la population, qui n’en finit pas d’accumuler les frustrations. Le jour où l’on s’imprégnera de ce « nous », nous redonnerons à notre combat toute sa plénitude. Je vous remercie de votre attention
Koumbassa Alassane
Le 19/10/2007
L’ancien président français Jacques Chirac disait : Rassembler est un idéal: les hommes sont divisés à l’intérieur d’eux-mêmes, pourquoi ne le seraient-ils pas dans la vie sociale ?>> Ce faisant, il n’y a rien de spécifique à ce que la gestion politique dans un pays, se trouve confrontée à des particularismes fondés sur des opinions diverses et des prises de position partisanes, dans un environnement régi par des règles démocratiques. Le débat n’en est que enrichi, si bien évidemment, la finalité est la recherche de meilleurs moyens de résolution des problèmes communs à la société. Un cadre de concertation garantissant la liberté d’expression constituerait ainsi, un gage sûr d’amorce d’une dynamique de dialogue et d’échange, favorisant la matérialisation des objectifs assignés. Malheureusement, dans notre cher pays, on peine à asseoir cette mentalité bienveillante, qui voudrait que chaque citoyen soit intrinsèquement considéré, comme potentiellement apte à apporter sa modeste contribution à l’édification nationale. Cet état d’esprit nécessite de la part des dirigeants politiques, une certaine ouverture et une acceptation de la remise en cause de leurs choix, si ceux-ci sont jugés aux yeux des observateurs et des administrés, contraires à l’intérêt général. La fonction d’homme politique est sujette à appréciation et les hommes et femmes qui ont la charge de l’assurer, se doivent d’honorer leurs engagements et leurs promesses car le statut particulier dont ils bénéficient, est consécutif au choix porté par les citoyens en leurs personnes du fait, qu’en plus de la confiance placée en eux, ils estiment convenable, leur capacité à œuvrer invariablement dans le sens des attentes de la population. Ainsi, que l’on soit Conté ou Kouyaté- incompatible, ne relève certainement pas d’une quelconque machination ou d’une simple volonté de nuisance de la part de tous ces guinéens, qui dénoncent la mal- gouvernance car, en fondement de leur intégrité et de leur sincérité, leurs agissements s’inscrivent dans une logique constructive de changement amorcé, dont on ne veux perdre les acquis, aussi minimes soient-ils, avec l’espoir de voir enfin la Guinée ne pas avancer à reculons et en finir définitivement avec le système de turn-over qui a jusqu’ici caractérisé l’évolution en dents de scie de notre pays. Il est à supposer que malgré la conjoncture internationale et les méfaits de la mondialisation sur les pays en voie de développement, le décollage économique de la guinée et des pays africains en général, est inéluctable en raison non seulement, des immenses potentialités de ceux-ci, mais aussi et surtout à cause de la forte probabilité de l’orientation des marchés financiers vers les pays émergents. L’investissement est la clef de voûte du développement économique et les détenteurs de capitaux, pour la raison toute simple de leur objectif à faire plus de profits, seront enclins à investir sur les nouveaux marchés, compte -tenu de la saturation des marchés des pays dits développés et concomitamment de la régulation de ces derniers, par ce que l’on qualifie de main invisible d’Adam Smith, qui de par les mécanismes de la supériorité de l’offre de biens par rapport à la demande, consécutive à la surproduction, font baisser les prix et par ricochet les bénéfices réalisés. Et , l’Afrique comme le chante TIKKEN JAH FAKOLY est un continent vierge où tout reste à faire et c’est en cela que l’espoir est permis. Néanmoins, cette possibilité n’est envisageable que dans la mesure de l’exercice de la bonne gouvernance, avec un cadre juridique qui garantisse les investissements, mais aussi avec une meilleure orientation des choix politiques quant aux priorités de développement. En effet, en Guinée tout est priorité; il n’en demeure pas moins que le fait de vouloir s’attaquer en même temps à tous les secteurs d’activités, peut-être considéré comme une erreur d’appréciation, en raison de la faiblesse du budget d’investissement à la disposition de l’Etat, dont les ressources reposent essentiellement sur les recettes minières et les subventions des institutions de breton Woods, du fait de la non perception ou peu des recettes fiscales qui devraient normalement constituer la quintessence de ses avoirs. Les conditions d’un développement économique, supposent nécessairement la réalisation de préalables dont entre autres, l’eau, l’électricité, les moyens de communication et l’auto- suffisance alimentaire par le développement de l’agriculture. En outre, les secteurs de l’enseignement et de la santé bien que primordiaux, constituent des investissements à long terme, dont les retombées ne sont visibles que dans la durée, alors que la population guinéenne, après toutes ces années de privation, attend avec impatience, des résultats palpables sur le terrain ; c’est pourquoi il est nécessaire de mettre un accent particulier sur des secteurs porteurs de croissance, tels la production minière dont la révision des contrats d’exploitation, doivent permettre l’implantation de toute la chaîne de production, pour ce qui par exemple de la bauxite, allant de l’extraction de minerais à la transformation en aluminium, boostant ainsi considérablement l’emploi des jeunes et dont l’accroissement des revenus, permettra une meilleure allocation des ressources générées, qui ne seront exclusivement plus cantonnées, qu’au seul remboursement de la dette publique. La valorisation du secteur privé par l’adoption de mesures incitatives à l’investissement et à l’entreprenariat, sera de nature à promouvoir la production locale nécessaire à la rentrée de devises, résultant d’une balance commerciale positive avec la réduction considérable, de notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur, pour ce qui est des denrées de première nécessité. La vulgarisation des techniques modernes de communication, permettra une viabilisation et une plus grande efficacité de l’administration, qui doit être mise aux normes par des séminaires de formation et de perfectionnement, car l’un des problèmes et non des moindres de l’administration guinéenne, est sa non maîtrise des procédures de décaissement des fonds d’aide publique au développement accordés par nos partenaires. Faisons œuvre utile, en ciblant des axes stratégiques de développement qui tiennent compte des spécificités de notre pays pour que les différents secteurs d’activités bénéficient de façon spontanée d’un effet domino, en prenant soin d’associer toutes les compétences pour éviter une dispersion des énergies.
