EPILOGUE D'UN ECHEC

 L’état du pays est arrivé à un stade de décomposition avancé. On pensait que toutes les limites avaient été atteintes mais chaque période, ou du moins, chaque décret qui passe apporte son lot de consternations. Cette contribution ne s’attardera point sur les récents errements de nos hommes d’Etat. Cependant, les cheminements empruntés pour arriver à ce cap seront débattus. A cet effet, nombres de questions vont être posées afin de faire une tentative de démêlement des embranchements de cette complémentarité, ou non, entre Kouyaté & Conté dans une République apparaissant définitivement sous une forme exténuante. Pourquoi Kouyaté n’a pas réussi ? La raison de cet échec cuisant est, entres maints raisonnements, la jubilation avec laquelle il s’installait dans sa fonction de premier ministre. Tandis que de nombreuses mères de familles continuaient de pleurer les êtres chers qu’elles avaient perdus, Kouyaté avait d’autres priorités. Dans le même temps, les criminels de nos frères, continuaient de porter leurs uniformes militaires en dignes fils de la République. Rappelons que le mobile des crimes de janvier et février était le maintien de Lansana Conté à la magistrature suprême. De ce fait, toute enquête crédible relative à ces massacres, mènerait à la présidence de la République et Kouyaté ne pouvait pas assumer ce défi vis-à-vis de son bienfaiteur. Le deuxième acte qu’aurait pu poser Kouyaté, s’il était animé d’une bonne intention, aurait été l’assainissement de l’économie guinéenne en stoppant les criminels économiques qui continuent égoïstement de prélever la Guinée de toute sa substance. Ces « terreurs » économiques de la Guinée sont eux aussi des piliers de ce système qu’il devait combattre et une fois de plus Kouyaté s’est détourné. Ces deux premiers enjeux étaient trop robustes pour notre Premier ministre qui s’est juste préoccupé de son maintien à la primature. Cette stratégie de Kouyaté, censé le porter plus tard à la tête de la magistrature suprême, sourit plutôt à notre général qui a réussi à regrouper tous ses pouvoirs confisqués par les revendications populaires et l’accord tripartite. D’aucuns crient au gâchis du fait que le Premier ministre ait perdu certaines des ses prérogatives alors que rien n’a fondamentalement changé pour le peuple de Guinée qui subira la même sentence. La méthode Kouyaté ou Conté a les mêmes effets. Les meurtrissures du peuple ne sont pas prêtes de se colmater. Notre premier ministre, aurait-il pu réussir sa mission ? Vu le contexte dans lequel Kouyaté est arrivé, on peut affirmer qu’il aurait du s’attaquer farouchement aux maux qui ont toujours gangrené notre chère Guinée. Le capital confiance, que lui a accordé le peuple tout entier, pouvait le faire déloger les pratiques de la mauvaise gouvernance. Il aurait ainsi posé les germes de la bonne gouvernance en Guinée. Kouyaté qui, sans doute, était une erreur de casting, ne pouvait pas s’attaquer à un système dont il fut et reste un des nantis. N’ayant jamais forgé dans le chantier de la bonne gouvernance Kouyaté était forcément voué à l’échec. Dans un pays où le ventre reste la principale préoccupation journalière il est très aisé de se donner une certaine légitimité avec des billets de banque. Cette brève épopée de Kouyaté aura fait des ravages, les corrompus se comptent par centaines, l’unité du peuple s’est fragilisée et le général s’est reconstitué. Le dernier communiqué relatif à la mise en place de commission d’enquête ne changera rien à la perception que la Guinée se fait désormais du premier ministre dit de consensus. Un nouveau premier ministre pourra t’il réussir là où Kouyaté a échoué ? S’il doit y avoir un nouveau premier ministre, nous ne devrons plus nous attendre à des miracles. Ce nouveau premier ministre aura un fort défaut de capital de confiance, car la peuplade se remettra difficilement des méthodes calamiteuses du diplomate Kouyaté. Le dévouement des personnes massacrées n’a pas été récompensé et s’est installé un profond sentiment d’injustice, d’impunité et de malédiction. Alors, un nouveau premier ministre, si compétent soit il, mais sans capital de confiance conséquent, ne pourra jamais disséquer les fondements de ce système enraciné pour longtemps dans les profondeurs de cette marre possédée par les démons de la mauvaise gouvernance. Il nous appartient à nous Guinéens de préserver le seul héritage qui est l’exemplaire union des fils de Guinée qui sont tombés pour avoir voulu labourer le champ de la démocratie qui a décidément du mal à se fertiliser sur la Guinée. Prenons acte de cela et refusons de nous laisser manipuler par les intrigues ethniques. Il y va de la stabilité du pays. Le pessimisme fait désormais partie des sentiments qui animent nombreux guinéens et espérons que 2008 changera cet état d’esprit.

Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com

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