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Mamadi Doumbouya, président élu, appelle "à bâtir une Guinée de souveraineté"

Capture d ecran 2026 01 05 083301 png1Le président élu Mamadi Doumbouya a appelé dimanche soir à "bâtir une Guinée de souveraineté politique et économique", dans son premier discours à la nation après la proclamation par la Cour suprême de sa victoire à la présidentielle du 28 décembre, une élection taillée pour lui.

"J'appelle solennellement toutes les filles et tous les fils de notre nation, d'ici et de la diaspora, à se rassembler pour bâtir ensemble une Guinée nouvelle, une Guinée de paix, de justice et de prospérité partagée, et de souveraineté politique et économique pleinement assumée", a lancé le général Doumbouya, élu pour un mandat de sept ans, dans un message vidéo depuis le palais présidentiel à Conakry.

A l'issue de ce scrutin taillé sur mesure - les ténors de l'opposition en exil avaient été écartés du scrutin, dans un contexte de rétrécissement des libertés dans ce pays - Mamadi Doumbouya légitime un règne sans partage sur la Guinée, qu'il dirige d'une main de fer depuis un coup d'Etat en septembre 2021 ayant renversé le président civil Alpha Condé.

"Nous avons démontré au monde que la Guinée sait choisir son destin dans la paix et le respect des institutions comme l'attestent les rapports des missions d'observation internationales", a affirmé dimanche soir le président élu.

"Une Guinée unie"

"Je remercie tous les acteurs impliqués pour cette belle réussite collective qui témoigne de la maturité de notre processus de gouvernance participative. Aujourd'hui il n'y a ni vainqueur, ni vaincu, il n'y a qu'une seule Guinée unie et indivisible", a-t-il lancé, affirmant qu'il "tendra la main à toutes les filles et fils de Guinée pour bâtir ensemble un avenir prospère".

Plus tôt dans la soirée, le premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, avait proclamé la victoire dès le premier tour du général. "Monsieur Mamadi Doumbouya, candidat indépendant, a recueilli 86,72% des suffrages", avait annoncé M. Bangoura, lors d'une audience de proclamation des résultats définitifs qui confirment le score du candidat donné mardi soir.

M. Doumbouya s'est présenté à cette élection, remportée sans avoir fait campagne sur le terrain et sans opposants d'envergure, en dépit de sa promesse initiale de rendre le pouvoir à des civils au terme d'une période de transition.

Cette présidentielle est censée parachever le retour à l'ordre constitutionnel, quatre ans après la prise de pouvoir des militaires.

Le général Doumbouya faisait face à huit adversaires peu connus du grand public.

Selon ces résultats définitifs, Abdoulaye Yéro Baldé, chef du Front démocratique de Guinée (Frondeg), arrive deuxième avec 6,59% des voix, score également inchangé par rapport aux résultats provisoires.

Colosse de 41 ans, Mamadi Doumbouya a promis "la paix et la stabilité" aux quelque 13 millions de Guinéens dans son clip de campagne.

L'opposition avait appelé à boycotter ce scrutin, qualifié de "simulacre d'élection".

Alpha Condé, qui était président depuis 2010 quand il a été renversé par les militaires, et les ex-Premiers ministres Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo, tous trois en exil, n'avaient pas été autorisés à se présenter.

A l'approche de la présidentielle, les treillis camouflage et le béret rouge habituels de Mamadi Doumbouya avaient cédé la place à des tenues civiles lors de ses très rares apparitions publiques, toujours entouré de ses hommes du Groupement des forces spéciales dont il est issu.

En septembre 2021, c'est à leur tête que le colonel Mamadi Doumbouya avait pris d'assaut le palais présidentiel.

"Moment grave"

Dans une réaction publiée peu après l'annonce de la Cour suprême, les États-Unis "félicitent le président élu Mamadi Doumbouya".

"Nous nous réjouissons de l'opportunité de consolider davantage nos relations bilatérales et de promouvoir la prospérité économique ainsi que la stabilité, au bénéfice de nos deux peuples", indique un communiqué publié sur la page Facebook de l'ambassade des Etats-Unis en Guinée.

Depuis le début du règne de la junte, une chape de plomb s'est abattue sur la Guinée.

Plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations - interdites depuis 2022 - sont réprimées et de nombreux dirigeants de l'opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l'exil.

Dans son discours du nouvel an, l'opposant Cellou Dalein Diallo a estimé que "le moment (était) grave, parce qu'on nous annonce la fin d'une transition et le retour à l'ordre constitutionnel alors qu'on a assisté à une prolongation du régime d'exception". Selon lui, "l'annonce d'une nouvelle ère est en réalité une plongée dans les ténèbres".

Source: TV5 MONDE INFO

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