Massacres du 28 septembre 2009: La Guinée soutient « sans équivoque » l’ouverture du procès relatif au massacre de 2009
Massacres du 28 septembre 2009: La Guinée soutient « sans équivoque » l’ouverture du procès relatif au massacre de 2009
Le 23/01/2020
à 08:37
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Le ministre guinéen de la Justice, Mohamed Lamine Fofana, a affirmé le soutien « sans équivoque » de son gouvernement à l’ouverture du procès destiné à faire rendre des comptes aux auteurs présumés du massacre survenu dans un stade de Conakry, la capitale, le 28 septembre 2009.
Le ministre s’exprimait à l’occasion d’une discussion cette semaine sur le bilan de la Guinée en matière de droits humains, dans le cadre du troisième Examen périodique universel du pays (vidéo à 1:33) devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève.
Le ministre a expliqué que la première pierre de la construction de la salle de tribunal dans laquelle le procès doit se tenir avait déjà été posée et que la procédure devait commencer en juin 2020, après la fin de la construction prévue en mai.
Cette annonce suscite de nouveau l’espoir dans une procédure judiciaire qui, jusqu’ici, a été hésitante. « Depuis ce jour, nous pleurons, puis nous séchons nos larmes et nous espérons obtenir justice », a déclaré une victime interrogée qui s’exprimait dans une vidéo produite par Human Rights Watch, lors d’une commémoration du 10ème anniversaire du massacre et des viols commis durant cette journée.
Le 28 septembre 2009, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur une manifestation pacifique dont les participants réclamaient des élections libres et équitables. Au moins 150 personnes ont été tuées et des centaines d’autres ont été blessées. Plus de 100 femmes ont été violées ou soumises à d’autres formes de violence sexuelle, le 28 septembre ou à la suite de ces événements.
L’ouverture de ce procès tant attendu attirerait de manière positive l’attention du monde et constituerait un signal important que les crimes de ce genre, commis en Guinée et au-delà, ne seront pas tolérés.
Cependant, les progrès de la procédure pourraient être ralentis par de nouveaux obstacles, compte tenu de la répression par le gouvernement des manifestations de protestation contre l’adoption d’une nouvelle constitution qui pourrait permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat lors de l’élection présidentielle de 2020. Il est un fait que les précédents épisodes d’instabilité politique ont beaucoup ralenti les progrès de l’enquête sur le massacre du stade de 2009.
Les victimes et leurs proches attendent qu’on leur rende justice depuis plus de 10 ans. Si le gouvernement est sérieux dans sa promesse de faire enfin justice au sujet d’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire de la Guinée, il doit remplir l’important engagement qu’il a pris à Genève.
Plus d’un an après avoir perdu leur logement, des milliers de victimes d’expulsions forcées draconiennes en Guinée n’ont toujours pas reçu d’indemnisation, de nouveaux logements ou toute autre forme de dédommagement.
Comment un processus de réinstallation problématique prive des milliers de villageois de leurs moyens de subsistance
Le barrage de Souapiti, le plus grand projet hydroélectrique de Guinée jusqu’à présent, a le potentiel d’améliorer considérablement l’accès à l’électricité dans un pays qui a désespérément besoin d’un approvisionnement énergétique fiable.
L’an prochain, le bilan de la Guinée en matière de droits humains fera l'objet d'un examen approfondi devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Human Rights Watch a transmis hier au Conseil un rapport décrivant la situation des droits humains dans le pays et les domaines dans lesquels des progrès sont encore nécessaires.
Le gouvernement guinéen devrait créer un panel spécial de juges chargé d’enquêter sur le comportement des forces de sécurité et d'autres éléments accusés de s'être livrés à des actes illégaux lors de manifestations en Guinée, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le manquement du gouvernement à son obligation d'enquêter de manière adéquate sur une douzaine de meurtres présumés de manifestants par les forces de sécurité, ainsi que sur d'autres meurtres commis par les manifestants, en 2018 risque de faciliter la commission à l'avenir de nouveaux abus.
Des preuves crédibles indiquent que les forces de sécurité ont été impliquées dans l’usage excessif de la force. Des preuves crédibles montrent que les forces de sécurité guinéennes ont eu recours de façon excessive à la force léthale et ont adopté d’autres comportements non professionnels lors des violentes manifestations de rue qui se sont déroulées en février et mars 2018, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Aucun membre de la police ou de la gendarmerie n’a été arrêté ou inculpé.
La Guinée devrait s’employer à rendre justice, à établir la vérité et dédommager les victimes pour les crimes graves commis le 28 septembre 2009 dans un stade de Conakry, ont déclaré aujourd’hui Human Rights Watch, Amnesty International et l'Association des Victimes, Parents et Ami-e-s du 28 Septembre 2009 aujourd’hui, à la veille du huitième anniversaire du massacre.
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