Alpha Condé(2010-

 

Biographie

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Alpha Condé (né le 4 mars 1938) est le leader du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), candidat à l’élection présidentielle annoncée par les accords de Ouagadougou(signés le 15 janvier 2010 par Moussa Dadis Camara et le général Sékouba Konaté , sous l’égide de Blaise Compaoré , le président du Burkina Faso) et dont le premier tour sera organisé le 27 juin 2010. Né à Boké (Basse Guinée), Alpha Condé part pour la France à l’âge de 15 ans poursuivre des études secondaires et universitaires (Sciences Po Paris, Sorbonne). En 1970, il est victime du régime du président Sékou Touré qui le condamne à mort par contumace. Il est alors contraint, comme bon nombre de ses compatriotes intellectuels, de rester en exil hors de son pays. Alpha Condé réside à Conakry depuis le 17 mai 1991, date de la fin de son exil et de son retour en Guinée.

Scrutin présidentiel de 1993

A son retour en Guinée, Alpha Condé réussit, aux côtés d’autres leaders de l’opposition guinéenne (Bah Mamadou Bhoye, Siradiou Diallo, Jean-Marie Doré, Masour Kaba, etc), à aire imposer le multipartisme intégral qui autorise la présence de plusieurs partis d’opposition en Guinée. Puis, il prend part à la première élection multipartite du pays, en décembre 1993, après trente ans de régime autoritaire. Lors du scrutin, Condé est un des challengers du général Lansana Conté, président depuis le coup d’État de 1984. Le général Conté est déclaré vainqueur avec 51.7% tandis que les observateurs nationaux et internationaux chargés de la supervision du scrutin dénoncent un fort climat de fraude et que l’opposition conteste unanimement les résultats officiels. Les partisans de Condé s’insurgent particulièrement contre l’annulation par la Cour suprême de la totalité des résultats pour les préfectures de Kankan et Siguiri, où Alpha Condé était vraisemblablement fortement majoritaire. Condé demande à ses militants de ne pas prendre le risque d’entrainer un guerre civile et de concentrer leurs efforts sur le scrutin suivant.

Scrutin présidentiel de 1998

Aux élections présidentielles suivantes, en décembre 1998, Alpha Condé se présente de nouveau mais il est kidnappé et emprisonné sans procès, avant la fin du scrutin.
Les résultats officiels publiés par le gouvernement déclarent Lansana Conté vainqueur du premier tour avec (56,1 %) suivi de Mamadou Boye Bâ (24,6 %). Le 16 décembre, deux jours après le scrutin, nombreux dirigeants de l’opposition sont arrêtés pour préparation présumée d’une rébellion contre la dictature en place. Les mois suivants, des exactions vont être commises par des forces militaires sur les sympathisants de l’opposition.

Emprisonnement

Alpha Condé est maintenu en prison pendant plus de 20 mois avant que le gouvernement ne constitue une cour spéciale, pour le juger. Cette incarcération sans procès soulève un fort mouvement de protestation international. Amnesty International dénonce une violation des Droits de l’Homme et le Conseil de l’Union Interparlementaire une violation de l’immunité parlementaire dont Alpha Condé bénéficie en tant que député guinéen. De nombreuses voix s’élèvent tout au long de son emprisonnement pour demander sa libération immédiate. Parmi lesquelles celles d’Albert Bourgi, qui organisent un important mouvement de soutien « le comité de libération » à Alpha Condé, ou de Tiken Jah Fakoly , auteur de « Libérez Alpha Condé » adressé au général Lansana Conté, et que la jeunesse transforme en hymne à la gloire des martyrs et prisonniers politiques africains. Condé reçoit également le soutien de chefs de diplomatie étrangers, à l’instar de Madeleine Albright (Etats-Unis) qui se déplace à Conakry même. En France, le Président Jacques Chirac s’implique personnellement. Sa mobilisation vient renforcer les multiples requêtes d’autres chefs d’Etat en demandant officiellement la relâche rapide d’Alpha Condé. Sources des soutiens ?
Condé est condamné, en 2000 à 5 ans de prison pour « atteintes à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national » au terme d’un procès retentissant décrié dans la presse africaine et internationale. Il est finalement libéré le 2001 et fait l’objet d’une grâce présidentielle.

L’affaire Alpha Condé

« L’affaire Alpha Condé », comme elle est souvent décrite dans la presse, en allusion à l’affaire Dreyfus de la France du XIXème siècle, donne lieu à un procès retentissant et marque un tournant politique important pour la Guinée. Alpha Condé est libéré le 18 mai 2001, date à laquelle il fait l’objet d’une grâce présidentielle , 28 mois après son arrestation et huit mois après son procès organisé par la « Cour de Sûreté de l’Etat Guinéen » , qui est spécialement constituée à cet effet. Ce procès de cinq mois qui débute le 12 avril 2000, après plusieurs reports , le condamne tout d’abord à cinq ans de réclusion criminelle pour « atteinte à la sûreté de l’Etat guinéen » et « emploi illégal de la force armée », le lundi 11 septembre 2000. Il devient, particulièrement auprès de la jeunesse, un symbole comparé à Mandela. Alpha Condé lui-même cite souvent Mandela en exemple dans ces réflexions politiques. Il déclare à sa libération : « sur la scène politique africaine, on peut parler d’un avant et d’un après Mandela. Il est, dorénavant, la référence et le modèle à suivre pour tous ceux qui luttent pour l’unité, la réconciliation et l’avènement pacifique de la démocratie… ».