BAYO Abidine
Le 07/10/2007
En ce Samedi 06 Octobre 2007, Mr Sydia Touré président de L’UFR, a été reçu par la Fédération UFR-France, rencontre élargie aux militants et sympathisants résidant à Paris et Ile de France. De retour d’une mission de travail aux USA et malgré un agenda bien rempli, il a tenu à honorer de sa présence cette réunion, afin de débattre de la situation actuelle au pays à la veille des prochaines élections législatives. Un brin amuseur, il a fait un état des lieux détaillé, des actions menées sur le terrain, avec les difficultés rencontrées depuis les évènements douloureux qui ont conduit à la nomination du premier ministre et la constitution d’un gouvernement dit de transition, jusqu’à la création de la commission électorale nationale indépendante(CENI), qui selon lui n’est nullement la cause du report des élections, puisque malgré les réticences dues à un manque de consensus quant à la représentativité des partis politiques au sein de cette commission, la création de celle-ci a été effective avant la prise de décision de ce report. Après un brillant exposé, il s’est prêté aux questions de l’auditoire et cet exercice a été pour lui, l’occasion de lever les équivoques sur des sujets brûlants de l’actualité, avant de conclure, en attirant l’attention des participants sur le fait que malgré les difficultés du moment, le gouvernement actuel peut dans une certaine mesure, être considéré comme un moindre mal, comparé à l’accumulation du pouvoir dans les mains de Lansana Conté, dont le départ est la seule alternative, pour une véritable sortie de crise dans notre pays. En attendant que cela n’arrive, il estime que le combat doit continuer avec les moyens du bord et il se réjouis surtout que L’UFR soit actuellement en guinée, le seul parti politique, capable de fédérer les différentes sensibilités, en raison de sa nette démarcation par rapport aux autres partis, pour ce qui est des comportements sectaires et surtout à cause de son implantation sur toute l’étendue du territoire national.
BAYO abidine
Elections législatives 2008 - le jeu en vaut la chandelle
Le 03/10/2007
Le tour d’horizon de l’actualité politique en guinée et les conditions actuelles d’exercice du pouvoir, laissent présager l’illusion d’un changement de donne favorable à l’évolution des mœurs. Pour s’en convaincre, il suffit de fréquenter les cercles de réflexion et de débat sur l’avenir immédiat de notre pays pour entendre débiter des discours empreints d’appréhensions qui en disent long sur l’état d’esprit des uns et des autres à la veille de ces échéances. La principale exigence des partis politiques d’opposition pour la garantie de la tenue d’élections libres et transparentes, a été la création d’une commission électorale indépendante acquise après moult tractations, bien que sa composition n’ait encore été rendue public, mais dont les prérogatives sont comme on le sait, limitées de par sa subordination au ministère de l’intérieur, véritable acteur de l’organisation logistique et matérielle de ces consultations. Dans un pays de droit et de respect des règles démocratiques, une telle disposition ne pouvait susciter d’inquiétude particulière, parce que la transparence serait naturellement de mise. Malheureusement dans notre pays, l’expérience a prouvé à maintes reprises, qu’élections riment souvent avec intimidations, affrontements et pratiques frauduleuses, dans le but unique de créer la confusion, favorisant ainsi la confiscation du pouvoir par ses tenants, avec le prétexte fallacieux, d’éviter à la guinée, l’implosion sociale, attitude qui en réalité, ne fait qu’ exacerber le sentiment d’injustice et de haine et le manque total de confiance des populations en nos institutions républicaines. Le gouvernement de transition du premier ministre Lansana Kouyaté, était censé cette fois-ci, palier à ses insuffisances en adoptant une position de neutralité qui le mettrait au-dessus de la mêlée, lui donnant un rôle d’arbitre dans l’organisation et la supervision de ces joutes électorales, mais à voir l’évolution des évènements ces derniers temps, il y’a vraiment de quoi ne pas en avoir foi. Les différents partis d’opposition sont pour leur part, l’apanage de leurs dirigeants respectifs, auxquels les électeurs potentiels identifient les méthodes d’action et de gestion ainsi que leurs objectifs personnels, comme le reflet de l’idéologie préconisée par les entités politiques qui les soutiennent. Pareil tableau laisse dubitatif dans la mesure où, l’affirmation du leadership est conditionnée par des considérations d’ordre matériel et financier, toutes choses qui restreignent indéniablement la crédibilité des leaders s’inscrivant dans cet ordre d’idées, en témoignent les vaines tentatives de Mamadou Sylla pour s’accaparer des rênes du PUP ainsi que le forcing actuel de Cellou Dalein Diallo pour ce qui est de l’UPR. A ce sujet, la probité morale des intellectuels guinéens en particulier, exige d’eux dans une logique constructive, qu’ils ne soient ni