C.N.T. : les cris de Paris seront-ils entendus à Conakry ?

Après la nomination des 155 «députés» du Conseil National de Transition, il fallait bien entendu s’attendre à des récriminations. Quoi de plus normal, surtout chez certains diaspos franciliens qui se croient les plus représentatifs de la communauté guinéenne en France ? J’avais parlé de grincements de dents ; ce sont des dentiers mobiles qui sont maintenant soumis à rude épreuve. Purée! 

J’ai déjà marqué mon petit étonnement sur la répartition géographique des représentant de la diaspora au sein du CNT. Ce n’est pas la peine d’y revenir car ce qui est fait est fait. Le réalisme (je n’ose pas parler de patriotisme) commande de faire avec ce qui est fait. On parle de transition, donc d’une période censée être de courte durée. Pourquoi ne pas aider les heureux « élus » du CNT à répondre au mieux aux aspirations des Guinéens au lieu de chercher coûte que coûte à intégrer cette institution ?

Je suis indigné par le comportement irresponsable puisque carriériste de certains éléments qui prétendent parler au nom de tous les Guinéens de France. Personnellement, et je ne suis pas le seul, je ne me reconnais pas en eux. En quoi sont-ils plus guinéens que Samoura Djeli Karifa ? Notre compatriote Kpogomou Dominique, aussi distingué que discret, n’étant pas du genre à s’autoproclamer X ou Y dans les réunions niaises de Guinéens, pourquoi le qualifie-t-on d’inconnu ? Inconnu par rapport à qui et à quoi ? A priori il faut préférer nettement ce KD (pas Kylé Diallo mais son cadet Kpogomou Dominique) à certains, plus agités qu’actifs et qui ne représentent qu’eux-mêmes ! Ces « connus » (qui ont léché en vain les bottes du CNDD et de Jean-Marie Doré pour obtenir le portefeuille des « Guinéens de l’Extérieur ») ont confectionné en catimini leur liste au CNT mais l’ont si égoïstement verrouillée qu’elle n’a pu être ouverte à Conakry, le code d’accès étant top personnel !

J’avoue que même si je ne suis pas tout à fait satisfait de la composition du CNT, je demeure quand même soulagé de constater que certains ont échoué dans leur tentative fébrile d’y pénétrer. Essayons de positiver. Avec certains « parisiens » le CNT aurait été plus purulent. On se connaît bien à l’extérieur et on connaît encore mieux ceux qui bouffent à tous les râteliers : soutiens du CNDD pendant la nuit et membres de certaines Forces durant la journée. Maintenant ce sont les mêmes qui n’ont rien à brouter qui ruminent dans le brouillard ! Pour le moment ces présumés affamés n’ont qu’à se calmer. Le grand repas est terminé et on ne fera même pas appel à eux pour la plonge ! Qu’ils s’en prennent à leurs partis respectifs (ou aux « forces vides ») et non à Hadja Rabiatou qui n’aurait travaillé que sur la base de documents qui lui ont été transmis.

C’est triste de constater cette condescendance de certains diaspos parisiens à l’égard des diaspos d’autres régions du globe. Pour eux les dispos les plus nobles, donc les plus légitimes, ce sont ceux. Pourtant, on est diaspo ou on ne l’est pas ! Juridiquement un Guinéen résidant à Tambacounda n’a pas plus de légitimité qu’un autre de Toronto, de Berlin ou de Lagos.

Cris à Paris mais aussi conneries à Conakry. C’est à croire que le virus rabique a atteint un certain chef de parti qui ose exiger des sièges au sein du CNT. C’est politiquement inadmissible, socialement impoli et moralement condamnable ! Quand vous faites partie de plusieurs convives et qu’on ne vous présente qu’un poulet ordinaire, si vous en réclamez les deux cuisses, on vous qualifiera de gourmand et même de mal éduqué ; mais si, par malheur, vous exigez trois ailes de poulet, on dira sans doute que vous n’êtes pas sain d’esprit ! C’est ce qui arrive à Conakry avec certains irresponsables (les Messieurs Toujours Pus) qui demandent d’améliorer le CNT en l’adaptant à leurs besoins.

Car en Guinée améliorer signifie simplement augmenter. Avec 155 «député», c’est déjà trop et, conformément à nos coutumes politiques, aucun « élu » ne démissionnera avant d’avoir mangé. Hadja Rabiatou ne doit pas aggraver cet effectif pour simplement faire plaisir à un politicien plus gourmand que gourmet. On connaît les poules pondeuses, le CNT ne doit pas être un infatigable et prolifique « coq pondeur » de députés ! Chacun veut entrer dans le CNT pour se prévaloir plus tard du titre d’ancien député. Parmi ceux qui n’ont pas réussi à y entrer, certains chercheront à le saboter. Quel patriotisme ! Même si les aigris crient, le CNT pourra passer si elle décide de travailler efficacement !

Que veut dire travailler efficacement pour la Guinée? C’est d’aller à l’essentiel mais sur une base laïque. Le CNT n’est pas une assemblée d’oulémas enturbannés mais d’hommes et de femmes de différentes croyances et c’est très bien ainsi. Quand je lis attentivement la déclaration d’un nouvel « élu » (le seul à le faire) qui, avant même de s’envoler pour Conakry,  remercie le Très-Haut pour son élection divine et lorsque je constate qu’un autre « élu » de la même circonscription continentale porte des prénoms trop proche orientaux, je dis qu’il faut être vigilant pour empêcher l’adoption d’une éventuelle fatwa !

On peut aller à l’essentiel en matière constitutionnelle. Car aucune constitution n’est mauvaise ! Le problème est tout simplement qu’elle n’est pas appliquée. Je sais que j’étonnerai plus d’un en affirmant que la première Constitution de la République de Guinée était excellente, comme chacun peut le vérifier ! C’est après qu’elle ait été violée que la dictature a pu s’installer dans notre pays.

Nous perdons donc trop de temps à refaire ou à défaire ce qui a été mal fait. Il faut que maintenant le CNT, qui doit comprendre de bons éléments, commence à travailler pour la réussite de cette transition qui traîne. Car les Guinéens continuent à souffrir, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur de leur pays. J’avais parlé du cas des étudiants guinéens au Maroc. Nos agents diplomatiques souffrent également. C’est une honte pour la Guinée que ceux qui la représentent à l’extérieur restent plusieurs trimestres sans recevoir le moindre salaire ! Combien de fois nos ambassades ont-elles été privées d’eau et d’électricité à cause de factures impayées ? Si nous ne nous respectons pas, qui va nous respecter ? Je souffre en voyant des employés de nos ambassades, physiquement épuisés, qui sont traités comme des domestiques par les dignitaires guinéens et leurs proches au cours de leurs déplacements à l’extérieur. Par souci de conserver leurs postes, ces chefs de familles se transforment en « wali wali diplomatiques ». Et moi qui ne pensais qu’à la valise diplomatique !

Je vous salue.

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