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Riz : la Guinée mise sur la Chine et le Brésil pour accélérer vers l’autosuffisance

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En Guinée, comme dans la plupart des pays ouest-africains, le riz figure parmi les principales céréales cultivées et consommées. Alors qu’une partie des besoins reste couverte par les importations, Conakry mise de plus en plus sur des partenariats étrangers pour renforcer sa production locale.

En Guinée, la filière riz cherche en Chine et au Brésil le savoir-faire et les technologies nécessaires pour renforcer sa productivité.

Le 4 septembre, le ministère de l’Agriculture a annoncé avoir signé un protocole d’accord avec l’Institut Daniel Franco du Brésil. Selon un communiqué du ministère, ce partenariat vise à accompagner les ambitions d’autosuffisance affichées par Conakry dans le riz. « Ce défi, nous comptons le relever en nous appuyant sur l’expérience éprouvée de l’Institut Daniel Franco, qui collabore déjà avec une vingtaine de pays à travers le monde », peut-on lire dans le communiqué.

Ce rapprochement avec le Brésil fait écho à une collaboration engagée récemment avec des partenaires chinois.

Quelques semaines plus tôt, à la mi-août, la Guinée avait annoncé le lancement, à Koba, dans la région de Boké, d’une expérimentation de riz hybride avec la société chinoise YILONGHE Plantation et Développement Agricole Guinée SARL. Le projet prévoit une phase de démonstration sur 1 000 hectares, dont 500 hectares déjà concédés aux partenaires chinois, ainsi que le transfert aux producteurs guinéens des techniques de production de semences hybrides. L’ambition affichée est d’améliorer la productivité de la filière.

Deux viviers de savoir-faire pour améliorer la productivité rizicole

L’intérêt de ces deux partenariats peut s’expliquer par le profil respectif de la Chine et du Brésil dans la riziculture, ainsi que par leurs niveaux de productivité.

Avec une production annuelle d’environ 143 millions de tonnes de riz usiné, la Chine figure parmi les deux premiers producteurs mondiaux, derrière l’Inde, d’après les données de la FAO. Le pays dispose également d’une longue expérience du riz hybride, une technologie développée à grande échelle sur son territoire depuis les années 1970. Selon l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI), les variétés hybrides peuvent offrir un avantage de rendement de 15 à 20 % par rapport aux meilleures variétés lignées dans des conditions comparables.

Le rapprochement avec le Brésil répond à une logique complémentaire. Le pays est le premier producteur de riz d’Amérique latine, avec une production annuelle d’environ 7,1 millions de tonnes de riz usiné, et dispose d’une importante expérience de la riziculture tropicale et irriguée.

En outre, les données compilées par la FAO montrent que le rendement moyen du riz atteignait 7,14 tonnes par hectare en Chine en 2024, contre 6,72 tonnes au Brésil. En comparaison, la filière guinéenne enregistrait un rendement moyen de 1,5 tonne par hectare sur la même période, ce qui témoigne d’un important écart de productivité.

Une accélération dans le sillage du programme Simandou 2040 ?

Alors que Conakry se fixe pour ambition de parvenir à l’autosuffisance dans le riz d’ici 2030, l’écart entre la production locale et la demande reste encore important. Selon les données disponibles, la Guinée a importé plus d’un million de tonnes de riz en 2024.

Si la quête de l’autosuffisance rizicole n’est pas nouvelle dans le pays, les derniers développements observés au second semestre 2026 interviennent dans un contexte particulier, marqué par le lancement, en juin, du volet agricole du programme Simandou 2040. Celui-ci prévoit plus de 18 milliards de dollars d’investissements pour moderniser le secteur agricole.

Le programme prévoit notamment la structuration de 5 000 coopératives agricoles, le développement d’une centaine d’agrégateurs, ainsi que la construction et la réhabilitation de plus de 20 000 kilomètres de pistes rurales. Dans ce contexte, le recours à des partenaires étrangers pour renforcer les capacités techniques et la productivité pourrait constituer l’un des leviers de la stratégie de souveraineté alimentaire portée par Conakry.

Reste à voir si les technologies et le savoir-faire mobilisés auprès des partenaires chinois et brésiliens permettront de transformer les expérimentations en gains de productivité durables et à grande échelle dans la filière rizicole.

Stéphanas Assocle

Source: Agence Ecofin

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