L’instance guinéenne a justifié sa décision par le «maintien des propos incriminés», au lendemain d’une protestation formelle à l’encontre de France 24. La HAC avait demandé mercredi à la chaîne française d’«opérer les rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques», après avoir «délibérément utilisé un qualificatif inapproprié pour désigner le chef de l’Etat».
France 24 dit «avoir corrigé l’erreur»
France 24 a dit regretter cette décision «alors que la chaîne avait présenté dès hier ses excuses et corrigé l’erreur à l’antenne et en ligne.». «La direction continue de dialoguer de manière constructive et honnête avec les autorités guinéennes pour permettre le rétablissement de la diffusion de France 24 dans le pays», poursuit la chaîne. L’extrait vidéo où Mamadi Doumbouya est qualifié de «président putschiste» est toujours visible sur le site internet de la chaîne ce jeudi, avec un message écrit évoquant «l’erreur».
Pourtant, le général Doumbouya a bien pris le pouvoir par la force en 2021. Et depuis, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations sont interdites et réprimées, et de nombreuses voix dissidentes ont été arrêtées, condamnées, poussées à l’exil ou sont portées disparues. Le général Doumbouya a légitimé son pouvoir aux yeux des partenaires internationaux en organisant en décembre 2025 une élection présidentielle qu’il a remportée sans opposant d’envergure.
En juillet 2025, la HAC avait déjà protesté publiquement contre une enquête de la rubrique «Les Observateurs» de France 24, et avait adressé un courrier à la PDG de la maison mère France Médias Monde, sans prononcer de sanctions.
La chaîne d’informations française a déjà été interdite au Mali, au Burkina Faso et au Niger, trois pays sahéliens dirigés par des régimes militaires souverainistes, qui se sont détournés de la France pour se rapprocher politiquement et militairement de la Russie.
France 24 n’émet pas non plus au Togo, où elle avait été suspendue en 2025, initialement pour trois mois, mais où elle n’a pas été rétablie depuis. Toutefois, la Guinée entretient de bonnes relations aussi bien avec la France et ses alliés dans la région qu’avec les régimes sahéliens.
Le magazine «Jeune Afrique» également visé
La Haute Autorité de Communication de Guinée a également retiré mercredi son accréditation de presse au correspondant du journal Jeune Afrique pour «manquements professionnels», sans préciser les articles incriminés. Le journal francophone couvrant l’actualité africaine dont la rédaction est basée à Paris, a réagi en exprimant sa «consternation» face à «une décision arbitraire» dans un article publié sur son site internet jeudi matin.
En décembre 2025, la HAC avait déjà prononcé la suspension de la chaîne d’actualités internationale Africa 24 pour «exercice illégal de la profession».
Source: AFP