Vaincre Ebola et les préjugés en Guinée

 

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Marie-Claire Kolié, 36 ans, docteur chez médecins sans frantières

Une fois n’est pas coutume, le docteur Marie-Claire Kolié a délaissé ses patients. Ceux qui la connaissent l’ont aperçue, mercredi 30 décembre, à la cérémonie officielle organisée à Conakry, la capitale de la Guinée, qui a fêté la fin de l’épidémie d’Ebola après deux ans d’effort.

En première ligne contre la maladie, cette mère de famille a eu une pensée pour les 2500 victimes – dont certaines étaient des proches, emportées par le terrible virus –, ainsi que pour son mari qui l’a toujours soutenue, et pour leurs trois enfants.

Surmonter la peur des voisins, la mort de sa meilleure amie...

Marie-Claire Kolié n’a rien oublié de ses deux années. Son engagement auprès de Médecins sans frontières, le 1er  février 2014. L’odeur de la tenue de protection. Sa rencontre avec les premiers malades. La sourde angoisse. Le besoin de prendre l’air. Les doutes.

« Je me suis motivée en me disant que si je n’étais pas capable de prendre soin de mon pays, de mon peuple, il valait mieux que je renonce à exercer la médecine », se souvient-elle.

Marie-Claire Kolié a connu des moments de découragements. Il a fallu surmonter la peur des voisins qui du jour au lendemain refusent de laisser leurs enfants jouer avec les siens ; les critiques de ces femmes qui l’accusent de mettre en danger sa famille au nom de sa carrière ; la colère des villageois qui s’en prennent au personnel soignant accusé de propager la maladie ; la mort de sa meilleure amie, médecin comme elle, emportée par le virus.

Le jour où « j’ai su que nous allions gagner la bataille »

À force de pédagogie et de travail, Marie-Claire Kolié a vaincu les préjugés. Les voisins ont oublié leur appréhension et suivi ses conseils pour limiter les risques.

« J’ai su que nous allions gagner la bataille le jour où des personnes qui souffraient de simples maux de tête venaient d’eux-mêmes se faire dépister au centre, raconte-t-elle. La majorité de mes compatriotes ont compris qu’Ebola, c’était l’affaire de tous et qu’il était vain de garder sa porte fermée. »

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