Dadis cherche un prétexte pour rester au pouvoir ! e lui donnerait-on?

Je me demande si ceux qui applaudissent Dadis se rendent ils comptent que, sous  le brouillard de ses comédies télévisées, couvent lesœufs de la  tragédie dont l’éclosion sera synonyme du retour au césarisme militaire? C’est regrettable qu’en Guinée, certaines personnes malgré leur intellect, ne comprennent toujours pas que ce pays, béni par un sol et un sous sol immensément riche, choyée par des conditions édaphiques et climatiques assez favorables, ne peut se développer sous un régime militaire qui ne favorise point le dialogue politique inclusif. Pourtant, il ne suffit que de peu de lucidité pour savoir que, parmi l’éventail des facteurs ayant contribué à la stagnation et même à l’involution de notre maigre économie, celui dit politique est de loin le plus incriminable. Chacun sait que le mode dictatorial de gestion de notre pays et de ses ressources, toujours de saison, ne peut mettre en valeur les potentialités économiques attribuées à une exceptionnelle clémence de la nature. A force  de réfléchir sur notre pitoyable situation, on finit par adhérer au fait qui suit.  Si notre pays n’a jusque là connu que des dictatures, c’est parce que ces types de régimes ont souvent été cautionnés par l’ensemble des forces vives du pays dont les politiciens en premier lieu.

Le président Dasdis Camara, est aussi en train de se glisser insidieusement vers le même type de dictature qui a usé ses prédécesseurs. Il a un cercle d’alliés, qui s’agrandit de jour en jour. Celui-ci est prêt à le soutenir en toute occasion, non pas par amour pour sa personne, mais plutôt par souci de préservation de quelques minables rentes. C’est pourquoi, lorsque qu’il  se contredit à tout bout de champs ou abuse de ses pouvoirs, ces souteneurs opportunistes et indélicats l’ovationnent sans scrupule, pensant sans doute que leur comportement égocentrique demeurera insoupçonné. Pourtant, leur stratagème, sordide et inspiré, n’est autre que de supporter le chef suprême du moment, le temps de s’approprier illicitement des biens de l’Etat, et puis de le pourfendre plus tard, lorsqu’ il ne sera plus aux affaires, en prenant bien soin de nier toute coresponsabilité dans le naufrage politico-économique qu’il aura causé. Heureusement que nous sommes habitués à ce genre de négation, toujours faite par inconscience ou  malhonnêteté intellectuelle.

Concevons aujourd’hui que le grand drame en Guinée est que nous aimons nous apitoyer ou nous morfondre sur notre sort, cependant que nous manquons d’inverser le cours des événements malheureux qui circonscrivent notre vie, à chaque fois que l’occasion se présente. On semble ne point tirer des leçons de l’héritage catastrophique de nos précédents régimes. On est en train de fournir un autre prétexte au capitaine Dadis Camara de s’éterniser au pouvoir,  au mépris des termes de son premier discours. Et ceux qui lui font ce cadeau sont nos politiciens qui restent figés dans des stratégies périlleuses de quête de pouvoir, qui cautionnent l’idée des votes ethniques massifs.

Nous devrions savoir que si Dadis est chaud de tempérament, il n’est pas bête. Il sait au moins que le silence et l’inaction devant  l’émergence des formations politiques à forte connotation ethnique a toujours été un facteur de tonification du régime de Conte. Il peut comme il le fait d’ailleurs, s’ériger contre nos leaders politiques, pour se maintenir au pouvoir en mettant le blâme sur eux.  Puisque pour lui, ils n’ont pas été assez prévenant pour faire preuve de grandes et véritables concessions ou ouvertures politiques parant à l’ethnisation foncière de leurs partis. Dadis sait qu’il ne peut s’en prendre à un pauvre ressortissant de Tountouroun, de Sogbela, de Tormelen ou de Kissidougou – qu’il considère comme victime -d’adhérer de bonne foi au « parti de mon parent ». Il réalise que les masses populaires à 80% illettrées voient à partir de la lumière qui leur est reflétée du sommet de leurs partis respectifs. Du temps de Conte déjà, cette donne aurait pu  être changée en se servant du problème pour résoudre le problème – c’est à dire le phénomène d’adhésion aux partis par identification à l’ethnie de leurs leaders. Si au sommet des partis politiques majeurs, les leaders avaient accepté de créer honnêtement et non par mesure de justification ou par maintien des apparences trompeuses, une direction sérieusement mixte, les électorats de nos parties auraient été aussi ethniquement très variés à la base, et cela aurait eu l’effet de dénier à Conte toute possibilité d’orchestrer des mascarades électorales en sa faveur . Car, si en réalité il a réussi ses holdups up électoraux durant tout son règne, c’est par ce qu’on lui en a donné la chance.