 Arrivée au pouvoir de la junte militaire et scrutin présidentiel 2010

Depuis la mort de Lansana Conté en décembre 2008 et la prise du pouvoir par la junte militaire de Dadis Camara, Alpha Condé a centré son action politique sur le retour à un pouvoir civil et la tenue d’élections justes, transparentes et inclusives. Il l’a fait au sein des « Forces Vives constituées de l’opposition, des syndicats et des autres acteurs de la société civile. Dans une tribune publiée par le journal Le Monde en janvier 2010, il déclare que les massacres du 28 septembre au stade de Conakrymettent en évidence la nécessité d’une rupture complète avec le passé : « Le traumatisme subi, une fois de plus, ce jour-là, par la population, discrédite définitivement tous ceux qui, de près ou de loin, ont leur part de responsabilité dans lesdits massacres. Les conséquences de cette tragédie ordonnent obligatoirement une rupture par rapport à tout ce qui a été envisagé précédemment. Elles doivent désormais inciter tous les acteurs guinéens, avec le soutien des partenaires extérieurs, à organiser au plus vite des élections, qui seules permettront de légitimer les futurs dirigeants sur la base d’autres mécanismes que ceux qui ont conduit à l’émergence du système à abolir. ». En février 2010 il annonce à Conakry la candidature de son parti pour le scrutin présidentiel de juin 2010.

Parcours universitaire

Après ses études à la Sorbonne, Alpha Condé obtient un diplôme d’Etudes Supérieures (DES) avant de devenir Docteur d’Etat en droit public à la Faculté de Droit de Paris, Panthéon. La carrière professionnelle d’Alpha Condé débute en tant que professeur : il dispense des cours à la faculté de Droit et Sciences Economiques (Paris I, Panthéon Sorbonne) pendant plus de dix ans, puis à l’Ecole supérieure des Postes, Téléphone, Télécommunications (P.T.T). Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France Il milite parallèlement au sein du Syndicat de l’Enseignement Supérieur (SNESUP) et cumule des fonctions de Responsable au sein de l’Association des Etudiants Guinéens en France (AEGF), ainsi qu’au sein de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) où il est, de 1967 à 1975, le Coordinateur de la direction des groupes nationaux africains (GN), qui supervisent les activités de la direction de la FEANF. Il est le président de l’organisation en 1963.

 Publications

Alpha Condé participe au journal « l’Etudiant Guinéen » avant d’écrire pour d’autres journaux et des ouvrages universitaires. Il publie un ouvrage politique intitulé : « Guinée, Albanie d’Afrique ou néo-colonie américaine » (éditions Gît-le-cœur, 1972). Il poursuit à travers différentes publications, tant des brochures : (« Quel avenir pour la Guinée », en mai 1984, « Propositions pour la Guinée » en décembre 1984, « Pour que l’espoir ne meure » en août 1985, « Où allons-nous », « Trois ans après », et « Le poisson pourrit par la tête ») que des journaux (« Le Patriote » créé en janvier 1985 et interdit trois mois après) ; « Segueti » et « Malanyi ». Avec l’accession de la Guinée à l’indépendance en 1958 , la jeunesse scolaire et étudiante guinéenne se trouve incorporée à la Jeunesse du Rassemblement Démocratique Africain (JRDA). Alpha Condé, qui milite au sein de l’Association des Etudiants Guinéens en France (AEGF) adhère à cette organisation.

Du MND au RPG

En 1977, dans la foulée de la rencontre tripartite de réconciliation à Monrovia entre les Présidents Sékou Touré, Houphouët Boigny et Léopold Sédar Senghor, Alpha Condé crée le Mouvement National Démocratique (MND) avec le Pr. Alfa Ibrahima Sow, Bayo Khalifa et d’autres membres fondateurs. Le MND subira plusieurs mutations de la lutte clandestine à la lutte semi-clandestine et enfin à la lutte légale depuis 1991. Le MND devient d’abord l’UJP (Unité, Justice, Patrie), puis le RPG (Rassemblement des Patriotes Guinéens) pour enfin être l’actuel RPG (Rassemblement du peuple de Guinée).

Arrivé second lors du premier tour de l'élection présidentielle du 27 juin 2010, le Pr Alpha Condé qualifié d'opposant historique, remporte finalement avec l'alliance arc-en-ciel formé autour de lui, le 2ème tour de cette élection tenue le 7 novembre 2010. La proclamation des résultats provisoires par la CENI  le 15 novembre 2010, résultats confirmés définitivement par la Cour Suprême le 02 décembre 2010, le proclament vainqueur, avec un score de 52,52% des suffrages contre 47,48% pour son adversaire Cellou Dallein, devenant depuis le 21 décembre 2010, jour de son investiture, le premier Président démocratiquement élu de Guinée, depuis l'accession du pays à l'indépendance en 1958.

DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE DU GOUVERNEMENT:

Le Premier Ministre Chef du gouvernement, Mohamed Saïd Fofana, a présenté le vendredi 18 mars 2011 devant le CNT, la politique générale du Gouvernement comme le prévoit l'article 57 de la Constitution.

Madame la Présidente du CNT,

Madame et Messieurs les Présidents des Institutions Républicaines,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions et organismes Internationaux,

Messieurs les Officiers Supérieurs de l’Etat Major Général des Forces Armées Guinéennes,

Mesdames et Messieurs les Membres du CNT,

Chers Invités,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de rendre grâce à DIEU et louer sa miséricorde pour la paix qu’il a sauvegardée dans notre pays à l’occasion de l’élection présidentielle que nous venons de tenir.

