Présidentielle en Guinée : la victoire d'Alpha Condé validée par la Cour suprême

C’est officiel, la Cour suprême de Guinée a confirmé, dans la nuit du 2 au 3 décembre, la victoire de l'opposant historique Alpha Condé à l'élection présidentielle avec 52,52% des voix, contre 47,48% à Cellou Dalein Diallo, soit exactement le même score que celui indiqué lors les résultats provisoires. Le pays attendait anxieusement ces résultats définitifs, deux semaines après l'annonce de la victoire provisoire de Condé qui avait été suivie de trois jours de violences dans des fiefs de Diallo.

Dans la salle d'audience de la Cour suprême, il fait une chaleur torride. A 20h tout le monde est là, et ceux qui ont eu la chance de trouver une chaise disponible n'osent pas s'éloigner de peur de se faire souffler leur place. Mais les minutes, puis les heures s'égrènent.

 

Ce sera à 21 heures, murmure-t-on, puis à 22h, puis à 22h30. Là-haut, dans la salle de conférence du troisième étage, les magistrats sont enfermés. Il est 23h lorsqu'ils se décident enfin à descendre, et à mettre tout le monde dehors. La première partie de l'audience est à huis clos.

Depuis les fenêtres qui donnent sur la Cour, les policiers et les journalistes observent le cérémonial des juges en toge rouge qui pendant près d'une heure délibèrent sur l'arrêt qu'ils s'apprêtent à rendre. Dans la droite ligne de l'appel au calme lancé quelques heures plus tôt par les deux candidats, leurs représentants se donnent l'accolade devant les caméras.

A minuit enfin, le public est rappelé dans la salle, pour écouter le premier président de la Cour suprême, Mamadou Sylla, entamer sa lecture. C'est long, c'est un langage compliqué, on pique un peu du nez, et puis enfin, à une heure du matin le directeur-adjoint de la campagne d'Alpha Condé, Kiridi Bangoura salue victoire de la démocratie.

« Nous sommes d’autant plus heureux aujourd’hui, qu’il y a un rite de la démocratie qui s’impose en deux actes : d’abord, l’expression de la légitimité populaire, ensuite la légalité du droit. C’est ce qui a été fait aujourd’hui. Par l’arrêt de la Cour suprême, le professeur Alpha Condé est donc élu président de la République de Guinée. Il est le président de tous les Guinéens. »

 « Pendant toute la campagne, il a prôné la réconciliation. Il a prôné le réveil du pays, le retour à la fierté nationale. Il a prôné les valeurs qui font que chaque Guinéen en tant que citoyen se sente l’égal et le frère de l’autre. »

« Je crois que c’est maintenant que ces chantiers là vont s’ouvrir. C’est le chantier de tous les Guinéens, de tous les Africains qui ont envie de revoir la Guinée revenir à sa juste place, dans les débats du développement, dans les débats de la démocratie. »

« Le professeur Alpha Condé est un monsieur qui a lutté très longtemps pour son pays, pour l’Afrique et pour la démocratie. Je crois qu’en ce moment, il n’est pas dans la joie, il est sûrement en train de tracer déjà ce qu’il doit faire demain, après-demain avec tous les Guinéens pour construire notre pays. »

Les effusions sont brèves. Au dehors la ville, sous couvre-feu, est déjà endormie.

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Commentaires (1)

1. Auger bernard 04/12/2010

Tout comme en Côte d'Ivoire où le conseil constitutionnel a validé l'élection de Gbabgo. La France (son président et son gouvernement) doit être content de l'élection de son protégé français Alpha Condé! J'ai honte !

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