Après la Mecque Un nouvel El hadj Alpha Condé ?

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Le président guinéen, par la grâce d’ALLAH LE TOUT PUISSANT, a accompli dans la santé son pèlerinage aux lieux saints de l’Islam. Il a regagné le pays, dimanche 28 octobre 2010. Prions que le même DIEU agrée le pèlerinage de l’ensemble des fidèles musulmans qui ont fait le déplacement de la Mecque cette année Amen ! Alpha Condé, les téléspectateurs l’ont suivi, a également formulé des prières pour l’unité et la paix en Guinée. Dans l’ensemble, les guinéens ont certainement répondu Amen à ces vœux du nouvel El hadj.

 El hadj Alpha Condé a néanmoins indexé la montée en puissance de l’ethnocentrisme en Guinée : « quand un gouvernement est formé, on cherche à savoir il y a combien de malinkés, de peuls, de soussous, on ne cherche jamais à savoir qui est compétent ou pas.. » a regretté le chef de l’Etat. C’est une triste vérité que ce constat du président de la République. Les guinéens, profondément liés qu’on ne pourrait l’imaginer, n’ont en effet rien à gagner en se réfugiant derrière un tel état d’esprit loin de leur réalité. Dans un pays caractérisé par l’individualisme, l’opportunisme, la démagogie des uns et des autres, aucune structure organisée n’existe pour faire des études sociologiques sur le pourcentage des intégrations ethniques. Dommage ! Tout le monde, si une telle enquête, aurait compris le niveau élevé des imbrications ethniques.

Bref, on trouvera des malinkés, kissiens ou soussous plus liés à tomas qu’à l’actuel président ou des leaders soutenus par ces groupes ethniques. Donc, si le constat du président Elhadj Alpha Condé est pertinent, sa responsabilité est encore plus grande dans une telle situation. Au lendemain de sa prestation de serment, le nouveau président avait déclaré à ses alliés au cours de la dernière réunion avant l’éclatement de l’Arc-en-ciel : « je formerais un gouvernement composé de 25% de chaque région de la Guinée. Ce n’est pas par ce que les peuls n’ont pas voté pour moi que je ne vais pas les prendre dans mon gouvernement.. »


Déclaration inopportune et à tous points de vue maladroite. Pour la simple raison qu’en matière de gouvernance, il est mieux indiqué de tenir compte des alliances politiques que des communautés. Et en la matière, Arc-en-ciel était une alliance avec laquelle, le nouvel élu pouvait trouver et les compétences et les équilibres géographiques. Même si des accords ont été noués avec des coordinations, les partis alliés offraient un vaste champ d’application des engagements pris. Et quand le gouvernement a été formé, non seulement sa composition n’a pas reflété les 25% par région, mais le niveau, les compétences et l’expérience de la grande majorité des ministres était fortement discutable sinon contestable. Dès lors, comment empêcher les guinéens de compter le nombre des ressortissants de leurs régions respectives dans le gouvernement. A partir du moment que la promesse avait été faite par le président lui-même. A partir du constat aussi que des jeunes qui n’ont jamais travaillé dans la vie ou des stagiaires ont été directement nommés ministres.


En parlant donc de compétences, il semble trouver la solution aux maux qui rongent son peuple et asphyxie la nature des relations entre guinéens, pire entre les autres guinéens et l’ethnie dont se réclame le président de la République. En effet, si dans son gouvernement, tous les ministres nommés pouvaient revendiquer la compétence évoquée par le chef de l’état, la critique aurait été moins vive. Si comme Kerfalla Yansané aux finances, Me Christian Sow à la Justice ou François Lonseny Fall aux affaires étrangères, chacun des ministres pouvait exceller et se faire respecter dans son domaine et non dans la mamaya, pouvoir défendre ses dossiers et être comparé sans complexes à leurs homologues de la sous-région, le phénomène aurait eu moins d’ampleur. Avec le développement vertigineux des moyens de communication, les guinéens et les africains suivent ce qui se passe dans nos différents pays. Les journaux télévisés guinéens comme ivoiriens, sénégalais, maliens, béninois, Burkinabès. Là, en suivant les ministres ivoiriens, sénégalais ou béninois, ils forcent le respect et l’admiration d’autant qu’ils cultivent une grande aisance dans la maitrise de leurs dossiers. Malheureusement, la grande majorité des ministres, qui ont aussi le défaut d’aimer paraître, font fait piètre prestation à la face du monde, incapables de construire des phrases correctes, titubant sur les mots ou plaçant des mots à l’étroit. Même si le professeur président donne la primeur à la jeunesse sur l’expérience autant privilégier le niveau, faire des choix idoines et surtout instaurer un plan de carrière dans l’intérêt de ces jeunes improvisés ministres. En favorisant ainsi l’excellence sur la médiocrité, il aurait également donné tout son sens au changement, opérant une véritable rupture d’avec les méthodes de gouvernance qui ont laissé la Guinée sur le bord de la route du développement.

