En attendant la levée de "l’hypothèque" sur l’avenir de la jeunesse:

Les critiques surgissent de partout pour dénoncer l’absence de résultats de notre « consensus national » Lansana Kouyaté. La pénurie d’eau, l’obscurité dans laquelle vit le pays et la dévalorisation exponentielle du panier de la ménagère n’ont pas pu être solutionnées, du moins pour l’instant selon les Kouyaté optimistes. Ne nous attardons sur ces fâcheux problèmes au risque de recevoir une décharge écrite de la part des irréductibles partisans du gouvernement. Intéressons nous au troisième chantier du premier ministre, la jeunesse : Là, c’est moi qui suis prêt à décharger ! Vous devez encore avoir en mémoire le chantier consacré à la jeunesse, annoncé par Kouyaté lui-même, qui n’a pas manqué de rappeler le désespoir dont souffrent « ceux- là même qui devraient porter les espoirs de notre pays et qui sont les premiers atteints et qui vivent ce calvaire (le chômage) avec un sentiment de frustration, d’injustice et de révolte. » De ce fait, Il inscrit sa troisième priorité au « plein emploi de la jeunesse. » Rien n’a été dit sur les modalités selon lesquelles ce plein emploi allait être atteint. Aucune date d’échéance n’a été donnée. Il ne lui a pas semblé utile de nous donner le chiffre du chômage actuel des jeunes afin qu’on puisse s’en servir plus tard pour comparer au taux de chômage futur qui correspondrait, en cas de réussite de cette priorité, à ce taux du plein emploi. Le seuil de ce plein emploi n’a pas été non plus défini. Ce ne serait pas exagéré de dire que ce discours était creux, amphigourique et chimérique. Le seul emploi que notre premier ministre ait créé pour la jeunesse, en déperdition, est son comité de soutien. L’initiative du récent salon de l’emploi est à saluer mais ne nous méprenons pas, cet événement n’a pas permis de créer des emplois ; ce fut un marché temporaire où se sont retrouvés les offreurs d’emploi et les demandeurs d’emploi. Salon ou pas, ces entreprises allaient embaucher. Pour inciter les entreprises à la création de l’emploi, il faut que le travail, la justice, le respect des textes de loi, le respect de la parole donnée, la compétence, la rigueur soient des parties intégrantes de l’environnement. Notre pays a toujours été détourné de ces catalyseurs favorables à l’investissement et l’arrivée de Kouyaté n’y a rien changé. Le secteur informel, où grouillent déjà de nombreux jeunes (n’ayant pas pu bénéficier d’une qualification ou ayant déserté prématurément l’école) de tout âge, est désormais pris d’assaut par de plus en plus de jeunes diplômés et désœuvrés. La lueur pâle de leurs yeux exprime un quotidien rythmé par la faim, la soif la fatigue et le désespoir. Ils vivotent en attendant des créations concrètes d’emploi et pendant ce temps leurs diplômes se dévalorisent. Leurs semblables, comme moi, qui ont eu l’opportunité d’être venus faire leurs études à l’étranger semblent avoir beaucoup plus de chance car il n’y a pas de galère plus pénible que celle de l’étudiant guinéen. Certes, c’est une chance que l’on soit venu à l’étranger pour faire nos études mais l’autre face de la médaille n’est pas si enviable notamment en ce qui concerne la France. De nombreux étudiants africains étudiant dans l’hexagone ont pour objectif de rapidement finir les études afin de rentrer apporter leur pierre à la construction de l’édifice national de leurs pays respectifs. Ce sont des centaines d’ivoiriens, de gabonais, de sénégalais, de maliens, de béninois, qui, une fois leur diplôme en poche s’empressent de faire leur retour. Mais qu’en est-il des étudiants guinéens ? Quand nous approchons de la fin de notre cycle universitaire, nous sommes autant angoissés qu’heureux. Que faire après l’obtention du diplôme ? Rentrer dans un pays où il n’y a pas de débouchés ou rester dans les pays hôtes qui nous accueillent mais qui font de nous, surtout en période électorale, des boucs émissaires, des problèmes, des indésirables. Quand on appelle les parents pour les informer de notre envie de retourner dans un futur proche, car bientôt la qualification tant recherchée deviendra bientôt réalité, c’est alors qu’un arsenal de sermonneurs tente de nous expliquer que le meilleur choix serait de rester dans le pays formateur. Certains osent dirent que c’est une pure folie de rentrer. Ce serait même un acte suicidaire. Alors nous voilà pris dans un fâcheux dilemme. Quelles solutions