Le refus de l'opposition de participer à la formation des démembrements de la CENI compromet le processus électoral (Synthèse)

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Le refus de l'opposition de designer leurs représentants au sein des démembrements de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), est un handicape sérieux au déroulement du processus électoral, et compromet la tenue desdites élections législatives. La classe politique de l'opposition guinéenne regroupée au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) ont réclamé vendredi une recomposition des démembrements de la CENI.

Au cours d'une rencontre avec la presse nationale, les leaders de l'opposition estiment que l'actuel CENI dirigée par son président Bakary Fofana, n'est plus digne de confiance et ne se préoccupe pas des revendications de l'opposition.

Le chef de file de l'opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo, président du Parti de l'Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) a accusé le président de la CENI de vouloir organiser des élections pour favoriser la mouvance présidentielle, au détriment de l'opposition.

Au nom de ces collègues, Cellou Dalein Diallo a fait état de plusieurs dysfonctionnements de la CENI et la prise de décision unilatérale au sein de cette institution, sans aucune consultation interne avec tous les commissaires désignés.

Pour lui, la date du 12 mai fixée par la CENI pour la tenue des élections législatives, n'est pas une date objective et ne prend pas en compte toutes les étapes de déroulement du processus électoral.

Selon les leaders du collectif et de l'ADP, le président de la CENI a volontairement dissimilé le rapport de l'Organisation internationale de la francophonie mettant à nu les insuffisances de Waymark pour le recensement des électeurs guinéens.

Ils (les leaders de l'opposition) dénoncent également l'implication des préfets et sous-préfets dans l'installation des membres de la commission électorale préfectorale indépendante ( CEPI) et de la commission électorale sous-préfectorale indépendante (CESPI), sans oublier le vote des Guinéens de l'étranger qu'ils qualifient de non négociable avec la CENI.

Face donc à ces multiples revendication politiques, l'opposition décide de reprendre les manifestations de rue, si aucune action n'est entreprise par le pouvoir central, dans le cadre d'une satisfaction complète de leurs revendications.

Pour ce faire, ils ont souhaité que les institutions internationales ne se mêlent pas de la politique interne du pays, pour jouer le jeu de l'impartialité et d'égalité entre l'opposition et le régime politique en place.

Les partis politiques se réclamant du centre n'ont pas réagi à cette option de l'opposition radicale, dans leur élan de revendication politique.

Pour les leaders de ce bloc des centristes, il serait toujours souhaitable de trouver un consensus pour faire avancer le processus des élections, qui dure depuis plus de deux ans après les élections présidentielles en 2010.

La vision des partis centristes est donc de jouer à la médiation entre l'opposition "radicale", souvent camper sur ses positions de réclamation et la mouvance présidentielle dévouée à soutenir la position de la CENI, dans ses attributions d'organiser toutes les élections en Guinée.

Du coté de la mouvance présidentielle, formée autour du parti au pouvoir (le RPG Arc-en-ciel), les préparatifs seraient en cours pour la mobilisation des militants et sympathisants afin de rafler la majorité au sein de la future Assemblée nationale.

Interrogé par un correspondant de Xinhua, Dr Alhousseny Makanera Kaké, membre de RPG Arc-en-ciel, a affirmé que la loi sur la CENI ne préconise pas une participation obligatoire de l'opposition dans la formation des démembrements de cette institution électorale.

Pour lui, la désignation des membres de l'opposition dans la CEPI et la CESPI est un "droit et non un devoir". Toutefois, cette participation vise essentiellement à rassurer les acteurs impliqués dans le processus sur le caractère de transparence et de crédibilité du processus.

"Je vous garantie que cette fois-ci le processus ne s'arrêtera pas parce qu'un groupe de leaders ne veut pas aller aux élections législatives", a conclu M. Kaké.

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