caution, ni moyen d’une cause qui n’est pas la leur, surtout si elle est de nature à compromettre la cohésion sociale qu’on a actuellement bien du mal à préserver. Les fonctionnaires se doivent eux- aussi, d’avoir le courage d’afficher leurs opinions politiques et la possibilité de se prononcer librement, sans crainte de chantage, de harcèlement moral ou de sanctions administratives disciplinaires arbitraires, de la part de certains des chefs hiérarchiques qui ont tendance à tracer et à imposer une ligne de conduite électorale à leurs subordonnés, en espérant ainsi préserver les privilèges du système qui assure leur promotion. Bien qu’aucun sondage ne puisse l’étayer, on devine aisément que la tendance préférentielle au sein de l’opinion publique nationale se porte sur les « grands partis » que sont le PUP, l’UFR, l’UPR et le RPG, qui sont véritablement les seuls, susceptibles de tirer leur épingle du jeu, compte- tenu des potentialités que leur confère leur implantation géographique sur plus ou moins, l’étendue du territoire national.Et pour une fois, avec l’espoir de l’application stricto-sensus des dispositifs réglementaires relatifs au fonctionnement démocratique de la CENI, l’opposition peut espérer une percée significative, car le PUP parti au pouvoir, se trouve miné par ses dissensions internes qui fragilisent chaque jour davantage sa cohésion et sa main-mise sur les affaires publiques. Dans cette optique, un choix cornélien s’impose à tous quant à la préférence à accorder à tel ou tel autre de ces partis. Ce choix, aussi pertinent qu’il soit, doit sincèrement être motivé, par une conviction personnelle, déterminée par le seul souci de croyance en la capacité de ces partis, à proposer aux guinéens, un model de société bâti sur les valeurs universelles de tolérance, de paix et de prospérité pour tous. De ces élections, dépendra la nature du paysage politique guinéen dans les années à venir et dont l’impact sur le processus de développement, sera déterminé par les mécanismes de décision et de gestion futurs, des décideurs que nous auront choisi pour nous gouverner. Dans l’objectif d’influencer le cours de notre destin commun, l’abstention, bien qu’un droit constitutionnel, doit être perçue comme une démission de la part des guinéo-pessimistes et des défaitistes, qui ne croient plus en l’avenir du pays, alors qu’impératif est, l’opportunité de saisir cette occasion pour faire valoir nos droits en assumant pleinement nos devoirs de citoyens. Comprenons que chaque voix aura son pesant d’or et pour l’avènement tant souhaité d’une guinée libre et prospère, engageons nous résolument dans la voie du changement amorcé et faisons nôtre, le fameux appel de Jean Paul II : N’ayez pas peur ! Le renouveau est sans aucun doute à ce prix. BAYO Abidine
Abidinebayo@hotmail.com
Le 26/09/2007
C’est évident qu’en dehors des frontières africaines, l’évocation du nom de la Guinée prête souvent à confusion à cause probablement de son homonymie avec d’autres pays, mais certainement aussi, parce que son degré de rayonnement dans le concert des nations est presque insignifiant. N’est-ce pas là, une raison suffisante de déception pour tout guinéen patriote, nostalgique d’un passé peut glorieux sur le plan interne à cause des exactions et des privations subies par le peuple guinéen en raison de la politique de la dictature qui régnait, mais encore présent dans la mémoire collective au niveau international. Les anciens se rappellent au bon souvenir des énergiques prises de position anti-coloniales et anti-impérialistes de Sékou Touré et les hauts faits d’arme des soldats guinéens dans les luttes de libération en Afrique. On se souvient aussi des guinéens qui s’illustraient dans le domaine culturel à chacune de leurs sorties pour représenter le pays à l’extérieur et défendre les couleurs nationales.Le Hafia Football Club, les Ballets Africains de Guinée, Le Bembeya Diaz National, Les Amazones de Guinée, pour ne citer que ceux-là, faisaient alors la fierté de tout un peuple, uni derrière ses héros qui avaient conscience de l’importance stratégique, des combats qu’ils menaient. La raison de leurs succès respectifs, était due essentiellement à la motivation profonde qui les animait de par le conditionnement psychologique dont ils faisaient l’objet de la part des dirigeants d’alors, qui considéraient la culture comme une arme de propagande politique au service de la cause commune.Pour tous ces hommes et femmes qui nous ont honoré, une seule chose était essentielle : ils étaient guinéens et fiers de l’être et à ce titre, ils se sont battus corps et âme dans chacune de leurs missions et la Guinée était en cela, honorablement qualifiée d’ambassadrice de la culture africaine. On s’étonne de voir que malgré les difficultés du moment, les ballets africains continuent toujours à rafler la mise à ses participations aux différents festivals, alors que le football guinéen a complètement perdu ses lettres de noblesse, pendant que les amazones de Guinée sont