En Guinée, le colonel de gendarmerie Bienvenu Lamah est accusé de complicité de meurtre dans l’affaire du massacre du 28 septembre 2009. Mais le procureur a sollicité la requalification des charges en crime contre l’humanité. Une décision soutenue par la partie civile mais rejetée par la défense, qui clame son innocence.
Pour la partie civile, une requalification des faits est nécessaire. Comme pour Moussa Dadis Camara. Dans son procès, l’ancien chef de la junte était poursuivi pour complicité de crimes. Le tribunal l’a finalement condamné pour crime contre l’humanité. Me Halimatou Camara, avocate de la partie civile, demande au tribunal de prendre la même décision pour Bienvenu Lamah
« Nous soutenons cette requalification compte-tenu du fait que la décision qui a été rendue dans le premier procès a été requalifiée. Sur cette base-là, nous estimons que les faits de crimes contre l’humanité, s’ils tiennent pour le procès qui s’est déroulé entre 2022 et 2024, tiennent aussi pour ce procès complémentaire ».
Un argument rejeté par la défense. Me Zézé Kalivogui, l’avocat de Bienvenu Lamah, estime que cette demande intervient trop tard. Pour lui, la cour doit s’en tenir à la qualification retenue durant la phase d’instruction :
« Comment se fait-il que ce soit maintenant, pendant que les débats sont ouverts, nous même, nous sommes déjà avancés, toutes les parties ont posé des questions. Pourquoi à cette phase de la procédure, solliciter la requalification des faits ? Nous, on estime que ça ne sied pas. On ne voit pas comment on peut, pendant qu’on est déjà dans le match, changer les règles du jeu ».
Bienvenu Lamah est resté impassible pendant les longues heures d’audience. Il attend maintenant la décision de la cour. Elle doit la rendre ce mardi 13 janvier.
Par Tangi Bihan correspondant à Conakry
Source: RFI