Avec ce retour des lieux saints de l’Islam, pétri de la sagesse des croyants, il appartient une nouvelle fois à El hadj Alpha Condé, par ses actes et décisions, de ne plus donne l’occasion aux guinéens de compter le nombre de leurs ‘’parents’’ au sein d’un gouvernement ou de l’administration. Il suffit simplement de promouvoir la compétence susceptible d’apporter des réponses aux attentes des populations. Saisira-t-il cette nouvelle opportunité ?

 

Réformes et assainissements aux affaires étrangères, le temps : partenaire et adversaire du ministre Fall

Le nouveau chef de la diplomatie, au lendemain de son retour du sommet de la Francophonie à Kinshasa, où il a accompagné le chef de l’état, a été installé dans ses nouvelles anciennes fonctions de ministre des affaires étrangères. Comme cette rapide prise de fonction, François Fall devra tenir compte du facteur temps pour réussir ses ambitieux projets de réformes et d’assainissements de la vitrine internationale de la Guinée. A la cérémonie de passation des services, le ministre rentrant (François Lonseny Fall) qualifié à juste titre de Maitre par le sortant, (Dr Edouard Gnankoye Loua), a livré ce diagnostic plutôt triste : « Nul besoin de souligner la profondeur des maux qui gangrènent et paralysent notre appareil diplomatique, dont le constat peut se résumer en ceci : • la vétusté, le délabrement et l’exigüité des locaux ; • le manque de ressources financières ; • la pléthore des effectifs, la sédentarisation et la non professionnalisation des agents ; • la démotivation du personnel, notamment au niveau du département central ; • L’annulation des arriérés dans les missions diplomatiques et consulaires ».

Après un tel constat si alarmant, à la limite de la honte, le nouveau ministre n’a d’autre choix que de redonner à la diplomatie guinéenne sa renommée d’antan en l’adaptant aux nouveaux enjeux mondiaux afin qu’elle réponde aux exigences actuelles. Dans cette optique il prévient et s’engage : « Autant de facteurs explicatifs de l’absence évidente de résultats, qui doit être mentionnée sans complaisance, aux fins de mesures correctives. Pour matérialiser la politique de changement initiée par le Chef de l’Etat, redorer l’image de la Guinée dans le monde et assurer son retour sur la scène internationale, nous serons amenés à engager une série de réformes en vue d’une plus grande rationalité et efficacité. » Comme le reconnait le nouveau ministre des affaires étrangères, sa nomination rend encore plus coercitives les attentes déjà nombreuses et complexes portées sur la diplomatie guinéenne. Diplomatie introduit, personne ne comprendra demain que Fall ne trouve pas de nouveaux horizons de coopération fructueuse pour la Guinée, ou ne réussisse pas la mue d’une diplomatie sans objet à une diplomatie économiquement avantageuse pour le pays, surtout à un moment, pour citer le ministre lui-même, « où notre pays s’est engagé dans une vaste et ambitieuse politique de réalisation de mégaprojets dans des domaines aussi importants que l’énergie, les mines et l’agriculture… »

Pour que le département des affaires étrangères joue harmonieusement sa partition dans la concrétisation de ces chantiers essentiels de l’économie nationale, le ministre Fall n’a pas quatre chemins devant lui. Il suffit de mettre en œuvre ce solennel engagement : « L’excellent projet de restructuration des missions diplomatiques déjà entrepris sous votre impulsion, constituera le bréviaire pour procéder, sous la haute direction de Monsieur le Président de la République, à une diminution significative du personnel diplomatique à l’étranger dans un premier temps, et, par la suite, au redéploiement d’un personnel réduit, choisi sur les seuls critères de la compétence et de l’expérience ». A partir de là, le ministre prouve qu’il est assez imprégné des désordres provoqués par ses prédécesseurs successifs. « Quand l’arbre est déraciné, chacun vient à la ramée ». Ce proverbe résume la chienlit instituée en règle de conduite au ministère des affaires étrangères. Le 16 octobre dernier, lors de son premier conseil de cabinet (disparu des mœurs aux affaires étrangères depuis des années), Fall, d’ordinaire modéré et fin, n’a pu s’empêcher d’avouer sa désolation et de stigmatiser le désastre : « Je n’ai pas retrouvé le ministère que j’ai laissé ici en partant, en 2004 ».

