Vers « une présidence à vie » ?
« Nous n'accepterons pas que des élections bâclées soient organisées pour faire plaisir à Alpha Condé, qui veut avoir coûte que coûte une majorité pour faire passer son projet occulte de modification de la Constitution et s'octroyer une présidence à vie », a déclaré à l'AFP un membre de la Ceni sous le couvert de l'anonymat.
Ancien opposant historique, le chef de l'État, 81 ans, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent – deux maximum en Guinée. Lundi, des consultations avec les partis politiques portant sur les législatives ont été lancées, ainsi que sur la « nouvelle Constitution », selon un communiqué. La quasi-totalité de l'opposition et de la société civile boycotte ces consultations, qu'elles considèrent comme un nouveau signe qu'Alpha Condé souhaite se représenter à l'issue de son second mandat de cinq ans, qui s'achève en octobre 2020.
Face à la polémique, Alpha Condé avait répondu dans un discours télévisé le 4 septembre dernier. « Je comprends le débat en cours dans le pays sur tous les sujets de préoccupation, y compris la Constitution. Mais comme je l'ai indiqué auparavant, il ne m'appartient pas de trancher ou de choisir à la place des Guinéens. Avant toute prise de position personnelle, j'ai le devoir d'écouter tout le monde », avait-il déclaré pour justifier le lancement des consultations. Reste à savoir s'il prendra en compte leurs considérations.