Dans une interview le 6 juin au site Aminata.com, le député uninominal de la grande préfecture de Dinguiraye relève des insuffisances au projet et des manquements dans le contrat de la compagnie brésilienne.
Rio Tinto a eu beaucoup d'avantages et « va payer les impôts en différé, 8 ans après la première année de bénéfice, cela veut dire que pendant 20 ans, elle ne payera pas d'impôts », a-t-il désapprouvé. « Je sais aussi en lisant bien les dossiers que Rio Tinto n'a pas suivi un cheminement correct suivant la loi pour obtenir d'abord le permis d'exploitation, puis la convention », a déclaré M. Fodé qui déplore que le projet « n'a toujours pas d'études de faisabilité ».
Selon ce député, une étude en 2009 avec un prix de vente de la tonne de fer à 135 dollars et une autre en 2012 avec la tonne de fer à 90 dollars n’ont pas indiqué rentable ce projet dans lequel Rio injectera 20 milliards de dollars en se fondant sur des projections d’une tonne de fer à entre 70 à 85 dollars.
« C'est tout un ensemble de flous artistiques qui ne nous permet pas de dire que ce projet va tenir la route », a-t-il dit, trouvant incompréhensible que le prix de référence du fer pour l'impôt sera fixé entre Rio Tinto et sa société alliée Chinalco.
« Il y a énormément de zones d'ombres et comme dit l'adage, lorsque c'est flou c'est qu'il y a un loup », rappelle le député de l’UFDG, parti d’opposition. « Je ne voudrais pas cautionner une société qui veut encore une fois conserver cette mine de Simandou comme un acquis, une chasse gardée et un trésor de guerre », a fait savoir l’honorable Maréga Fodé.