Émissions interactives, reportages, mais aussi missions de sensibilisation, les représentants des principaux médias participent aux réunions de coordination au même titre que les autorités, le personnel de santé et les ONG. Chaque jour, depuis le début de l’épidémie, l’émission « Libre opinion » sur Radio espace forêt, laisse la parole aux auditeurs dans leur langue maternelle.
« On le fait pour les gens qui ont des doutes sur certaines choses. On a un spécialiste en studio, qui est là, les auditeurs appellent, posent des questions et le spécialiste qui est là, il répond. Cela permet un peu d’enlever certaines zones d’ombre », explique Facely Konaté, directeur de Radio espace forêt.
De retour d’une mission difficile dans un quartier réticent à la vaccination, un acteur de la riposte lance : « Vous pouvez y aller, vous qui êtes journalistes, ils vont bien vous recevoir. »
Et pourtant pour le journaliste Christophe Milimono, directeur de la Radio rurale, ce travail est capital : « Beaucoup d’animateurs dans nos radios, beaucoup de journalistes sont issus de ces communautés. Donc, c’est à dire que nous, nous sommes les fils conducteurs. Nous devenons acteurs et nous leur donnons la parole. Les autres n’ont pas cette possibilité de leur donner la parole. Donc voilà pourquoi, là où les autres ne peuvent pas passer, nous sommes journalistes, nous sommes animateurs, nous sommes communicateurs. »
Christophe Milimono est l’un des seuls survivants du massacre de Womey en 2014. Huit personnes, dont deux journalistes, avaient perdu la vie dans une mission sensibilisation.
Carol Valade, envoyé spécial à Nzérékoré