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Guinée : un appui italien pour renforcer le développement agricole

Le 20/01/2026 à 07:25 0

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En Guinée, l’agriculture contribue pour environ 29% du PIB et occupe environ 58% de la population active. Le pays veut tirer profit de son potentiel pour accroître sa production alimentaire et réduire ses importations.

Le 10 décembre dernier, le Projet agricole Guinée-Italie (PAGUITA) a été lancé avec pour objectif de moderniser le maraîchage, renforcer la sécurité alimentaire et favoriser l’autonomisation économique des femmes et des jeunes. Cette initiative d’un coût total de 5 millions d'euros est financée à hauteur de 90% par l’Italie sur une période de trois ans.

Dans les détails, le PAGUITA prévoit l’aménagement de périmètres maraîchers dans les villes de Conakry et Kankan et le renforcement des capacités de 6 000 producteurs à travers des programmes de formation. Plus de 100 initiatives entrepreneuriales portées par des jeunes et des femmes bénéficieront également d’un accompagnement et d’un financement.

Un soutien qui s'inscrit dans le cadre du Plan Mattei

Cet appui de l’Italie à l’agriculture guinéenne s’aligne avec les priorités du Plan Mattei lancé en 2024 par la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni.

Baptisée en hommage au fondateur du géant énergétique italien Eni, cette feuille de route veut refonder la coopération entre la Botte et le continent. Avec une enveloppe de 5,5 milliards d’euros, combinant prêts, subventions et garanties, elle vise à soutenir 14 pays en Afrique dans des domaines variés comme l’énergie, l’agriculture, l’éducation, la santé et les matières premières.

« La partie italienne a mis en avant la compétitivité naturelle de la Guinée, notamment la qualité de son cacao, et exprimé un intérêt particulier pour l’aménagement et l’encadrement des infrastructures, en recherchant des partenariats. Les filières café et cacao ont fait l’objet d’une attention spécifique, l’Italie souhaitant évoluer d’une coopération technique vers une coopération commerciale, en tirant profit du climat favorable de la Guinée », a notamment indiqué un communiqué publié par le ministère de l’Agriculture.

Diversification de l'économie

Ce projet devrait permettre à la Guinée de tirer parti de l’expertise de l’Italie, un pays qui se classe au quatrième rang des puissances agricoles de l’Union européenne, derrière la France, l’Allemagne et l’Espagne, et qui occupe la deuxième place en Europe pour le nombre d’entreprises agroalimentaires, selon la Direction générale du Trésor français. Plus largement, l’initiative vient participer aux efforts des autorités qui entendent diversifier l’économie guinéenne, au-delà des ressources minières, et permettre à l’agriculture de jouer pleinement son rôle dans la création d’emploi à long terme.

Le potentiel du pays est l’un des plus importants du continent africain. Selon les données officielles, le pays dispose de près de 6,2 millions d’hectares de terres cultivables, dont seulement 50 % sont exploités chaque année. En outre, il jouit d’un potentiel irrigable de 364 000 hectares, dont moins de 10% sont déjà aménagés pour l’irrigation, et d’une diversité de climats dans les zones de production majeures (Guinée Forestière, Guinée Maritime et Haute Guinée).

Réduire la dépendance aux importations

En dépit de ces ressources, le pays a importé en moyenne pour 765 millions d’euros de denrées alimentaires par an entre 2021 et 2023, selon un rapport publié en juillet dernier par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Pour réduire cette facture des importations et accroître la production, les autorités ont multiplié les initiatives pour soutenir les filières agricoles stratégiques comme le café, l'anacarde, le cacao, le riz et le palmier à huile en vue d’augmenter la productivité et nouer des partenariats avec des organisations internationales.

En octobre dernier, le gouvernement a signé avec la FAO le cadre de programmation pays (CPP) qui oriente la coopération technique et financière entre les deux parties. Avec une enveloppe de 29,5 millions d'euros, (34,7 millions de dollars), ce document cible des interventions devant permettre de renforcer la production agricole et halieutique, améliorer l’exploitation durable des ressources forestières et promouvoir la résilience et la protection sociale dans les zones rurales, d’ici 2028.

Par Espoir Olodo

Source:  Agence Ecofin

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