DIALOGUE POLITIQUE: les journées de concertations se feront sans l'opposition

L’espoir d’une décrispation politique qui surgissait, à la faveur de la décision du président de la République de consentir finalement à la révision de la liste électorale, en lieu et place du recensement, auquel il tenait jusque-là mordicus, est désormais presque enterré.

La rupture paraît définitivement consommée avec la décision prise aujourd’hui même par le collectif des partis politiques pour la finalisation de la Transition, de ne pas s’associer au processus de dialogue et de concertation inclusifs, que le mouvement social entend faire démarrer dès ce mercredi 10 août 2011. Ce collectif qui compte désormais vingt-une formations politiques, estime, comme il l’avait fait savoir précédemment par une correspondance adressée à la présidente du CNT, faisant en même temps office de premier responsable du mouvement social, qu’il réclamait, avant toute rencontre inclusive, un débat exclusif avec le gouvernement.

L’opposition a fait savoir cette position à la faveur d’une conférence de presse qu’elle a collectivement animée au siège du parti de l’unité et du progrès (PUP), ce mardi 9 août.

Vu que le rendez-vous est annoncé pour demain même, les opposants ont tenu à se départir de toute équivoque. C’est ainsi qu’Aliou Condé, secrétaire général de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, a déclaré : « Le collectif ne participera pas aux journées de concertation qui s’ouvrent demain (mercredi 10 août 2011 ; NDLR) et dont nous venons de recevoir la lettre d’invitation ».

Poursuivant, le porte-parole du collectif a laissé entendre que cette décision était conforme à la position que le collectif a fait valoir ces derniers temps. A savoir que le mouvement social devrait tout d’abord s’atteler à convoquer une rencontre exclusive entre le pouvoir en place et les partis politiques se réclamant de l’opposition.

A propos de la rencontre de demain qui aurait du réunir les partis de l’opposition et ceux de l’alliance Arc-en-ciel, Aliou Condé dit ne pas savoir pourquoi le mouvement social s’obstine à mettre ensemble le collectif des partis politiques pour la finalisation de la Transition « avec des gens qui n’ont rien à se plaindre ».

Quant aux sujets sur lesquels devraient porter les débats entre l’opposition et le pouvoir, Mouctar Diallo, des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), s’est chargé de les énumérer : restructuration de la CENI, problématique du fichier de la liste électorale, la question des conseils communaux et des chefs de quartiers destitués, l’accès des partis du collectif aux médias d’Etat ainsi que le sort des prisonniers qui seraient illégalement inculpés. Surtout, au nom du collectif, le président des NFD a tenu tout de suite à se défendre contre toute idée tendant à faire croire que la stratégie de l’opposition serait une politique de la chaise vide.

Même en reconnaissant explicitement que l’on est là en face d’un véritable dialogue de sourds, Dr. Faya Millimono de la Nouvelle Génération de la République (NGR), estime cependant que : « Le collectif des 21 partis politiques a toute la volonté d’aller au dialogue avec le gouvernement ». Parce que, poursuit-il : « C’est seulement avec le dialogue que nous pouvons construire une véritable démocratie ».

Inutile de dire qu’ainsi, ce sont tous les efforts que la société civile, à travers notamment le mouvement social, a consentis qui viennent de tomber à l’eau. Pour des conséquences que l’on ignore encore. Mais qui ne sont certainement pas heureuses.

Brahim Bangoura pour GuineeConakry.info

 

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