tombées dans les oubliettes. Le football, discipline sportive avec ses exigences physiques, connaît sa traversée du désert pour la raison toute simple que les anciens du Hafia et toute cette génération, ayant atteint la limite d’âge qui ne leur permettait plus de pratiquer, les conditions n’avaient pas été crées pour assurer une relève digne de ce nom et l’avènement de la deuxième république n’a pas favoriser l’épanouissement de la jeunesse dans ce domaine parce que ne constituant malheureusement pas une priorité pour les nouveaux dirigeants. Par chance, les Ballets Africains quant à eux, malgré la faiblesse des moyens mis à leur disposition, bénéficient de l’expérience des anciens qui transmettent leurs savoirs et connaissances à la jeune génération avec un patrimoine culturel exceptionnel. La Guinée possède sans aucun doute, des potentialités et des talents qui ne demandent qu’à s’affirmer, mais faudrait-il pour cela que les décideurs politiques comprennent que les besoins des guinéens sont certes immenses, mais les moyens étatiques étant limités, une gestion rigoureuse et efficiente des deniers publics s’impose pour favoriser un développement harmonieux des différents secteurs d’activité. A chaque époque, ses mœurs et de nos jours, on dit que l’argent constitue le nerf de toute guerre. Mais au-delà de l’aspect strictement financier, les citoyens ont besoin de se sentir concernés par les problèmes de leur pays et surtout d’avoir le sentiment fort que les hommes et femmes auxquels ils ont fait confiance pour présider à leurs destinées, font preuve de courage, de dynamisme et surtout de patriotisme en guise d’exemple à suivre.
BAYO Abidine
Prémices de lendemains désenchanteurs
Le 26/09/2007
Prémices de lendemains désenchanteurs: L’homme se définit entre autres, comme étant le reflet du milieu social qui l’a vu naître et grandir. Nous guinéens, ne pouvons constituer l’exception qui confirme cette règle et par voie de conséquence, nous pensons et agissons en fonction de notre héritage culturel et politique dont les principes basiques, trouvent en partie leur fondement dans les régimes qui nous ont gouverné jusqu’à nos jours. Des années Sékou Touré, on était censé cultiver les principes d’égalité et de solidarité qui caractérisent théoriquement les régimes de type socialiste. Mais malheureusement, les déviances autocratiques de la classe dirigeante de l’époque, ont contribué à fragiliser le tissu social. Le brusque changement d’orientation politique qui s’ensuivit avec l’avènement de la deuxième république et son option pour un libéralisme sauvage, a été de nature à favoriser mesquinement les tensions. A ce jour, les prodromes d’une ère de renouveau ne sont pas visibles à l’horizon et force est de reconnaître, qu’on est loin de sortir de l’auberge, si l’on suppose que la fin de règne du général CONTE est synonyme de règlement définitif des maux qui nous assaillent, sans tenir compte des causes véritables qui les engendrent. L’expérience n’enseigne t-il pas qu’il ne faut jamais regarder là où l’on tombe, mais bien où l’on trébuche et ce faisant, quand adviendra une fois de plus, une période de tensions et d’interrogations, après un probable changement de régime, les guinéens ne doivent pas prétexter souffrir de torticolis pour tourner la tête et voir le long et sinueux chemin parcouru afin d’admettre en toute objectivité, qu’ayant semer le vent, on ne pouvait s’attendre qu’à récolter la tempête. Tout comme les années dites de révolution ont indéniablement eu des conséquences fâcheuses sur la période de vaches maigres que nous vivons actuellement, les années CONTE auront forcément des répercussions dans l’avenir, car tout porte à croire, que le cycle infernal de la misère, conditionné par la gestion calamiteuse de la chose publique, due essentiellement à la mal gouvernance, continuera sa rotation. Tous les ingrédients sont réunis pour que l’on s’inscrive dans une logique de perpétuel recommencement, pour n’avoir pas su tirer des leçons des échecs du passé. L’esprit de clan est encré dans la culture politique guinéenne et les acteurs présents sur la scène, sont tous ou presque, de cette vieille école dont les pratiques habituelles avilissantes, sont devenues comme une seconde nature dont on ne peut espérer un changement qualitatif significatif, susceptible de leur faire changer leur cap idéologique, qui est actuellement érigé en système de dépendance et de connivence, dont les méthodes anachroniques et pernicieuses subsistent au-delà de leurs volontés individuelles, car ils sont quelque part eux-mêmes, embourbés dans une sorte d’engrenage. Le redressement politique et économique en guinée, s’avère une tâche éléphantesque, mais ne dit-on pas qu’à cœur vaillant, rien d’impossible. La seule et unique personne qui a les cartes en mains pour nous sortir de ce bourbier, c’est le premier ministre Lansana Kouyaté, qui ne peut prétendre de pas avoir les coudées franches dans son action gouvernementale, dont il doit s’en donner les moyens de la politique et assumer pleinement ses responsabilités. En attendant, pour tout le peuple de guinée, il est comme un berger qui a charge de diriger son troupeau. A lui donc de le conduire vers des pâturages ou vers des terres arides. Espérons avec les critiques qui pleuvent en ce moment en son encontre, qu’il saura opportunément faire dorénavant, des choix judicieux pour le bonheur de tous. BAYO Abidine
