« Comment voulez-vous que les gens puissent croire que le scrutin du 19 septembre se déroule dans le calme, alors qu'il est déjà plombé par le premier» tour, dit Kouyaté. « Les positions sont tranchées. Aujourd'hui, la manipulation ethnique est devenue une réalité. (...) Tout cela est gros » et représente « un danger réel » pour le second tour, estime-t-il.
« Nettoyer » le système informatique de la Ceni
Pis, Lansana Kouyaté redoute « le vote ethnique et le repli, qui pourraient déboucher sur le jusqu'au-boutisme où certains disent : c'est notre tour. (…) Il faut craindre des affrontements opposant un camp composé majoritairement de Peulhs et l'autre de Malinkés, de gens de la forêt et de la basse côte », précise l'ancien Premier ministre, qui évoque « une bipolarisation dangereuse » pour le pays.
Arrivé quatrième lors du premier tour, Kouyaté est le porte-parole d'une « alliance arc-en-ciel », regroupant des partis qui se sont ralliés à l'opposant historique Alpha Condé, parvenu au second tour avec 18,25 % des voix. Il est opposé à Cellou Dalein Diallo qui a obtenu 43,69 %.
Sans prôner une révision constitutionnelle comme Jean-Marie Doré, suspecté d’être favorable à Alpha Condé, Kouyaté estime qu'il « ne faut pas aller n'importe comment » au second tour. Il préconise par conséquent le « nettoyage » du système informatique de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), afin d'éviter les fraudes et irrégularités du 27 juin qui avaient provoqué recours en série.
Levée de boucliers
En clair, une co-organisation du scrutin par la Ceni et le gouvernement est souhaitable à ses yeux. « La Ceni était partisane au premier tour, elle le sera au second », affirme-t-il. « Elle sera comptable de tout ce qui peut arriver à ce pays. Une mauvaise élection peut entraîner le chaos », a-t-il averti.
Sa position rejoint donc celle de Jean-Marie Doré qui souhaite associer le ministère de l'Administration du territoire et des Affaires politiques à l'organisation du second tour, au détriment de la Ceni. Une proposition qui a provoqué une levée de boucliers contre M. Doré, le parti de Cellou Dalein Diallo et la société civile allant jusqu'à demander sa démission.