Tous les voyageurs en provenance des zones touchées par le virus seront soumis à un contrôle sanitaire à leur arrivée sur le sol français

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La France a annoncé mercredi 15 octobre la mise en place d'un dispositif de contrôle sanitaire à l'arrivée sur son sol des vols en provenance des zones touchées par Ebola, après l'instauration de mesures similaires aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Cette annonce est intervenue à la veille du premier point presse hebdomadaire sur Ebola, annoncé la semaine dernière par la ministre, Marisol Touraine, qui réunira le Directeur général de la Santé, Benoît Vallet, ainsi que les responsables des agences sanitaires (Institut de veille sanitaire, agence du médicament...).

Les ministres européens de la Santé doivent également participer jeudi à Bruxelles à une "réunion technique" sur un éventuel renforcement des contrôles des voyageurs en provenance des pays africains touchés par Ebola.

François Hollande a "indiqué que la France allait mettre en place un dispositif de contrôles à l'arrivée des vols en provenance de la zone touchée par le virus", dans un communiqué qui ne précise pas la date et la nature des contrôles.

"Plus grave urgence sanitaire de ces dernières années" 

Ce communiqué a été publié à l'issue d'un entretien avec le président américain Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et les chefs de gouvernement britannique et italien David Cameron et Matteo Renzi.

"Les [4] dirigeants ont convenu que c'était la plus grave urgence sanitaire de ces dernières années et que la communauté internationale devait faire beaucoup plus et plus rapidement pour stopper la progression de la maladie", a indiqué dans un communiqué un porte-parole du Premier ministre britannique à l'issue d'une vidéo-conférence commune de 75 minutes des dirigeants américain, français, allemand, italien et britannique

Le Royaume-Uni avait été le premier grand pays a annoncé, jeudi dernier, un dépistage renforcé des voyageurs en provenance des pays affectés par l'épidémie (Liberia, Sierra Leone et Guinée) dans certains de ses aéroports (Heathrow et Gatwick), ainsi que dans les terminaux Eurostar.

Les contrôles britanniques consistent à interroger les passagers sur leurs voyages récents, les personnes avec lesquelles elles ont été en contact et la suite de leur voyage. Ils pourront aussi prendre la forme d'un contrôle médical réalisé par du personnel médical.

Aux Etats-Unis, le dépistage a commencé samedi à l'aéroport J.F. Kennedy de New York. Il devrait être étendu "jeudi" aux quatre autres aéroports prévus (Newark, Atlanta, Chicago, Washington).

En Europe, la République tchèque a également annoncé mercredi que tous les voyageurs arrivant à l'aéroport de Prague en provenance des zones touchées seront soumis à des contrôles avec notamment des formulaires médicaux. La Commission européenne a cependant souligné mercredi qu'elle ne recommandait pas la mise en place de contrôles aux arrivées.

"Pas de solution miracle"

Elle souhaite une meilleure information des voyageurs en provenance des zones touchées, et plaide pour plus d'engagement des Etats membres sur le terrain.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine avait déclaré la semaine dernière que pour lutter contre la propagation d'Ebola, le contrôle à l'arrivée des voyageurs "n'est pas la solution miracle". Elle avait indiqué qu'elle travaillait à obtenir un renforcement des contrôles au départ auprès des pays touchés par l'épidémie.

Avant l'annonce de contrôles dans les aéroports, la France avait "vivement déconseillé" les voyages vers les zones contaminées.

De retour d'une zone contaminée, les voyageurs sont invités à surveiller quotidiennement leur température. Toute fièvre supérieure ou égale à 38°C est considérée "suspecte". Le malade (ou sa famille) doit obligatoirement se signaler au Centre 15.

12 hôpitaux de référence sont prêts pour recevoir des cas suspects ou avérés d'Ebola, dont les hôpitaux Bichat et Necker à Paris. Un numéro vert (0800 13 00 00) a en outre été mis en place afin de répondre aux questions du public.

De nouveaux centres anti-Ebola en Guinée 

François Hollande a par ailleurs réaffirmé mercredi que Paris "répondrait favorablement à la demande guinéenne de construction de nouveaux centres de traitement anti-Ebola, en plus de celui en cours de déploiement à Macenta, en Guinée forestière".

Il a également "fait part du déploiement de personnels de la protection civile pour mener des actions de formation auprès des autorités guinéennes", toujours selon l'Élysée.

Un seul cas d'Ebola a été soigné en France jusqu'à présent, celui d'une jeune infirmière de MSF, contaminée lors d'une mission au Liberia, rapatriée à Paris et aujourd'hui guérie.

Ebola a fait plus de 4.400 morts depuis le début de l'année sur près de 9.000 cas recensés dans sept pays, essentiellement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée.

Source: Nouvelobs

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