Le 11/09/2007
L’on croyait révolu, le temps de la folklorique ²mamaya² au service du culte de la personnalité, avec son corollaire de pratiques de bassesse, ni foi, ni loi de la part de véreux marchands d’illusions, qui manipulent les consciences, pour que perdure ce système dont ils profitent si bien, en faisant perdre de vue les nobles objectifs de croissance économique et d’épanouissement social dans notre pays. Les bonnes consciences, s’évertuent depuis tant d’années à favoriser tant bien que mal, l’éveil des mentalités pour que l’action politique soit au service exclusif de l’amélioration des conditions de vie de nos populations et paradoxalement, les critiques aussi acerbes fussent-elles, peinent à trouver des échos favorables au sein de la classe dirigeante qui se mue chaque jour d’avantage en génératrice de désillusions et de désespoirs. La preuve de toute bonne volonté humaine, se traduit par les actes et la reconnaissance du mérite s’acquiert mais ne s’impose point comme nous le font vivre les différents comités de soutien d’on ne sait qui et pourquoi. La période dite de transition que nous connaissons actuellement, était censée réconcilier les guinéens, en favorisant l’instauration d’un climat de paix et de transparence nécessaire à l’organisation future d’élections démocratiques à même de créer les conditions d’un développement harmonieux de la nation. Malheureusement, les ambitions personnelles priment comme toujours sur le bonheur collectif en témoignent les agissements de personnes insouciantes, dont les prises de position partisanes ne sont déterminées que par l’appât du gain que leur font miroiter des personnalités politiques trahissant sans scrupule, la confiance ô combien honorifique, placée en eux par le peuple. Il est pathétique de constater qu’on est encore en guinée à se positionner les uns contre les autres pour favoriser l’ascension politique de personnes, dont le seul et unique but apparent est de s’emparer du pouvoir, quitte à ce qu’elles ne se soucient guère des aspirations des populations. Les démocraties modernes se caractérisent par l’adhésion des masses populaires aux programmes de développement des partis politiques, dont les membres égaux en droit et en devoir, ne font valoir que leurs compétences et leurs qualités pour occuper un poste de responsabilité. En guinée par contre, on a tendance à se morfondre et à se confondre en conjectures devant nos dirigeants pour espérer avoir leur faveur en leur plaçant sur un piédestal d’où ils ne pensent jamais redescendre. Et pourtant, en ce monde ci- bas, rien n’est éternel, raison de plus pour se préoccuper de l’héritage que l’on est susceptible de laisser aux générations futures qui ne manqueront pas de l’apprécier à sa juste valeur. La vie de l’homme est trop courte pour ne pas la sacrifier en tergiversations. L’honneur et la dignité requièrent qu’en la traversant, on la marque d’une empreinte positive indélébile de par notre apport à l’édification de la société dans laquelle nous vivons. Que d’encre coulé, que de salive gaspillée, dans la tentative de mobilisation et de fédération des esprits progressistes et se rendre compte finalement que le combat est loin d’être gagné, prétexte pour ne pas baisser la garde. Nous avons actuellement le vent en poupe et plus que jamais des raisons évidentes d’y croire, malgré les apparences et le climat délétère ambiant. Tâchons donc de ne pas rater le train de la démocratie que constitueront les prochaines élections législatives prévues pour le premier trimestre 2008, car ce serait on ne peut plus clairement, l’occasion belle de montrer à suffisance, à l’opinion publique internationale, l’aspiration réelle du peuple de guinée au changement. BAYO Abidineabidinebayo@hotmail.com
En attendant la levée de "l’hypothèque" sur l’avenir de la jeunesse:
Le 11/09/2007
Les critiques surgissent de partout pour dénoncer l’absence de résultats de notre « consensus national » Lansana Kouyaté. La pénurie d’eau, l’obscurité dans laquelle vit le pays et la dévalorisation exponentielle du panier de la ménagère n’ont pas pu être solutionnées, du moins pour l’instant selon les Kouyaté optimistes. Ne nous attardons sur ces fâcheux problèmes au risque de recevoir une décharge écrite de la part des irréductibles partisans du gouvernement. Intéressons nous au troisième chantier du premier ministre, la jeunesse : Là, c’est moi qui suis prêt à décharger ! Vous devez encore avoir en mémoire le chantier consacré à la jeunesse, annoncé par Kouyaté lui-même, qui n’a pas manqué de rappeler le désespoir dont souffrent « ceux- là