L’honneur m’échoit de vous présenter ce jour, au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, le Professeur Alpha CONDE, la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement que je dirige depuis deux mois et demi. En me nommant au poste de Premier ministre, Chef du Gouvernement, le chef de l’Etat a manifesté à l’égard de ma modeste personne, une confiance dont je mesure la grande portée. Je tiens à lui exprimer, une fois de plus, mes sincères remerciements et ma profonde gratitude.

Mesdames et Messieurs les membres du CNT,

Nous venons de conduire à son terme la première élection présidentielle libre et démocratique de notre pays : élection saluée par la communauté internationale qui l’a jugée transparente et crédible. Le chemin qui a mené à cette élection a été long et difficile. C’est pourquoi, je voudrais profiter de cette occasion solennelle pour remercier le peuple de Guinée qui, par sa maturité politique vient une fois de plus de prouver malgré nos clivages, qu’en définitive ce qui compte c’est l’avenir de notre nation. Malgré un long et difficile cheminement politique, le peuple de Guinée a su surmonter ses différences et supporter les brimades multiples pour conduire une élection démocratique et crédible qui a vu la victoire du Prof. Alpha Condé.

Je voudrais aussi profiter de cette tribune, pour saluer l’ensemble des acteurs de la transition notamment le Président de la Transition le Général Sékouba Konaté ; le gouvernement de transition dirigé par l’Honorable Jean Marie Doré, Premier ministre ainsi que le CNT et vous mesdames et messieurs les conseillers. Votre rôle dans la transition a été déterminant pour la stabilité de notre pays pendant une période où la paix sociale et l’unité nationales étaient menacées.

Permettez-moi également de remercier la communauté internationale qui, à travers le groupe international de contact et le médiateur a manifesté son soutien à la bonne conduite de la transition en Guinée. Leurs efforts ont permis de rapprocher les guinéens pour tenir l’agenda de la transition. En leur adressant mes remerciements, je voudrais les rassurer de l’engagement du gouvernement à renforcer le processus démocratique sans lequel aucun progrès n’est possible.

Mesdames et Messieurs les membres du CNT,

Chers invités,

L’élection du Prof Alpa Condé a suscité au sein des populations guinéennes un immense espoir de changement.

Pour que ce changement se réalise, il était important pour le gouvernement, et avant toute chose, d’établir un diagnostic sincère et franc de la situation actuelle de notre pays et de son économie dans le but d’identifier les réformes réalistes qui permettront la réalisation de notre rêve d’une Guinée unie et prospère où le guinéen mangera à sa faim, aura plus d’électricité et d’eau potable ainsi qu’une bonne éducation et une meilleure santé. Cette transformation n’est possible qu’avec l’engagement de tous les guinéens.

Mesdames et Messieurs,

Après plus de cinquante-deux ans de souveraineté nationale, la Guinée figure encore parmi les pays les moins avancés de la planète. Le revenu annuel moyen par habitant est estimé à 300 USD. Cette situation est inadmissible car, notre pays recèle d’énormes potentialités agricoles, minières, halieutiques et énergétiques.

Malheureusement, l’exploitation de ces ressources ne profite pas encore aux populations à cause de la mauvaise gouvernance qui a prévalu dans le pays. En effet, le revenu national n’a que faiblement progressé au cours de cette période, souvent à un niveau nettement inférieur à celui de la croissance démographique. Par exemple, en 2010, le taux de croissance de l’économie n’a été que de 1,9 contre un accroissement de la population estimé à 3,0 . Au fil des années, l’incidence de la pauvreté s’est accentuée passant de 49 en 2002 à plus de 54 de nos jours.

Cette situation est aussi le reflet de l’incapacité de l’Etat à lutter efficacement contre la corruption et l’enrichissement personnel des cadres. Alors que les dépenses de l’Etat augmentent, aucun effort de mobilisation conséquente de recettes n’a été entrepris aggravant du coup le déficit budgétaire qui est passé de 7,4 du PIB en 2009 à 14,4 en 2010. Il est déplorable que ce niveau important de déficit ait été financé principalement par la blanche à billet.

Cette mauvaise gestion de l’économie a empêché notre pays de bénéficier des appuis budgétaires de la part de nos partenaires au développement. Sur la décennie 2000, aucune aide budgétaire n’est venue appuyer les efforts du Gouvernement sur le plan économique.

En recourant de manière inconsidérée à la planche à billet, le gouvernement a favorisé la hausse du taux d’inflation qui atteint aujourd’hui 21 contre 10,4 en 2010. La monnaie guinéenne se déprécie de plus en plus dans un contexte de crise économique mondiale ce qui a pour conséquence la baisse du pouvoir d’achat des ménages.

Parallèlement, les infrastructures économiques et sociales de base (eau, électricité, routes, aéroports, écoles, hôpitaux, etc.) se sont détériorées progressivement faute d’investissement adéquat. Aujourd’hui il est regrettable de constater que l’électricité n’est consommée que par 18 des ménages tandis que l’accès à l’eau potable pour nos compatriotes reste difficile.

Les infrastructures de transport sont de plus en plus dégradées. Cette situation concerne aussi bien les routes que les aéroports qui, faute d’entretien causent des dommages à l’activité économique.

La mauvaise gestion des ressources et les problèmes de gouvernance dans ces secteurs ne favorisent pas l’afflux de nouveaux investissements.

