Enlèvement. Guinée : la “mauvaise pub de ‘disparition forcée’” qui colle à la peau du général Doumbouya
- Par Administrateur ANG
- Le 12/01/2026 à 17:56
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Alors que le général Mamadi Doumbouya s’apprête à être investi président de la République en Guinée, au terme d’une élection contestée, l’enlèvement récent de l’opposante Néné Oussou Diallo montre la persistance des pratiques répressives dans le pays, selon la presse ouest-africaine.
L’une des rares voix à s’exprimer au sujet de l’enlèvement, le vendredi 9 janvier, de l’opposante guinéenne Néné Oussou Diallo est venue de l’étranger. De son lieu d’exil, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, principal parti d’opposition, suspendu depuis six mois), Cellou Dalein Diallo, a publié le samedi 10 un communiqué condamnant “énergiquement” ce rapt, indique le site d’info Guineenews.
Survenu moins de deux semaines après la présidentielle du 28 décembre, l’enlèvement de cette militante de l’UFDG a été “perpétré par des agents en uniforme, encagoulés, venus à bord de trois pick-up non immatriculés”, selon le chef du parti. Un mode opératoire bien connu des Guinéens, qui assistent à une multiplication des enlèvements depuis 2024. “Vingt-quatre heures après [le kidnapping], toutes les démarches menées par la famille et le parti pour localiser Mme Diallo sont restées infructueuses”, a ajouté Cellou Dalein Diallo.
Ce dernier a dépeint une militante intègre, membre active du bureau du parti, et qui, contrairement à d’autres cadres de cette formation politique, avait refusé de céder à la transhumance politique et de rallier le régime civilo-militaire de Mamadi Doumbouya. De nombreux opposants, journalistes et membres de la société civile ont accepté des postes dans son administration.
L’auteur du putsch du 5 septembre 2021 a été désigné vainqueur de la présidentielle du 28 décembre 2025. Il doit être investi président de la république de Guinée le 17 janvier, et entamer un mandat de sept ans renouvelable une fois.
Une voix critique du pouvoir
“Les disparitions forcées continuent-elles de plus belle en Guinée ?” s’interroge Le Lynx. L’hebdomadaire satirique guinéen note que Néné Oussi Diallo “n’hésitait pas, ces derniers temps, à critiquer le pouvoir en place”. Il rappelle également “la liste bien fournie des kidnappés”.
Parmi ceux-ci, les activistes Foniké Mengué et Billo Bah, et le journaliste Habib Marouane Camara, mais aussi des parents de journalistes ou de voix critiques, énumérés dans le communiqué de l’UFDG que relaie Wakat Séra.
“Le général [Doumbouya] avait-il besoin de cette mauvaise pub de ‘disparition forcée’ ?” se demande par ailleurs le site d’info burkinabè, qui écrit :
“Si tant est que l’élection présidentielle est censée ouvrir une nouvelle ère de gouvernance en Guinée, il importe que tous les citoyens, même ceux éloignés du pays parce qu’ils dérangent les plans du général, retrouvent leurs droits, afin que la forte soif de justice sociale soit étanchée.”
Il s’agirait du premier enlèvement connu d’une femme, en Guinée, sous le régime de Mamadi Doumbouya. “Ces disparitions forcées, poursuit Cellou Dalein Diallo dans son communiqué, constituent une pratique courante utilisée par la junte pour faire taire définitivement les voix dissonantes et entretenir le climat de peur et de terreur indispensable à la confiscation du pouvoir politique”. De nombreux opposants ont contesté la validité des résultats de la présidentielle, notamment le taux de participation, établi à 80 %.
Source: Courrier International
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