même qui devraient porter les espoirs de notre pays et qui sont les premiers atteints et qui vivent ce calvaire (le chômage) avec un sentiment de frustration, d’injustice et de révolte. » De ce fait, Il inscrit sa troisième priorité au « plein emploi de la jeunesse. » Rien n’a été dit sur les modalités selon lesquelles ce plein emploi allait être atteint. Aucune date d’échéance n’a été donnée. Il ne lui a pas semblé utile de nous donner le chiffre du chômage actuel des jeunes afin qu’on puisse s’en servir plus tard pour comparer au taux de chômage futur qui correspondrait, en cas de réussite de cette priorité, à ce taux du plein emploi. Le seuil de ce plein emploi n’a pas été non plus défini. Ce ne serait pas exagéré de dire que ce discours était creux, amphigourique et chimérique. Le seul emploi que notre premier ministre ait créé pour la jeunesse, en déperdition, est son comité de soutien. L’initiative du récent salon de l’emploi est à saluer mais ne nous méprenons pas, cet événement n’a pas permis de créer des emplois ; ce fut un marché temporaire où se sont retrouvés les offreurs d’emploi et les demandeurs d’emploi. Salon ou pas, ces entreprises allaient embaucher. Pour inciter les entreprises à la création de l’emploi, il faut que le travail, la justice, le respect des textes de loi, le respect de la parole donnée, la compétence, la rigueur soient des parties intégrantes de l’environnement. Notre pays a toujours été détourné de ces catalyseurs favorables à l’investissement et l’arrivée de Kouyaté n’y a rien changé. Le secteur informel, où grouillent déjà de nombreux jeunes (n’ayant pas pu bénéficier d’une qualification ou ayant déserté prématurément l’école) de tout âge, est désormais pris d’assaut par de plus en plus de jeunes diplômés et désœuvrés. La lueur pâle de leurs yeux exprime un quotidien rythmé par la faim, la soif la fatigue et le désespoir. Ils vivotent en attendant des créations concrètes d’emploi et pendant ce temps leurs diplômes se dévalorisent. Leurs semblables, comme moi, qui ont eu l’opportunité d’être venus faire leurs études à l’étranger semblent avoir beaucoup plus de chance car il n’y a pas de galère plus pénible que celle de l’étudiant guinéen. Certes, c’est une chance que l’on soit venu à l’étranger pour faire nos études mais l’autre face de la médaille n’est pas si enviable notamment en ce qui concerne la France. De nombreux étudiants africains étudiant dans l’hexagone ont pour objectif de rapidement finir les études afin de rentrer apporter leur pierre à la construction de l’édifice national de leurs pays respectifs. Ce sont des centaines d’ivoiriens, de gabonais, de sénégalais, de maliens, de béninois, qui, une fois leur diplôme en poche s’empressent de faire leur retour. Mais qu’en est-il des étudiants guinéens ? Quand nous approchons de la fin de notre cycle universitaire, nous sommes autant angoissés qu’heureux. Que faire après l’obtention du diplôme ? Rentrer dans un pays où il n’y a pas de débouchés ou rester dans les pays hôtes qui nous accueillent mais qui font de nous, surtout en période électorale, des boucs émissaires, des problèmes, des indésirables. Quand on appelle les parents pour les informer de notre envie de retourner dans un futur proche, car bientôt la qualification tant recherchée deviendra bientôt réalité, c’est alors qu’un arsenal de sermonneurs tente de nous expliquer que le meilleur choix serait de rester dans le pays formateur. Certains osent dirent que c’est une pure folie de rentrer. Ce serait même un acte suicidaire. Alors nous voilà pris dans un fâcheux dilemme. Quelles solutions pour nous ? Ce gouvernement n’est sans doute pas responsable de cet état de fait, on l’admet, les effets d’hystérèse y sont pour beaucoup et puis défaire vingt trois années d’absence de projets pour les jeunes doit être difficile. Mais quelle action concrète est faite pour calmer l’hémorragie ? Bien au contraire, la situation de la jeunesse semble s'envenimer. Les récents résultats critiques du baccalauréat sont là pour en témoigner. Cette étape, à la frontière de l’enseignement universitaire, est primordiale car une jeunesse bien formée est une jeunesse qui sera armée pour affronter les défis de demain. Quel constat peut on dresser pédagogiquement parlant au terme des deux cents jours de notre gouvernement? On ne peut pas affirmer que rien n’a été fait depuis la venue de l’équipe consensuelle. Beaucoup d’efforts ont été faits, mais seulement, sur la façade de notre éducation nationale pacsée avec une crise qui perdure. On s’est virulemment attaqué à la forme du problème en unifiant le bac, en mettant des fonds pour organiser des examens propres, dit-on. On a même jeté en prison des soi-disant fraudeurs pour montrer aux guinéens que l’impunité est désormais rangée aux oubliettes. Bien, passons maintenant au fond du problème. Toute réforme formatrice a pour but de rénover l'instruction afin que le plus grand nombre puisse trouver une satisfaction. Mais que constate t’on : 20% de