Dans le domaine social, l’accès des populations aux soins de santé et la qualité des services fournis aux populations sont de plus en plus déficients. La mortalité infantile est de 85 pour 1000. S’agissant de l’éducation, le taux net de scolarisation qui a atteint 62 stagne depuis 2005. Ce taux masque toutefois une baisse de la qualité de l’enseignement due à la faiblesse du taux d’encadrement et de l’insuffisance de la qualification du personnel enseignant.

Mesdames et Messieurs,

En raison des difficultés que je viens de décrire, l’économie n’a pas apporté une réponse appropriée aux problèmes de chômage, notamment des jeunes. La disparition du tissu industriel guinéen par une politique de privatisation peu judicieuse a été une des causes de l’aggravation du chômage.

Aussi, il faut le reconnaître que, l’attitude de nos compatriotes vis-à-vis du travail laisse à désirer. A tous les niveaux, l’absentéisme et le non respect des horaires de travail sont monnaie courante. Avec de tels agissements, il n’est pas possible de produire efficacement. Dans le secteur public, cette réalité empêche l’exécution correcte de programmes de développement. Le système d’incitations pour récompenser le personnel méritant est quasi inexistant. La promotion est rarement basée sur le mérite. Les employés peu performants n’encourent aucune sanction du fait de leurs mauvais résultats.

Dans le secteur agricole le faible niveau des rendements a conduit le pays à dépendre de plus en plus des importations des denrées alimentaires. Nos importations de riz se chiffrent aujourd’hui à 300 000 T par an. Les raisons d’une telle dépendance sont multiples. Elles sont notamment liées à la faiblesse des aménagements hydro-agricoles, l’inadéquation de l’encadrement des agriculteurs, la pénurie d’intrants agricoles et de semences améliorées et à la faible formation des acteurs.

Mesdames et Messieurs les membres du CNT,

Ce bref état des lieux montre l’ampleur et l’urgence des défis auxquels le gouvernement doit faire face. C’est pourquoi, dès la mise en place du gouvernement, en accord avec le Chef de l’Etat, le gouvernement a tenu un atelier de planification qui a permis, d’établir un programme d’actions prioritaires à court, moyen et long termes. Ce programme qui vise la transformation socioéconomique de notre pays tire sa substance à la fois de la vision du Chef de l’Etat mais aussi de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté et des objectifs du millénaire pour le développement. Il est décliné en cinq axes stratégiques :

i) L’amélioration de la gouvernance

La faiblesse de la gouvernance est la principale cause des nombreuses crises sociopolitiques que la Guinée a connu ces dernières années. L’objectif du gouvernement du Prof Alpha Condé est d’améliorer la gouvernance dans toutes ses composantes à travers des actions courageuses qui seules peuvent assurer à notre pays, la stabilité politique dont il a besoin pour son développement.

A cet égard, le gouvernement dès sa mise en place a pris des mesures de redressement dans les domaines suivants.

Sur le plan administratif et politique, la maîtrise des effectifs, par un recensement biométrique des fonctionnaires civils et militaires a été entrepris. Les contrôles initiés par mon gouvernement ont d’ores et déjà permis de déceler des doublons et des agents fictifs sur le fichier.

A cet effet, une mission d’appui du PNUD vient de séjourner en Guinée pour aider à la définition d’une stratégie de réforme administrative. Dans cette dynamique, un Haut Commissariat à la Réforme de l’administration a été mis en place afin d’accompagner efficacement toutes les transformations en cours.

A moyen et long termes, l’objectif du gouvernement est assurer l’émergence d’une administration de développement axée sur le mérite et la compétence. Le respect de la déontologie et des citoyens sera le fondement de cette réforme. Bien sûr, le rajeunissement des effectifs sera poursuivi sur la base de cadres organiques en cours d’élaboration.

Pour motiver le personnel de l’Etat et encourager le recrutement de compétence dans la fonction publique, des politiques salariales volontaristes et de protection sociale seront adoptées.

Nous engagerons une lutte sans merci contre la délinquance financière, les détournements de deniers publics et la corruption.

Au niveau local, le Gouvernement adoptera une nouvelle politique de décentralisation basée la responsabilisation et la participation effective des communautés. Pour promouvoir la formation des cadres compétents dont l’administration a besoin, une école d’administration sera créée.

Mesdames et messieurs,

Le processus démocratique en cours dans notre pays sera poursuivi avec l’appui de nos partenaires au développement. D’ores et déjà, le gouvernement en concertation avec les partenaires, est en train d’élaborer un chronogramme précis pour l’organisation et la tenue de l’élection législative. Ce travail vient à l’issue de l’audit entrepris par le gouvernement en relation avec les partenaires techniques et financiers en vue de renforcer les capacités de gestion de la CENI.

S’agissant de la gouvernance économique, les faiblesses sont liées à l’environnement des affaires, la faiblesse des institutions et des politiques ainsi que l’exacerbation de la corruption.

Pour y faire face, des actions hardies ont été prises. L’objectif recherché est de freiner l’inflation et arrêter la dépréciation du franc guinéen. A cet égard, le gouvernement a pris des mesures énergiques pour maîtriser les dépenses publiques. L’exécution du Budget de l’Etat se fait désormais sur base caisse et le principe de l’unicité de caisse a été instauré. Parallèlement, le recouvrement des recettes a été renforcé en mettant fin aux exonérations non légales. Une action vigoureuse de recouvrement a été lancée à l’encontre de différents débiteurs de l’Etat qui devront s’acquitter obligatoirement de leurs dettes vis-à-vis du Trésor public. Le but recherché est de sortir du cercle vicieux de l’endettement excessif du Trésor auprès de la Banque centrale.

