L'opposition appelle à une journée ville morte pour le lundi 25 novembre 2013 pour protester contre la décision de la Cour suprême

L'opposition guinéenne vient de lancer le mot d’ordre de « journée ville morte » pour le lundi 25 novembre 2013 sur toute l'étendue du territoire national. Une décision prise au terme d'une réunion tenue ce mercredi 20 novembre 2013 au siège du PEDN de Lansana Kouyaté à Lambandji et qui selon elle, vise à protester contre le verdict de la Cour Suprême par rapport aux résultats des élections législatives du 28 septembre dernier".

Compte-rendu de la réunion de la crise livré par le porte-parole Aboubacar Sylla 

« Nous avons décidé de nous retrouver aujourd’hui pour harmoniser comme d’habitude nos positions pour réaffirmer la dynamique d’unité qui nous anime depuis quelques années. En même temps, nous avons essayé de passer en revue l’actualité politique et pris certaines décisions concernant le processus électoral qui est entrain de s’achever en Guinée. Mais avant tout cela, nous avons fustigé encore une fois, la violence de forces de l’ordre dans notre pays. Nous avons condamné les différentes exactions qui ont eu lieu ces derniers jours et qui ont conduit à l’assassinat d’un jeune de quinze ans à Cosa. En même temps aussi, nous avons déploré que ces violences de forces de l’ordre s’exercent sur vous également les hommes de medias (…) C’est le cas du journaliste Tamata qui a été violenté devant le Président de la République en personne et également le cas de monsieur Madian Sidibé qui a été victime d’une tentative d’enlèvement au tour de sa radio. En plus de cela, nous avions revu les différentes actions que nous avions engagées pour protester contre la fraude massive et généralisée qui a eu lieu lors des élections législatives du 28 septembre dernier.

En particulier, nous avons décidé d’adresser un courrier officiel au secrétaire général des Nations Unies. Dans ce courrier, nous avons décidé de relater tout ce qui s’est passé dans ce processus en matière de violation de droit et des règles démocratiques et de transparence. Nous allons annexer à ce courrier et tous les fonds du dossier concernant les différents recours que nous avons introduit au niveau de la cour suprême, et nous allons attirer l’attention sur le fait que notre pays ne dispose plus de recours institutionnel pour traiter du contentieux électoral. Etant donné que la cour suprême s’est déclarée elle-même son incompétence quant à recevoir les différents pourvois introduits par les partis politiques qui sont sentis lésés au cours de ses élections. Nous avons décidé d’envoyer ce même courrier non seulement au secrétaire général de l’ONU mais également à l’union européenne, à l’Union Africaine et à la CEDEAO.

Nous avons également attiré l’attention sur le fait que la fin de la mission du comité de suivi ait créé un vide politique qu’il fallait combler. Car il n’y a plus aujourd’hui en Guinée une passerelle entre l’opposition et la mouvance présidentielle, il n’y a plus de cadre de dialogue. Or, toutes les institutions nationales comme internationales nous encouragent à persévérer dans la poursuite d’un dialogue politique qui peut empêcher que les violences ne soient l’unique alternative pour régler les différends politiques en République de Guinée. C’est pour cette raison que nous souhaitons qu’un cadre de dialogue permanent soit mis en place, pour permettre entre autres, l’examen de la mise en œuvre des différentes dispositions de l’accord du 03 juillet dernier, dont beaucoup des engagements pris par le gouvernement ne sont pas encore remplis ; notamment le remplacement de l’opérateur technique Waymark Sabari, la tenue des élections communales à date, c’est-à-dire avant le fin du premier trimestre de l’année prochaine, et l’indemnisation des différentes victimes des manifestations, et l’ouverture des medias publics à tous les courants de pensée et d’opinion.

En conséquence, nous avons décidé de rappeler les guinéens et les populations en particulier, à observer pour le lundi 25 novembre prochain, une journée ville morte dans les cinq communes de la capitale, pour protester de cette façon, contre la démission de la cour suprême contre l’organisation d’élections truquées, contre la prise en otage du vote exprimé par la peuple de Guinée le 28 septembre dernier.  

Nous devions également donner une réponse par rapport à notre participation ou non à l’Assemblée nationale. Compte tenu de la situation chaotique que je viens de décrire, nous avions demandé à ce que les tous les partis politiques se concertent au niveau de leurs bases et de leurs structures respectives, pour que ces partis viennent avec une décision consensuelle, et prendre part aux débats que nous devions ouvrir aujourd’hui pour prendre une décision conjointe, finale, de toute l’opposition concernant notre participation ou non à l’Assemblée Nationale.
Il se trouve que ce processus de consultation au niveau des partis politiques n’est pas achevé pour tout le monde, donc, nous avons décidé de remettre la prise de cette décision de notre participation ou non, aux jours suivants et demandé à ce que tous les partis politiques de l’opposition soient sur la même longueur d’onde, car nous tenons à préserver cette unicité de l’opposition, nous tenons à aller ensemble au parlement ou à ne pas y aller, ensemble.
Sur ces entre faits, nous avons donné quelques jours supplémentaires pour que tous les partis politiques viennent avec une position concertée, consensuelle au niveau de leurs bases respectives afin que nous examinions ensemble la pertinence des arguments des uns et autres pour aller ou pour ne pas aller au parlement ».

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