Présidence de la CENI : Louncény Camara décide finalement de jeter l’éponge

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Il était grand temps diront certains et plutôt tard pour d’autres, cette décision du très contesté Président de la CENI Louncény Camara, qui visiblement contrarié, a au cours du journal télévisé du mercredi 05 septembre 2012,  annoncé à la surprise générale, sa décision de ne pas briguer à nouveau son poste,  dans la perspective de la restructuration de l’institution qu’il dirige en ce moment. Une décision innatendue de la part de l'homme qui contre vents et marées à voulu se maintenir à la tête de cette entité chargée de piloter le processus électoral, malgré les multiples pressions de l'opposition qui a fait de sa démission, une des conditions de sortie de crise, pour son manque supposé et/ou avéré de neutralité dans la gestion des affaires en tant Président de ladite institution.

En effet, après des mois de contestations qui ont coûté la vie à des paisibles citoyens et causé des blessures et des emprisonnements de militants de l’opposition,  dont l’une des revendications portait sur sa démission de la présidence de la CENI, pour s’être rendu coupable de fraudes électorales dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle en faveur du RPG  parti au pouvoir, Loucény Camara qui déclarait il n’y a pas si longtemps que ça à qui voulait l’entendre, qu’il était hors  de question pour lui de rendre le tablier, ce malgré la fracassante démission ces derniers jours, des membres de l’opposition siégeant au sein de son institution, est subitement revenu à de meilleurs sentiments, en décidant de se retirer non sans avoir posé des actes équivoques contestés, dans les préparatifs de l’organisation des élections législatives à venir, dont entre autres, la signature d’un protocole d’entente avec le ministère de l’administration qu’il voulait coûte que coûte associer à la gestion du processus électoral alors que la loi ne confère à cette dernière qu’une mission d’assistance technique, l’achat à prix coûtant de kits d’enrôlement à l’Afrique du Sud que le gouvernement disait avoir acquis en tant que don, le choix sans appel d’offre de l’opérateur Waymark pour la révision du fichier électoral, dont les carences et les limites ont été mises en évidence par les audits du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), toutes choses qui ont non seulement inutilement fait perdre du temps, mais aussi et surtout de l’argent au contribuable guinéen.

Si cette décision que l’on peut qualifier de salutaire peut en quelque manière que ce soit contribuer à la décrispation de la crise politique, il faut quand même signaler que d’autres étapes décisives restent encore à franchir, car l’opposition regroupée au sein du Collectif et de l’ADP, pose aussi comme conditions de garantie de la tenue d’élections législatives, libres, transparentes et crédibles, l’adoption par le CNT de la loi organique relative à l’organisation, composition et fonctionnement de la CENI conformément à l’article 133 de la Constitution, avec l’exigence d’une restructuration complète et une composition paritaire de l’institution entre pouvoir et opposition, sans oublier la révision du fichier électoral par un nouvel opérateur choisi par voie d’appel d’offre.

 

Déclaration de Louncény Camara :

Mesdames et Messieurs,

Je viens d’être reçu par le Président de la République, le Professeur Alpha Condé. Je suis venu lui faire part d’une décision patriotique qui s’est imposée à moi. En effet, depuis quelques mois, des leaders politiques, refusant de jouer le jeu démocratique et d’adhérer au processus électoral en vue des prochaines élections législatives, prennent pour prétexte ma présence à la présidence de la CENI.
Une CENI à la tête de laquelle j’ai été porté à l’issue d’une élection claire qui s’est déroulée en présence de tous ses membres. Je ne puis accepter que ma présence à la Présidence de la CENI hypothèque l’organisation des législatives.

Au nom des valeurs éthiques et des principes que je défends, j’ai choisi l’intérêt supérieur de la Nation, l’intérêt de la Guinée. Ma modeste personne ainsi que ma fonction ne sauraient être un enjeu politique national. C’est pourquoi, en mon âme et conscience, j’ai décidé de saisir ma centrale syndicale pour qu’elle désigne un autre membre à ma place dans la nouvelle CENI. Je viens d’en informer Monsieur le Président de la République.

Je voudrais, par ce geste, permettre l’avancée du processus électoral. Je voudrais saisir cette occasion pour lancer un appel à toute la classe politique guinéenne afin qu’elle mette l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toute autre considération. Il est impératif pour tous d’avancer vers ces élections législatives tant attendues par notre peuple et tant souhaitées par la communauté internationale.

Mon souhait est que cet acte soit l’occasion pour tous les acteurs politiques de mettre un terme aux querelles partisanes autour de ces élections. En attendant la mise en place d’une nouvelle CENI et de son bureau, je continuerai à faire mon travail en toute conscience et en toute impartialité.Je vous remercie.

Synthès: BAYO Abidine

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