Sur le plan monétaire, la Banque centrale a révisé à la hausse le taux de réserves obligatoires des banques de dépôts afin d’éliminer l’excès de liquidité dans l’économie. Elle a également pris des mesures pour l’application rigoureuse de la règlementation des changes et le fonctionnement des bureaux de change.

Le gouvernement a aussi repris les discussions avec les institutions internationales dont plusieurs représentants se sont rendus en Guinée dès décembre sur invitation du Chef de l’Etat. Ainsi, une première mission comprenant, les représentants du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque Africaine de Développement se sont rendus à Conakry pour faire l’état des lieux et proposer un programme de travail. En janvier, une forte délégation d’une quarantaine de cadres des institutions de Bretton Woods, de la BAD et de l’Union européenne ont séjourné dans notre pays pour travailler sur la reprise des discussions dans la perspective de l’adoption d’un programme économique formel, dont les effets permettront à la Guinée de bénéficier d’une annulation substantielle de sa dette, d’aides budgétaires immédiates pour faire face aux besoins urgents de financement de notre économie et d’entamer les réformes structurelles sans lesquelles, la relance économique sera difficile.

Ces négociations se poursuivent actuellement avec une forte délégation conduite par la vice-présidente de la Banque mondiale. Nous avons passés en revue les conditionnalités déjà remplies à savoir la feuille de route de la politique minière, l’unicité de caisse du trésor, l’audit des marchés publics, la maîtrise des effectifs de la fonction publique et la réforme du secteur de la sécurité. Les efforts entrepris par le gouvernement en si peu de temps, ont été salués par la mission et aboutiront, en avril à la présentation au Conseil d’Administration du FMI et de la Banque mondiale du dossier guinéen.

Cette dynamique est poursuivie dans les autres secteurs clés de l’économie. A savoir le secteur industriel, le tourisme et le secteur informel productif.

Dans le domaine industriel, l’objectif du gouvernement est la relance des unités industrielles restées inactives après des privatisations non judicieuses ayant entraîné des conséquences sur l’emploi. C’est pourquoi, dès notre prise de fonction, nous avons entamés une campagne nationale d’identification de ces usines afin d’engager leur rénovation et leur cession éventuelle.

Le gouvernement a ainsi créé une agence nationale de promotion de l’investissement à la place de l’OPIP en vue d’encourager l’investissement étranger et de créer un guichet unique pour pallier aux contraintes liées à la création des entreprises. Alors que jusqu’ici il fallait 3 mois pour accomplir les formalités de création d’entreprise, dans les semaines à venir, l’investisseur réalise l’ensemble de ses formalités en une semaine grâce au guichet unique.

Le gouvernement parallèlement travaille à l’amélioration du cadre juridique des affaires pour la rendre plus compétitive et conforme aux standards internationaux. L’instrument fiscal sera à cet égard utilisé pour inciter les investissements productifs et porteurs d’emplois pour jeunes. Les différents codes (investissements, marchés publics, minier, etc.) actuellement en cours de finalisation permettront la promotion et la protection des investissements d’une part et d’autre part, la sauvegarde des intérêts de la Guinée.

Pour sécuriser les citoyens et rassurer les investisseurs, la réforme de la justice est au cœur des priorités du gouvernement. L’objectif est de créer une justice crédible qui contribue à l’assainissement du climat des affaires en rendant des jugements équitables. Il me plaît de vous annoncer que la réforme de la justice est avancée car bientôt se tiendront les Etats généraux de la justice. Un diagnostic sans complaisance sera fait afin que notre justice longtemps décriée soit dorénavant au cœur de l’action publique et garante de l’Etat de droit. Des mesures idoines seront prises à l’issu de ces journées.

Dans le domaine touristique et hôtelier mon gouvernement a l’ambition de faire de la Guinée, la destination par excellence de l’Afrique de l’Ouest. Cela suppose d’abord un réseau hôtelier et routier conforme aux exigences du tourisme moderne. Les quelques rares hôtels existant ne sont pas aux normes ou sont simplement fermés par manque d’entretien ou de mauvaise gestion. C’est pourquoi, le gouvernement a lancé des consultations pour la rénovation et la reprise des hôtels appartenant à l’Etat. Des concertations sont également en cours avec des partenaires privés pour la construction de nouveaux établissements de standard international.

Dans le cadre de la relance du secteur informel, le Chef de l’Etat a rencontré diverses corporations en vue de discuter de la promotion du secteur privé et définir ensemble une politique de relance du secteur informel productif qui joue un rôle essentiel dans la vie économique tant dans la création de l’emploi que dans la promotion des produits locaux. L’objectif du Chef de l’Etat est d’encourager la production locale afin de traduire en réalité notre engagement commun à savoir consommer ce que nous produisons.

Pour relancer l’emploi dans le secteur, le gouvernement a mis en place une agence de microcrédit avec deux guichets de 20 milliards gnf pour la promotion de l’entreprenariat féminin, et 10 milliards gnf pour la promotion de l’emploi jeune. Nous sommes en train de mettre en place une agence nationale de développement et nous sommes en négociation avec les partenaires pour la mise en place d’une banque pour les PME. Pour soutenir ces initiatives louables, j’ai initié plusieurs rencontres avec les différents acteurs sociaux afin de renouer le dialogue et mieux comprendre leurs préoccupations afin de mettre en place sur la base de nos concertations, un cadre permanent de dialogue. La réactivation du comité paritaire est de ce point de vue une priorité du gouvernement.

