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La Guinée entre dans le cercle des exportateurs de minerai de fer

Le 21/01/2026 à 09:54 0

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Les premières tonnes de minerai de fer en provenance de la Guinée arrivent sur le marché international à un moment où la Chine, premier consommateur mondial, cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement. Son mégaprojet de Simandou devrait, selon les analystes, modifier la hiérarchie dans le secteur.

La Guinée est officiellement devenue un pays exportateur de minerai de fer. La première cargaison issue du mégaprojet de Simandou est arrivée en Chine, si l’on en croit China Baowu Steel Group, actionnaire du projet, dans un communiqué publié sur son compte WeChat et relayé par la presse internationale.

Selon le groupe chinois, un navire transportant environ 200 000 tonnes de minerai de fer en provenance de Simandou est arrivé le 17 janvier au port de Majishan, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l’est du pays. Son voyage aura duré 46 jours. Baowu Steel, premier producteur mondial d’acier, indique qu’une deuxième cargaison a également quitté la Guinée fin décembre et serait en route vers la Chine.

Un marché dominé par l’Australie et le Brésil

Situé dans le sud-est de la Guinée, Simandou figure parmi les plus vastes gisements de minerai de fer à haute teneur à l’échelle mondiale. Après plus de vingt ans marqués par des interruptions, des litiges et de longues renégociations contractuelles, une étape majeure a été franchie le 11 novembre 2025 avec le lancement officiel des opérations minières.

Grâce à ce projet, la Guinée rejoint un marché mondial du minerai de fer historiquement très concentré. En 2023, la production mondiale a été estimée à environ 2 530 millions de tonnes. Les quatre premiers pays producteurs ont fourni ensemble 78% du total, avec l’Australie en tête (37%), devant le Brésil (17,5%), la Chine et l’Inde (environ 11% chacun).

Selon les estimations d’un rapport de l’Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) paru l’année passée, ce sont ces quatre mêmes pays qui ont dominé la production mondiale en 2024. Derrière, le document cite d’autres producteurs plus modestes comme l’Iran, la Russie, l’Afrique du Sud...

Pourtant, sur ce marché, Simandou arrive avec un certain nombre d’atouts. À plein régime, le projet est conçu pour atteindre une capacité de production annuelle de 120 millions de tonnes. Comparé aux volumes actuels de minerai produit par l’ensemble des mines selon l’USGS, cela représenterait environ 5 % de l’offre mondiale. En plus de cela, le minerai de Simandou présente la particularité d’avoir une teneur assez élevée, dans la même fourchette que les teneurs des gisements brésiliens et devant celles des gisements australiens.

Ce que change le statut d’exportateur pour la Guinée

Pour la Guinée, entrer dans le cercle des exportateurs signifie que le pays a une nouvelle source de recettes potentielles, conditionnées à la cadence d’exportation, aux coûts logistiques et à la gouvernance du corridor mine-rail-port. Cela implique aussi une exposition directe aux cycles de hausse et de baisse des prix.

Le démarrage des expéditions de Simandou intervient dans un contexte où les prix du minerai de fer ont fortement progressé depuis le début de l’année 2026, atteignant le 12 janvier 117,92 dollars la tonne pour les contrats de mai sur la bourse des matières premières de Dalian en Chine. Il s’agit de leur plus haut niveau depuis près de 18 mois.

Néanmoins, un ralentissement des achats a été observé en Chine, où les prix élevés, combinés à des marges sous pression pour les aciéries et à des stocks de minerai déjà très importants dans les ports, ont incité les industriels à la prudence. Cela s’est traduit par une baisse des volumes échangés et un léger repli des cours ces derniers jours.

Selon S&P Global, l’entrée en production de Simandou est susceptible de modifier la structure du marché, en renforçant la concurrence et en favorisant la demande pour des minerais à plus forte teneur. Toutefois, il est encore trop tôt pour mesurer concrètement l’ampleur de cet effet sur le marché.

Louis-Nino Kansoun,

Source: Agence Ecofin

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