A Gouecké devant la sous-préfecture, une petite file attend de se faire vacciner. Gérard Delamou, président de la société civile, tient la liste des volontaires. « Depuis le début, on peut compter maintenant plus de 120 personnes vaccinées. Et ça continue. Avant, il y avait de la résistance. Maintenant, comme les gens sont bien informés, les gens viennent volontairement se faire vacciner. »
L’épidémie a bouleversé la vie de la localité, dont les habitants se sentent aujourd’hui stigmatisés. « Quand une personne se déplace, on lui demande : "d’où viens-tu", quand elle répond qu’elle vient de Gouecké, il y a chez les gens un sentiment de peur, raconte le père Gabriel Lamah, vicaire. Moralement, cela touche, parce que l’être humain est un être social. Mais à partir du moment où Gouecké est à la Une, nous sommes un peu rejetés. »
Et c’est le centre de santé dont un membre du personnel a été le premier cas détecté qui en souffre le plus. « C’est un centre qui, en moyenne, pouvait consulter un jour ordinaire, 30 à 35 patients, rapporte le docteur Aboudlaye Koli, médecin-chef. Les jours de marché, on pouvait consulter jusqu’à 80-90 patients. Depuis que cette maladie a été déclarée, la fréquentation est d’un malade, maximum deux malades par jour. Et c’est des cas d’urgence. »
Le centre, qui fonctionne sur fonds propres uniquement, a vu ses recettes réduites à néant.
Carol Valade, envoyé spécial à Gouecké