Enfin, conformément à l’engagement pris devant le peuple, le gouvernement a entamé la récupération des domaines et biens publics. Une vaste campagne de recensement de l’ensemble du patrimoine immobilier de l’Etat a été entreprise afin d’identifier et récupérer les biens du domaine public immobilier, spoliés par certains cadres peu soucieux de l’intérêt national. Néanmoins, dans le cadre du renforcement de l’état de droit, un délai de 3 mois a été octroyé aux occupants illégaux pour libérer les lieux.

Ainsi à partir du 7 avril la plupart des villas de la cité des Nations seront rendus à l’Etat. Il en sera de même dans d’autres domaines.

Sur le plan diplomatique, la Guinée est véritablement de retour. L’élection présidentielle, dont les résultats ont été salués par la communauté internationale et a eu pour effet immédiat, la levée des sanctions et le retour de la Guinée à la CEDEAO et à l’Union Africaine. Longtemps absente sur la scène internationale, la Guinée amorce son retour dans l’arène diplomatique. Notre retour a été marqué par notre participation très remarquée au 23ème sommet de l’Union africaine. L’ensemble des chefs de l’Etat ont salué à cette occasion, l’élection démocratique du Prof. Alpha Condé à la tête de notre pays ainsi que notre retour dans cette institution dont nous sommes membre fondateur.

Aussitôt, le gouvernement en dépit des contraintes a pris la décision de régler tous les arriérés de cotisation dus aux organisations internationales dont nous sommes membres. Cette situation a longtemps affecté la crédibilité de la Guinée, l’empêchant d’exercer son droit de vote et de bénéficier des ressources importantes et pénaliser l’ ion et la promotion des cadres guinéens dans ces organisations.

Quant à nos missions diplomatiques, elles étaient pour la plupart dans des conditions déplorables caractérisées par le retard criard dans le paiement des salaires, primes et crédits de fonctionnement, le sureffectif et le manque de professionnalisme du personnel diplomatique. Les ambassadeurs rappelés depuis plus d’un an n’ont pu regagner le pays, faute de paiement des frais de retour. A date, je suis heureux de vous annoncer que mon gouvernement a pris toutes les dispositions financières pour permettre le retour immédiat de ces diplomates. Aussi, le gouvernement a entrepris un vaste mouvement de restructuration pour rationnaliser les missions et le personnel diplomatiques. Dans ce sens, nous avons engagés une offensive diplomatique en direction des pays émergents dans le but de diversifier et de redynamiser la coopération économique avec ces pays.

ii) La lutte contre la pauvreté

La pauvreté frappe aujourd’hui plus de guinéens que les statistiques officielles ne le décrivent. En effet, nombreux sont les compatriotes qui ont à peine un repas par jour. Les soins de santé sont difficilement accessibles en l’absence de toute mutuelle et l’éducation a perdu tout son sens tant la qualité s’est dégradée au fil des années. Dans ce contexte, le gouvernement a initié des mesures d’urgence en faveur des populations. A cet égard, une première opération d’approvisionnement en riz et poissons à des prix abordables est en cours. Cette opération s’accélérera dès que des circuits de distribution fiables auront été mis en place.

Dans la même dynamique, le gouvernement a entrepris sous ma direction et en accord avec le Chef de l’Etat, une concertation avec les principaux acteurs économiques pour poursuivre l’opération avec leur implication.

Dans le cadre des actions urgentes, le gouvernement a aussi appuyé la fourniture d’ARV aux malades du VIH, et, apporté un appui budgétaire conséquent aux hémodialysés. Toutes ces actions inscrivent dans la vision du Chef de l’Etat d’apporter aux personnes vulnérables un soutien. Ce soutien a aussi touché les femmes enceintes qui bénéficient à ce jour de consultations prénatales gratuites et bientôt de l’ouverture de centres mères et enfants.

Le gouvernement entend poursuivre ces efforts dans le cadre du renforcement du secteur social à moyen et long termes.

A ce titre, des infrastructures performantes de santé seront construites à tous les niveaux, aussi bien en zones rurales que dans les centres urbains. Le personnel de santé sera redéployé et des programmes de remise à niveau seront engagés dans les meilleurs délais. L’accès aux médicaments essentiels sera facilité dans toutes les formations sanitaires.

Sur le plan de l’éducation, nous veillerons à assurer l’achèvement du cycle complet à tous les enfants du primaire. A cet égard, un accent particulier sera mis sur le renforcement de la formation pédagogique du personnel enseignant. Grâce à l’extension des infrastructures scolaires, les classes seront décongestionnées pour ramener les effectifs à des niveaux acceptables.

Bien entendu l’action gouvernementale ne se limitera pas à ces actions, les autres secteurs de la vie sociopolitique de notre pays ont aussi besoin d’attention soutenue si nous voulons réaliser les objectifs de développement de notre stratégie de réduction de la pauvreté.

iii) Le développement des infrastructures

Le déficit d’infrastructures est une contrainte majeure qui affecte le développement de notre pays. L’état des lieux fait par mon gouvernement révèle l’absence d’investissements conséquents dans ce secteur depuis plus de 10 ans. Ainsi, les routes sont impraticables pour la plupart, les aéroports et ports ne répondent pas aux exigences de l’économie de marché, et les facteurs de production que sont l’électricité et les technologies de l’information et de la communication sont faibles.

