ET SI LA GUINEE COURRAIT UN DANGER...

Dire que la Guinée court un danger, à un moment ou des incidents tragiques endeuillent la nation, c’est peut être, contribuer à entretenir la psychose qui tenaille déjà le peuple. Mais, garder aussi le silence devant une situation lourde de conséquences pour sa patrie, c’est s’exposer au risque d’une interpellation par l’histoire. C’est pourquoi, je me sens obligé de revenir ici sur certains aspects de la tragédie du 28 Septembre qui, à mon avis, présagent un cataclysme politique et humanitaire qu’il faut absolument prévenir, à travers une action concrète, collective et concertée, conduite dans un cadre juridique sans odeur de vindicte.

Soit dit en passant, lorsqu’une nation est frappée par des incidents comme ceux qui viennent de se produire chez nous, bien de gens en proie à la colère deviennent prônes aux pulsions. C’est normal. Cependant, il est bien de savoir les contenir pour éviter de faire des actes sous le poids de la colère. Car agir dans la colère c’est faire un pas vers le crime. Et, dans une situation de crime, les forts d’esprit parmi les victimes parlent de justice, tandis que les faibles crient à la vengeance. Pourtant, la vengeance est le refuge des faibles. S’y retrancher c’est perpétuer le crime.

En effet, depuis lundi 28 Septembre 2009, jour des horribles incidents en Guinée, des rumeurs de plus en plus persistantes, courent faisant état de l’implication d’une milice étrangère dans la répression sanglante qui a couté la vie à des centaines de Guinéens et mis celle de milliers d’autres en danger. Si les allégations sont confirmées, elles donneraient du poids à la thèse du crime organisé qu’avancent bien d’activistes d’organismes de défense des droits de l’homme. Et dans ce cas, c’est le pire qui est à craindre pour le pays.

Suite aux incidents du 28 Septembre, on a parlé de commission d’enquête. En attendant qu’elle ne soit mise sur pied, on peut déjà se prévaloir de certains témoignages qui donnent de la substance à la théorie d’utilisation des mercenaires, pour parer dès maintenant, à l’éventualité d’une guerre civile, qui déstabiliserait davantage la sous région Ouest Africaine. Les témoignages énumérés ci-après, devraient d’ores et déjà alerter les forces vives Guinéennes et la communauté internationale afin qu’une intervention rapide et efficace soit entreprise dans les brefs délais pour sauver la Guinée de l’implosion.

-Premier indice : la tenue de certains assaillants :

Sur l’une des photos que nous avons vues des événements, la tenue d’un des agresseurs, porte l’inscription POLIZEI, un terme qui signifie police en allemand. Or, à ce que je sache, l’uniforme des forces armées guinéennes ne porte nulle part ce label.

-Deuxième indice : l’idiome de certains agresseurs :

Selon divers témoignages recueillis auprès des manifestants, certains tueurs du Lundi noir 28 septembre 2009, sont des nationaux de quelque pays d’expression Anglaise. Bien de victimes reconnaissent avoir été agressées par des individus armés parlant l’anglais avec un fort accent Libérien.

-Troisième indice : la nature cruelle des atrocités infligées aux femmes:

Nos sœurs auraient subies des traitements extrêmement cruels de la part de certains hommes en tenue. Gardons nous d’en décrire ici les détails, par observance de la morale religieuse qui recommande le respect de la pudeur féminine. Certaines images dont il faut absolument s’abstenir d’exhiber sur le net, pour cette même raison, constituent des témoignages d’actes criminels poignants dont la répugnance rappelle les méthodes cruelles documentées, des rebelles du RUF et de l’ULIMO.

-Quatrième indice : les préavis de la presse nationale.

Bien des mois avant la répression lâche du lundi noir, la presse guinéenne et même certains organismes de défense de droits de l’homme ont indiqué, la présence d’un camp d’entrainement de rebelles à la frontière guinéo libérienne. L’on se rappelle d’ailleurs, que l’histoire des relations Guinéo Libériennes est ponctuée d’épisode de tension. Le Liberia a souvent accusé notre pays de servir d’arrière base aux rebelles responsables de la guerre civile qui l’a déchiré pendant une décennie. Le Liberia est maintenant calme, mais la Guinée, selon les sources indiquées, abriterait toujours certains de ses rebelles.

