Dans ce cadre, une rencontre exploratoire a été organisée avec des représentants du cabinet d’intermédiation financière NOMAD AFIIP.
« La démarche du cabinet de conseil NOMAD AFIIP est en phase, avec les atouts et avantages, qu’offre la notation Pays « B+ » avec perspectives positives, et va dans le sens de la diversification et du renforcement des solutions innovantes de financement, à travers l’implication des acteurs du secteur privé dans le financement des mégas projets, répertoriés dans le Programme de développement socio-économique souverain, responsable et inclusif Simandou 2040 », a souligné le ministère dans un communiqué.
En tant que cabinet de conseil, NOMAD AFIIP devrait travailler à créer un « cadre juridique et institutionnel permettant de mobiliser ainsi des investisseurs étrangers intéressés à la valorisation du potentiel guinéen dans les secteurs des routes, de l’énergie, des transports et autres ».
La ministre guinéenne de l’Économie, des finances et du budget, Mariama Ciré Sylla (photo), a précisé que la proposition relative à l’émission de sukuk souverains intervient « dans un contexte de regain d’intérêts des bailleurs et investisseurs privés motivés à accompagner la Guinée, dans la transformation en profondeur de son économie pour son développement ».
Elle a également indiqué que l’émission d’obligations conformes à la charia islamique aidera le pays à diversifier ses sources de financement et servira de tremplin vers un accès à d’autres produits similaires sur le marché financier international, « contribuant ainsi à une visibilité accrue auprès des investisseurs spécialisés ».
200 milliards $ d’investissements
L’annonce d’un éventuel recours de la Guinée à l’émission de sukuks souverains intervient quelques semaines seulement après l’adoption par les autorités guinéennes de deux textes législatifs qui donnent au programme de développement « Simandou 2040 » un cadre juridique et en font la nouvelle référence de l’action publique. Destiné à transformer l’économie guinéenne d'ici 2040 grâce notamment à l'exploitation responsable du minerai de fer, ce programme prévoit la mise en œuvre de 36 réformes et le lancement 122 mégaprojets, dont le projet intégré mines-infrastructure Simandou, qui est considéré comme le plus grand gisement de fer inexploité au monde.
La mise en œuvre de cet ambitieux plan de développement, qui nécessite plus de 200 milliards de dollars d’investissements, devrait se dérouler en trois phases. La première phase doit s’étendre jusqu’en 2030. Elle prévoit plus de 65 milliards de dollars d’investissements dans plusieurs secteurs jugés structurants, notamment les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’éducation et le tourisme. Une deuxième phase de diversification économique et de montée en puissance des industries de transformation locale devrait s’étaler entre 2030 et 2035, avant une phase de consolidation destinée à renforcer l’intégration de l’économie guinéenne dans les marchés régionaux et internationaux.
L’économie guinéenne affiche depuis plusieurs années une croissance appréciable, tirée essentiellement par le secteur minier. Le PIB réel du pays a progressé de 7,1% en 2023, puis d’environ 5,7% en 2024, selon la Banque mondiale. L’institution, qui a estimé la croissance à 6,5% en 2025, table sur une accélération à moyen terme, avec une moyenne proche de 10% entre 2026 et 2027, portée notamment par la montée en puissance de Simandou.
Walid Kéfi
Source: Agence Ecofin