Le gouvernement a donc engagé dès sa prise de fonction des actions de redressement dans ces différents domaines.

S’agissant de la fourniture d’électricité, la vétusté des équipements et du réseau de distribution est criard. Par exemple sur 7 groupes de Tombo seulement 1 était fonctionnel à notre prise de fonction. Aussi, les multiples pannes enregistrées sur les des Grandes Chutes et de Garafiri ont amené le gouvernement à engager de grosses opérations de réparation et de maintenance. Ces contraintes physiques n’ont pas permis encore d’améliorer la production d’électricité et sa fourniture aux consommateurs.

Les négociations sont en cours avec les partenaires au développement afin d’engager les réformes indispensables à la relance du secteur. Une rencontre spéciale sur le sujet réunira le gouvernement et les experts de l’AFD et de la Banque mondiale dans les prochaines semaines.

A moyen terme, l’approvisionnement en eau et en électricité doit augmenter considérablement pour répondre aux besoins des populations et des industriels. A terme, des barrages moyens doivent être réalisés et interconnectés pour mettre en valeur le potentiel agro-industriel des différentes régions du pays. A plus long terme, la nécessité de transformer en Guinée nos ressources minières en métaux demandera des investissements importants dans les grands barrages hydroélectriques.

L’objectif visé par le Gouvernement est de porté le taux d’accès à l’eau potable à 90 de la population à l’horizon 2015 avec en moyenne 150 litres d’eaux par habitant et par jour en milieu urbain et 50 litres en milieu rural. Le gouvernement poursuivra la réalisation de puits et forages dans les zones rurales.

Le gouvernement engagera aussi les réformes institutionnelles dans ces deux secteurs en axant ses efforts sur l’amélioration de la desserte et du rendement commercial, limitant ainsi le recours à la subvention.

S’agissant des infrastructures de transport, le constat est encore plus alarmant. Le port de Conakry était devenu un cimetière des épaves obstruant et rendant difficile l’accès des bateaux. Ce n’est plus désormais le cas.

Le gouvernement a entrepris la modernisation des infrastructures portuaires et aéroportuaires. A cet égard, la nouvelle convention liant le Port au groupe Bolloré va aboutir à la construction d’un nouveau terminal à contenair et d’un chemin de fer et d’un port sec à kagbelen qui désengorgera la ville des rotations des camions.

Mesdames et Messieurs,

Cependant depuis quelques jours, une campagne de presse insidieuse est menée par l’ancien concessionnaire mettant en cause la transparence de l’opération dans la résiliation de son contrat, consécutive à sa propre défaillance.

Cet opérateur s’était engagé à réaliser un programme ferme d’investissement de 93 millions d’euros qu’il n’a pas réalisé.

Dès l’installation de mon gouvernement, les autorités du port nous ont signalés les défaillances et les graves manquements du concessionnaire du port qu’une série de rencontres a permis de vérifier.

Il convient de rappeler que lors de l’appel d’offre international pour l’attribution de la concession du port, trois compagnies avaient soumissionné: GETMA, BOLLORE, MAERSK.

Les conditions d’attribution à Getma ont été contestées dès le départ ; et en dépit de la réalité, Getma avait été, sur la base de ses propres allégations, considéré comme la Société ayant la plus grande expérience et la plus grande capacité financière. Ce qui était totalement infondé.

La contestation était dès lors légitime quant à l’attribution de la concession à Getma.

C’est dans ces conditions, qu’à l’époque, le Conseil d’Administration du Port Autonome de Conakry en sa séance du 2 janvier 2009, après avoir examiné les termes de référence, les résultats du dépouillement et la convention de concession soumis à son approbation, a décidé l’annulation de la mise en concession du terminal.

Le Conseil d’Administration a fait aussi observer au Gouvernement les termes léonins de la convention de concession.

En effet, la convention exonérait totalement GETMA pendant 25 ans du paiement de tout impôt et taxe alors que la convention signée par le gouvernement donne 380 millions d’euros en impôts et taxes. L’objectif de mon gouvernement est la défense des intérêts de la Guinée et dans ce cadre nous n’avons trouvé d’autres choix que de résilier la concession en faisant appel aux concurrents arrivés 2ème et 3ème lors de l’appel d’offre : ceux-ci ayant décidés de travailler ensemble, un nouvel appel d’offre n’était plus nécessaire conformément aux usages en la matière.

S’agissant des aéroports, nous visons un objectif de mise en service des aéroports régionaux tout en assurant la construction d’un aéroport international de standard moderne. Le gouvernement a d’ores et déjà entrepris les négociations avec plusieurs compagnies pour améliorer la déserte du pays.

Les projets routiers en souffrance ont été sortis et relancés dans la capitale et les villes de l’intérieur. A moyen terme, le gouvernement prévoit la remise en état de l’ensemble du réseau routier national et la construction du chemin de fer reliant Conakry à Kankan.

S’agissant de la télécommunication, notre pays vit une situation singulière. Nous sommes les seuls à ne pas être reliés à un réseau fibre optique qui, s’il était effectif réduirait considérablement les coûts de communication téléphonique et internet et améliorerait significativement les rendements économiques de nos PME. Le gouvernement a aussitôt entrepris le projet de connexion de notre pays au réseau de fibre optique. Il me plaît de vous annoncer que ce projet sera bouclé dans les prochaines mois.

