LE SANG DES MARTYRS DU 22 JANVIER EST ENCORE FRAIS ET CHAUD

 Retenons nos respirations, nous sommes le 22 janvier… retenons nos souffles, et nouons les bras sur nos têtes, les bourreaux sont assoiffés de sang. Ils tirent, ils tuent, ils brulent tout sur leur passage. C’est l’enfer sur terre et il y a aucune issue qui mène au ciel… Fâbêêê ! Une détonation déchire le silence du désert, dans une journée sombre, des balles arrêtent et rompent des vies. Dans un vent froid et glacial, des hommes effacent et anéantissent des existences. De leur feu, les vitalités, les projets, et les aspirations d'une jeunesse se dissipent et s'estompent comme le brouillard des matinées d'hiver. De leurs gestes, de leurs cœurs durs comme de l’ acier, ils jettent à jamais, des pères et des mères des sœurs et des amis dans les pleurs. Ils mettent la Guinée dans les profondeurs de la terreur. Des leurs agissements, ils rappellent l’horreur, la sauvagerie et la cruauté du passé. Une nuit, un jour, un instant, ils sèment à jamais dans les cœurs de milliers de familles, la douleur et l'amertume. Dans la poussière et dans le sang, des jeunes sont morts sans savoir pourquoi ! Ils étaient sortis désarmés, NON PARDON, ils étaient juste armés de leur courage et de leur amour pour la Guinée. Comme tous les guinéens ils sont sortis exprimer leur mécontentement et leur râle-bol. Comme tout guinéen ce jour là, ils sont sortis dire assez… Entre les pleurs, dans les mains des parents et des proches, dans la tristesse d’une nation. Dans la détresse d’un pays, la compassion d’un continent et la consternation de l’humanité toute entière, vous êtes partis. Vous êtes morts mais plus que jamais vous êtes présents dans nos cœurs et dans nos âmes. Au fond de vos tombes dans cette demeure, vous avez quitté ce bas-monde sans avoir eu le temps de découvrir les visages de vos tueurs. La vague d’horreur vous a emportée sans raison. Comme dans le passé les bourreaux ont ôté, ils ont brisé sans gêne… Comme dans le passé, comme hier à Télimilé, comme hier à Dalaba, Mamou, Pita et Labé. Comme hier à Kindia, Fria, Dubreka et Boké. Comme hier à Kankan, Siguiri et Kouroussa. Comme hier à Dinguiraye et à Dabola. Comme hier à Kissidougou, Guékédou et N’zerekoré comme hier à Conakry, comme hier, et comme hier... Comme à l’ancien régime… Vous êtes partis mais vos assassins courent toujours, plus que jamais rassurés, plus que jamais contents ; un an après ils marchent, la poitrine bombée et les épaules hautes, sur le sol guinéen dans lequel ils ont semé vos corps. Après avoir massacré les enfants des autres, ils s’occupent et s’activent et font tout pour protéger les leurs sous les arbres qu’ils ont arrosé par vos sangs. Sans honte, sans remord, ils s’abritent sous le ciel guinéen, en dessous duquel flottent vos âmes. Le soleil se lève, les jours se suivent, se succèdent et se ressemblent. Les horizons sont sombres, le ciel est désert, les mêmes vents brûlent toujours les cœurs. Ah ! Les escadrons de la mort, les vampires de la vie continuent de commettre et d'encourager la barbarie à l'encontre de la nation guinéenne. Au moment où sous d'autres cieux l'humanité toute entière s'agenouille et implore le pardon à d'autres hommes victimes de la cruauté de ses semblables, cette autre Guinée n'éprouve aucun remord, aucune gêne et aucune inquiétude face aux événements de l'histoire. Dans chaque pas de leur vie, nos dirigeants s'activent pleinement, aidés par des militaires qui n’ont jamais connu le sens du patriotisme. Épaulés par des policiers et gendarmes criminels, nos dirigeants enrichissent la culture de la haine, la civilisation du mépris des valeurs humaines et l’éducation de la différence. Ces partisans de cette hégémonie barbare qui se maintient par des assassinats savent-ils que la mort n'est point absurde ? Savent-ils que c'est l'acte qui fonde le geste du tueur qui est vraiment absurde ? Car la mort en soi est une source de sens et de signification. Elle pousse à l'interrogation, elle nous fait découvrir les limites de nos possibilités. Elle révèle notre être fini dans l'infini de L'ETRE. La vie de ces jeunes fut courte mais combattante, leur mort fut douloureuse mais héroïque, leur sacrifice est sacré et leur mémoire sera éternelle. Pour l'intérêt de notre peuple, et de la nation toute entière, il est impératif pour chaque citoyen, de s'opposer de toutes ses forces, pour arrêter la programmation, la réalisation et la répétition d’un 22 janvier 2007. Le peuple de Guinée a trop souffert et souffre encore des "dérives" préméditées, des idéologies génocidaires et des actions