NOTE RAPIDE SUR LE SCRUTIN DU 27 JUIN 2010

Apres une élection paisible mais entachée de fraudes massives et généralisées, nous nous apprêtons à retourner aux urnes pour le choix final du président de la république. Mais avant, une étape s’avère constitutionnellement nécessaire, la cours suprême doit se prononcer sur les résultats provisoires du premier tour, controversés en raison de fraudes relevées ça et là, non seulement par l’ensemble des candidats, mais aussi par le gouvernement guinéen lui-même. Si ces résultats sont entérinés, deux candidats, en l’occurrence d’Elhadj Cellou Dalin Diallo et Professeur Alpha Condé, devront effectivement en découdre pour la victoire finale. Et ce sera à une date située entre fin Juillet et début Aout.

Il nous incombe donc de mettre l’entre-deux-tours à profit, afin de porter un regard critique sur ce premier scrutin, le but étant d’en tirer toutes les leçons possibles, pour la suite du processus électoral et l’avenir démocratique de notre pays. Déjà, un simple clin d’œil sur les suffrages partiels obtenus par chacun des 24 candidats du premier tour, permet de noter, en plus des gravissimes fraudes rapportées, que notre vote historique a été foncièrement ethnique et communautaire. Si l’on n’est pas surpris du caractère ethnique du vote, son ampleur nous a toutefois, tous pris de court. C’est une triste et regrettable situation, voir un exploit malheureux face auquel, d’aucun s’empresseront de crier à l’échec. Mais rien n’est moins faux. Ce qui, en revanche est vrai, c’est qu’il y a des avantages et des leçons à tirer de cette élection, comme c’est le cas dans toute situation malheureuse.

Tout d’abord, ce scrutin a permis de désillusionner les ethno-stratèges. N’aura-t-il pas prouvé aux plus défiants d’entre ceux qui naguère, s’éprenaient triomphalement de l’arithmétique ethnique, qu’aucune communauté à elle seule, ne peut porter un candidat à la magistrature suprême,  dans une Guinée faite d’une mosaïque hétéroclite d’ethnies différentes, toutes aussi égales en droits qu’en devoirs ? En tout cas le moins qu’on puisse souhaiter c’est que la leçon soit retenue. La deuxième leçon à tirer du scrutin est que le peuple a exprimé une volonté décisive de rompre avec les méthodes de gestion rétrograde de la chose publique. A en juger tant par le taux élevé de participation électorale que par l’engouement général, l’atmosphère paisible et l’esprit de citoyenneté ayant prévalu tout au long de la journée du vote.

Et d’ailleurs, c’est grâce à ces aspects positifs, que nous demeurons moins sceptiques quant à l’avenir politique de notre pays. Notre troisième leçon est consécutive au constat que le comportement civique des votants, a été un contraste au travail de la CENI, resté dominé par l’amateurisme et l’affairisme de nombre de ses membres. Lesquels, à dessein, auraient monté une véritable opération de sabotage, l’échafaudage duquel, n’aura pas forcement échappé à notre General président. Un homme rusé mais malléable (à la différence d’un Dadis, malgré tout, intraitable), entouré d’un groupe de mafiosi pour qui, les intérêts mercantiles semblent passer avant tout souci légitime de la population. Par ailleurs, ce général qui aime feindre l’innocence à tout les coups, nous a habitué, malgré nous, à de lâches menaces de démission (chaque fois qu’il est contrarié). Apres son petit cinéma à Ouaga, le voici qui récidive au motif de critiques et d’injures. Ce qui m’amène à me demander personnellement si notre général est vraiment un général. Car, un vrai général président qui n’a rien à se reprocher, est imperméable aux critiques et ne peut démissionner sans raison valable.

Qu’a cela ne tienne, et c’est ma conclusion, le scrutin du 27 Juin, malgré ses imperfections, est en passe d’être consommée, et même s’il y’a encore au sein de l’opinion, un mélange d’euphorie et de morosité, d’indifférence et de révolte vis-à-vis de son déroulement, on peut se permettre de supposer que le pari guinéen à été gagné. Mais il faudra attendre quelques temps, pour apprécier si cette élection a été un acquis, ou tout simplement un leurre, c'est-à-dire une mascarade commerciale orchestré par un groupe mafiogique dans le but de se payer une retraite de luxe dans quelques eldorados étranger au grand dam du peuple, auquel cas, la confiance et l’espoir de tout un peuple auront été trahis.

A. Modibo Traoré  bimodib@yahoo.fr

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