Selon toute vraisemblance, Dadis est dans le sillage de son prédécesseur. Et nous lui donnons les raisons de continuer d’y rester. L’une des raisons qu’il cite lui-même comme facteur pouvant le conduire  à dévier de ses intentions initiales, est cette même ethnisation massive de nos partis politiques, qui pour lui fait office d’ethnocentrisme (à tord). Par ailleurs, ce raisonnement m’amène à traduire ici, au risque de me répéter, mes sentiments sur la question ethnique en Guinée. Celle-ci ne cesse en effet de picoter mes méninges depuis un certain temps. Notre pays se compose d’une mosaïque d’ethnies et de confessions, et cette double diversité à des particularités qui participent au renforcement du pacte de l’unité, scellé par nos ancêtres. Il s’agit entre autre, du très grand métissage biologique et culturel entre les différentes communautés de notre pays avec des paramètres culturels en partage, ayant permis de donner forme et substance à la vie de communauté et de promouvoir des acquis sociaux et moraux permanents, dont l’incessibilité ne souffre d’aucune incertitude. C’est ainsi que notre pays est reconnu ailleurs pour l’esprit de tolérance, de concession et d’hospitalité, du sens de la patrie, de l’honneur et de la dignité de ses populations. Ces valeurs communes semblent effacer toute barrière socioculturelle jadis source de conflagration intercommunautaire. Ainsi, la violence n’est guerre dans le sang du Guinéen. C’est pourquoi fort heureusement, nous n’avons jamais connu de conflit fratricide alors que les nations limitrophes ont souvent été embrasées par des guerres civiles. Et  j’ose espérer que Dieu nous épargnera une telle expérience macabre, ce malgré qu’au clair comme au noir, les tractations d’esprits malins se poursuivent dans le sens non désiré. Mais n’en déplaisent à ces derniers, les âmes éprises de paix savent que notre unité est aussi notre lumière, c’est elle qui éclairera le chemin de notre développement. Et a propos de lumiere, Pierre Augustin Caron de Beaumarchais disait que le vent, qui éteint une lumière, allume un brasier.

Qu’à cela ne tienne malheureusement, en Guinée, les valeurs communes qui nous unissent chez nous, sont compromises ou mises en péril à chaque fois que s’élève un dirigeant. A ce propos, un constat fait office de paradoxe. Le peuple doux, tolérant et hospitalier de Guinée, n’a souvent produit que des méchants loups pour le gérer, dans le charisme et le sadisme, l’égoïsme et le népotisme… Et aujourd’hui, je crains fort que Dadis qui commence à montrer des signes d’abus et de violence ne soit en train d’emboiter le pas à son prédécesseur au prétexte déjà cité. Si tel est vrai, il est en bonne place pour réussir. Et i n’y a qu’un seul moyen de l’empêcher de triompher. C’est de lui opposer  un désaveu total. Nous devrions donc  nous lever comme un seul, faire front commun contre le régime de Dadis comme nous l’avions fait contre celui de Conte, quand nous avions provoqué l’ouragan insurrectionnel qui a fait trembler son régime. De  passage, c’est le lieu de rendre hommage à nos illustres martyrs, tombés sous les traitres balles des mercenaires de feu General Lansana Conte. Cela dit, pour empêcher la montée en puissance du prochain despote tropical en Guinée, il faut s’unir, contre toute éventuelle velléité présidentielle qu’aurait Dadis ici et maintenant. Dans le cas échéant, nous aurions trahi notre nation, et aurions failli à notre devoir envers la postérité.

En conclusion, je voudrais dire que notre unité dépendra aussi de nos leaders politiques, qui doivent accepter de revoir la composition de nos partis politiques majeurs jugés foncièrement mono –ethnique, de faire des coalitions honnêtes sous-tendues par des clauses compromissoires bien ficelées étant entendu qu’ils ne sont pas des «ethnos» comme certains malintentionnées l’ont laissé entendre.

 

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