meurtrières. Aujourd’hui, dans nos âmes gît la souffrance, la douleur, et le désespoir. On ne ressent plus les joies de la vie, on ne jouit des plaisirs de l'existence. L'oppression dans toutes ses formes DOIT cesser maintenant et tout de suite : le guinéen veut VIVRE dignement, travailler ardemment pour développer son pays et mériter le respect des autres nations. Oui c’est ce que veut tout guinéen. Ceux qui veulent empêcher cela, auront des comptes à rendre. Ils auront des comptes à rendre devant la Guinée et les guinéens, devant l’histoire et devant toute l’humanité. Ceux qui ont versé le sang des guinéens auront des comptes à rendre, que ça soit ici ou là-bas, mais ils rendront des comptes. Ceux qui ont aidé ou ont donné des ordres pour massacrer les filles et fils de la Guinée auront des comptes à rendre… Ceux qui veillent à la protection de leurs enfants et assassinent les enfants des autre rendront des comptes… Ceux qui recrutent des loubards, des voyous et les intègrent au sein de l’armée guinéenne, au sein de la police et de la gendarmerie nationale pour tuer les enfants guinéens auront de comptes à rendre. Les responsables de près ou de loin de la tuerie du 22 janvier 2007 répondront de leurs actes. Et ils auront la peine que mérite un assassin d’un ENFANT GUINEEN. Les coupables des massacres et des atrocités de juin, janvier et février 2007, les coupables des massacres d’avant ou après cette période seront châtiés, ils seront humiliés. Nos enfants, nos frères et sœurs, nos fils et filles seront vengés. Ceux qui sont se sont installés à leur place grâce au peuple et pour le peuple et qui ont oublié cela, auront aussi des comptes à rendre. Ils ont trahi la confiance et l’espoir placés en eux, ils ont choisi de travailler pour leurs propres intérêts, au lieu de travailler pour le peuple qui s’est battu pour qu’ils soient là où ils sont. Ils ont promis et n’ont pas tenu leur promesse, ils ont dit et ils ont menti, ils rendront des comptes devant ce peuple. Ceux qui dilapident, pillent et volent le peuple, ceux qui corrompent, répondront tous devant la justice, ils seront jugés et auront le châtiment qu’ils méritent. Ceux qui s’activent pour diviser les enfants du pays, ceux qui anéantissent les acquis, ceux qui montent les fils de la Guinée les uns contre les autres, auront des comptes à rendre. Tous ces généraux, colonels, capitaines, sergents et caporaux qui ont du sang sur leurs mains seront arrêtés. Sur leur ordre et par leurs gâchettes les guinéens sont tombés, le jour viendra ou ils rendront des comptes. Le président, les ministres, les chefs et les responsables à tous les niveaux, les commissaires, députés et conseillers, les ambassadeurs, préfets, gouverneurs, maires et chefs des quartiers… , vous avez choisi de se servir et servir un individu au lieu de servir la nation, le peuple vous guette, le moment venu la loi sera appliquée, vous serez sévèrement punis. Les guinéens que vous avez tués seront vengés. Conté, Ousmane, général Camara, Fodé, Eugène, Solano, Gomez, Sylla …. Ou que vous soyez, sous ciel ou dans la terre, vous n’êtes pas invulnérable, le peuple vous guette, le moment venu la loi sera appliquée, vous serez sévèrement punis ; les guinéens que vous avez tués seront vengés. Comme dit Bill de Sam dans une de ses chansons : « …il faut qu’on vous traine devant les tribunaux il faut que vous répondiez à tous ces maux, il faut qu’on vous condamne….. » Tous ceux qui ont fait du mal à notre chère Guinée seront punis. Les coupables sont connus et les victimes sont connues, tôt ou tard justice sera rendue Je le dis encore, la vie de ces jeunes fut courte mais combattante, leur mort fut douloureuse mais héroïque, leur sacrifice est sacré et leur mémoire sera éternelle. Pour ne pas que leur mort soit vaine, il est impératif que chaque guinéen digne de ce nom ; homme, femme, enfant, adulte et vieux ; vivant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, continuent de participer activement à cette lutte digne que ces jeunes ont entamés. C’est une lutte noble, digne et vitale sans laquelle il n y aura pas une existence réelle et heureuse, sans laquelle il n’y a ni liberté, ni justice et ni égalité. Sans laquelle il n’y a ni respect, ni essence de vie et ni valeur humaine. Plus que jamais la lutte doit continuer, plus que jamais la victoire est proche. Les braises matinales du printemps ont fait souffler les vents du changement. C’est l’aurore !c’est l’aube ! Les rayons du soleil ont fait briller les lueurs d’ESPOIR…

 A.T. BARRY, étudiant à Paris France hooreejo@yahoo.fr

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