réussite au bac ! Si on était dans un pays normal et normé le ministre de l’enseignement devrait se poser la question de ce résultat alarmant, faire une synthèse de cette calamité, afin de poser de nouvelles bases pour aider les lycéens à mieux se préparer pour les prochaines échéances. Mais à quoi assistons nous ? le ministre est fier de ce résultat car selon lui son ministère a juré d’organiser des examens crédibles transparents et débarrassés de toute fraude. En somme le bilan est très positif. On comprend aisément pourquoi ce résultat alarmant n’ait pas fait grand bruit et de toute façon l’équipe gouvernementale s’en moque : Premièrement, aucun de leurs enfants ne subiront les imperfections de ce système car ne fréquentant pas les établissements publics qui paient le plus souvent le montant global de cette facture amère des échecs ; deuxièmement le nombre de places à l’université étant limité, les professeurs étant mal payés, les élèves étant démotivés, on peut affirmer que ce résultat a été prémédité. En Guinée, on ne résout jamais les problèmes mais on les déplace, on trouve des solutions temporaires ou on joue à cache-cache avec les solutions mais jamais on ne s’attaquera au mal. (L’accord tripartite, qui a eu pour principale mesure la nomination du premier ministre alors que la solution à notre mal commun était le départ de Conté, est là pour en témoigner.) En fait on se trouve dans la république du semblant : le gouvernement fait semblant de payer les enseignants, qui font semblant d’enseigner les élèves, qui eux-mêmes font semblant d’étudier…la sentence est finalement lourde, 80% d’échec et ce n’est pas une blague. Après l’on s’étonne que des jeunes s’occupent en adhérant aux comités de soutien. L’oisiveté ne serait t’elle pas la mère de tous nos vices ? Peut on condamner un jeune inactif, militant dans un comité de soutien d’autant que cela rapporte des sous ? Ces jeunes ont compris, du moins certains d’entre eux ; ils seront les premiers à chasser Kouyaté le moment venu mais en attendant ils essaient aussi, à leur manière, de profiter du système. Un jeune mal formé, recalé au bac et exclu de son établissement ; avec des parents ne disposant pas de ressources financières conséquentes pour lui offrir une formation alternative, quel choix s’offre à ce dernier ? Pour lui, comme pour la majorité des jeunes de Guinée, l’avenir est plus une grande peur qu’un petit espoir. Ce gouvernement pourra tout fait pour, nous démotiver, hypothéquer notre avenir, spolier la république, diviser la jeunesse ; mais il ne nous enlèvera jamais le droit de rêver d’un avenir meilleur, le droit de nous battre pour cet avenir, l’envie de construire des projets de demain pour notre terre. Jeune de Guinée ou « orphelin » de la patrie, tu n’as aucune chance mais comme Jamel Debbouze (célèbre humoriste français d’origine nord africaine) je te dirais : tu n’as aucune chance alors saisis la ! Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com
Le 08/08/2007
Les échos en provenance du bled, sentent le souffle de la déception et des antagonismes stériles, après la période de grâce accordée à l’équipe gouvernementale formée par M. Lansana Kouyaté, que bon nombre de critiques, estiment à tord ou à raison, ne pas être en mesure de répondre efficacement aux attentes des populations. L’espoir à l’annonce de sa chaotique nomination, était pourtant immense et son ampleur n’a d’égale que la désillusion suscitée par l’orientation politique qui est la sienne, quant aux priorités de développement en Guinée. Une fois de plus, les choix politiques de nos dirigeants sont empreints de pratiques peu orthodoxes qui relèvent de l’improvisation et de la non maîtrise des données essentielles au redressement politico-économique, favorable à l’amélioration des conditions de vie dans notre pays. Il n’y aura de cesse de marteler que dans la guinée décadente, la faute des échecs successifs, ne peut incomber à une seule et unique personne, mais c’est tout le système qui est remettre en question. Le général Lansana Conté et à fortiori son premier ministre, aussi responsables soient-ils, chose dont on ne peut douter, car comme le dit l’adage, le peuple est à l’image d’un serpent qui ne sert que de corde en lui tranchant la tête, sont eux mêmes engloutis et empêtrés dans un magma de profiteurs, pour emprunter une des expressions de Jean Marie Doré, lors des premières élections présidentielles en 1993. L’amélioration de situation tant souhaité par la majorité silencieuse et souffrante dans sa chaire et son esprit, n’est de toute évidence pas profitable à la minorité nantie, soucieuse de préserver à tout prix, les privilèges du corrompu système, quitte pour cela à exacerber les divisions régionales et à entretenir le spectre de l’ethnocentrisme. La vieille recette de diviser pour régner, a de tout temps était l’expression favorite dans notre pays, car elle est malheureusement, la seule susceptible de désolidariser les guinéens dans leur lutte commune pour un changement