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La Guinée prépare la création d’une académie nationale du numérique

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La transformation numérique s’accélère en Afrique, faisant émerger de nouveaux besoins en compétences dans les technologies de l’information et de la communication.

La Guinée avance vers la création de son Académie nationale du numérique, pour combler très les insuffisances en matière de qualification des compétences dans les secteurs des TIC. L’étude de faisabilité technique et institutionnelle du projet a été validée mercredi 23 septembre.

L’Académie nationale du numérique doit fonctionner comme un dispositif complémentaire au système éducatif existant. Elle proposera des formations courtes et ciblées dans des domaines comme le développement des systèmes d’information, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et le cloud. Les formations seront destinées aux agents publics, aux jeunes diplômés et aux professionnels du secteur privé, avec des cursus certifiants et accrédités par de grands fournisseurs de solutions numériques.

« Les compétences numériques aujourd’hui ne sont pas des compétences techniques, ce sont des compétences de vie, ce sont des compétences au quotidien, desquelles une grande majorité de notre population est encore privée. Donc le fait de porter aujourd’hui une Académie Nationale à l’échelle de notre pays pour parler des thématiques numériques, c’est vraiment une action phare qui je l’espère permettra de rehausser les compétences de la grande partie de la population », a fait savoir Aminata Deen Touré, directrice générale de l'innovation au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

Former les talents de la transformation numérique

Le projet d’Académie nationale du numérique s’inscrit dans Simandou Academy, l’un des volets de la stratégie nationale Simandou 2040 consacré au développement des compétences. Cette initiative vise à renforcer la qualité de l’éducation, de la formation, de la recherche et de l’innovation en Guinée, notamment à travers la création d’établissements de référence et le développement de partenariats avec des institutions de formation de haut niveau.

Dans le domaine des technologies et de l’innovation, Simandou Academy prévoit notamment de préparer les talents du numérique, avec un accent sur le développement informatique, la data, les systèmes d’information et la transformation digitale. La future Académie nationale du numérique s’inscrit dans cette ambition en proposant une offre de formation spécialisée dans ces domaines. La Guinée dispose déjà de l’Université Numérique de Guinée (UNG), qui vise à élargir l’accès aux formations, développer l’enseignement à distance, renforcer la formation continue et promouvoir l’innovation pédagogique par le numérique.

Cette dynamique est aussi alimentée par des programmes de formation portés avec des entreprises technologiques. La Guinée a notamment lancé l’Académie Huawei ICT, qui propose des formations dans des domaines comme l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les réseaux, avec des certifications destinées à renforcer les compétences et l’employabilité des participants. Le programme Seeds for the Future, porté par Huawei et Orange Guinée, permet par ailleurs à de jeunes Guinéens de se former aux technologies numériques et à l’innovation.

En parallèle, les autorités cherchent à mieux identifier les besoins du marché. Le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation a engagé en mai 2026 une démarche de cartographie des besoins actuels et futurs en compétences dans les TIC, les télécommunications et l’innovation. Ces travaux doivent contribuer à orienter les futurs programmes de formation et d’accompagnement, dans un contexte où la Guinée cherche à renforcer son vivier de compétences pour soutenir sa transformation numérique.

Un levier pour l’emploi et les compétences

Si cette initiative s’adresse à un public élargi, elle peut aussi ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes Guinéens, dans un pays où le taux de chômage des 15–35 ans s’élève à 7,7 %, contre 4,8 % pour l’ensemble de la population, selon des données publiées en 2023 par la Banque africaine de développement. Le pays affiche par ailleurs un taux de sous-emploi global de 38,2 % parmi la population occupée. Le chômage touche 27 % des diplômés de l’enseignement supérieur, tandis que les personnes ayant un niveau secondaire sont les plus exposées au sous-emploi, avec un taux de 57,2 %.

Pour les personnes déjà en activité, dans les secteurs public comme privé, l’enjeu est davantage celui de l’adaptation des compétences aux besoins d’une économie de plus en plus numérique. La Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois en Afrique nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

Il convient toutefois de rappeler que, pour le moment, l’Académie nationale du numérique reste à l’état de projet. L’étude de faisabilité technique et institutionnelle vient d’être validée et les prochaines étapes devront permettre de préciser son cadre de fonctionnement, ses infrastructures et son offre de formation.

Isaac K. Kassouwi

Source: wearetech.africa

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