En effet, ces dernières années ont été caractérisées par un affaissement diplomatique de la Guinée. Chaque ministre des affaires man œuvrant plutôt à placer les siens dans les missions diplomatiques qu’à faire bénéficier le pays des opportunités dont profitent nos voisins à la barbe et au nez des diplomates guinéens plus affairistes que jamais. Cette gangrène, le ministre Fall s’engage à la guérir. Mission à priori à sa portée puisque le diagnostic logiquement posé, les remèdes sont déjà identifiés. S’attaquer à la pléthore qui ne se justifie pas dans les ambassades est une priorité absolue.

Cette œuvre de réforme importante devra être compléter par un grand chantier qui consiste à en finir avec le système de sédentarisation du personnel diplomatique dans les ambassades, institutionnalisé par ses prédécesseurs.

Comme tous les pays qui se respectent, le ministre François Fall trouve important : l’application des différents décrets sur l’organisation de la carrière diplomatique, de même que la qualification de nos méthodes de travail dans le fonctionnement harmonieux du département central et de ses relations avec nos services extérieurs’’. Ces options, dit-il à juste titre, « détermineront, pour une grande part, le nouveau départ auquel nous aspirons tous et l’atteinte des objectifs assignés à notre politique étrangère ». En effet, le respect rigoureux de la durée ou des délais définis pour chaque catégorie ou statut de diplomate dans une ambassade reste un impératif face auquel le ministre n’entend pas déroger. D’autant que les effets et conséquences négatifs de cette politique ont gravement affecté l’image de la Guinée dans de nombreux pays ces derniers temps et limité fortement les possibilités de coopération et d’investissements. L’équipe sortante, en mettant l’accent sur la systématisation des chargés d’affaires et en portant souvent le choix sur des personnes de faible moralité pour assurer cette stratégique mission d’intérim, a favorisé et s’est rendue coupable de nombreux actes indignes de notre pays. C’est le cas du flagrant délit de détournement – que dis-je- du vol en plein jour - opéré en Belgique par le chargé d’affaires et le financier de l’ambassade, et en toute impunité.

Promu avec complaisance et contre toute logique, au rang de chargé d’affaires, après le rappel forcé de l’ambassadeur Ahmed Tidjane Sacko pour des besoins de la cause, l’abstentionniste Amir Sampil et le financier ont poussé l’outrecuidance jusqu’à solder le compte de l’ambassade au moment même où le nouvel ambassadeur, Dr Ousmane Sylla venait prendre fonction. Cet acte de mépris illustre si besoin en était le laxisme et la complaisance légués comme héritage au nouveau ministre. A Abidjan, Brasilia, Malabo, Rabat, Freetown, Londres, l’affairisme a pris le pas sur la diplomatie avec le remplacement manu militari des ambassadeurs par des chargés d’affaires au service exclusif de certains chefs du département.

Le combat contre cet affairisme puant et profond, est un chantier sur lequel le ministre Fall aura besoin de toutes ses forces. Et sur ce front comme sur d’autres, son partenaire et son adversaire demeure le temps.

L’urgence donc s’impose pour passer à la vitesse supérieure. Seule arme susceptible de laisser sur le carreau les nombreux ennemis des réformes envisagées. Avec le soutien et la confiance du président de la République, au parfum de l’image indigne de la diplomatie et de son inefficacité, François Lonseny Fall semble disposer tous les atouts entre ses doigts. Dans les prochaines semaines, les seuls compliments expliquant la bonne tendance de François Fall devraient ressembler à ceux exprimés par l’ancien président français, François Mitterrand à l’endroit de son ministre des affaires étrangères, Claude Cheyson qu’il décorait : « il est extraordinaire de voir un spécialiste de la diplomatie aussi peu diplomate ». Une façon de dire que par rapport à l’importance et l’urgence des reformes, François Fall n’a nullement besoin d’être diplomate, il doit, au contraire, sévir vite et fort.

Transmis par Abdoulaye Condé

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