positif. Une prise de conscience collective, de la nécessité pour les guinéens dans leur ensemble, avec leurs différences d’opinions et d’appartenance ethnique ou régionale, de se donner la main et œuvrer pour l’intérêt de tous, s’impose plus que jamais. L’on reproche au premier ministre d’avoir pratiqué une certaine discrimination en ce qui concerne la nomination des cadres de l’administration et de ne pas honorer ses engagements dans l’esprit de la plateforme revendicative des grévistes et la lettre de mission qui en fait suite lors de sa nomination. Sékou Touré se plaisait à dire que la dignité d’un homme réside dans l’adéquation entre le dire et le faire, mais faudrait-il pour cela que celui-ci, aussi sincères que soient ses intentions, ait les moyens de son action, en ayant la possibilité d’agir dans un environnement et des conditions favorables. Avec une réelle volonté politique, ne serait- il pas judicieux, de soumettre à approbation, toute nomination à un poste stratégique par un comité de sages indépendant constitué à cet effet, rôle qui aurait pu être dévolu à l’assemblée nationale qui n’est malheureusement à ce jour, pas représentative des différentes sensibilités, pour mettre définitivement un terme aux suspicions et aux luttes de clans. Il est temps d’en finir avec le stop and go ou plus exactement try to go. Pour atteindre une véritable ligne de démarcation, l’on doit savoir que c’est à nous la guinée. Notre terre nous est donnée pour y vivre. Nous ne sommes ici-bas que pour un temps, comme l’on était nos prédécesseurs et comme le seront nos successeurs. Alors vivons ensemble, vivons en paix. BAYO Abidine
Le 26/07/2007
Hommage à tous ces martyrs qui sont tombés, sous les balles meurtrières des mercenaires et des militaires associés à la cause du général Président, pour avoir voulu manifester leur mécontentement, leur ras-le-bol, leur faim, leur soif. Permettez-moi au nom de toute l’équipe de Kibarou de présenter nos condoléances les plus attristées aux familles endeuillées. Toutes ces vies sacrifiées ne doivent jamais tomber aux oubliettes. Une nouvelle éthique politique devrait pouvoir être fondée sur la conscience que nous devrons avoir, du dévouement de ces personnes, jeunes pour la plupart qui sont morts pour avoir osé dire « non » à l’arbitraire, à l’injustice et à la pauvreté. Il est de notre devoir, nous guinéens, de garder éternellement dans nos cœurs et dans nos mémoires que ces vies ont été arrachées parce que nos libertés fondamentales étaient bafouées, nos voix étaient ignorées, et nos avenirs compromis. Malgré la barbarie, la répression, le crépitement des armes, Peuple de Guinée, ton courage a été exceptionnel, ta gloire reste inégalée et ta bravoure reconnue et indiscutable ! Malgré toutes ces années de frustration de la première et deuxième république tu as eu le courage de t’affirmer et de ne plus rester muet. Ces vingt trois dernières années n’ont pas atténué toute la souffrance que tu as accumulée à l’époque de la première république. Il y’a certes eu du positif selon certains passionnés de l’un ou l’autre régimes, mais il est clair que sur le balance le négatif est largement gagnant. Désormais ton avenir t’appartient et tes futurs dirigeants sont prévenus. Plus jamais tu n’accepteras de te faire spolier, berner, trahir. Tu exigeras des comptes chaque fois que le doute s’installera. Ta vigilance doit être accrue car la bataille de la démocratie vraie n’est toujours pas atteinte. Désormais tu connais l’importance de l’unité nationale. Tu sais maintenant qu’un peuple uni déplace des montagnes et un peuple divisé conforte un pouvoir irresponsable. Le général Président s’est accroché à son pouvoir jusqu’à la dernière minute. Qui l’aurait cru ? En agissant de la sorte il a montré qu’il est prêt à sacrifier son peuple mais jamais son pouvoir. En s’agrippant à ce fauteuil présidentiel, ô combien fragile désormais, il a dévoilé qu’il souhaite une fin lente et pénible à une fin brusque. Maintenant il est prévenu que le peuple ne suivra plus ses diktats. Depuis longtemps on a toujours voulu, nous guinéens, aller de l’avant mais le boulet de notre passé, l’incompétence et l’irresponsabilité du Général Président nous ont empêché d’avancer. Aujourd’hui on a le droit d’être optimiste car on est uni, fier, « vacciné » et plus que jamais déterminé à avancer. On veut pouvoir ne plus s’exiler pour fuir la misère, on veut pouvoir manger à notre faim, on veut pouvoir vivre dans notre beau pays, bref on veut vivre dignement. Les mots justice, liberté, union, travail, résonneront de tout temps dans nos esprits. Espérons que nos futurs dirigeants en seront conscients et mettrons tout en œuvre pour que la machine du développement soit en marche vers l’avant et ce pour longtemps. En attendant n’oublions pas que la patrie est en sursis et la vigilance doit être accrue car tant que le général Président est au pouvoir il faut s’attendre à tout. Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com Janvier 2007


