Alpha Condé, président de la Guinée: «Je ne suis pas un dictateur»
Alpha Condé, président de la Guinée: «Je ne suis pas un dictateur»
Le 07/10/2020
à 08:18
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En exclusivité sur RFI et France 24, Alpha Condé affirme qu'il ne cherche pas à faire une présidence à vie. Suite à un changement de Constitution, le chef de l'État guinéen brigue un troisième mandat à la présidentielle du 18 octobre prochain. Mais il affirme : « C'est extraordinaire que je sois considéré comme un dictateur antidémocrate. Je suis un démocrate. »
Alpha Condé affirme que son passé plaide pour lui. Interrogé sur l'ambition d'une présidence à vie que lui prêtent ses adversaires, il répond que, depuis 44 ans, il se bat pour la démocratie. « J'ai fait de la prison sous Sékou Touré. J'ai gagné les élections de 1993. Si j'avais voulu être président à vie, j'aurais pris le pouvoir [avec le soutien des militaires] dès 1993 », affirme-t-il.
S'il est réélu le 18 octobre pour un troisième mandat, est-ce que ce sera son dernier mandat ? Le président sortant, qui est âgé de 82 ans, élude la question et affirme que, pour le 18 octobre, il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant... [de l'avoir tué]. Sous entendu : il ne faut pas crier victoire trop vite.
A la question : « Reconnaitrez vous le cas échéant votre défaite?», il répond: «Je suis un démocrate. » Sans jamais citer le nom de son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo, il l'attaque sans ménagement en l'accusant d'avoir été un « fossoyeur » de l'économie guinéenne à l'époque où il était le Premier ministre du président Lansana Conté.
A ceux qui lui reprochent d'instrumentaliser la question ethnique, le chef de l'État guinéen réplique avec véhémence que c'est faux, qu'il est panafricain et qu'encore une fois, son passé plaide pour lui. Il affirme que, quand il s'opposait à Sékou Touré, beaucoup de Malinkés lui reprochaient sa proximité avec les Peuls.
Enfin, 11 ans après le massacre dans le stade du 28 septembre à Conakry, Alpha Condé pense que le procès des assassins présumés aura lieu. Le temps, précise-t-il, que le tribunal ad hoc soit construit... avec l'aide des donateurs.
Sept mois après l'emprisonnement d'Oumar Sylla à Conakry, un collectif international d'associations de défense des droits de l'homme demande la libération du militant guinéen. Il avait, au sein du Front national pour la défense de la Constitution, dénoncé la réforme constitutionnelle qui a permis à Alpha Condé de briguer et d'obtenir un troisième mandat présidentiel.
Au moins deux personnes, deux jeunes hommes de 20 et 23 ans, ont été tuées et des biens publics et privés détruits à Kouroussa, à 500 km de la capitale Conakry, dans l'est de la Guinée, lors de heurts entre des orpailleurs et les forces de l'ordre, samedi 17 avril. Ces heurts ont éclaté lors de protestations d'orpailleurs guinéens accusant les autorités guinéennes de les avoir dépossédés d'une mine artisanale au profit d'exploitants burkinabè.
L'épidémie d'Ebola connaît une accalmie en Guinée et en République démocratique du Congo, les deux pays où le virus a fait sa réapparition en début d'année. Mais les experts de l'OMS Afrique restent très prudents car ils manquent encore d'indicateurs fiables sur son évolution. L'épidémie d'Ebola connaît une accalmie en Guinée et en République démocratique du Congo, les deux pays où le virus a fait sa réapparition en début d'année. Mais les experts de l'OMS Afrique restent très prudents car ils manquent encore d'indicateurs fiables sur son évolution.
Cela fait plus de 6 mois que la frontière est fermée entre le Sénégal et la Guinée. Décision prise par le président guinéen Alpha Condé fin septembre 2020, avant la présidentielle qui a mené à sa réélection. Motif avancé : « raisons de sécurité ». La commission de la Cédéao a appelé la semaine dernière à la poursuite « des discussions bilatérales en cours » entre Dakar et Conakry pour la réouverture de la frontière. Une situation incompréhensible pour les commerçants et transporteurs de part et d’autre, durement touchés.
Dans son rapport annuel publié cette semaine, le département d’État américain dressait un bilan accablant de l’année écoulée : arrestations arbitraires, mauvaises conditions dans les prisons… Mais pour le ministre de l'Information et de la communication de Conakry, Amara Somparé ce rapport manque de sérieux.
Dans son rapport annuel, le département d’État américain dresse un bilan accablant de l’année écoulée : arrestations arbitraires, mauvaises conditions dans les prisons… Le département d’État américain confirme dans ce rapport paru cette semaine les dysfonctionnements pointés du doigt ces derniers mois par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.
Abbas Bah était un ancien détenu de cette prison emblématique du régime de Sekou Touré. La répression politique y aurait fait 50 000 victimes, selon plusieurs ONG dont Amnesty International. Abbas Bah y avait été détenu deux ans, sur les sept passés en prison entre 1971 et 1978.
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