Alpha Condé réélu en Guinée: les principales réactions politiques

Alpha vote

Il n'y a plus de doute: Alpha Condé a remporté, dès le premier tour, le scrutin présidentiel guinéen, selon les derniers résultats provisoires et partiels rendus publics vendredi 16 octobre par la Commission électorale (Céni). Le président sortant obtiendrait près de 2,2 millions de voix sur environ 92 % des six millions d'inscrits.

Les résultats dans la commune de Ratoma, fief du candidat d'opposition Celou Dalein Diallo, ne sont pas encore connus mais ne pourront plus faire basculer le scrutin. Compte tenu de la participation, environ 66 %, la majorité absolue est acquise. Les autres candidats ont déjà rejeté en bloc ces résultats. Ci-dessous, les principales réactions recueillies par RFI.

Dans le camp du président sortant Alpha Condé, on se dit heureux de ces résultats provisoires et partiels. Mais pas de triomphalisme. Albert Damantang Camara, porte-parole du président candidat, dit vouloir attendre l'annonce des résultats provisoires officiels par la Céni :

« Il faut être honnête, on ne va pas faire la fine bouche. C’est notre le plaisir de savourer (ces résultats, NDLR), mais cela reste encore des résultats provisoires, et donc, tel que nous sommes engagés à attendre la déclaration et la proclamation officielle des résultats, nous allons attendre que la Céni les proclame pour célébrer cette victoire (...) On peut s’inquiéter, il y a un certain nombre de déclarations, ma foi très peu responsables, qui ont été faites. Nous retenons également que plusieurs leaders, en tout cas politiques, religieux, ont exigé que ces résultats soient respectés et que ceux qui ont des contestations les portent devant les juridictions, conformément à nos textes.

Si vous voyez qu’il y a très peu de célébrations, c’est parce que nous souhaitons garder un maximum de sérénité, un maximum de calme. Nous avons demandé à tout un chacun de rester serein, de se fier aux déclarations qui seraient faites par la Céni et d’éviter tout débordement, toute provocation. Et on souhaite que ce soit également le cas de tous les côtés. Je crois que notre pays a suffisamment de défis à relever pour ne pas encore perdre du temps sur des contestations, notamment des contestations violentes ou des provocations qui ne feraient qu’exacerber des tensions qui existaient déjà. »

« Nous allons exercer notre droit de manifester pacifiquement pour montrer notre désaccord »

• Arrivé deuxième du premier tour, le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Cellou Dalein Diallo juge les résultats de cette élection présidentielle nuls et non avenus. Il dénonce une mascarade, ne compte pas poser de recours devant le Conseil constitutionnel et se réserve le droit d'appeler ses militants à protester pacifiquement :

« Ce n’est pas une surprise. On a senti cette volonté de faire passer Alpha dès le premier tour, par l’ampleur des fraudes qui avaient été organisées pendant durant tout le scrutin. Donc, c’est sur la base de ce constat que nous avions décidé de ne pas reconnaître ces résultats et qu’on a décidé de retirer nos représentants du processus. Si ce scrutin est validé par les institutions compétentes, nous ne manquerons pas, bien entendu, de réagir.

Je ne compte pas faire usage d'un recours (auprès de la Cour constitutionnelle, NDLR). Nous n’excluons pas, bien entendu, d’organiser des manifestations pacifiques pour marquer notre désaccord avec ce " hold-up " électoral. Nous sommes déjà en train de subir les violences. Depuis un certain moment, les policiers et les gendarmes ont investi le quartier de Ratoma, qui est réputé être notre fief. Nous ne sommes pas violents, nous ne voulons pas la violence, mais nous allons exercer notre droit de manifester pacifiquement pour montrer notre désaccord avec ce qui s’est passé ici. »

« Nous attendrons ce que la Cour suprême dira par rapport à notre requête »

• Le candidat du Bloc libéral, Faya Millimono, entend contester les résultats de l'élection présidentielle devant la Cour constitutionnelle. Mais il n'appelle pas ses militants à descendre dans la rue compte tenu du climat tendu qui règne en Guinée :

« Ce résultat est loin d'être ce qu'a été le choix du peuple de Guinée ce jour du 11 octobre 2015. Ce fut une mascarade, nous l'avons déjà dit, nous avons déjà dénoncé cela. Sept candidats sur huit ont déjà dit qu'ils ne reconnaitraient pas ce résultat. Quant à nous, nous avons décidé de présenter un recours à la Cour constitutionnelle, tel que prévu par la Constitution guinéenne et les lois de la république. Et nous attendrons ce que la Cour suprême dira par rapport à notre requête.


En même temps que nous allons procéder au recours à la Cour constitutionnelle, nous nous réservons le droit, bien entendu, d'exercer nos droits constitutionnels. Mais pour l'instant, compte tenu du risque d'embrasement du pays, que nous observons, puisque les gens sont très, très choqués par rapport à la mascarade que nous venons de vivre, nous nous réserverons, n'est-ce pas, d'appeler nos militants et nos sympathisants à descendre dans la rue pour protester. »

Source: RFI

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