Pourquoi Louncény Camara ne peut être à la tête de la CENI

Depuis plusieurs semaines, l’opinion nationale et internationale assiste, avec une certaine exaspération à un combat à la tête de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). En effet, depuis la maladie de Ben Sékou SYLLA et son évacuation, Madame Mame CAMARA assurait l’intérim et il n’y a jamais eu de problème. C’est le constat d’une défaite inévitable au second tour qui entraîne une grande gymnastique de la part du RPG et de ses alliés pour mettre la main sur l’indépendance de cette institution en y imposant son homme à la tête de la CENI.

Il est important de rappeler que cet acharnement de la part de l’Alliance Arc-En-Ciel avait commencé avec la volonté d’impliquer plus qu’il n’en faut le MATAP, donc l’administration dans la gestion des élections comme du temps de Conté. C’est l’échec du fameux décret qui a motivé ces différentes attaques contre la CENI dans le but de mettre à sa tête Louncény CAMARA.

C’est alors que l’on assiste à un coup d’Etat qui ne dit pas son nom et là, la CENI se retrouve divisée et ce bicéphalisme à la tête de la CENI entraîne forcément un certain dysfonctionnement au sein de l’Institution. Ce qui fait qu’à la date d’aujourd’hui, une date du second tour a été fixée, mais la tête de la CENI n’est toujours pas connue.

Ceci est juste pour mettre le décore. Maintenant, essayons de parler des tractations et des manigances qui font que Louncény CAMARA, dont la neutralité est en conflit avec le serment qu’il a prêté, ne peut être le Président de la CENI.

Au-delà des problèmes qui concernent les cartes Alpha Numériques qui manquent curieusement à l’appel dans certaines Préfectures de la Moyenne et de la Basse Guinée, nous avons appris la soustractions de Procès Verbaux qui se sont retrouvés bizarrement dans le Bureau de Louncény CAMARA. Drôle de coïncidence.

L’opinion a également appris durant cette période d’incertitude l’incendie qui s’est déclaré à la fois au dépôt de la CENI au Camp Samory TOURE et au siège de la FOSSEPEL. Les conséquences ont été minimisées par les responsables mêmes de la CENI en disant que cet « incident » n’allait pas compromettre le déroulement du scrutin du second tour.

Par la suite, nous avons suivi la disparition de matériels informatiques destinés à la centralisation des résultats. Et c’est là que les choses se compliquent pour Louncény CAMARA. Nous rentrons désormais dans la court de la haute magouille. En effet, le matériel informatique qui aurait disparu est en fait celui que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) avait fourni dans le cadre de la sécurisation et de la centralisation des résultats. A souligner que l’OIF avait obtenu l’accord, l’aval de toutes les parties.

Depuis le départ, Louncény CAMARA ne voulait pas de cette Organisation et se battait pour envoyer une entreprise Sud Africaine du nom de WAYMARK, pour la gestion de cette sécurisation et de la centralisation des résultats. Maintenant on comprend les raisons de cette volonté de prendre la tête de la CENI et de gérer la centralisation au profit du candidat de l’Alliance Arc-En-Ciel.

Louncény CAMARA avait tout fait avant la tenue du premier tour à ce que Ben Sékou SYLLA accepte cette société Sud Africaine, mais en vain. La seule solution pour Mr. CAMARA était donc, pour le second tour d’empêcher l’OIF de mettre en place son système de centralisation et s’il est président de la CENI, il lui sera plus facile de propulser sa société Sud Africaine.

A noter que les ingénieurs de la Société WAYMARK, au nombre de 6 sont arrivés le Jeudi 30 Septembre avec pour objectif d’installer leur système, créant ainsi un contexte de deux systèmes parallèles. L’objectif de ce système n’est autre que de semer le doute et permettre au camp perdant qui sera forcément l’Arc-En-Ciel d’avoir des raisons de contester les résultats.

Les membres de la CENI eux-mêmes sont inquiets de la venue de cette société, d’autant plus que les ingénieurs ne connaissent et n’obéissent qu’aux ordres de Louncény CAMARA. De sources non officielles, il est dit que cette société, à travers la CENI Sud Africaine aurait donné du matériel informatique. Mais selon les mêmes sources, les partenaires de la Guinée ne veulent pas s’investir dans cette aventure.

Autres faits du hasard ou coïncidence bizarre, depuis la nomination contestée de Louncény CAMARA à la tête de la CENI, on se rend compte de la volonté du gouvernement à désormais accompagner les efforts de la CENI, alors qu’il traînait les pieds depuis la fin du premier tour.

La volonté de magouiller et de tripoter ce scrutin du second tour est vraiment manifeste, et cela, au sommet même de l’Etat.

Pour information et aide mémoire, il faut savoir que cette société Sud Africaine a eu des problèmes en Tanzanie en 2005, lors des élections Présidentielles. Le contrat avait alors été rompu et ladite société avait été accusée d’avoir inscrit 2007 électeurs fictifs sur le fichier électoral.

Dans tous les cas, le message du Président de l’Alliance Cellou Dalein Président est clair, net et précis : « On accepte la date du 24 Octobre, à condition qu’il n’y ait plus de report et on rejette catégoriquement la Présidence de Louncény CAMARA. Et s’il est maintenu, nous n’irons pas aux élections ! »

Comme dit BAH Oury, la balle est dans le camp du Général des Armées. S’il y a le respect de la date, la transparence et une bonne gestion dans le processus électoral, il en sortira gagnant plus que n’importe qui, mais s’il cautionne la pagaille, il en tirera toutes les conséquences !

 

Mamadou BARRY,

Analyste Financier mamadoubiro@yahoo.fr

68-28-09-09 (Orange – 28 – Septembre – 2009)

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