Le chef de l'opposition renonce à rencontrer le président en raison des violences

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Le chef de file de l'opposition guinéenne, l'ex-premier ministre Cellou Dalein Diallo, a déclaré jeudi 7 mai dans la soirée qu'il renonçait à rencontrer vendredi le président Alpha Condé, qui l'avait invité, en dénonçant des violences sur des manifestants de son camp.

« Je n'irai pas là-bas demain », a affirmé M. Diallo, en référence à la rencontre annoncée pour vendredi au Palais présidentiel à Conakry.

« Violences et exactions »

« Compte tenu des violences et des exactions exercées par les forces de l'ordre sur les militants de l'opposition, des arrestations arbitraires - violences qui se sont traduites par mort d'homme, destruction de biens privés et de nombreux blessés par balle -, je m'abstiens d'honorer ce rendez-vous », a-t-il expliqué.

« A tout cela, il faut ajouter la séquestration pendant toute la journée (de jeudi) des principaux leaders de l'opposition et de leurs familles. Compte tenu de tout cela, je souhaite que ce rendez-vous qui avait suscité beaucoup d'espoirs tant à l'intérieur de la Guinée qu'à l'extérieur, se tienne dans un contexte apaisé et serein, ce qui ne sera pas le cas demain », a-t-il ajouté.


La journée de jeudi a été marquée par des heurts dans la capitale guinéenne entre forces de l'ordre et jeunes protestant contre le calendrier électoral à l'appel de l'opposition. Dans un communiqué diffusé jeudi soir, le gouvernement a fait état d'un bilan de six blessés lors des violences : quatre civils et deux gendarmes. Les forces de l'ordre ont arrêté au total 19 personnes tandis que les manifestations ont provoqué la fermeture jeudi de 117 écoles à Ratoma, commune de la banlieue de Conakry, a-t-il indiqué.

Un mois de bras de fer

Cellou Dalein Diallo avait dans un premier temps fait état d'« au moins dix blessés », dont un couple « sur lequel les forces de l'ordre ont tiré dans sa concession » à La Cimenterie, quartier de la périphérie est. Jeudi soir, il a indiqué qu'il y a eu un mort, sans plus de détails.
Mamadou Mouctar Diallo, porte-parole adjoint de l'opposition, a de son côté rapporté à l'AFP « plusieurs arrestations » et de nombreux blessés parmi les protestataires, sans pouvoir en préciser le nombre.


Dans son communiqué, le gouvernement a dénoncé la tenue à l'appel de l'opposition de « manifestations non déclarées et interdites par le gouverneur de la ville de Conakry ». Toutefois, il « réitère sa disponibilité pour un dialogue constructif et sincère pour une sortie de crise rapide », précise-t-il.

L'invitation du président Condé à Cellou Dalein Diallo - qui n'ont pas eu de tête-à-tête politique depuis trois ans - a été faite cette semaine, tentative de détente après plus d'un mois de bras de fer.

En dépit du oui initial de M. Diallo, l'opposition avait maintenu ses appels à manifester ce jeudi à Conakry, et le 11 mai à l'échelle nationale pour obtenir l'organisation des élections locales avant la présidentielle prévue en octobre prochain, alors que le calendrier arrêté par la commission électorale prévoit la tenue des locales en 2016 après la présidentielle d'octobre.

Source: Le Monde

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