pour nous ? Ce gouvernement n’est sans doute pas responsable de cet état de fait, on l’admet, les effets d’hystérèse y sont pour beaucoup et puis défaire vingt trois années d’absence de projets pour les jeunes doit être difficile. Mais quelle action concrète est faite pour calmer l’hémorragie ? Bien au contraire, la situation de la jeunesse semble s'envenimer. Les récents résultats critiques du baccalauréat sont là pour en témoigner. Cette étape, à la frontière de l’enseignement universitaire, est primordiale car une jeunesse bien formée est une jeunesse qui sera armée pour affronter les défis de demain. Quel constat peut on dresser pédagogiquement parlant au terme des deux cents jours de notre gouvernement? On ne peut pas affirmer que rien n’a été fait depuis la venue de l’équipe consensuelle. Beaucoup d’efforts ont été faits, mais seulement, sur la façade de notre éducation nationale pacsée avec une crise qui perdure. On s’est virulemment attaqué à la forme du problème en unifiant le bac, en mettant des fonds pour organiser des examens propres, dit-on. On a même jeté en prison des soi-disant fraudeurs pour montrer aux guinéens que l’impunité est désormais rangée aux oubliettes. Bien, passons maintenant au fond du problème. Toute réforme formatrice a pour but de rénover l'instruction afin que le plus grand nombre puisse trouver une satisfaction. Mais que constate t’on : 20% de réussite au bac ! Si on était dans un pays normal et normé le ministre de l’enseignement devrait se poser la question de ce résultat alarmant, faire une synthèse de cette calamité, afin de poser de nouvelles bases pour aider les lycéens à mieux se préparer pour les prochaines échéances. Mais à quoi assistons nous ? le ministre est fier de ce résultat car selon lui son ministère a juré d’organiser des examens crédibles transparents et débarrassés de toute fraude. En somme le bilan est très positif. On comprend aisément pourquoi ce résultat alarmant n’ait pas fait grand bruit et de toute façon l’équipe gouvernementale s’en moque : Premièrement, aucun de leurs enfants ne subiront les imperfections de ce système car ne fréquentant pas les établissements publics qui paient le plus souvent le montant global de cette facture amère des échecs ; deuxièmement le nombre de places à l’université étant limité, les professeurs étant mal payés, les élèves étant démotivés, on peut affirmer que ce résultat a été prémédité. En Guinée, on ne résout jamais les problèmes mais on les déplace, on trouve des solutions temporaires ou on joue à cache-cache avec les solutions mais jamais on ne s’attaquera au mal. (L’accord tripartite, qui a eu pour principale mesure la nomination du premier ministre alors que la solution à notre mal commun était le départ de Conté, est là pour en témoigner.) En fait on se trouve dans la république du semblant : le gouvernement fait semblant de payer les enseignants, qui font semblant d’enseigner les élèves, qui eux-mêmes font semblant d’étudier…la sentence est finalement lourde, 80% d’échec et ce n’est pas une blague. Après l’on s’étonne que des jeunes s’occupent en adhérant aux comités de soutien. L’oisiveté ne serait t’elle pas la mère de tous nos vices ? Peut on condamner un jeune inactif, militant dans un comité de soutien d’autant que cela rapporte des sous ? Ces jeunes ont compris, du moins certains d’entre eux ; ils seront les premiers à chasser Kouyaté le moment venu mais en attendant ils essaient aussi, à leur manière, de profiter du système. Un jeune mal formé, recalé au bac et exclu de son établissement ; avec des parents ne disposant pas de ressources financières conséquentes pour lui offrir une formation alternative, quel choix s’offre à ce dernier ? Pour lui, comme pour la majorité des jeunes de Guinée, l’avenir est plus une grande peur qu’un petit espoir. Ce gouvernement pourra tout fait pour, nous démotiver, hypothéquer notre avenir, spolier la république, diviser la jeunesse ; mais il ne nous enlèvera jamais le droit de rêver d’un avenir meilleur, le droit de nous battre pour cet avenir, l’envie de construire des projets de demain pour notre terre. Jeune de Guinée ou « orphelin » de la patrie, tu n’as aucune chance mais comme Jamel Debbouze (célèbre humoriste français d’origine nord africaine) je te dirais : tu n’as aucune chance alors saisis la ! Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com

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