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Simandou propulse la Guinée en tête des IDE africains, mais l’économie locale reste en marge

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Portée par le lancement industriel de Simandou, la Guinée a attiré un record d’IDE, mais les équipements, les grands travaux et même les flux de devises échappent largement au tissu productif local.

La journaliste Marie-Pierre Olphand a rappelé, le 21 septembre 2026, que la Guinée a enregistré une forte hausse des investissements directs étrangers (IDE) en 2025, notamment grâce au lancement du projet de fer de Simandou, dont les opérations ont démarré en novembre. Selon cette émission, le pays a reçu plus de 7,7 milliards de dollars d’IDE sur l’année, une somme essentiellement liée au lancement de la mine de fer de Simandou.

Pour les acteurs économiques guinéens interrogés, cette performance interroge autant qu’elle rassure : la Guinée devient un champion africain de l’attraction de capitaux étrangers, mais la question centrale reste celle de la transformation de ces flux en création d’emplois locaux, en revenus fiscaux pérennes et en capacité productive nationale.

Des milliards investis à Simandou, mais des chaînes de valeur captées à l’étranger

Le projet Simandou a connu une nette accélération en 2025 avant l’entrée en production annoncée en novembre, ce qui a déclenché des achats massifs d’équipements miniers et le lancement de grands travaux pour le chemin de fer et le terminal portuaire de Moribaya. D’après Oumar Barry Totiya, directeur de l’Observatoire guinéen des mines et métaux, ces investissements lourds ont été majoritairement captés par des entreprises étrangères, notamment des groupes chinois pour la construction des rails et du port, et des sociétés portugaises pour les travaux d’ingénierie lourde dans la mine.

Les opérateurs locaux n’ont, pour l’essentiel, décroché que des contrats de sous-traitance dans la sécurité, la restauration ou de petits travaux de terrassement, loin des montants en jeu sur les lots d’infrastructures stratégiques. Le président du Groupe organisé des hommes d’affaires (GOHA) international, Chérif Mohamed Abdallah Haïdara, indique n’avoir reçu ni marché, ni offre, ni même invitation à répondre à un appel d’offres, et affirme que de nombreux entrepreneurs partagent ce constat d’éviction.

Des flux financiers massifs, mais une faible pénétration dans le système bancaire

L’économiste Bella Bah souligne que, sur les sept milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE), à peine un milliard de dollars aurait été viré sur des comptes en Guinée. Elle estime qu’un important flux de devises pourrait contribuer à valoriser le franc guinéen et avoir un effet sur le prix des produits importés, notamment le riz, la farine et le sucre. Pour cette économiste, ce faible ancrage bancaire prive l’économie guinéenne d’un afflux de devises qui aurait permis de soutenir le franc guinéen et de limiter le coût des importations de produits de base comme le riz, la farine ou le sucre.

Bella Bah estime par ailleurs qu’il reste entre 13 et 15 milliards de dollars à investir dans le cadre du projet Simandou, ce qui ouvre une fenêtre pour renégocier une meilleure intégration des banques et des entreprises locales dans la structuration financière et opérationnelle du projet.

Une capacité locale encore insuffisante face à l’ampleur du projet Simandou

Les constats dressés par les acteurs interrogés convergent vers un même diagnostic : la capacité de l’économie guinéenne à absorber et à transformer ces IDE reste limitée, tant en termes de compétences techniques que de taille des entreprises pour répondre aux marchés de génie civil, d’ingénierie lourde ou de services logistiques à grande échelle.

Sans stratégie industrielle et de contenu local robuste – combinant formation, accompagnement des PME, accès au crédit et préférences claires dans les appels d’offres – le risque est que la Guinée reste un simple territoire d’extraction, avec une valeur ajoutée captée en amont par les fournisseurs étrangers et en aval par les circuits de commercialisation internationaux.

Les négociations autour de la suite du programme Simandou comme test décisif

Alors qu’entre 13 et 15 milliards de dollars restent, selon l’économiste Bella Bah, à investir dans le cadre du projet Simandou, les témoignages recueillis par RFI mettent en lumière la question des retombées de ces investissements pour l’économie guinéenne. Oumar Barry Totiya, directeur de l’Observatoire guinéen des mines et métaux, et Chérif Mohamed Abdallah Haïdara, président du GOHA International, soulignent notamment la faible participation des entreprises locales aux grands marchés liés au projet. Bella Bah relève, de son côté, la faible circulation des devises issues des IDE dans les comptes en Guinée.

Alors qu’entre 13 et 15 milliards de dollars restent, selon l’économiste Bella Bah, à investir dans le cadre du projet Simandou, les témoignages recueillis par RFI soulèvent la question des retombées de ces investissements pour l’économie guinéenne. L’enjeu porte notamment sur la participation des entreprises locales et sur la capacité du pays à transformer les investissements miniers en diversification économique.

Source: capmad

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