Djoliba - Un portail au secours des bacheliers guinéens

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Un portail unique permet aux étudiants de s'inscrire à l'université en toute simplicité. Et au gouvernement de faire des économies. Fini les files d’attente, les passe-droits et les dates aléatoires pour s’inscrire à l’université, dans les écoles ou les instituts. Djoliba, un portail internet unique, regroupe toutes les formations post-bac du pays et simplifie les démarches d’orientation et d’inscription dans l’ensemble des institutions de l’enseignement supérieur et des établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle (IES-EETFP), publics et privés.

Pour l’année académique en cours, il a été ouvert du 12 novembre 2015 au 12 janvier 2016.

Bien que l’on soit pleinement dans l’ère des technologies de l’information et de la communication (TIC), certains des nouveaux bacheliers ont trouvé la rupture un peu douloureuse. Obligation d’avoir un e-mail personnel et un numéro de téléphone portable (Orange, MTN ou Cellcom), problèmes de connexion, difficulté à comprendre comment remplir le formulaire… Pendant ses premiers jours d’ouverture, le portail a soulevé un concert de protestations. Mais, finalement, les problèmes de surcharge du site et de connexion du début ont rapidement été dissipés, chacun s’est plié aux exigences de la modernité, et le premier test grandeur nature de Djoliba s’est plutôt bien passé.

Un projet qui permet de faire des économies

« On ne peut pas transformer les choses s’il faut toujours attendre que tout le monde soit prêt », tranche le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdoulaye Yéro Baldé. D’ailleurs, la plupart des bacheliers surfaient déjà sur internet avec leurs téléphones portables avant Djoliba, y compris ceux de l’intérieur du pays, puisque les premiers à s’inscrire en ligne étaient des provinciaux. L’autre avantage pour les lauréats du baccalauréat est qu’ils ne sont plus obligés de passer leurs vacances chez eux en attendant de savoir quand aura lieu la période d’orientation-inscription. « Désormais, qu’ils soient à Kuala Lumpur ou dans la forêt amazonienne, ils peuvent s’inscrire ! » fait remarquer un cadre du ministère de l’Enseignement supérieur.

Le projet a été conçu par Banki Technology, une entreprise guinéenne spécialisée dans le développement de solutions numériques. « Les étudiants rencontraient d’énormes difficultés dans leurs démarches d’inscription, à cause des déplacements, parce que les orientations ne se faisaient pas selon le mérite, explique le directeur général de la société, Mamadou Bah [27 ans]. De son côté, l’État ne maîtrisait pas les effectifs, ce qui l’empêchait d’anticiper et d’investir au mieux pour répondre aux besoins des établissements. C’est à la suite de ce constat que, en seulement trois semaines, Banki Technology a conçu un prototype qu’il a présenté au ministère de tutelle. »

Une bonne opération pour l’État puisque la plateforme Djoliba, dont la conception ne lui a coûté que 150 millions de francs guinéens (environ 18 000 euros), a déjà permis de maîtriser l’effectif et l’orientation des nouveaux étudiants (ils sont 25 000), mais aussi de faire des économies. Selon le ministère, le coût des inscriptions pour l’État est en effet passé de 1 milliard de francs à 345 millions. Chaque étudiant s’est quant à lui acquitté de ses « frais d’orientation » – 15 000 francs, soit 1,75 euro (lire encadré) – par l’intermédiaire d’Orange Money, service de transaction mobile de l’opérateur français, qui a remporté le marché pour son implantation dans 33 villes-préfectures du pays, où il dispose de plus de 1 600 points de vente.

Djoliba suscite aussi des mécontentements

Pour la prochaine rentrée universitaire, l’objectif du ministère et de Banki Technology est d’avancer l’ouverture des préinscriptions au mois de septembre et d’intégrer dans la base de données Djoliba tous les étudiants inscrits dans les établissements.

Du côté des mécontents, quelques représentants d’associations de la société civile considèrent que l’on confisque aux étudiants leur liberté de choix. « Le bachelier choisit, dans un délai déterminé, la formation qu’il souhaite suivre. À partir de là, on l’oriente en fonction de sa moyenne dans les domaines où il veut se spécialiser et de la capacité d’accueil des établissements qu’il a choisis », explique Mamadou Bah. « Si pour être en médecine il faut avoir une moyenne générale de 14 et que le nombre de places est limité, ajoute Abdoulaye Yéro Baldé, il va sans dire qu’on prendra les meilleurs. »

Par ailleurs, si Djoliba a fait grincer des dents certains chefs d’établissements, c’est aussi parce qu’il empêche la fraude. « La plateforme aurait dû être lancée en novembre 2014, mais le ministère a commis l’erreur de présenter le projet aux responsables d’IES, confie le patron de Banki Technology. Parmi eux, quelques-uns avaient l’habitude de créer des étudiants fictifs. Et ce n’est plus possible. » En 2014, le ministère de l’Enseignement supérieur avait ainsi détecté plus de 4 000 étudiants « imaginaires » au sein de plusieurs établissements. Un moyen pour eux de gonfler leurs subventions et les factures qu’ils présentaient à l’État.

COMMENT ÇA MARCHE

ÉTAPE 1 Chaque nouveau bachelier doit s’enregistrer en ligne pour constituer son dossier numérique.

ÉTAPE 2 À partir des listes recensant l’ensemble des formations et des établissements publics et privés existants dans les différentes villes du pays, il doit formuler ses choix de cursus et de lieu d’enseignement, par ordre de préférence (jusqu’à 15 vœux).

ÉTAPE 3 L’étudiant doit valider cette « liste de candidature » en s’acquittant par SMS du paiement des « frais d’orientation », fixés à 15 000 francs guinéens (1,75 euro). Un identifiant national étudiant (INE) qui le suivra tout au long de ses études lui est alors attribué.

ÉTAPE 4 Il est informé (une dizaine de jours plus tard), par e-mail et/ou par SMS, du résultat de son orientation : si elle n’est possible dans aucun des cursus ou des établissements qu’il préférait, il peut formuler de nouveaux choix ; si l’un de ses vœux est satisfait, il reçoit instantanément les informations nécessaires pour procéder à son inscription définitive dans l’établissement concerné.

 

Diawo Barry

Source: jeune afrique

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