Communiqué du FIDH: Guinée - Accélération des enquêtes judiciaires portant sur les répressions de janvier et février 2007

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A l’occasion du neuvième anniversaire de la répression sanglante des manifestations organisées par les centrales syndicales guinéennes en janvier et février 2007, la FIDH et l’OGDH, à l’origine de la procédure judiciaire en cours, et constituées parties civiles aux côtés des victimes qu’elles représentent, saluent l’accélération des enquêtes qui pourraient déboucher au cours des prochains mois sur l’inculpation d’individus qui occupaient à l’époque des faits des postes clés au sein du gouvernement, de l’armée ou de la police.

Le 10 janvier 2007, les centrales syndicales guinéennes suivies des forces vives regroupées au sein des organisations de la société civile, des organisations professionnelles avaient lancé une grève générale pour protester contre l’interférence de l’Exécutif dans les affaires judiciaires, la cherté de la vie, la mauvaise gouvernance et le manque de démocratie qui caractérisaient le régime du général Lansana Conté, au pouvoir de 1984 jusqu’à sa mort, en 2008.

Le 22 janvier, en plein cœur de Conakry, des bérets rouges de la garde présidentielle, accompagnés par des éléments des forces de l’ordre, ouvraient le feu sur des civils qui manifestaient pacifiquement, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés. La répression allait se poursuivre jusqu’à la mi-février, dans les principales villes du pays, causant la mort de plusieurs centaines de personnes, des milliers de blessés et des dégâts matériels considérables.

Pendant plusieurs années, ces graves violations des droits de l’Homme n’ont fait l’objet d’aucune enquête judiciaire. C’est en mai 2012 que l’OGDH et la FIDH ont décidé de porter plainte et de se constituer parties civiles aux côtés des victimes. Cette plainte a donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire qui a connu au cours des derniers mois des développements considérables puisque plusieurs personnes ont été mises en cause par les victimes représentées par les avocats de l’OGDH et de la FIDH et pourraient être inculpées au cours des prochains mois.

Compte tenu de l’ampleur et de la complexité du dossier, un important travail reste encore à mener par la justice guinéenne pour rendre possible l’audition des victimes et témoins sur l’ensemble du territoire.

Si, comme en témoignent ces deux procédures judiciaires en cours, les efforts consacrés à l’instauration d’une justice nationale indépendante et impartiale, et à la lutte contre l’impunité en Guinée commencent désormais à porter leurs fruits, il est néanmoins tout aussi important de mettre en place dans les meilleurs délais une commission de réconciliation nationale qui s’intéressera à l’ensemble des victimes de violences politiques commises au cours du demi siècle de régimes autoritaires qu’a connu la Guinée.

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