Quoi qu’il en soit, ces témoignages ne sauraient laver Dadis Camara de la responsabilité morale de ce qui s’est passé. De même, il ne saurait y avoir d’exutoire pour l’armée guinéenne. Dadis affirme n’avoir eu aucun controle sur la milice exterminatrice. Pour se donner bonne conscience, il s’est même rendu aux chevets des victimes hospitalisées, verser des larmes de crocodile. Mais, au delà de cette démarche boiteuse, on peut se demander comment des membres de sa garde rapprochée peuvent ils, sans aucune instruction venant de lui, intimer l’ordre à des individus en uniforme, de tirer sur de paisibles manifestants pro-démocratiques ? Pourtant pendant que ces hommes et femmes se faisaient lâchement abattre au stade, une foule de jeunes gens imberbes pro Dadis manifestait avec des slogans provocateurs à Kaloum, en toute tranquillité, défiant la même « interdiction du regroupement à caractère subversif » que les manifestants du stade.

Par ailleurs, en admettant aussi qu’une milice étrangère ait vraiment pris part aux exactions du 28 septembre. Serait ce possible en tant que président autoproclamé et chef de l’armée, que Dadis n’ait pas été informé de l’enrôlement et des conditions d’intervention de cette milice ? A moins qu’il ne réussisse à prouver que la milice était à la solde des leaders qu’il accuse, il aurait du mal à convaincre une cours de Justice. Quant à l’armée Guinéenne, elle a soit prêté main forte aux agresseurs, ou est demeurée inactive, gardant un silence coupable et complice pendant que les citoyens qu’elle est censée défendre se faisait canarder par des criminels drogués. Ce n’est pas étonnant. Car déjà, en 2007 on avait assisté à un scenario similaire.

Ce qui, en revanche est surprenant, voir même exaspérant, c’est de voir la CEDEAO prendre l’initiative de venir assurer une médiation entre l’opposition et le CNDD. La CEDEAO parraine souvent la conclusion d’accords controversés qui poussent à se demander si elle ne cautionne pas la fossilisation des pratiques dictatoriales dans la sous région. L’on se rappelle qu’en 2007, elle a préféré les bons offices d’un ancien putschiste pour venir débloquer la crise politique dans notre pays, qui n’était pas favorable au président d’alors, Lassana Conte. Les négociations sous les auspices de l’envoyé de la CEDEAO, Ibrahima Babangida, dénouèrent la crise mais en faveur de Conte.

Cette fois ci encore, elle veut nous imposer un autre putschiste qui, à 3 fois de suite, a tripatouillé la constitution de son pays en sa faveur. Il s’agit du pro CNDD, Blaise Compaoure. La Guinée, toute entière doit rejeter cette offre de négociation, car elle sera périlleuse pour la nation. Les leaders politiques et toutes les organisations de la société civile, devraient dire non à cette proposition de la CEDEAO. Car, l’accepter serait contribuer à prolonger le calvaire Guinéen. Comment peut-on en effet, négocier avec une bande d’individus composée :

D’hommes dont la place devrait être un camp d’internement pour troubles comportementaux, instabilité émotionnelles, attaques narcissique et j’en passe

Des maniaques drogués, repris de justice, et impunis tueurs à gages qui n’ont intégré l’armée que pour assouvir des pulsions criminelles sans être inquiétés, puisqu’en Guinée, le corps militaire fait et demeure au dessus de la loi.

Non, négocier avec le CNDD, ce n’est surtout pas ce qu’il faut à la Guinée en ce moment.

Ce qu’il faut à la Guinée, c’est faire venir une force d’intervention onusienne (ou de l’UA) qui reprenne le pouvoir d’entre les mains de Dadis, démilitarise les institutions républicaines, protège la population et prévienne des règlements de compte et/ou coup d’Etat jusqu’aux prochaines élections.

Ce qu’il faut à la Guinée, c’est surseoir à toutes élections immédiates, car dans le contexte actuel des clivages, ou les tensions politiques, sociales et ethniques sont plus que jamais grandes, des élections présidentielles s’avéreraient suicidaires.

Ce qu’il faut à la Guinée, c’est former un gouvernement d’union nationale, le temps de consolider l’unité politique et sociale ; d’assurer le toilettage de la constitution ; de renforcer les institutions de la république ; d’enquêter sur les expéditions punitives de Février 2007 et de Septembre 2009 et d’en juger les responsables.

Enfin, ce qu’il faut à la Guinée, c’est éviter que les émotions ne mènent éventuellement aux exécutions sommaires qui ne sont qu’une reproduction d’injustices, qui paralysent la nation.

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