Premier producteur mondial de bauxite, la Guinée cherche désormais à capter davantage de valeur localement à travers le développement de nouvelles usines d’alumine, produit intermédiaire de la chaîne de l’aluminium, obtenu par raffinage de la bauxite. Une dynamique à laquelle les sociétés chinoises State Power Investment Corporation (SPIC), Winning Consortium Alumina Guinea (WCAG) et Chalco contribuent déjà. Elles ont tour à tour annoncé ces derniers mois le lancement de nouvelles unités destinées à être associées à leurs mines dans le pays, avec pour chacune des investissements chiffrés autour du milliard de dollars américains.
La CBG, coentreprise détenue à 49 % par l’État guinéen, réunissant aussi le groupe américain Alcoa et l’australobritannique Rio Tinto comme partenaires entend aussi rejoindre cette dynamique. Fin août, elle a annoncé son objectif de lancer les travaux de construction de sa raffinerie d’ici fin 2026. Le financement nécessaire à cette initiative n’a pas encore été précisé, pas plus que l’apport attendu de la part des deux agences fédérales américaines mentionnées par le ministère.
Selon CBG, les discussions se sont tenues le vendredi 18 septembre, en marge d’une conférence internationale sur les minéraux critiques. L’entretien a notamment réuni Christopher Kulukundis, sous-secrétaire d’État américain adjoint par intérim pour l’Afrique australe, et Bouna Sylla, ministre guinéen des Mines.
Ce n’est pas la première fois que des capitaux américains sont associés au développement de la CBG. En 2016, la DFC, alors connue sous le nom d’Overseas Private Investment Corporation (OPIC), lui avait accordé un prêt de plus de 795 millions de dollars. Octroyé en collaboration avec la Société financière internationale et plusieurs banques commerciales, ce financement visait à soutenir l’expansion de la production de bauxite de la CBG à Sangarédi, la mine qu’elle exploite dans le pays.
Reste désormais à voir si cette relation se prolongera à travers le projet de raffinerie actuellement exploré. Le contexte actuel, marqué par la volonté de Washington de renforcer sa présence dans le secteur des minerais critiques africains, où les capitaux chinois occupent déjà une place importante, donne une portée supplémentaire à ces discussions. D’autant que Conakry étudie parallèlement avec les États-Unis un partenariat plus large dans ce domaine.
Aurel Sèdjro Houenou
Édité par Wilfried ASSOGBA
Source: Agence Ecofin