La première mine d’Afrique gérée uniquement par des femmes se trouve au Zimbabwe
Les femmes de Karoi, au Zimbabwe, se frayent un chemin dans le secteur minier. Ces métiers, traditionnellement réservés aux hommes, s’ouvrent aujourd’hui aux femmes. Sally Boyani, de la BBC, s’est rendue à Zimbaqua, la première mine d’Afrique gérée uniquement par des femmes, et a parlé à certaines de ces femmes de leurs succès et des difficultés qu’elles rencontrent dans les champs de mines. Selon le Centre africain de développement minier (AMDC), au moins 40 à 50 % des femmes en Afrique travaillent pour briser ce cycle en rejoignant le secteur minier artisanal et à petite échelle, lit-on à bbc.com.
L’Afrique privée de près de 100 milliards de dollars par an
Fuites illicites, pratiques fiscales et commerciales illégales et activités criminelles coûtent chaque année à l’Afrique environ 89 milliards de dollars, selon la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED). C’est un montant équivalent à l’aide publique au développement et aux investissements directs étrangers que le continent reçoit. L’équation est assez simple. Chaque année, l’Afrique se voit privée de 89 milliards de dollars de capitaux fuyant le continent de manière illicite. Pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD), ce même continent nécessite environ 200 milliards de dollars d’investissements. C’est le triste constat de la CNUCED dans un rapport publié lundi soir. Le constat est d’autant plus inquiétant que ces flux financiers illicites, sortant du continent, sont quasi équivalents au total de l’aide publique au développement reçue par les pays africains (48 milliards de dollars) et des investissements directs étrangers (54 milliards de dollars) pour la période 2013-2015. Pour résumer, chaque année, c’est l’équivalent de 3,7 % du PIB africain qui quitte le continent de manière illicite. De 2000 à 2015, ce sont 836 milliards de dollars qui ont fui le continent. Comparé au stock total de la dette extérieure de l’Afrique, qui s’élevait à 770 milliards de dollars en 2018, cela fait de l’Afrique un « créancier net du reste du monde », selon le rapport. Ces sorties de capitaux recouvrent tout autant des fuites illicites que des pratiques fiscales et commerciales illégales à l’instar de la fausse facturation des échanges commerciaux, des activités criminelles provenant des marchés illégaux, de la corruption ou du vol. En la matière, le secteur des matières premières est en première ligne. La CNUCED recense, en 2015, 40 milliards de dollars de fuite illicite en lien avec l’exportation de produits extractifs. Sur ces 40 milliards, 77 % étaient concentrés dans la chaîne d’approvisionnement de l’or, suivie de celle des diamants (12 %) et du platine (6 %). La CNUCED prend soin de souligner que ces chiffres sous-estiment probablement le problème et son impact. Autre problème : la perte de recettes fiscales au profit de ces flux financiers illicites est particulièrement coûteuse pour l’Afrique. En 2014, la CNUCED estime les pertes à 9,6 milliards de dollars au profit des paradis fiscaux, soit 2,5 % du total de ses recettes fiscales. La fuite illégale de capitaux liée aux activités commerciales est « souvent liée à des stratégies d’évasion ou de fraude fiscale, conçues pour transférer des bénéfices vers des juridictions à faible taux d’imposition ». Et d’ajouter qu’en raison de l’absence de règles nationales sur les prix de transfert dans la plupart des pays africains, les autorités judiciaires locales ne disposent pas des outils nécessaires pour lutter contre la fraude fiscale des entreprises multinationales. Les solutions doivent passer par une coopération fiscale internationale et des mesures de lutte contre la corruption, préconise la CNUCED. La communauté internationale devrait consacrer davantage de ressources au renforcement des capacités des autorités fiscales et douanières des pays en développement. Sans une action décisive, « l’Afrique ne sera pas en mesure de combler cet important déficit de financement pour réaliser les ODD avec les recettes publiques et l’aide au développement actuelles », alerte la CNUCED, note de son côté lesechos.fr.
Moctar FICOU