Remise en liberté d'officiers supérieurs guinéens proches de Dadis Camara

Une dizaine d'officiers supérieurs de l'armée guinéenne, proches de l'ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, ont été remis en liberté, le 14 juin 2010, après quelques jours de détention dans les locaux de la gendarmerie. La veille, le chef d'état-major de l'armée guinéenne, le colonel Nouhou Thiam, avait affirmé que ces officiers devaient « rendre des comptes » pour « clarifier des gestions opaques ».

« L’interpellation des officiers n’a rien de politique, ce n'est pas non plus un réglement de comptes ». Ce sont les termes du chef d’état-major de l’armée, le colonel NouhouThiam. Il faut donc, à l'entendre,  chercher ailleurs les motivations qui ont conduit à leur arrestation et à leur libération sans explication. 

« Il faut qu’on voit clair dans la manière dont les biens de l'armée sont gérés. Ceux qui ont détourné le bien de l’armée (...),  ils vont comprendre...», a-t-il lancé. Autrement dit, les interpellations de ces derniers jours seraient liés à la corruption au sein de l'armée. 

L'identité des militaires en question avait pourtant suscité des interrogations. Parmi les officiers supérieurs interpellés figuraient l'ancien chef d'état-major des armées, le colonel Oumar Sanoh, son adjoint, le colonel Abdoulaye Keita, ainsi que les colonels Alpha Ousmane Diallo (Marine), Ansoumane Kaba (armée de terre), David Haba (Défense nationale). Tous avaient été de proches collaborateurs du capitaine Moussa Dadis Camara, ex-chef de la junte officiellement en « convalescence » au Burkina Faso, depuis une tentative d'assassinat, fin 2009. 

Quoi qu'il en soit, ces arrestations sont dénoncées par les défenseurs des droits de l'homme.  « On interpelle les gens sans procédure judiciaire, regrette Ali Oubary, secrétaire général de l'Organisation nationale des droits de l'homme. Ce qui est étonnant, c’est que ces arrestations sont faites en pleine période de transition, en période électorale, à deux semaines du premier tour de l'élection présidentielle. A notre avis, ce ne sont pas des actions qui vont mener à un apaisement, à un déroulement du processus électoral dans un climat apaisé », conclut-il.

La première élection présidentielle libre depuis l'indépendance du pays doit se tenir le 27 juin prochain en Guinée-Conakry. Elle doit mettre fin à la transition militaire, entamée à la mort du président Lansana Conté fin 2008,  et assurée actuellement par le général Sekouba Konaté.

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