Sur le plan de la téléphonie, le gouvernement engage la concertation avec les acteurs pour améliorer la qualité de ce service.

iv) Développement et expansion économique

Le renforcement du tissu industriel et la résolution des problèmes infrastructurels de la Guinée ne pourront pas à eux seuls permettre le décollage de notre économie. Il est important qu’une attention particulière soit accordée à certains secteurs de la vie économique nationale. A cet égard, le gouvernement sous la direction du Chef de l’Etat mettra un accent particulier sur le développement du secteur minier, de la pêche et de l’agriculture.

En effet, la contribution du secteur minier au progrès de la Guinée a été mitigée, et sans doute en deçà de nos espérances. Des raisons multiples sont souvent évoquées mais force est de reconnaître que la mauvaise gouvernance en est la cause profonde. Des contrats ont été signés dans une totale opacité, les intérêts de l’Etat souvent insuffisamment sauvegardés.

Le secteur minier fera l’objet d’un assainissement conséquent du cadastre minier. La révision du code minier, assorti d’une convention type, est en voie de finalisation. Elle sera conforme aux meilleures pratiques internationales. La stratégie du « gagnant-gagnant » sera de mise dans un esprit d’équité et de coopération mutuellement avantageuse.

S’agissant du secteur agricole, l’objectif du Gouvernement est d’assurer l’autosuffisance alimentaire dans un délai de trois ans. A cet égard, le Chef de l’Etat a tenu, une journée de réflexion avec l’ensemble des acteurs du monde paysan. A l’issue de laquelle des engagements réciproques ont été pris notamment en matière d’appuis à la paysannerie. Des aménagements hydro-agricoles à l’échelle de la petite paysannerie et des paysans moyens seront réalisés. Des équipements plus performants comme les charrues et la traction animale, les motoculteurs, ainsi que des intrants fertilisants et des semences améliorées seront fournies aux agriculteurs. Tout ce programme devra s’appuyer sur le renforcement de la vulgarisation et de l’encadrement des paysans.

Le gouvernement mettra aussi un accent particulier sur l’aménagement agricole à travers la coopération internationale.

Le secteur de la pêche doit contribuer plus qu’il ne l’est aujourd’hui à la création de richesse nationale. Le secteur doit se moderniser et permettre l’émergence de PME compétitives capables de faire face à elles seules à la demande nationale. Le gouvernement renforcera les capacités opérationnelles des coopératives du secteur.

v) La réforme du secteur de la sécurité

Mon Gouvernement salue l’attitude patriotique de l’armée qui a volontairement accepté l’ensemble des réformes proposées dans le cadre de l’étude d’évaluation du secteur réalisée en partenariat avec la communauté internationale. Les recommandations issues de cette étude permettront à nos forces de défense et de sécurité de remplir leur mission avec plus de réussite.

En étroite collaboration avec la hiérarchie militaire, nous avons pu immédiatement délocaliser de Conakry les armes lourdes en les ramenant dans les garnisons de l’intérieur.

Le Gouvernement organisera le 28 mars prochain un séminaire sur la restructuration de l’armée en collaboration avec différentes institutions internationales.

Nous avons aussi conformément à l’engagement du chef de l’Etat, entrepris d’organiser la participation de l’armée aux efforts de développement national à travers le génie militaire, les brigades de production agricole ainsi que la rénovation des unités de production industrielle.

Aussi, pour faciliter les échanges et la circulation libre des personnes et des biens, le gouvernement a levé les barrages, cette levée a été accompagnée de la dotation des corps de sécurité de moyens adéquats pour assurer le contrôle.

Mesdames et Messieurs les membres du CNT,

Les actions en cours montrent la détermination du gouvernement à impulser le changement pour lequel s’est engagé le Chef de l’Etat. Cependant, ce changement auquel aspirent ardemment nos populations doit se traduire par une remise en cause de nos méthodes de gestion, de nos mentalités rétrogrades du passé, et de l’irresponsabilité qui caractérise malheureusement les comportements d’un grand nombre de nos compatriotes. Je voudrais donc placer globalement l’action du Gouvernement sous le mot d’ordre « Bien gérer pour faire avancer la Guinée ». En d’autres termes, il s’agira pour reprendre une expression chère au Chef de l’Etat, de « Gérer autrement la Guinée».

Les défis auxquels nous sommes confrontés sont certes nombreux et complexes. Pour les surmonter, des mesures difficiles seront nécessaires. Elles toucheront tous les guinéens car elles doivent nous amener à nous adapter au changement que nous ambitionnons tous.

Mesdames, Messieurs,

A la lumière de tout ce que je viens d’évoquer, je peux conclure que la marche de la Guinée vers le progrès économique et le bien-être de nos populations reposera sur deux facteurs déterminants, l’unité nationale et la bonne gestion de nos ressources. Je vous invite donc, au-delà de nos rancœurs et de nos intérêts égoïstes à nous donner la main pour ressouder notre tissu social. Le peuple de Guinée n’a que trop souffert.

En premier lieu, nous devons engager le processus de réconciliation nationale et rassembler les guinéens. La réforme de l’Administration doit nous permettre de mettre sur pied une véritable administration de développement. Le respect du citoyen et la fourniture de services de qualité aux populations seront les repères clés de cette réforme. Les fonctionnaires seront tenus de respecter la déontologie de leur profession et devront faire preuve de loyauté dans l’exercice de leurs fonctions et charges.

Pour terminer, permettez-moi de vous signifier la volonté de mon Gouvernement à œuvrer au raffermissement des bases de la démocratie dans notre pays.

Je vous remercie.

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